Royaume de France | histoire

Histoire

Article connexe : Histoire de France.

Origines (481-843)

Carte figurant avec différentes teintes de vert l'évolution des frontières du royaume jusqu'au VIIIe siècle.
Évolution des frontières du royaume de Clovis Clovis Ier à Charlemagne.
Article détaillé : Royaumes francs.

La fondation du royaume des Francs par Clovis

Tableau représentant un baptême donné par un évêque dans une église.
Baptême de Clovis Clovis Ier par le Maître de Saint Gilles, réalisé vers 1500 (vue d'artiste).

Les Francs sont un peuple installé aux confins de la Gaule du Nord. Ils servent l'Empire romain d'Occident comme mercenaires et se romanisent assez rapidement. Ils obtiennent le statut de peuple fédéré, mais ne parviennent pas à s'unir et éclatent en plusieurs petits royaumes[1]. Plusieurs rois probablement légendaires se succèdent, dont Mérovée, fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Le premier roi dont l'existence est certaine est Childéric Childéric Ier qui règne sur un petit royaume autour de Tournai[2].

Cinq ans après l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, Clovis hérite en 481 d'un royaume plus petit que les autres royaumes barbares[3]. En 486, il bat Syagrius à la bataille de Soissons et étend ses territoires[4]. En 496, il bat les Alamans à Tolbiac et se fait baptiser à Reims[5]. Il peut désormais se présenter comme le libérateur des peuples chrétiens de Gaule, alors sous domination de barbares qui pratiquent l'arianisme[1]. En 507, il défait les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé, ce qui lui permet de s'étendre dans le sud de la Gaule[6]. En 509, il est élu roi de tous les Francs[1].

Le partage du royaume au gré des successions

Clovis Clovis Ier meurt en 511 ; son royaume est partagé entre ses quatre fils. Chacun hérite d'une partie du royaume et prend le titre de « roi des Francs ». Néanmoins, ce partage ne fait pas disparaître l'idée d'un ensemble uni, le Regnum Francorum (Royaume des Francs)[7]. Ce dernier est divisé en trois grandes régions : l'Austrasie, la Burgondie et la Neustrie, dont les frontières évoluent au gré des guerres et des héritages. Plusieurs rois parviennent à réunir l'ensemble, mais dès la mort du souverain il est divisé entre ses descendants[8]. Les Francs s'étendent à l'est aux dépens notamment du Royaume alaman ou encore de la Bavière[9].

Les Pépinides

Article détaillé : Pépinides.

En 639, une crise éclate, permettant à l'aristocratie de renforcer sa puissance, en particulier, ceux qui occupent le poste de maire du palais récupèrent le pouvoir réel[10]. La famille qui occupe cette charge, les Pépinides, s'impose. L'un de ses membres, Charles Martel, se constitue une clientèle en distribuant des bénéfices à ses fidèles[11] et remporte plusieurs succès militaires dont la bataille de Poitiers qui met un terme à l'extension musulmane en Europe de l'Ouest[12].

En 737, le dernier roi mérovingien meurt dans l'indifférence générale[13]. Après une période de vacance du pouvoir, Pépin le Bref, fils de Charles Martel, est élu roi des Francs en 751 grâce au soutien de l'Église catholique qui souhaite un souverain fort. Il est aussi le premier roi des Francs à être sacré, pour montrer que son pouvoir vient de Dieu. Il sacre aussi ses fils pour établir un caractère héréditaire[14]. En 755, il triomphe des Lombards et permet la fondation des États pontificaux[15] et la décennie suivante il chasse les musulmans de Septimanie[16]. Il impose plusieurs réformes, religieuses comme la dîme, et politiques comme le monopole de la création monétaire pour la monarchie[17]. À sa mort, le royaume est partagé entre ses deux fils[18], puis le futur Charlemagne règne seul après la mort de son frère[19]. Ce dernier agrandit son royaume en annexant notamment la Bavière et mène une guerre sainte contre les Saxons païens[20]. Il organise l'administration de ses territoires et installe sa capitale à Aix-la-Chapelle[21].

L'Empire carolingien

Article détaillé : Empire carolingien.
Miniature figurant un pape couronnant un roi dans une église devant une importante foule
Couronnement de Charlemagne, miniature de Jean Fouquet, tirée des Grandes Chroniques de France, vers 1455-1460 (vue d'artiste).

