Will Eisner | biographie

Biographie

Des débuts très précoces (1917-1939)

Will Eisner est juif d'origine hongroise par son père et roumaine par sa mère. Intéressé par le dessin dès son plus jeune âge, il publie son premier dessin en 1933 dans The Clintonian, le journal de son collège, le DeWitt Clinton High School (en)[1]. Rapidement, on retrouve sa signature dans plusieurs revues locales. En 1936, il parvient à vendre au comic book Wow de John Henle les séries Harry Karry et Flame.

La même année, à la suite de l'arrêt précoce de Wow, Eisner fonde avec Jerry Iger le studio Eisner & Iger afin de fournir des planches à des éditeurs selon leur demande[1]. Les deux associés développent très rapidement leur studio, qui emploie notamment Bob Kane, Jack Kirby ou Lou Fine. Le duo crée de nombreuses séries, dont Sheena, reine de la jungle. Il met également en place son propre syndicate, Universal Phoenix Features. En 1939, Victor Gox, propriétaire de la Fox Features Syndicate, demande au studio Eisner et Iger de créer un superhéros semblable à Superman. Eisner par la suite a raconté comment il avait rechigné à participer à ce projet, arguant qu'il s'agissait d'un plagiat. Iger l'avait convaincu d'accepter et en mai 1939 était publié Wonder Comics dans lequel apparaissait le super-héros Wonder Man. DC avait porté plainte et, toujours selon Eisner, Fox lui avait demandé de mentir au juge et d'affirmer que Wonder Man était une création personnelle. Eisner, finalement, aurait dit la vérité et expliqué que la demande venait de Victor Fox[2]. Cependant, cette version s'est révélée récemment mensongère. Selon les actes du procès Eisner aurait menti et fait ce que Fox et Iger lui avaient demandé[3]. Condamné, Fox refuse alors de payer Iger et Eisner. En 1939 Eisner met fin à sa collaboration avec Jerry Iger et entre comme auteur et directeur éditorial chez Quality Comics.

Le Spirit (1940-1952)

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Will Eisner se met à produire des bandes dessinées pour la presse[1]. The Spirit est lancé dans les pages du dimanche en , avant de devenir une bande quotidienne l'année suivante, puis d'avoir droit à son propre comic book en 1942. Cette année-là, Eisner, mobilisé, doit cependant abandonner le personnage, confié à Lou Fine.

Il dessine des posters pour le moral des troupes ainsi que des bandes dessinées destinées à lutter contre les négligences des soldats.

Après guerre, avec l'aide d'assistants tels que Jules Feiffer puis Wallace (Wally) Wood, Eisner reprend les aventures du Spirit, utilisant son personnage pour explorer des genres très diversifiés, de la science-fiction à l'exploration de la vie quotidienne américaine. Il lance plusieurs séries en dehors du Spirit, mais aucune n'a véritablement de succès. Il finit par abandonner la série Spirit en 1952. Dans les années 1960-70, Eisner publie peu de bandes dessinées et se consacre surtout à l'illustration éducative ou publicitaire, ainsi qu'à la pédagogie en tant que professeur à l'école des Arts visuels de New York. Ironiquement, c'est à ce moment-là que les critiques ou les historiens de la bande dessinée se mettent à découvrir Spirit. La demande en nouvelles aventures de Spirit se fait de plus en plus insistante jusqu'à ce qu'Eisner cède et propose au public quelques nouvelles aventures de son héros.

Le retrait de la bande dessinée (1953-1976)

Une seconde carrière très fructueuse (1977-2005)

Mais il n'a plus le feu sacré, ce qui l'intéresse à présent est de raconter le Bronx de son enfance, l'ambiance de Dropsie Avenue, une avenue inventée pour la circonstance. Il le fait avec A contract with God (publiée en France sous différents titres), publiée en 1978. Cette bande dessinée marque une date historique dans le genre, car c'est véritablement le premier roman graphique (Graphic novel) qui, pour les américains, provoque une véritable prise de conscience des potentialités du support. Il ne s'agit plus ici de super-héros ou de contre-culture (comme en proposait l'underground des années 1960), mais d'une forme littéraire enfin arrivée à maturité.

D'autres histoires semi-autobiographiques suivent (Le rêveur, Au cœur de la tempête), ainsi que de pures fictions racontant la vie de tous les jours à New York, et une étrange histoire de politique fiction, L’Appel de l’espace. Viennent ensuite des adaptations ou des relectures d'auteurs littéraires : Kafka, Cervantes, Melville, Dickens. Avec la régularité d'un métronome, Eisner ne cesse plus de produire sans se reposer sur ses lauriers de légende vivante de la bande dessinée. Petits miracles sur le même principe que Big City comprend quelques courts récits optimistes sur la nature humaine.

En 2001, La Valse des alliances est publiée, l'histoire par l'exemple de l'ascension sociale par le mariage, dans les familles juives de New-York.

Le dessin d'Eisner est dynamique et bavard, volontiers caricatural, théâtral, chorégraphique, plus que chez aucun autre. On peut parler de mise en scène et non de « plans » et autres « cadrages ».

Il est intéressant de savoir que Will Eisner a beaucoup réfléchi à son métier. Il a publié deux ouvrages théoriques expliquant sa vision de l'art de la bande dessinée qui constituent en fait une véritable analyse de son propre art. Il a aussi eu l'occasion d'expliquer son travail au travers de nombreuses conférences.

Fagin le juif (Fagin the Jew) est une relecture du personnage de Fagin, dans Oliver Twist. Instructif et poignant lorsqu'Eisner confronte la réalité d'un juif askhénase londonien du e siècle avec le conte de fées d'un petit blond « qui n'a pas une tête de voleur ».

En 2005 parait Le Complot, sous-titré L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion : histoire véridique d'un livre créé, par réécriture d'un pamphlet antibonapartiste, par la police du Tsar au début du siècle dernier en Russie, et présenté comme un document secret détaillant les instructions d'un complot juif mondial. Eisner montre comment les protocoles n'ont cessé de ressurgir à travers le e siècle avec chaque poussée d'antisémitisme, présentés comme authentiques alors qu'il a été démontré très tôt qu'il s'agissait d'un faux[4]. L'ouvrage, qui compte 160 pages, est publié chez l'éditeur Grasset (traduction : Pierre-Emmanuel Dauzat), avec une préface d'Umberto Eco sous l'ISBN 978-2246686019.

Influences

D'après Jean-Pierre Dionnet, éditeur français de Will Eisner[5], Lynd Ward, artiste américain des années 1930, a profondément marqué l'auteur avec l'ouvrage muet Story Without Word : cette création inspire à Eisner l'envie de travailler sur le genre « roman graphique ».

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