Thionville | histoire

Histoire

Chronologie succincte

Thionville luxembourgeoise
Thionville française
Thionville allemande
Thionville française
Thionville allemande
Thionville française
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La période carolingienne

La première mention manuscrite de Thionville apparaît sous la forme latinisée de Theodonis villa dans une chronique de 753 relatant le passage du roi Pépin le Bref dans ce domaine patrimonial. À sa suite, Charlemagne puis Louis le Pieux y séjournent. Au travers d’un acte daté de l’an 770, nous apprenons qu’un palais est installé à Thionville (Actum Theudone villa Palatio in Dei nomine feliciter), par la suite un autre acte évoque à nouveau l’existence de cet édifice (Actum Theodonis-villa Palatio Nostro). D’importantes décisions y sont prises, à l’exemple du Grand Capitulaire édicté par Charlemagne en 805 et de la Divisio Regnorum de 806, testament politique de l’empereur. C’est à Thionville que meurt en 783 la femme de Charlemagne, Hildegarde et que se tient en 835 le concile rétablissant le roi Louis le Pieux. À quelques lieues de la ville sur l’autre rive de la Moselle, se tient à Yutz, en 844, un concile implorant les trois signataires du traité de Verdun de sauver par une entente fraternelle l’unité spirituelle de l’Empire.

La configuration du domaine carolingien n’est pas connue. Après l’an mil et les invasions normandes et hongroises, Thionville échoit à la faveur du morcellement féodal du Xe siècle aux comtes de Luxembourg dans le cadre du Saint-Empire romain germanique.

Thionville avait jusqu'au Xe siècle sous les règnes des empereurs Otton, Henri II, Henri III et Henri IV ; joui du titre de ville impériale[17]. Il paraitrait que durant cette période, cette ville avait été soustraite à l'administration des comtes régionnaires. Ce ne fut que durant et à la faveur de la longue guerre civile qui éclata dans l'empire germanique sous le règne de Henri IV, que les descendants du fondateur de Luxembourg, le comte Sigfroy, s'érigèrent en comtes héréditaires des divers comtés qu'ils avaient jusque-là administrés en qualité de comtes bénéficiaires, et que Thionville fut réuni au nouvel État[17].

La période luxembourgeoise

La prévôté luxembourgeoise de Thionville, délimitée en rouge (reproduction de 1705).

Du point de vue administratif, la châtellenie de Thionville fut érigée en 1315[18]. Plus tard, la ville devint le chef-lieu d'une prévôté, dont dépendaient environ 72 communautés en 1473, 53 en 1528 et 80 en 1537[18]. Plusieurs villages luxembourgeois se retrouvaient plus ou moins enclavés dans cette prévôté car il n'en dépendaient pas. Pour un certain nombre d'entre eux, c'est parce qu'ils dépendaient d'une seigneurie qui n'était pas foncière.

L’ancien palais impérial a alors disparu et une maison forte devait seule attester plus tard la présence comtale, embryon du château qui va se développer autour de l’actuelle cour du Château. Encore se limite-t-elle à la seule tour aux Puces (e et e siècles), imposante construction façonnée par quatorze pans, probablement ceinte d’un fossé d’eau à cette époque. La Charte de Franchise de 1239 confirme son existence : elle astreint en effet les bourgeois à y monter la garde à chaque fois que la nécessité s’en fait sentir. Par ailleurs, il ne semble pas que la bourgade, encore très rurale, ait possédé un rempart : au mieux une levée de terre en assurait la protection.

C’est donc à partir de 1239 au travers de la charte octroyée par le comte Henri V le Blond que les Thionvillois se voient chargés des contraintes militaires. Cette charte vient après celle concédée trois ans plus tôt à Echternach (1236), et cinq ans avant celle de Luxembourg (1244). Un ensemble d’amendes frappe les bourgeois qui ne mettent aucun zèle à remplir leurs obligations.

Cette situation évolue rapidement. Un château, dont fait mention un acte comtal de mars 1268, se dresse bientôt sur les ruines de l’ancien palais, englobant la Tour aux Puces qui devient le donjon, dernier réduit de la défense. La courtine, flanquée de tours rondes, abrite un espace grossièrement rectangulaire, développé sur une surface peu importante (tout au plus 140 mètres sur 80) correspondant à l’actuelle cour du château.

Dans le même temps, la ville se fortifie, adoptant un système de rempart à petites tours en demi-lunes, séparées par des courtines. Partout, ces constructions en grès d’Hettange présentent une épaisseur constante d’un mètre. Le château, le quartier de la place du marché et celui de l’église paroissiale Saint-Maximin s’abritent derrière l’ensemble. Le périmètre de la ville médiévale est très réduit : l’arrière de la rue de la Poterne, de la rue Brûlée et celle du Quartier représentent grossièrement les limites Nord.