Lors du Noël de l'an 800, Charlemagne est couronné empereur d'Occident par le pape. Charlemagne étant devenu le plus grand souverain chrétien d'Occident, le pape a besoin de son soutien au moment où l'Empire byzantin connaît une crise interne et n'existe plus aux yeux des chrétiens de l'ouest[21]. Pour affirmer son pouvoir centralisateur, il divise l'Empire, et donc le royaume, en plusieurs centaines de comtés où il nomme un fidèle avec les pouvoirs judiciaires, militaire et de percepteur[22].

Charlemagne meurt en 814 ; son fils Louis le Pieux lui succède à la tête de l'Empire. La question de sa succession pose problème puisque le titre impérial ne peut être divisé[23]. La guerre civile entre les trois fils éclate en 830 et Louis le Pieux abdique avant d'être remis sur le trône par les évêques. Il n'est plus qu'un souverain fantôme jusqu'à sa mort en 840, moment où Lothaire lui succède. Le à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, Charles et Louis battent leur frère Lothaire et l'obligent à diviser l'Empire en trois royaumes avec le traité de Verdun[24].

Moyen Âge (843-1515)

Article détaillé : Féodalité en France.

La fin des Carolingiens

Article détaillé : Francie occidentale.
Carte représentant avec différentes couleurs la division en trois parties de l'Empire carolingien
Le partage de l'Empire carolingien lors du traité de Verdun en 843.

En 843, Charles Charles II le Chauve hérite de la Francie occidentale. En plus de la Francie médiane, Lothaire Lothaire Ier hérite du titre impérial, mais théoriquement, une fraternité doit être maintenue entre les royaumes[25]. La mort de Lothaire en 855 met fin à cette idée et son domaine est partagé entre ses trois fils[26]. En 869, Charles le Chauve s'empare du domaine de Lothaire Lothaire II[27], puis de la couronne impériale en 875, mais il n'est pas reconnu par l'ensemble de la chrétienté[28]. En 877, il rédige le capitulaire de Quierzy qui réorganise le royaume en permettant aux comtes de transmettre héréditairement leurs charges[29]. Il meurt la même année : ses successeurs sont confrontés à des crises politiques et à des invasions extérieures[30].

Face aux envahisseurs normands et hongrois, les grands seigneurs du royaume appellent l'empereur Charles III le Gros à l'aide. Mais celui-ci ne parvient pas à contenir la menace et ils élisent comme roi Eudes, comte de Paris, de la dynastie des Robertiens[31]. La monarchie étant élective, les Carolingiens et les Robertiens se succèdent comme rois pendant plusieurs années. En 936, Louis Louis IV d'Outremer devient roi, son fils et son petit-fils lui succèdent laissant penser à une restauration carolingienne. Mais en 987, les Grands du royaume élisent le Robertien Hugues Capet, qui règne sur une principauté autour de Paris[32].

Durant cette période, les principautés territoriales émergent. Le roi n'a plus le pouvoir réel et il ne gouverne plus que par l'intermédiaire des princes. Pour organiser la résistance contre les envahisseurs, Charles le Chauve a créé de grands commandements militaires qui regroupent plusieurs comtés confiés à un prince qui possède les pouvoirs administratifs et militaires. Au cours du e siècle, le roi perd le contrôle sur ce système et les princes deviennent presque totalement indépendants et transmettent leur charge à leurs descendants[33].

Le début des Capétiens

Carte figurant avec différentes teintes de jaune et de vert les nombreux découpages du royaume
Carte des fiefs du royaume en 1030.
Miniature représentant le sacre d'un roi par un évêque dans un église devant des clercs et des laïcs.
Sacre de Hugues Capet, le premier roi capétien, miniatures des Grandes Chroniques de France datant du XIVe siècle (vue d'artiste).

Le , Hugues Capet est élu roi des Francs. Il règne sur les princes qui le reconnaissent comme leur suzerain, mais il ne possède aucun pouvoir sur les territoires hormis sur le domaine royal[34]. Au e siècle, les vassaux des princes territoriaux acquièrent aussi une indépendance de fait (sauf dans le duché de Normandie, le comté de Flandre et le comté de Barcelone) et c'est le châtelain qui possède le pouvoir judiciaire et économique réel[35]. Les rois profitent de cette désorganisation pour imposer une transmission héréditaire de la couronne mais prennent conscience que leur pouvoir ne dépasse pas les frontières du domaine royal. Le fils aîné est alors associé au pouvoir en étant sacré du vivant de son père[36]. En 1066, le duc de Normandie Guillaume conquiert la couronne d'Angleterre. Il est vassal du roi des Francs pour les terres continentales, mais indépendant dans son royaume d'Angleterre. S'ouvre alors une rivalité entre l'Empire anglo-normand et le roi[37].

