Agriculture biologique | nutrition et santé

Nutrition et santé

Article détaillé : Aliment biologique.

Perception dans la population

Les usagers de l'agriculture biologique soutiennent communément que l'alimentation issue de l'agriculture biologique est plus saine au niveau nutritif. Par exemple en France un sondage de 2009 montre que 90 % de la population pensent que les produits biologiques sont « plus naturels car cultivés sans produits chimiques », 81 % pensent qu'ils sont « meilleurs pour la santé », et 74 % pensent que les « qualités nutritionnelles des aliments [sont] mieux préservées »[107].

Aspects nutritionnels

Article détaillé : Aliment biologique.

Les conclusions des études comparant aliments biologiques et conventionnels sont contradictoires, certains auteurs estimant que les différences sont minimes, tandis que d'autres concluent que les produits biologiques présentent des avantages substantiels sur le plan nutritionnel. Une méta-analyse de 2012 conclut que, « bien que les aliments biologiques se distinguent des aliments issus de l'agriculture conventionnelle par une moindre toxicité, une période de conservation plus longue et par leur contenu nutritionnel en certains éléments, d'autres études comparatives sont nécessaires pour confirmer leur supériorité nutritionnelle et clore la controverse »[108].

Stands d'aliments issus de l'agriculture biologique au salon Marjolaine, organisé par Nature et progrès au parc floral de Paris.

Le 11 octobre 2013, l'INRA a publié un rapport intitulé « Vers des agricultures à hautes performances »[109]. Ce rapport compare les agricultures biologique et conventionnelle, notamment sur un plan agronomique ; les auteurs estiment que les qualités des produits issus des agricultures biologique et conventionnelle sont « globalement peu différentes »[110]. Ils notent toutefois une présence de pesticides nettement plus faible dans les produits issus de l'agriculture biologique, « une teneur en vitamine C potentiellement plus élevée des fruits et légumes en AB » et « une teneur en vitamine E plus élevée de l’huile d’olive en AB ». La composition en lipides des produits animaux biologiques (plus riche en acides gras polyinsaturés et moins riche en acides gras saturés) est également jugée « plutôt favorable » par rapport aux produits issus de l'agriculture conventionnelle. En revanche, ils notent que la « teneur en protéines des céréales et des légumes en AB est inférieure », et les risques de contamination parasitaire sont jugés plus importants en agriculture biologique. Ils précisent toutefois « qu'il est peu probable que les consommateurs de ces produits en tirent un bénéfice significatif en termes de santé ».

Dans une méta-analyse du 15 juillet 2014[111],[112] publiée dans la revue British Journal of Nutrition, une équipe internationale composée de 18 experts internationaux (dont Charles Benbrook, chercheur financé par l'industrie de l'alimentation biologique[113]), dirigée par l'Université de Newcastle au Royaume-Uni, montre que les aliments à base de plantes cultivées biologiquement contiendraient jusqu'à 60 % d'antioxydants de plus que les aliments issus de cultures conventionnelles. L'analyse de 343 études, sur les différences de composition entre les cultures biologiques et conventionnelles, a constaté que le passage à la consommation de fruits, légumes et céréales biologiques permettait de fournir des antioxydants supplémentaires (équivalents à 1-2 portions supplémentaires de fruits et légumes par jour). Cette étude montre également des niveaux significativement plus faibles de métaux lourds toxiques dans les aliments biologiques. Le cadmium, qui est l'un des trois seuls contaminants métalliques avec le plomb et le mercure pour lesquels la Commission européenne a établi des niveaux maximaux admissibles de contamination dans les aliments, a été retrouvé à des niveaux inférieurs d'environ 50 % dans les cultures biologiques que dans celles cultivées de façon conventionnelle. La concentration de ces produits en nitrates et nitrites était également inférieure (de 30 % et 87 % respectivement) dans les aliments biologiques. Ce travail a été critiqué notamment par les auteurs de méta-analyses antérieures qui étaient parvenus à des conclusions inverses[114].

