Ken le Survivant | analyse de l’œuvre

Analyse de l’œuvre

Production et inspirations

Tetsuo Hara a déclaré dans une interview que l’idée originale du manga lui vient d’une suggestion faite par son éditeur, Nobuhiko Horie. Horie lui a conseillé d’inventer un personnage, en l'occurrence un expert en arts martiaux, qui vaincrait ses ennemis en pressant leurs points vitaux. À l'époque, Tetsuo Hara connaissait quelques difficultés et n'arrivait pas à « percer » sur le marché du manga (sa première série, Iron Don Quixote a été déprogrammée seulement dix semaines après son lancement [6]). Une version prototype de Hokuto no Ken a été publiée comme histoire courte dans le Fresh Jump publié en , suivie de Hokuto no Ken II, une seconde histoire publiée en .

Les deux parutions furent bien reçues par les lecteurs de Fresh Jump. Le résultat d’un sondage parmi les lecteurs fait en sorte que Hara puisse adapter son œuvre en une série hebdomadaire. Buronson a été assigné pour scénariser la version hebdomadaire. L’histoire a été réécrite, l’univers contemporain de la version originale a laissé place à un univers post-apocalyptique fortement inspiré par Mad Max et le protagoniste Kenshiro, qui était à l'origine un lycéen, est devenu un héros plus âgé et plus stoïque, principalement inspiré par Bruce Lee (la ressemblance cependant est plus accentuée dans la série d'animation [7]).

Le design du personnage de Kenshiro est basé sur l'acteur Bruce Lee (d'où son célèbre « Atatatatatatatatata !! Ho wata !! » (あたたたたたたたたた!!ほぉわたぁ!! ?)) et Max Rockatansky [8], protagoniste de la série des Mad Max [9]. Uda est une caricature de Boy Georges [réf. nécessaire], Toki de Jésus Christ [réf. nécessaire]. Il y a aussi des caricatures de Richard Gere (Ein), Mister T. (un des frères Harn) , Arnold Schwarzenegger ou Jabba le Hutt. [réf. nécessaire] Le film australien est une grande source d’inspiration pour le manga. Kenshiro et Max Rockatansky connaissent un type d’évolution similaire. [réf. nécessaire] Au début, tous deux ne pensent qu’à venger leurs proches ( Yuria pour Kenshiro et Jessie Rockatansky pour Max Rockatansky). Au fur et à mesure, tous deux vont venir en aide aux plus faibles comme dans Mad Max 2 et dans Mad Max 3 : Au-delà du dôme du tonnerre. Dans Mad Max 2, un gang de motards terrorise la population. Kenshiro et Max Rockatansky sont habillés de la même façon et les antagonistes se ressemblent, notamment le frère de Kenshiro, Jagi, qui porte un masque comme Lord Humungous.

Au fur et à mesure que la série se développe, le personnage de Kenshiro est présenté comme un messie malgré lui. Les parallèles avec Jésus Christ se multiplient. [réf. nécessaire] À plusieurs reprises, il fait preuve de compassion envers ses ennemis, il est appelé sauveur par la population qui a foi en lui, les personnes qui croient en lui sont persécutées par le gouvernement, il effectue une seconde venue et répond ainsi aux prières de la population qui l'invoque directement, il subit un crucifiement dans la deuxième série avant de revenir grâce à une miraculeuse résurrection.

À l'étranger

  • En anglais : Fist of the North Star — « Poing de l'étoile du Nord »
  • En croate : Hokuto no Ken — « Ken de la Hokuto », « Poing du Nord »
  • En espagnol : El Puño de la Estrella del Norte — « Le Poing de l'étoile du Nord »
  • En français : Ken le Survivant
  • En italien : Ken il Guerriero — « Ken le Guerrier »
  • En japonais : Hokuto no Ken (北斗の拳)
  • En mandarin : Beidou Shen Quan (北斗神拳) — « Poing du Nord »
  • En norvégien : Fist of the North Star
  • En portugais : Hokuto no Ken
  • En suédois : Fist of the North Star
  • En thaï : ฤทธิ์หมัดดาวเหนือ
  • En arabe : سيف النار — « Épée de feu »

