Boudjak | géographie

Géographie

La principauté de Moldavie (rose) et la Bessarabie/Boudjak (ottomane, en jaune) début 1812, la veille de l'annexion russe et de l'extension du nom de « Bessarabie » à toute la Moldavie orientale (carte napoléonienne).
Les appartenances historiques de l'actuel oblast d'Odessa.
Les neuf raions du Boudjak.

Le Boudjak est géographiquement une partie de la steppe pontique (en ukrainien Причерноморске Иизменость) parcourue de rivières intermittentes aux noms moldaves ou tatars (Kirghiz-Kitaï, Kogylnik, Sărata, Caplana…), et dont les collines sont peu escarpées et ne dépassent pas 120 m d'altitude. Le climat est continental sec, torride l'été, glacial l'hiver, mais atténué sur la côte d'influences pontiques. Les précipitations, rares, tombent sous forme de jours de pluie au printemps et en automne, de violents et soudains orages en été, de neiges en hiver (le krivetz, blizzard venu de Sibérie, les accumule souvent en congères). La végétation est steppique, avec quelques bosquets et des saules le long des cours d'eau (notamment le Dniestr et le Danube, seuls cours d'eau permanents).

Le long du Danube et de la mer Noire, des lagunes saumâtres (les limans, du grec Λιμνης) aux noms tatars, grecs ou moldaves (Kahul, Yalpuh, Çugurlu, Katlapuh, Κελλια/Kilia, Drăculia, Kunduk-Sasık, Șagani, Ali-Bey, Tuzla, Codăești, Șabolat) sont séparées du large par des cordons littoraux sableux : c'était, avant la pollution par l'agro-industrie, d'importantes sources de poisson pour la population ; il y avait là des pêcheries traditionnelles exploitées par les Lipovènes (des russophones vieux-croyants) qui conservaient le poisson (essentiellement des mulets et des esturgeons) dans des glacières alimentées, l'hiver, par la glace de surface des limans. La steppe pontique, quant à elle, était traditionnellement le domaine du pâturage extensif des élevages ovins, spécialité des bergers moldaves, et des haras des Tatars, peuple cavalier. De leur côté, les Gagaouzes (turcophones chrétiens) et les Bulgares étaient des jardiniers réputés autour des points d'eau. Les Ukrainiens et les Allemands étaient principalement des cultivateurs de céréales (surtout de l'orge et du seigle) et des charrons ; ils élevaient également des bovins et des porcins.

À intervalles réguliers le long des rivières, le pouvoir soviétique, qui avait décidé de donner la priorité à la culture intensive des céréales et du maïs, a créé des biefs pour pallier la sécheresse et l'intermittence des rivières. Mais la plupart se sont envasés, l'apport en sels minéraux des rivières dans leurs limans naturels a cessé, la culture intensive a échoué et les limans ont été pollués par les engrais et les pesticides. Les spécialistes de la réserve naturelle des bouches du Danube à Vylkove (en ukrainien : Дунайський Біосферний Заповідник)[3] et ceux de l'université d'Odessa ont proposé un plan de reconstruction écologique du Boudjak, mais les moyens financiers manquent.

Grand comme deux départements français, le Boudjak est relié au reste de l'Ukraine par une route traversant la Moldavie et un pont ferroviaire à l'embouchure du Dniestr. En effet la frontière moldo-ukrainienne, qui n'était initialement qu'une limite administrative à l'intérieur de l'URSS, n'a pas été conçue pour être une frontière internationale selon le principe de « viabilité des frontières » défini par Emmanuel de Martonne, et elle recoupe à sept reprises la voie ferrée Tchernivtsi-Mohyliv au nord du pays et à 6 reprises la voie Odessa-Reni au sud, ainsi que de nombreuses routes. Elle ne laisse à la Moldavie que 340 m de rivage danubien et coupe ce pays de tout accès à la mer Noire (liman du Dniestr) à 850 m près. Cela pose d'importants problèmes de circulation et de logistique qui ont fait émettre plusieurs propositions d'échanges territoriaux (par exemple la Transnistrie contre une partie du Boudjak, ou encore les rayons moldaves de Tiraspol et Slobozia contre le rayon ukrainien de Reni) dont aucune n'a abouti. Contrairement aux informations qui ont circulé dans divers média, l'échange plus limité entre une partie de la commune moldave de Palanca et une partie de la commune ukrainienne de Reni, proposé en 1997, globalement défini en 1999 et qui a fait l'objet d'un protocole additionnel en 2001, n'a jamais été mis en application, le statut du lieu-dit Rîpa de la Mîndrești posant problème. Cet échange avait pour objet d'agrandir l'accès de la Moldavie au Danube tout en supprimant la traversée de la Moldavie par la route Odessa-Reni.

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