Sous le règne de Louis Louis VI, la vision du royaume commence à changer. Celui-ci mène plusieurs expéditions dans le domaine royal, pour soumettre les châtelains qui ne reconnaissent pas son pouvoir[38] et des expéditions en dehors, signe que les Capétiens commencent à imaginer le royaume comme une unité. Louis Louis VII continue cette politique en épousant Aliénor d'Aquitaine[39]. En dehors des rois, une famille s'impose, celle des Plantagenêt, qui règnent sur un territoire immense dont une grande partie dépend du royaume des Francs. Les Plantagenêt sont alors plus puissants que le roi[40].

La construction de l'idée de royaume

Carte figurant avec différentes teintes de jaune, de vert et de rose le découpage territorial du royaume
Carte des fiefs du royaume en 1180.

En 1180, Philippe Philippe II Auguste devient roi. Le titre de roi des Francs (Rex Francorum) commence à être remplacé par celui de roi de France (Rex Franciæ) sous son règne, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de 1204[41]. Son idée est d'étendre le domaine royal au détriment des princes[42]. Il commence par obtenir une partie de l'Artois en dot[43]. En 1185, une guerre contre plusieurs de ses vassaux lui permet d'obtenir le comté d'Amiens et une partie du Vermandois[44], ainsi que le comté d'Auvergne[45]. En 1204, il s'empare militairement d'une partie des terres continentales du roi d'Angleterre après avoir utilisé le droit féodal pour prononcer une confiscation, dont le duché de Normandie[46]. Pour reprendre ses terres, Jean d'Angleterre constitue une grande coalition que Philippe Auguste bat lors de la bataille de Bouvines[47]. Il renforce son pouvoir dans le midi, en soutenant la croisade des albigeois qui combat l'hérésie cathare[48].

Louis Louis VIII ne règne que trois ans, mais parvient à conquérir des fiefs dans le midi[49]. Saint Louis hérite d'une situation compliquée avec des provinces en révolte[50]. Après plusieurs grandes victoires, la situation est rétablie dans les années 1240. Il part en croisade de 1248 à 1254[51]. À son retour, il profite de son prestige pour devenir l'arbitre des conflits diplomatiques français et européens. À l'intérieur du Royaume, cette politique permet de placer la royauté au-dessus des autres princes[52]. Il met aussi en place les bases d'une justice royale où le roi se place dans le rôle de juge et arbitre, notamment contre les abus de l'administration[52].

Philippe Philippe III le Hardi devient roi en 1270, il réunit notamment le comté de Toulouse au domaine royal[53]. Il règne désormais sur l'ensemble du royaume où il peut légiférer et appliquer la justice, mais il ne touche des revenus que de son domaine[54]. Philippe Philippe IV le Bel fait tout pour augmenter le trésor royal, en réorganisant l'administration[55] et en procédant à des dévaluations monétaires[56]. Il convoque aussi pour la première fois les États généraux pour lever de nouveaux impôts[57]. En 1312, il dissout l'ordre du Temple auprès duquel il est endetté[58]. La même année, il rattache Lyon au royaume. Son mariage avec Jeanne Jeanne Ire de Navarre permet l'union des deux royaumes et le rattachement du comté de Champagne au domaine royal[59].

À la mort de Philippe le Bel en 1314, la petite noblesse se révolte contre le pouvoir central, qui s'impose en matière fiscale et judiciaire[60]. Une crise dynastique éclate avec la mort prématurée de Louis Louis X le Hutin en 1316. Un roi sans descendance est une première depuis l'avènement d'Hugues Capet et il est décidé d'exclure de la couronne la fille de Louis X. Les deux autres fils de Philippe le Bel règnent successivement jusqu'en 1328, mais s'éteignent sans héritier. Le plus proche héritier mâle est le roi d'Angleterre par sa mère, mais ce choix est repoussé par une assemblée qui lui préfère Philippe de Valois plutôt que voir le royaume tomber sous la tutelle anglaise[61].

La crise de la guerre de Cent Ans : le pouvoir royal renforcé

Article détaillé : Guerre de Cent Ans.

