Boudjak | histoire

Histoire

Sources[4].

Dans l’Antiquité, le futur Boudjak a été habité par les Harpiens, une tribu dace de la confédération tyrgète, par des Scythes (Sarmates et Roxolans iranophones), par des Germano-Celtes (les Bastarnes), et sur la côte, par les Grecs (colonies de Τύρας ou Tyras, de Χάρϖης ou Harpis et de Λυκοστόμα ou Lycostoma).

Du e au e siècles, la région a été un couloir de passage pour les Goths, les peuples des steppes et les Slaves en route vers l’ouest et le sud : le roi Wisigoth Alaric y est né. Toutefois, des populations hellénophones et latinophones sédentaires, vivant de la pêche, ont pu se maintenir dans le labyrinthe semi-aquatique et boisé du delta du Danube.

Du e au e siècles, la région s’est trouvée sous le contrôle successif de la Rus' de Kiev (970-972), de l’Empire romain d'Orient dit « byzantin » (973-1186), de la « Bulgaro-Valachie » (regnum Bulgarorum et Valachorum, 1186-1224), des Tatars de Crimée ou Nogaïs (1224-1328), de la Valachie (1230-1408) et de la Moldavie (1408-1484), tandis que les commerçants de la république de Gênes construisirent à partir de 1315 trois citadelles sur les bords de la mer Noire et sur le Danube (Montecastro = Cetatea Albă ou Cité blanche, Licostomo (Embouchure du loup en grec) près de Chilia et Licovrissi (Fontaine du loup en grec) = Izmail). Les Génois et les voïvodes valaques et moldaves développent les cinq ports des bouches du Danube et de la mer Noire : Galați, Reni, Smil, Chilia et Cetatea Albă, et fortifient les citadelles. En 1484, le prince de Moldavie Étienne Étienne III le Grand (Ștefan cel Mare) fut forcé d’abandonner les forteresses de Chilia/Kiliya et de Cetatea Albă/Akkerman aux Ottomans. Le reste de la région avec Bender/Tighina fut cédé en 1538 après une autre campagne militaire ottomane.

La forteresse moldave de Cetatea Albă (e siècle).
Berger bessarabien (1940).
Vue vers le village de Cleaștiţa/Klöstitz, Vesela Dolyna depuis 1945.

Sous domination ottomane, la région n’était pas une province en soi, mais faisait partie, avec la Thrace maritime (aujourd’hui bulgare), la Dobrogée (aujourd’hui roumaine) et l’Edisan (aujourd’hui ukrainien), de la province d’Özi (rives occidentales de la mer Noire), capitale Silistra. Le Bucak (que les chrétiens locaux, alors pontiques et moldaves, appellent toujours Bessarabie) est divisé en :

Pendant les guerres napoléoniennes, le Boudjak (qui figure sur toutes les cartes sous le nom de Bessarabie) fut conquis par la Russie durant la guerre russo-turque de 1806-1812, et incorporé par le traité de Bucarest de 1812 à la nouvelle goubernia de Bessarabie. Le delta du Danube y fut adjoint en 1829. Avec l’annexion russe, les Turcs et Tatars musulmans furent chassés de la région vers la Dobrogée, encore ottomane jusqu’en 1878, tandis que des Bulgares et des Gagaouzes chrétiens (les Gök-Oguz de langue turque) vinrent les remplacer. Y furent également cantonnés des Cosaques russes, qui reçurent non seulement des terres, mais aussi les chevaux des Tatars. En outre, environ 90 000 colons allemands, lorrains et suisses vaudois y furent implantés par les tsars.

Après la défaite de la Russie dans la guerre de Crimée en 1856, une partie du Boudjak fut rendue à la Moldavie, qui forme la Roumanie en s’unissant à la Valachie en 1859. Après la guerre russo-turque de 1877-1878, le traité de San Stefano (1878) et le traité de Berlin de 1878 reconnurent l’indépendance de la Roumanie, mais restitua le Boudjak à la Russie.

Le la première République démocratique moldave proclamait son indépendance, incluant le Boudjak. Cette première Moldavie allait ainsi jusqu’au Danube et à la mer Noire. À l’issue de la Première Guerre mondiale, la République démocratique de Moldavie s’unit à la Grande Roumanie, et forma les județe d’Izmaïl et de Cetatea Albă.

En 1939, une clause secrète du pacte Hitler-Staline assigna la Moldavie orientale (Bessarabie, Boudjak) à la sphère d’influence de l’URSS et en juin 1940, la Roumanie ayant perdu son principal soutien (la France) les Soviétiques s’emparèrent de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord. En août 1940, le Centre de la Bessarabie forma la nouvelle République socialiste soviétique moldave, tandis que le Boudjak était attribué à la République socialiste soviétique ukrainienne au sein de laquelle il forme l'oblast d'Akkerman-Izmail (qui sera rattaché en 1954 à l'oblast d'Odessa). Selon les dispositions du pacte Hitler-Staline, les Allemands furent rapatriés de force vers l’Allemagne. Après la déclaration de guerre de Hitler à Staline en juin 1941, les Roumains se trouvèrent aux côtés des forces de l’Axe, et reprirent le Boudjak, qu’ils rendirent à l'URSS le lorsqu’ils déclarèrent la guerre à l’Allemagne nazie. Les Soviétiques peuplèrent d’Ukrainiens et de Russes les villages évacués en 1940 par les Allemands.

Depuis la chute de l’Union soviétique, le Boudjak fait partie de l’Ukraine indépendante. Malgré quelques associations moldaves locales qui revendiquèrent un temps le retour de cette région à la Moldavie ou à la Roumanie, ces deux pays n’ont aucune revendication territoriale sur l’Ukraine. Mais des contentieux subsistèrent jusqu’en février 2009 : l’URSS s'était emparée en 1948 de davantage d’îles que ne lui en avait officiellement cédé la Roumanie au traité de Paris de 1946[6]. Le contentieux concernait les îles Daler, Coasta-Dracului, Maican et Limba sur le bras de Chilia, l’île des Serpents en mer Noire, et les eux territoriales correspondantes. La Roumanie reprocha à l'Ukraine d'avoir posé unilatéralement des bornes frontière jusque devant le port roumain de Sulina, et le fait que les tableaux et dépliants explicatifs du site historique de Cetatea Albă à Bilhorod-Dnistrovskyi et à Hotin, ne mentionnent pas ou peu leur passé moldave. Un jugement du CIJ, accepté par les deux pays, régla le contentieux le , reconnaissant l’appartenance des îles à l’Ukraine, mais attribuant à la Roumanie 80 % des eaux territoriales contestées[7].

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