Le trapèze ainsi dessiné, adossé à la Moselle par sa base et circonscrit par les trois autres côtés par un fossé rempli d’eau, ne possède que deux entrées, les portes de Metz et de Luxembourg, probablement encadrées de tours et peut-être une poterne donnant sur la rivière. Notons toutefois que l’emplacement à cette époque de la porte de Luxembourg ne correspond pas à celui, définitif, du XVIe siècle : elle se situe alors au niveau de la rue de l’ancien hôpital.

En 1389 la ville obtient le droit de lever le Weinrecht — droit sur les vins qui se vendent — pour trouver le financement permettant l’entretien des murs et tours d’une place en mauvais état alors qu’elle est ville frontière : à l’époque, le comté de Luxembourg ayant été élevé au rang de duché par l'empereur Charles IV de Luxembourg, roi de Bohême, elle fait face au duc de Lorraine, au duc de Bar, à la ville de Metz ou à l’évêque de Metz.

Grande source de dépenses également, l’entretien des chemins d’accès tracés dans le marais partiellement drainé : c’est alors une place forte de plaine tirant parti des basses terrasses facilement inondables et des marécages utilisables seulement au moyen de multiples passerelles.

Bourguignonne à partir de 1461, Thionville passera ensuite par héritage aux mains des Habsbourg en 1477 puis à la mort de Charles Quint fera partie des Pays-Bas Espagnols.

La période française

Document relatant la création de la médaille commémorant la prise de Thionville en 1643, extrait de "Médailles sur les principaux évènements du règne entier de Louis le Grand, avec des explications historiques." par "Académie des inscriptions et belles-lettres" 1723.

Prise par le prince de Condé en 1643, la ville est cédée à la France par le traité des Pyrénées, qui consacre la défaite de l'Espagne (1659). Thionville devint alors la capitale du Luxembourg français[19], tout en étant réunie à la province des Trois-Évêchés (Évêché de Metz).

Les Français reprennent aussitôt les travaux de fortifications de la cité et Thionville devient, à la suite d'un édit de novembre 1661, le siège d’un bailliage rattaché au parlement de Metz et régi par la coutume de Luxembourg[20]. La ville connaît alors une période de prospérité. Le nombre des communautés comprises dans le bailliage de Thionville était de 120 (ou 143 avec la seigneurie de Rodemack).

Thionville était le siège d'un archiprêtré faisant partie de l'archidiaconé de Marsal, auquel appartenait environ 23 paroisses[6]. La paroisse de Thionville, dépendant de l'abbaye Saint-Maximin de Trèves, avait pour annexes Beauregard, Bellevue, le Cavalier d'ordonnance, Chaudebourg, Gassion, Guentrange et la Malgrange[6].

En 1790, la ville devint le chef-lieu d'un district qui comprenait neuf cantons.

En 1792, la ville est assiégée par les troupes autrichiennes, renforcées par des bataillons de français émigrés, dont fait partie François-René de Chateaubriand[Note 3]. Les victoires et les annexions françaises ôtent à Thionville son rôle de ville frontalière et son importance stratégique.

Nonobstant, pendant la campagne de France, Thionville est de nouveau assiégée par les coalisés. Le général Léopold Hugo, père du poète Victor Hugo, défendra la cité à deux reprises.

Cette ville fut bloquée étroitement dans les deux invasions de 1814 et de 1815. Et d’après le traité du 20 novembre 1815, les Prussiens y tenaient garnison[19].

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, la ville, assiégée durant 3 mois par les troupes prussiennes, capitule le 24 novembre 1870.

L’annexion allemande

Par le traité de Francfort de mai 1871, la France cède Thionville au nouvel Empire allemand institué sous l'égide des Hohenzollern. Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Thionville fait désormais partie de ce qui sera couramment appelée l'Alsace-Lorraine. En 1871, la commune de Thionville, rebaptisée "Diedenhofen" (qui ne doit pas être confondu avec Diedendorf), devient le siège du « Kreis Diedenhofen », une sous-préfecture du Bezirk Lothringen, au sein du Reichsland Elsass-Lothringen dont la capitale est Strasbourg. Par ordonnance impériale du 8 avril 1901, deux Kreisdirektion sont créées, pour représenter le Landkreis Diedenhofen-Ost et le Landkreis Diedenhofen-West.

Bismarckstraße, dans les années 1910.
La ville avait été dotée du réseau du tramway de Thionville en 1912.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tomberont ainsi au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres[Note 4]. Sujets loyaux de l'Empereur, les Lorrains de souche accueillent cependant avec joie la fin des hostilités et la paix, enfin retrouvée. La population d'origine allemande, majoritaire à cette époque, est malheureusement contrainte de quitter la ville.