Avec Philippe Philippe VI, une nouvelle dynastie arrive sur le trône, les Valois. En 1337, Philippe VI confisque les terres continentales du roi d'Angleterre pour manque d'obéissance. En réponse, celui-ci revendique la couronne de France[62]. Le conflit débute par plusieurs victoires anglaises, mais l'épidémie de peste noire, qui fait baisser la population, empêche l'Angleterre de tirer parti de ses victoires[63]. En parallèle à ces événements, en 1349, avec le traité de Romans, Philippe VI achète à Humbert II le Dauphiné de Viennois, le rattachant à la France et le faisant devenir la province du Dauphiné. En 1350, Jean Jean II le Bon est fait prisonnier lors du désastre de Poitiers. Pour être libéré, il est obligé de signer le traité de Brétigny qui l'oblige notamment à accorder l'indépendance aux terres continentales anglaises[64]. Plusieurs révoltes aristocratiques, bourgeoises et paysannes éclatent contre le pouvoir royal[65]. En 1360 est créée une monnaie stable, le franc[66].

Le nouveau roi Charles Charles V lutte contre les compagnies qui ravagent le pays et reconquiert les territoires perdus avec des chefs comme Bertrand Du Guesclin. À sa mort en 1380, les Anglais ne contrôlent plus beaucoup de territoires[67]. Charles Charles VI s'entoure de conseillers pour réformer l'État, les Marmousets[68]. À partir de 1392, le roi est atteint de crises de folie. Une rivalité pour contrôler le gouvernement commence et après plusieurs assassinats, la lutte devient une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Les Anglais s'allient au parti bourguignon et relancent les hostilités en 1413[69]. Deux ans plus tard la bataille d'Azincourt, défaite écrasante pour les Français mène à la signature du traité de Troyes qui déshérite le dauphin au profit du roi d'Angleterre[70].

Carte figurant avec de nombreuses couleurs le découpage politique du royaume
Carte des fiefs du royaume en 1477.

En 1422, Charles Charles VI meurt quelques mois après le roi d'Angleterre Henri V. Le fils de ce dernier, Henri Henri VI, âgé de neuf mois, est alors proclamé roi de France et d'Angleterre. Charles Charles VII n'accepte pas ce fait et se proclame aussi roi de France. Le royaume est divisé en trois, les provinces occupées par les Anglais, celles fidèles à Charles VII et les États de Bourgogne[71]. En 1429, une jeune paysanne connue de nos jours sous le nom de Jeanne d'Arc convainc Charles VII d'aller se faire sacrer à Reims, ce qui lui permet d'être légitime pour une grande partie de l'opinion. Elle est finalement brûlée par les Anglais en 1431[72]. En 1435, le traité d'Arras réconcilie les Armagnacs et les Bourguignons et met fin à la guerre civile[73]. Charles VII réorganise l'État, en mettant en place la première armée et le premier impôt permanent[74]. En 1449, le duché de Bretagne rejoint le camp français et la Normandie est reconquise. En 1453, les Anglais perdent définitivement l'Aquitaine[75].

De la fin du féodalisme à l'idée d'absolutisme

Les Anglais vaincus, le roi s'attaque au duché de Bourgogne et au duché de Bretagne qui sont des principautés quasi indépendantes[76]. En 1465, plusieurs princes s'unissent dans la Ligue du Bien public contre l'accroissement des pouvoirs de Louis Louis XI. Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, mène la fronde, mais le temps n'est plus à l'émiettement du pouvoir et les princes aspirent à un rapprochement avec le roi[77]. Le duc de Bourgogne est retrouvé mort en 1477, ses terres sont partagées entre le roi (qui récupère notamment le duché de Bourgogne et la Picardie) et l'empereur. Ce partage ouvre une rivalité avec les Habsbourg qui dure jusqu'au e siècle. Charles Charles VIII, devenu roi en 1483, prépare l'union de la Bretagne en mariant son héritier avec la duchesse[78]. Des territoires comme le comté d'Anjou et le comté de Provence sont rattachés à la Couronne, tandis que le comté de Flandre est perdu[79]. Les guerres d'Italie débutent en 1494 pour faire valoir les droits des Valois sur le Royaume de Naples, puis le duché de Milan pour Louis Louis XII, devenu roi en 1498[80].

Époque moderne (1515-1789)

Article détaillé : Ancien Régime.