Controverse et censure

Particularités du dessin

Selon Yoshio Takami, qui a produit l'anime, celui-ci s'adresse aux adolescents à partir de 16 ans. Elle utilise les codes des histoires de samouraïs, par exemple les duels chorégraphiés. Les coups donnés par le héros ont généralement pour effet de faire imploser ses adversaires (Hokuto Shinken), non pas sous la force des coups mais en frappant les points vitaux, comme s'il s'agissait d'une acupuncture de combat, ou encore de découper ses adversaires (Nanto Seiken). Dans la première version animée, les gerbes de sang résultant de ces techniques sont rendues sous la forme de jets de lumières pour en atténuer l'effet « gore ».

Violence

Le manga a été publié dans le Weekly Shōnen Jump, un magazine destiné à un public de 8 à 22 ans. La violence est atténuée dans la série télévisée, en comparaison de celle du manga, par désaturation des effets sanglants. Au Japon, elle a été diffusée à 19 h, heure de grande écoute [10] sans jamais susciter de vagues de protestation comme en France.

En France, la série a été diffusée dans le Club Dorothée, une émission pour enfants produite par AB Productions pour le compte de TF1 [11] en octobre 1988 [12]. Selon Philippe Ogouz, responsable du doublage et voix française de Ken le Survivant, AB Productions achetait les droits de diffusion des dessins animés japonais en grande quantité pour le Club Dorothée, sans être très regardant quant à leur contenu [13]. Face aux réactions outrées d'associations familiales et de politiques (dont Ségolène Royal, à l'époque députée dans les Deux-Sèvres [14], [15]), les épisodes ont été de plus en plus censurés [12], et ont en outre fait l'objet d'un doublage outrageusement fantaisiste (à l'initiative de l'équipe des comédiens de doublage, qui ont menacé d'arrêter de doubler cette série s'ils n'avaient pas carte blanche), parfois très éloigné de la version originale bien plus sombre [16]. Cette forme d'édulcoration de la série a reçu un accueil très partagé de la part du public.

Dialogues en français

Dans une interview [13], Philippe Ogouz, le comédien qui double Ken, a soutenu que le milieu du doublage français dans ces années-là n'aimait pas les dessins animés japonais, n'était pas sensible à leur esthétique. À l'époque, les responsables de la direction artistique ont été effarés par la violence du manga et ont cru que le manga était «  nazi [13] » (car celui-ci présente parfois des svastikas, un symbole bouddhiste qui représente la connaissance ésotérique et la roue du dharma, souvent confondu en Occident avec une croix gammée). En voyant cette « croix gammée », les comédiens ont refusé de continuer à travailler sur ce manga ; mais comme leurs dirigeants tenaient à maintenir la diffusion, les comédiens ont posé comme condition d'avoir une liberté totale sur les dialogues pour poursuivre le doublage [17] ; c'est alors qu'ils ont commencé à improviser des répliques fantaisistes à base des jeux de mots. Une partie du public perçoit ces improvisations comme dénaturant l’œuvre originale et relevant d'une attitude quelque peu anti-japonaise. D'autres y voient un effet comique contribuant à l'intérêt de la série. Par exemple, le dernier rival et le frère de Ken se nomme Raoul (V.F.) au lieu de Raoh (V.O.) qui est également le roi d'un pays et vu comme un messie par des populations entières.

Voici quelques exemples de répliques du doublage français :

  • « Sa botte secrète est redoutable, elle est si rapide et si tranchante que lorsque le sang jaillit… Oh, c'est déjà un bloc de glace à la vanille [13]. »
  • « Par le hokuto à viande, je couperai vos gigots [13]!! »
  • « Dis moi où se trouve Ryuga ! [nougat [18]] — À Montélimar [13]!!! »
  • « Décidément les temps comme les œufs sont durs, et la bêtise n'a pas de limite [18]… »
  • « Ah ! Mes bras, tu m'as cassé les mains ! La prochaine fois, je te casserai les pieds. »etc.
  • Les noms des écoles sont régulièrement sujettes à calembour, notamment sous les formes « Hokuto de cuisine » et « Nanto de fourrure ».
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