Madonna

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Madonna
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Madonna interprétant La Vie en rose au ukulélé pendant sa tournée Rebel Heart Tour en septembre 2015.
Informations générales
SurnomThe Queen of Pop, The Material Girl, La Madone, La Ciccone, Madge, M
Nom de naissanceMadonna Louise Ciccone
Naissance (59 ans)
Bay City, Michigan, États-Unis
Activité principaleAuteur-compositrice-interprète, danseuse, productrice de musique
Activités annexesActrice, productrice de cinéma, réalisatrice
Genre musicalDance-pop, RnB, electro, jazz-rock, new wave
InstrumentsVoix, guitare, batterie
Années activesDepuis 1979
LabelsSire, Maverick, Warner Bros., Interscope
InfluencesDavid Bowie, Marilyn Monroe, Prince, Blondie
Site officielwww.madonna.com

Madonna, de son nom complet Madonna Louise Ciccone[1],[2] (prononcé tʃɪˈkoʊneɪ), née le à Bay City dans le Michigan, est une chanteuse, actrice, danseuse, réalisatrice et femme d'affaires américaine.

Personnage incontournable de la musique populaire depuis 35 ans, Madonna a marqué son époque par son immense succès mondial sur la scène musicale et ses provocations. Surnommée The Queen of Pop (« La Reine de la Pop »), elle s'inscrit dans le courant musical pop, mais a fait aussi des incursions dans d'autres styles comme la dance, le disco, le RnB, l'electro, le rock et le jazz. Connue pour constamment réinventer son image et sa musique au fil des années, elle utilise ses clips, ses concerts et ses interviews pour s'exprimer notamment sur la religion, la sexualité et la politique.

Arrivée en 1978 à New York pour poursuivre une carrière de danseuse, Madonna signe chez Sire Records en 1982 et sort son premier album l'année suivante, qui sera suivi par une série de disques acclamés par la critique et au succès commercial important : les albums Like a Virgin (1984) et True Blue (1986) se sont vendus à plus de 20 millions d'exemplaires chacun tandis que Ray of Light (1998) et Confessions on a Dance Floor (2005) sont tous deux lauréats d'un ou plusieurs Grammy Awards. Co-auteure et co-productrice de la majorité de ses chansons, la plupart de ses singles ont atteint le sommet des classements musicaux tels que Like a Virgin, Into the Groove, Papa Don't Preach, Who's That Girl, Like a Prayer, Vogue, Frozen, Music, Hung Up et 4 Minutes. Femme d'affaires accomplie, elle a créé en 1992 sa propre maison de disques, Maverick Records, et a signé en 2007 un contrat avec le promoteur de concerts Live Nation pour un montant de 120 millions de dollars.

Désignée par le Livre Guinness des records comme étant la chanteuse ayant vendu le plus de disques de tous les temps (plus de 300 millions)[3],[4],[5], Madonna a été intronisée au Rock and Roll Hall of Fame lors de sa première année d'éligibilité. Considérée comme une des premières femmes popstars, elle est souvent citée comme influence majeure des jeunes artistes pop du 21e siècle et à connu le pic de sa carrière entre 1984 et 2010.

Madonna a également embrassé le métier d'actrice : malgré les critiques positives pour son premier film, Recherche Susan désespérément (1985), et son Golden Globe de la meilleure actrice pour Evita en 1996, la plupart de ses films ont reçu un accueil mitigé voire glacial, lui rapportant neuf Razzie Awards. Échaudée par ces critiques négatives, elle préfère se tourner vers la réalisation à partir de 2008.

Madonna est la célébrité la mieux payée en 2009 et en 2013 et la chanteuse la plus riche du monde avec une fortune variant entre 580 et 800 millions de dollars selon les estimations[6],[7]. Elle est une des six artistes, et la seule femme, dont les tournées ont rapporté plus d'un milliard de dollars de recettes et son Sticky and Sweet Tour (2008-2009) est la tournée la plus lucrative de tous les temps par une artiste solo, avec des revenus évalués à 408 millions de dollars.

