Quercy | histoire

Histoire

Antiquité

Le Quercy correspond au territoire autrefois occupé par le peuple gaulois des Cadurques ou Cadurci qui forma après la conquête romaine la civitas gallo-romaine du même nom. Les limites de la cité se retrouvent dans l'ancien diocèse de Cahors dont le nom vient d'ailleurs aussi de Cadurci.

Moyen Âge

Le territoire de la cité est ensuite intégré dans la Guyenne, partie septentrionale de l'Aquitaine détachée pour la soustraire aux interventions carolingiennes contre les révoltes vasconnes. Mais il réapparaît presque aussitôt en Cadurcensis pagus car il est en effet érigé en comté vers 780[4]. Il est englobé en 849 dans le comté de Toulouse. À partir de 950, le nombre et la turbulence des seigneurs féodaux, retranchés dans leurs places-fortes et érigeant leur donjon, dominium de prestige, entravent le droit suzerain de Toulouse. L'ouverture féodale est indéniablement tournée vers le nord alors que la souveraineté des comtes de Toulouse l'a arraché à l'Aquitania.

La cohésion du Quercy se maintient par la puissance retrouvée et incontestée de l'évêché de Cahors. Il commande le pays et encourage de nombreuses fondations d'abbayes et de prieurés, évoluant en autant de seigneuries religieuses. Prolongeant l'ouverture aux multiples influences du nord, Moissac est ainsi à l'origine du style roman languedocien. Montauban est une bastide fondée en 1144 par Alphonse Alphonse Ier Jourdain, comte de Toulouse. L'essor de la ville est rapide et sa richesse et son organisation devient modèle, au point qu'elle initie un mouvement d'émancipation municipale, imitée ensuite par Toulouse et son consulat.

En octobre 1214, Simon de Montfort réunit à Figeac pour la première fois les États du Quercy à la demande de Philippe Auguste pour recevoir la soumission des routiers de Capdenac, le 23 octobre. Le s'est tenu à Rocamadour une assemblée pour lutter contre le brigandage. Le vicomte de Turenne, Bertrand de Gourdon, l'abbé de Tulle, les consuls de Cahors et de Figeac, un abbé, un prieur, dix-sept seigneurs et autant de communes signèrent un pacte d'association[5].

Roc Amadour, filiale de l'abbaye de Tulle, est le grand lieu de pèlerinage quercynois. À son apogée médiéval, sa population dépasse 20 000 habitants. L'extirpation de l'hérésie cathare suscite la croisade contre les Albigeois. Dans une répression d'une violence disproportionnée, elle frappe le Quercy arrimé au comté de Toulouse et justifie l'intervention royale, protectrice. Une armée croisée vient alors en Quercy pour combattre les cathares. L'expédition est menée par le comte Guy II d'Auvergne en compagnie de l'archevêque de Bordeaux[6],[7].

Louis IX le confisque en 1228. À la mort de Jeanne de Toulouse, en 1271, le Quercy se retrouve au cœur des querelles et guerres franco-anglaises. C'est pour les belligérants un morceau de la Guyenne, au point que Quercy et Haute-Guyenne soient synonymes. Supposé acquis par le royaume de France, le Quercy était prévu devoir être rendu à la couronne anglaise par le traité de Paris en 1259 si Jeanne de Toulouse mourait sans héritier. En 1271, Philippe III s'est emparé de tous les domaines de Jeanne de Toulouse, y compris le Quercy. Des négociations entre Édouard Édouard Ier et Philippe le Hardi ont abouti au traité d'Amiens de 1279 qui a entraîné le retour de l'Agenais et de la Saintonge à la Couronne d'Angleterre, mais laissa la souveraineté sur le Quercy en suspens. Finalement il est resté en possession de Philippe le Bel en 1286 contre le paiement d'une rente annuelle. Entre 1290 et 1360, les royaumes de France et d'Angleterre se disputent les confins de l'Aquitaine. En 1360, le Quercy subissant les affres de la peste noire depuis onze années est rendu à l'Angleterre par le traité de Brétigny-Calais. Mais la reconquête française ne tarde pas, orchestrée par Bertrand Du Guesclin pour le roi Charles V de 1373 à 1380.