D'autres études ont montré une différence significative pour la concentration entre produits issus de l'agriculture biologique et produits conventionnels[115]. Ces effets ont pu aussi être mesurés directement sur les consommateurs de produits issus de l'agriculture biologique : des enfants alimentés avec des produits biologiques ont vu la concentration en pesticides organophosphorés (en voie d'interdiction en Europe[116]) dans leurs urines rapidement baisser à des niveaux non détectables[117].

Les études scientifiques plus anciennes ne montraient pas de différences significatives au niveau nutritionnel[118],[119],[120],[121],[122],[123], mais les fruits et légumes biologiques tendent à porter moins de résidus de pesticides[124]. Une étude de 2009 des effets potentiels sur la santé, réalisée pour l'Agence britannique des normes alimentaires (Food Standards Agency), a analysé onze articles et conclu : « en raison des données limitées et très variables disponibles, et d'inquiétude sur la fiabilité de certains résultats rapportés, il n'existe actuellement aucune preuve d'un avantage pour la santé de consommer des aliments biologiques comparé aux denrées alimentaires produits de manière conventionnelle. Il convient de noter que cette conclusion se rapporte sur la base des données actuellement disponibles sur la teneur en nutriments des denrées alimentaires, et comporte des limitations dans la conception et la comparabilité des études »[125]. Des études individuelles ont considéré une variété d'impacts possibles sur la composition des aliments. L'une d'elles conclut que les fruits et légumes biologiques contiennent moins de résidus agrochimiques que ceux cultivés de manière traditionnelle, mais que l'importance de cette différence est discutable[126].

Une méta-analyse de l'Université Stanford regroupant 200 études sur 40 ans conclut à l'absence de différence nutritionnelle entre aliments conventionnels et issus de l'agriculture biologique[127]. Néanmoins elle remarque que les fruits et légumes conventionnels tendent à porter plus de résidus de pesticides, et que la viande conventionnelle est plus contaminée par des bactéries résistantes aux antibiotiques[124].

Parallèlement à ces études, d'autres montrent que les aliments biologiques peuvent contenir certains nutriments en plus grande quantité. Par exemple, une méta-analyse indique que les produits laitiers biologiques contiennent plus d'acides gras oméga 3 et protéines[128]. Ses fruits et légumes ont aussi des teneurs en flavonoïdes (protecteur des vaisseaux sanguins) plus élevées[129]. Une étude de l'Université de Newcastle publiée au début de l'année 2016 conclut qu'il existe de vraies différence entre le lait et la viande biologique et non biologique. L'équipe de chercheurs a analysé 196 articles sur le lait et 67 articles sur la viande. Elle a trouvé que le lait et la viande biologiques contenaient 50 % plus d'acides gras oméga 3, ainsi qu'une concentration plus importante de minéraux et d'antioxydants. La même étude conclut que le lait biologique contient 74 % plus d'iode que le lait conventionnel[130].

Impact sur la santé

Une Conférence internationale ONU/FAO de mai 2007[131] sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire a conclu qu'à l'échelle mondiale, l’agriculture biologique, si elle est soutenue par une volonté politique, peut contribuer à la sécurité alimentaire, dont celle des pays riches également menacés par l'épuisement des énergies fossiles, les changements climatiques et certaines faiblesses de la chaîne alimentaire. Toutefois, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a fait le point sur la confusion entretenue sur cette conférence et la position de la FAO. En effet, selon lui, si l'agriculture biologique peut contribuer à la lutte contre la faim dans le monde, l'utilisation judicieuse de produits phytosanitaires chimiques ou de synthèse reste nécessaire[132].

L'agriculture biologique élimine un certain nombre de risques sanitaires induits par l'usage ou l'abus de certains intrants chimiques, mais elle introduit des facteurs de risque liés à certaines pratiques. Ainsi l'absence de recours aux herbicides peut favoriser les contaminations par des plantes toxiques. En France, en septembre et octobre 2012, de la farine de sarrasin biologique est contaminée par des graines de datura[133] ; 32 personnes sont intoxiquées, dont 8 hospitalisées[134]. Les graines ayant la même taille elles ne peuvent être séparées par tamisage. Sans herbicides, la contamination ne peut être évitée que par arrachage manuel et repérage visuel[135].