La défaite de 1918 redonne Diedenhofen à la France. La commune redevient Thionville. Les arrondissements de Thionville-Est et Thionville-Ouest seront conservés.

L'entre-deux-guerres

Le Pont des Alliés et l'Hôpital militaire, dans les années 1920.

Lors du retour de la Moselle à la France en 1918, les deux Kreisdirektion ont été transformées en arrondissements. Mais, de fait, depuis 1922, ces deux arrondissements sont placés sous l'autorité d'un seul et unique sous-préfet, celui de Thionville-Est, dans un bâtiment unique, la sous-préfecture de Thionville.

La seconde annexion

Après l'Armistice du 22 juin 1940, Thionville est annexée de facto au Troisième Reich. La commune redevient "Diedenhofen", siège de deux "Landkreis" du CdZ-Gebiet Lothringen, au sein du nouveau Gau Westmark dont la capitale est Sarrebruck. À partir d'août 1942, les jeunes conscrits mosellans, incorporés de force, partent sur le Front de l'Est. Beaucoup ne reviendront jamais. En 1944, les bombardements américains se succèdent rendant les conditions de vie des civils plus difficiles encore. Finalement, la ville est libérée le 13 septembre 1944[21] par la IIIe armée américaine du général Patton, plus de deux mois avant Metz.

En novembre 1944, le général Walton Walker tient la partie Ouest de Thionville depuis le 12 septembre 1944, mais ses troupes n’ont toujours pas franchi la Moselle. Le 378e régiment de la 95e Division d'infanterie est donc chargé de prendre le fort de Yutz sur la rive opposée et de "nettoyer le secteur" afin d’établir une tête de pont sur la rive est.

L’opération débute le 11 novembre au matin. Deux compagnies franchissent la Moselle à hauteur de l’île occupée par la gare, sous le feu de mitrailleuses et de mortiers de la 559e Volks-Grenadier-Division. La résistance est forte, mais les Américains parviennent à prendre le fort de Yutz[Note 5] le 13 novembre, après deux jours de combats soutenus. Le groupe fortifié d'Illange, nouvel objectif au sud de Thionville, est pris le 14 novembre, grâce à l’appui de Chasseur de chars et de canons anti-chars de la 10e Armored division du XXe corps[22]. Le secteur de Thionville fut donc entièrement libéré en novembre 1944[23].

L'après-guerre et les Trente Glorieuses

Thionville, redevenue française, prospère grâce à la sidérurgie pendant les Trente Glorieuses. Elle devient la « Métropole du Fer ». Pour loger les salariés de la SOLLAC à Florange, les quartiers de la Côte des Roses, des Basses-Terres et du Médoc sortent de terre. De nombreux travailleurs venus d'Italie, du Maghreb et des pays de l'Est arrivent à Thionville et travaillent dans les usines sidérurgiques.

Liée depuis toujours aux pays frontaliers, Thionville va l'être encore plus avec la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).

Dès 1970, la minette lorraine est remplacée par des minerais d'importation plus riches en fer. C’est le début de la crise dans les mines de fer, puis de l'industrie sidérurgique en Moselle.

XXIe siècle

Thionville se tourne alors résolument vers l’Europe, notamment par des actions symboliques comme la randonnée Schengen-Thionville (2009-2010), associant plein-air et dégustation de vins mosellans.

Other Languages
Alemannisch: Diedenhofen
تۆرکجه: تیون‌ویل
български: Тионвил
brezhoneg: Thionville
català: Thionville
Cebuano: Thionville
dansk: Thionville
Deutsch: Thionville
English: Thionville
Esperanto: Thionville
español: Thionville
euskara: Thionville
فارسی: تیون‌ویل
suomi: Thionville
magyar: Thionville
italiano: Thionville
қазақша: Тьйонвиль
한국어: 티옹빌
Lëtzebuergesch: Diddenuewen
Bahasa Melayu: Thionville
مازِرونی: تیون ویل
Nederlands: Thionville
norsk nynorsk: Thionville
norsk: Thionville
occitan: Thionville
Pälzisch: Thionville
polski: Thionville
Piemontèis: Thionville
português: Thionville
română: Thionville
русский: Тьонвиль
Scots: Thionville
srpskohrvatski / српскохрватски: Thionville
Simple English: Thionville
slovenčina: Thionville
slovenščina: Thionville
српски / srpski: Тионвил
svenska: Thionville
Kiswahili: Thionville
ślůnski: Thionville
українська: Тьйонвіль
oʻzbekcha/ўзбекча: Thionville
Tiếng Việt: Thionville
Volapük: Thionville
Winaray: Thionville
中文: 蒂永维勒
Bân-lâm-gú: Thionville
粵語: 蒂永維勒