Pourtant, une fois oubliées les brutalités de la guerre, les ravages de la peste noire plus dévastateurs encore, et avec un serein apaisement chrétien, les Occitans du comté de Toulouse soutiennent Charles VII, réfugié en Touraine et Berry, alors que les Parisiens, les Normands et les seigneurs influents du nord de la Seine suivent l'alliance d'intérêt anglaise et bourguignonne. Mieux, "l'Occitanie" fait pencher la balance du côté du pouvoir régalien français, qui entreprend timidement mais inexorablement la reconquête du nord.

En 1472, le Quercy ou Haute-Guyenne est réuni définitivement au domaine royal.

Période moderne

Le Bas-Quercy est marqué par la Réforme, se signalant comme ces Pays-Bas du Sud-Ouest. Le Haut-Quercy reste hésitant sur la Réforme puis finit par demeurer dans le catholicisme. Les fureurs paysannes quercynoises seront dévastatrices, aussi soudaines que violentes, ainsi les Croquants en 1594 et en 1624.

La généralité de Montauban est créée en 1637. Le Bas-Quercy, qui prend alors son nom des premières divisions administratives françaises, devient prépondérant avec la cité montalbanaise. Le Bas-Quercy est alors un pays de minières, de fer, de bois et de vin.

La pauvreté générale et souvent la misère et la disette, aggravées par la guerre de Cent Ans et les guerres de religion, ont engendré de fréquentes révoltes populaires en Quercy, aux XVII ème et XVIII ème siècles, toujours déclenchées contre l'excès de l'impôt: une des plus fameuses celle des "croquants" en 1624, puis celles de 1635 – 1637 en Guyenne et en 1707 la Révolte des « Tard avisés ».

L'étude du Chanoine Eugène Sol sur « La vie économique et sociale en Quercy aux XVI ème et XVIII ème siècle », évoque en détail cette pauvreté générale: "Au cours des siècles, dans un pays essentiellement agricole comme le Quercy, l'homme d'humble condition semble avoir été continuellement condamné à un état d'insécurité. Une seule mauvaise récolte suffisait le plus souvent à provoquer la disette et même la famine". [8]

La Révolution en Quercy: La région a été particulièrement agitée par les soulèvements paysans de la Révolution: dès l’automne 1789, « la révolte agraire constitua un élément organique du mouvement révolutionnaire. La motivation anti-seigneuriale l’emportait toujours; la « guerre au châteaux » se poursuivit en 3 jacqueries consécutives. » [9]. En Quercy comme ailleurs en France: décembre 1789-janvier 1790, novembre 1790-février  1791,  juin-août 1791.

Pour Albert Soboul, « les zones de luttes anti-seigneuriales constantes, intensives furent essentiellement les pays de petite culture, où la petite propriété maintenait ses positions, mais où les droits féodaux constituaient une part importante des revenus seigneuriaux. Pays encore où dominait le métayage: écrasés par le double prélèvement du propriétaire et du seigneur, les métayers prirent une part active aux troubles agraires en Quercy.

Par ailleurs « ces mouvements essentiellement anti-féodaux manifestaient aussi une hostilité certaine contre la bourgeoisie maintenant au pouvoir: dans le Lot en décembre 1790… les bandes paysannes allèrent jusqu’à chasser les directoires de district. Une scission s’affirma dès lors entre d’une part bourgeoisie modérée et noblesse libérale, que de multiples liens rattachaient encre aux survivances féodales de l’économie agraire, de l’autre bourgeoisie radicale et paysannerie, l’une et l’autre hostiles sans compromis à l‘Ancien Régime, à la fois comme propriétaires et comme producteurs. »

Le Chanoine Sol dans son ouvrage sur « La Révolution en Quercy », souligne l'importance de la question religieuse, qui a "dominé la politique locale" et beaucoup divisé la population, comme la dictature jacobine.

Le découpage départemental de la Révolution en 1790 a approximativement respecté le Quercy. Il correspond au territoire du Lot tel que découpé à l'origine mais dont une partie a été intégrée au Tarn-et-Garonne lors de la création de ce dernier en 1808.

L'histoire paysanne du Quercy est évoquée dans le musée de plein air de Cuzals, sur le causse à 35 km de Figeac. On y trouve entre autres des vestiges de l'importante culture du safran dans la région[10].

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