Mycotoxines

L'interdiction de certains fongicides voire certains insecticides chimiques augmenterait le risque de présence de mycotoxines dans les aliments. Cependant les pratiques culturales privilégiées par l'agriculture biologique semblent limiter ces contaminations[136]. Les différentes études réalisées ne permettent ainsi pas de conclure à une variation du risque de contamination par les mycotoxines[109]

Selon une étude de l'INRA[109], « Les exploitations « bio » produisant des céréales étant en général plus petites et moins spécialisées dans la production de céréales que les conventionnelles, elles peuvent être moins bien équipées pour stocker. Cependant, à notre connaissance, aucune étude n’a évalué les risques que cela pourrait faire courir aux produits céréaliers stockés dans ces conditions. »

Pathogènes

L'emploi de fertilisants organiques, largement utilisés en agriculture biologique alors que l'agriculture conventionnelle préfère généralement les engrais chimiques, pourrait amener des germes pathogènes pour l'homme[137].

Pesticides

L'agriculture biologique supprime des nuisances liées aux pesticides de synthèse que ce soit pour les nappes phréatiques, les eaux de surface et la faune [réf. nécessaire].

D'après une étude de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2013 publiée en 2015 portant sur l'analyse de 81 000 échantillons prélevés dans l'Union européenne, plus de 97 % des échantillons se sont révélés conformes à la réglementation (94,3 % des échantillons de produits d'origine extra-européenne et 98,6 % pour les produits originaires de pays de l'UE) ; 45 % des produits agricoles conventionnels contiendraient toutefois des résidus détectables de pesticides contre 15 % des produits agricoles issus de l'agriculture biologique. L'EFSA en a conclu qu'il était improbable que la présence de résidus de pesticides dans les aliments ait un effet à long terme sur la santé des consommateurs[138].

Certains produits naturels et minéraux autorisés en agriculture biologique (cuivre, pyrèthres) peuvent être dangereux pour l'homme. La roténone, utilisée autrefois en agriculture biologique mais interdite désormais dans l'Union européenne, est classée par l'Organisation mondiale de la santé dans la catégorie des pesticides modérément dangereux[139] et augmenterait les risques de maladie de Parkinson[140]. En France, les producteurs bio ont obtenu des dérogations afin de maintenir son usage notamment sur les pommes, les poires, les pêches, la vigne et les pommes de terre. D'autres pesticides mis en avant par l'agriculture biologique pourraient favoriser des maladies telles que des cancers (pyrethrines [141]), hépatopathies (sulfate de cuivre[142]), ou infertilités (azadirachtine, observées chez le rat[143]).

Antibiotiques

Certains labels d'agriculture biologique restreignent l'usage des antibiotiques. Le label AB privilégie l'homéopathie et la phytothérapie, mais autorise jusqu'à un à trois traitements par an (hors traitements obligatoires et vaccins, en fonction de la durée de vie des animaux) de traitements allopathiques dont les antibiotiques [144]. Les antibiotiques doivent faire l'objet d'une prescription par un vétérinaire, qui ne l'accorde qu'en cas de maladie bactérienne. L'usage comme facteur de croissance dans l'agriculture, qu'elle soit conventionnelle ou biologique, est interdit dans l'Union européenne depuis 2006[145] .

Hormones

L'agriculture biologique limite l'utilisation d'hormones artificielles utilisées pour manipuler les cycles de reproduction [98]. Si les hormones de croissance sont interdites dans l'Union européenne depuis 1988, l'usage d'hormones sexuelles pour décaler des mises bas ou débloquer des cycles sexuels est d'usage courant en élevage d'ovins[146][réf. insuffisante]. Aucune étude n'a montré un danger lié à la consommation d'animaux ayant reçu ces hormones [147].

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