Biographie

Généalogie, enfance et adolescence (1958–1978)

Le père de Madonna Silvio "Tony" Ciccone et sa belle-mère Joan Gustafson (en 2009).

Madonna Louise Ciccone est née le à Bay City dans le Michigan. Elle est la fille de Silvio « Tony » Ciccone, un italo-américain, et de Madonna Louise Fortin, d'origine franco-canadienne. Le père de Madonna est né en 1931 d'immigrés italiens, originaires du village de Pacentro (Abruzzes), qui se sont installés aux États-Unis en 1919[8]. Il a notamment travaillé en tant qu'ingénieur chez Chrysler et General Motors. Quant à sa mère, née en 1933, elle est une descendante directe de Julien Fortin, qui a émigré depuis le Perche vers la Nouvelle-France en 1650. La famille Fortin est également apparentée au pionnier Zacharie Cloutier, qui s'est installé à Beauport en 1634, faisant de Madonna une lointaine cousine de plusieurs personnalités québecoises dont Céline Dion, Diane Tell et Xavier Dolan[9].

Mariés en 1955, Silvio Ciccone et Madonna Fortin ont eu six enfants : Anthony (né en 1956), Martin (né en 1957), Madonna (que l'on surnomme « Little Nonni » pour la distinguer de sa mère[10]), Paula (née en 1959), Christopher (né en 1960) et Melanie (née en 1962)[11].

Élevée dans un milieu strictement catholique, Madonna prend comme prénom de confirmation Veronica, en référence à Sainte Véronique, qui selon la tradition a essuyé le visage du Christ portant sa croix au Golgotha pour y être crucifié[2].

Son grand-père paternel, n'ayant aucun diplôme, dut exercer le métier de carrier pour un petit salaire, et élevait ses enfants sévèrement afin de leur apprendre la discipline, le respect et, surtout, à subsister par leur seule persévérance. Le père de Madonna appliquera la même méthode à ses enfants pour leur assurer un avenir préférable au sien[12]. À l'âge de cinq ans, Madonna perd sa mère des suites d'un cancer du sein. La mort de celle-ci sera un sujet récurrent dans ses œuvres musicales comme Oh Father, Promise to try, Mer Girl, et Mother & Father. C'est depuis cet événement que Madonna décréta qu'elle ne dépendrait jamais de personne (« I made a vow that I would never need another person ever », paroles de Mother & Father) et qu'elle n'eut aucun scrupule à se battre et à défendre sa place dans la société[13].

Madonna resta très proche de sa grand-mère, Elsie Fortin (décédée le à l'âge de 99 ans)[14]. La famille déménagea ensuite dans l'agglomération de Détroit, à Rochester Hills, où Madonna poursuivit avec succès ses études secondaires à la Rochester Adams High School. Son père se remaria trois ans après la mort de sa femme avec Joan Gustafson, une de ses aide-domestiques, avec qui il aura deux enfants, Jennifer et Mario (nés en 1967 et 1968 respectivement)[11].

Christopher sera, de toute la fratrie, le plus proche de Madonna ; il dirigera deux de ses tournées[15] et apparaîtra dans ses premiers clips. La chanteuse est en revanche plus distante avec ses demi-frère et sœur, leur mère ne s'entendant pas bien avec Madonna qui, visiblement, n'avait pas apprécié que son père ait eu des enfants avec une autre femme[16] (elle semble cependant, à ce jour, réconciliée avec son père et sa belle-mère).