L'Ancien Régime voit l'aboutissement du processus de reconquête par le roi de la puissance publique. Les institutions clés de l'Ancien Régime trouvent leurs racines depuis le règne de François François Ier[81].

Les difficultés de la Renaissance et la réconciliation d'Henri IV

François François Ier devient roi en 1515 et remporte la bataille de Marignan qui lui permet de s'emparer de terres en Italie[82]. En 1519, le roi d'Espagne Charles Quint est élu empereur : ses territoires encerclent la France qui, en réponse, s'allie avec l'Empire ottoman[83]. François Ier est fait prisonnier en 1524 : le duché de Bourgogne est livré pour obtenir sa liberté. Mais les États de la province refusent et demandent à rester sujets du roi de France, signe que le roi, malgré la centralisation, ne peut décider de tout[84]. En 1539, il promulgue l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui fait notamment du français la langue officielle de l'État[85].

À partir des années 1530, la réforme protestante provoque une crise dans l'Église. La France est touchée et la répression contre les hérétiques s'accentue avec l'avènement d'Henri Henri II[86]. Après la mort de ce dernier en 1559, plusieurs rois se succèdent, tandis qu'une partie de la noblesse se convertit au protestantisme pour défier le pouvoir central. Catherine de Médicis assure la régence, les protestants deviennent un parti dans l'État qui se rassemble autour des Condé et des Châtillon[87]. Pour éviter la guerre civile, plusieurs édits sont promulgués qui autorisent la liberté de culte pour les protestants, mais ils indignent les catholiques fervents[88]. Durant les années 1550, Henri II s'empare de Calais, chassant définitivement les Anglais de France[89], et des Trois-Évêchés[90].

Les guerres de religion, opposant catholiques et protestants, débutent en 1562 avec le massacre de Wassy. Les villes tombent dans les mains des deux protagonistes et le chef des catholiques François de Guise est assassiné[91]. Une trêve est signée avec une clause qui prévoit le mariage d'Henri Henri III de Navarre (futur Henri IV) avec la sœur du roi[92]. Il est célébré en 1572 et, pour l'occasion, la noblesse protestante monte à Paris. Quelques jours plus tard, un attentat provoque le massacre de la Saint-Barthélemy, qui se propage dans de nombreuses villes du royaume[93]. Cet événement provoque une rupture des protestants avec la monarchie catholique. Ils commencent à s'émanciper dans le Midi en organisant un pouvoir parallèle[94].

Henri Henri III devient roi en 1574 et accorde l'édit de Beaulieu. Les catholiques trouvent les dispositions excessives et forment des ligues qui mènent des opérations militaires[95]. En 1588, une insurrection catholique éclate dans Paris et oblige le roi à se réfugier à Chartres[96]. En réponse, il fait assassiner Henri Henri Ier de Guise, provoque une rupture avec la Ligue[97] et s'allie avec les protestants pour récupérer son trône. Son assassinat en 1589 propulse le chef protestant sur le trône, mais les ligueurs refusent de le reconnaître. En 1593, Henri IV se convertit au catholicisme et doit combattre jusqu'en 1598 pour conquérir son royaume. Cette même année est signé l'édit de Nantes qui reconnaît la liberté de culte aux protestants[98]. Avec la réunion des deux couronnes, les rois portent désormais le titre de roi de France et de Navarre[99].

L'affirmation du pouvoir royal : vers l'absolutisme

Portrait de trois-quarts face d'un homme avec une moustache vêtu et chapeauté de rouge
Portrait du cardinal Mazarin par Pierre Mignard, Musée Condé, 1658-1660.

Avec Henri Henri IV s'affirme une nouvelle dynastie, les Bourbons. Pour reconstruire le royaume ravagé par plusieurs années de guerre, il met en place une des premières véritables politiques économiques de la France[100]. La colonisation française des Amériques débute avec la fondation de Port-Royal en 1604 et de Québec[101]. Le roi est assassiné en 1610 ; il faut attendre quelques années de régence de Marie de Médicis[102] pour que Louis Louis XIII ait l'âge de régner et s'entoure par la suite de ministres tels que le cardinal de Richelieu[103]. Son père et lui intègrent les fiefs bourbons à la couronne, comme le comté d'Armagnac, le comté de Foix ou encore la vicomté de Béarn[104].