Très jeune, elle prend des cours de piano mais, assez vite, convainc son père de lui laisser suivre à la place des cours de danse classique. Sa belle-mère l'inscrit dans une école catholique au sein de laquelle elle participe activement aux activités artistiques. Elle est l'élève du professeur de danse Christopher Flynn. Souffrant alors d'une faible estime d'elle-même, il aurait été le premier à lui souligner qu'elle était belle, talentueuse et charismatique, et aurait fait naître chez Madonna l'idée d'une carrière de danseuse à New York. Ses capacités intellectuelles lui facilitent l'accès à la prestigieuse université du Michigan. Elle y reçoit une bourse d'études de danse et y sera aussi pendant un temps pom-pom girl. Malgré d'excellents résultats, elle quitte l'établissement après deux années, suscitant la déception de son père qui, s'inquiétant pour l'avenir de sa fille, prend des mesures extrêmes et décide de lui couper les vivres. Elle quitte le Michigan et s'installe alors à New York, rêvant de devenir danseuse.

Débuts dans la musique (1978–1984)

Article détaillé : Madonna (album).

En septembre 1978, elle arrive à New York avec 35 $ en poche, et se rend au quartier des théâtres, à Times Square, en espérant y trouver la gloire[17]. Madonna évoquera plusieurs épisodes traumatisants à son arrivée : « Je n'y ai pas été accueillie à bras ouverts. La première année, on m'a braquée avec un pistolet. J'ai été violée sur le toit d'un immeuble, où on m'avait poussée avec un couteau dans le dos, et mon appartement a été cambriolé trois fois[18] ». Elle devient rapidement étudiante de la très respectée danseuse classique Pearl Lang, et vit d'emplois occasionnels dans une grande précarité[19], esseulée et avec le peu d'argent que lui rapportent ses emplois de serveuse, danseuse ou modèle de nu[20]. Madonna incarnera par conséquent l'image du rêve américain : réussir à partir de rien par sa seule détermination. Elle part ensuite à Durham[21] pour décrocher une audition et suivre les cours de danse de Martha Graham[22] et Alvin Ailey[23] au American Dance Center de New York.

En 1979, elle fait la connaissance de Dan Gilroy, qui lui apprend la guitare. Lassée de ses relations tumultueuses avec Pearl Lang, elle laisse de côté sa carrière de danseuse pour faire de la musique et devient ainsi batteuse puis chanteuse du groupe Breakfast Club[24]. Après bon nombre d'auditions (notamment pour Footloose et Fame)[25], des producteurs la remarquent lors d'une audition pour Patrick Hernandez[26] et veulent lui faire tenter sa chance en France[27],[28] ; elle vit alors pendant cinq mois entre Lille, Paris et Marseille[29], enchaînant les contrats dérisoires, mais gagnant en expérience. À nouveau lassée, elle rentre aux États-Unis en août et reprend les auditions. En octobre, elle finit par tourner dans un film à petit budget[30], A Certain Sacrifice de Stephen Jon Lewicki. Durant l'été 1980, elle produit son propre groupe « Emmy & The Emmys »[31] dans le quartier de Manhattan au Music Building, avec Stephen Bray et Gary Burke, pour lequel elle écrit 14 chansons. Le groupe se produit dans les clubs, interprétant les compositions de la chanteuse.

Début 1981, le groupe se disloque et Madonna fait écouter une cassette à Camille Barbone[32], la coprésidente de Gotham Management, qui lui promet alors une carrière rock du style Pat Benatar, et produit dix titres. Selon Barbone, le talent de Madonna n'est perceptible que lorsqu'elle est sur scène, et elle persuade Bill Lomuscio, un organisateur de concert, de la faire jouer dans les clubs. Très vite, son style et sa façon de s'habiller vont faire des émules et ses démos intéressent alors Atlantic Records, Geffen Records et Columbia. Mais, voulant faire du funk, elle laisse tomber Gotham et retourne voir Bray. Ensemble, ils produisent une maquette de titres inspirés de la rue : Everybody, Ain't No Big Deal, Burning Up et Stay[33], que Madonna tente de faire jouer au club new-yorkais Danceteria (en). Mark Kamins, le DJ du club, est séduit et la présente à Seymour Stein, le PDG de Sire Records[34].