En 1635, la France s'engage dans la guerre de Trente Ans qui lui permet de s'étendre à l'est avec notamment l'annexion de la Haute-Alsace[105]. Louis XIII meurt en 1643 : son fils n'a que cinq ans et sa mère Anne d'Autriche assure la régence avec le cardinal de Mazarin[106]. En 1648, les parlementaires, inquiets de la montée de l'autorité monarchique et des impôts, tentent un coup de force pour contrôler la monarchie. Une émeute éclate à Paris obligeant la cour à quitter la capitale[107]. Les princes rejoignent la Fronde, alors que les troupes royales partent à la reconquête des provinces révoltées. Les armées des princes sont défaites et en 1652, Louis Louis XIV, déclaré majeur l'année précédente, peut faire son entrée dans Paris[108]. En 1659, le comté de Roussillon et le comté d'Artois sont rattachés au royaume[109].

Carte représentant avec différentes couleurs les territoires conquis
Conquête territoriale du royaume de France de 1552 à 1788.

En 1661, Louis Louis XIV déclare qu'il règne et gouverne seul et réforme la gestion administrative[110]. Jean-Baptiste Colbert devient le principal collaborateur du roi, ensemble ils mènent une politique de soutien aux manufactures, de création de grandes compagnies de commerce, et de soutien aux arts[111]. Marqué par la Fronde, le roi souhaite réduire au silence la noblesse. Pour la surveiller, il fait construire le château de Versailles où il s'installe en 1682. Il met en place une société de cour où les grands seigneurs doivent vivre une grande partie de l'année pour obtenir des faveurs royales[112]. En 1682, la colonisation de l'Amérique s'accélère avec la fondation de la Louisiane[113].

Pour faire face aux guerres, l'armée et la marine royale sont renforcées, Vauban fortifie les villes clés[114]. La France s'impose comme la première puissance du continent par de nombreuses conquêtes militaires comme la Flandre française et la Franche-Comté[115]. En 1685, il révoque l'édit de Nantes : l'élite protestante restante s'exile[116]. Il met en place la politique des Réunions, qui a pour but d'annexer des enclaves comme Strasbourg[117]. Les guerres suivantes sont plus difficiles et Louis XIV doit lutter contre une Europe coalisée lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la guerre de Succession d'Espagne. Cette dernière permet à son petit-fils d'accéder au trône d'Espagne s'il renonce à ses prétentions sur celui de France[118], mais elle perd une partie de ses colonies en Nouvelle-France dont l'Acadie[119].

Le siècle des Lumières et la contestation du pouvoir royal

Louis Louis XIV disparaît en 1715 ; son successeur est son arrière-petit-fils Louis Louis XV, alors âgé de cinq ans. La régence est assurée par Philippe d'Orléans qui commence par casser le testament du défunt roi qui devait le contrôler dans sa fonction[120]. Des politiques sont menées pour éviter la banqueroute, dont le système de Law qui mène à un désastre économique[121]. La régence prend fin en 1723 et Louis XV nomme André Hercule de Fleury comme principal ministre[122]. Louis XV se lance dans la guerre de Succession de Pologne qui aboutit à la nomination au duché de Lorraine de son beau-père polonais et au fait que le duché revienne à la Couronne à la mort du duc[123]. Malgré la victoire française lors de la guerre de Succession d'Autriche, Louis XV ne demande aucun territoire, ce qui provoque des mécontentements dans le royaume[124]. La guerre de Sept Ans sonne le glas des possessions françaises aux Amériques[125].

Louis Louis XVI devient roi en 1774. Rapidement, il rompt avec la politique de son prédécesseur. Il nomme Turgot ministre avec pour mission de réformer l'État. Ce dernier commence par libéraliser la vente des grains, ce qui mène à la guerre des farines et rompt la confiance du peuple envers le roi qui, jusqu'ici, était vu comme le père nourricier[126]. Pour venger la perte de ses territoires américains, la France soutient les rebelles dans la guerre d'indépendance des États-Unis, mais les frais engagés font replonger le royaume dans les difficultés financières[127].

Monarchies constitutionnelles (1789-1848)

Le royaume sous la révolution

Les provinces françaises en 1789
Carte figurant par des traits noirs les limites des départements
Limites des 83 départements de 1790.
Article connexe : Révolution française.

Pour sortir le pays de la crise financière, le roi fait appel aux États généraux. Ils s'ouvrent en mai 1789, mais le , les députés du tiers état se proclament en Assemblée nationale et entament un bras de fer avec le roi. Le renvoi de Jacques Necker et la concentration des troupes royales provoquent des troubles. Le , les Parisiens attaquent la Bastille pour y récupérer des armes[128], puis dans les campagnes, c'est la Grande Peur qui oblige les députés à voter le rachat des droits féodaux lors de la nuit du 4 août 1789[129]. En octobre, le roi est ramené à Paris par une foule en colère : il doit désormais loger au palais des Tuileries[130]. L'Assemblée nationale prend une série de mesures pour consolider l'unité nationale, dont l'égalité des droits, l'unification du droit au niveau national, ou encore la création des départements pour rationaliser le découpage administratif[131]. La loi sur la Constitution civile du clergé réorganise l'Église française en faisant des membres du clergé des fonctionnaires[132]. Les enclaves comme le Comtat Venaissin sont rattachées à la France[133].

Se sentant en danger, Louis Louis XVI quitte secrètement Paris pour rejoindre des royalistes à Montmédy, mais il est rattrapé et ramené dans la capitale. Dès lors, le lien entre le roi et la population est rompu[134]. La constitution est promulguée en septembre 1791, mettant fin officiellement à la monarchie absolue de droit divin[135]. En avril 1792, l'Assemblée nationale déclare la guerre à l'Autriche, mais les défaites s’enchaînent et la France est sur le point d'être envahie[136]. Un manifeste, envoyé par le chef des armées étrangères et menaçant les Parisiens, met le feu aux poudres. Le 10 août 1792, la foule envahit la cour des Tuileries. Le roi doit alors s'abriter à l'Assemblée nationale, qui le suspend[137]. Le , le lendemain de la bataille de Valmy, les députés votent l'abolition de la royauté en France : la République succède à la monarchie. Le roi est jugé, condamné à mort et guillotiné le , la reine Marie-Antoinette est exécutée quelques mois plus tard et le dauphin meurt en prison le [138].

La Restauration

La royauté est rétablie le , après la défaite de Napoléon Bonaparte face aux armées européennes coalisées. Le sénat appelle Louis Louis XVIII, frère de Louis XVI, qui accède à la tête de l'État en accordant une charte qui limite volontairement son pouvoir. En mars 1815, Napoléon revient d'exil et rétablit l'Empire pendant les Cent-Jours, tandis que Louis XVIII fuit à Gand[139]. Louis XVIII revient ensuite sur le trône après la défaite de Napoléon à Waterloo. Le roi meurt sans héritier en septembre 1824 ; son frère Charles Charles X lui succède. Il rétablit le sacre, souhaite favoriser la noblesse et s'appuie sur les députés ultraroyalistes qui souhaitent un retour à l'Ancien Régime[140]. En 1830, plusieurs ordonnances pour limiter les libertés publiques, comme le rétablissement de la censure pour la presse ou la dissolution de la chambre, provoquent des émeutes connues sous le nom de « Trois Glorieuses » qui conduisent à l'abdication du roi[141].

La Monarchie de Juillet

Tableau représentant une femme tenant le drapeau tricolore suivie par des hommes armés et marchand parmi des cadavres
La Liberté guidant le peuple, représentant la révolution des Trois Glorieuses qui mène à l'instauration de la Monarchie de Juillet.
Article détaillé : Monarchie de Juillet.

La Chambre des députés nomme « roi des Français » Louis-Philippe Louis-Philippe Ier, chef de la branche capétienne cadette des Orléans. Le , il prête serment et promet de respecter la Charte[141]. Le drapeau tricolore remplace définitivement le drapeau blanc[142]. Le régime s'installe et la bourgeoisie « prend le pouvoir » en excluant la majorité du peuple du suffrage[143]. Commencée sous le régime précédent, la conquête de la future Algérie s'accélère, relançant la politique de colonisation. La France s'implante aussi dans le golfe de Guinée, au Gabon, à Madagascar, à Mayotte et signe un protectorat avec le Royaume de Tahiti[144]. La corruption et la crise économique font beaucoup de mécontents. Pour contourner l'interdiction de réunion, des opposants organisent des banquets républicains[145]. L'interdiction d'un de ces banquets provoque des agitations qui se transforment en émeute après des tirs de la troupe sur des manifestants. Louis-Philippe, qui refuse d'être responsable d'un massacre, abdique le lendemain. Le soir même, le gouvernement provisoire proclame la République[146].

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