En avril 1982, elle signe avec Sire Records, filiale de Warner, qui permet la sortie de son premier 45 tours, Everybody, qui ne la fera pas connaître du grand public mais aura un certain succès dans les discothèques américaines[35]. Viendront ensuite Burning Up et Physical Attraction qui seront, encore une fois, connus principalement aux États-Unis. En juillet 1983, sort son premier album, Madonna, composé de chansons dance, pour la plupart produites par Reggie Lucas et écrites par la chanteuse elle-même. Devant le succès progressif de l'album, trois autres singles sortent, rencontrant également le succès : Holiday, Borderline, et Lucky Star. Depuis, l'album s'est vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, dont la moitié aux États-Unis.

De Like a Virgin à Like a Prayer : la consécration (1984–1990)

C'est avec son deuxième album que l'artiste se fait réellement connaître internationalement. Like a Virgin, qui paraît fin 1984, se vend ainsi au fil des mois qui suivent à plus de 20 millions d'exemplaires à travers le monde, dont 10 millions[36] aux États-Unis, grâce aux singles Material Girl, un brin controversé, Angel, Dress You Up et surtout Like a Virgin, titre très controversé (mélangeant sous-entendus érotiques et références religieuses) qui est édité en novembre 84 en tant que premier extrait de l'album du même nom et qui devient le premier vrai grand hit international de la chanteuse. Cette fois-ci, Madonna ne participe à l'écriture que pour la moitié de l'album. Le phénomène pop se répand : les jeunes filles d'Europe et des États-Unis adoptent sa coiffure et son style vestimentaire ; les sous-vêtements par-dessus et les bracelets en caoutchouc font alors des « wanabees » les premières groupies de popstar féminine[37].

En 1985, Like a Virgin est réédité avec un titre supplémentaire, le tube Into the Groove[38], bande originale du film Recherche Susan désespérément, dans lequel Madonna tient l'un des rôles principaux. La même année, elle épouse, sur une plage privée de Malibu, l'acteur Sean Penn[39], dont elle divorcera quatre ans plus tard[40]. Alors que sa 1re tournée, The Virgin Tour, s'arrête dans les plus grandes villes des États-Unis et du Canada, elle participe au Live Aid avec les plus grands noms de la musique. À 26 ans, Madonna a une fortune de 50 millions de $[41], ce qui en fait l'une des plus jeunes multi-millionnaires au monde.

Madonna à Rotterdam en 1987 lors du Who's That Girl Tour.

En 1986, alors que l'on s'attend à ce qu'elle quitte la scène, elle revient avec True Blue, album dans lequel elle s'implique davantage (elle est désormais coauteur et coproductrice de l'intégralité de l'album). Plus mature, ce disque est un nouveau succès et reste son album le plus vendu, avec plus de 30 millions d'exemplaires. Les cinq extraits, Live to Tell, Papa Don't Preach, True Blue, Open Your Heart et La Isla Bonita, deviennent des tubes internationaux, se classant no 1 dans la plupart des pays. Elle crée une nouvelle fois la polémique, notamment avec le clip de Open Your Heart où elle s'affiche en strip-teaseuse, et le texte de Papa Don't Preach, interprété par certains comme une chanson anti-avortement[42] (la chanteuse dira plus tard être favorable à l'IVG). Elle coécrit ensuite avec Stephen Bray Each Time You Break My Heart, qu'elle prévoyait de chanter en solo, avant de l'offrir à Nick Kamen, en étant toutefois présente dans les chœurs.

En 1987, elle tient le rôle principal de la comédie Who's That Girl (qui ne trouvera pas son public), enregistre quatre chansons pour la BO du film (dont les singles Who's That Girl, Causing a Commotion et The Look of Love) et se lance dans une 1re tournée mondiale, le Who's That Girl Tour, traversant le Japon, les États-Unis et l'Europe. Le 29 août, devant 130 000 spectateurs (un record à l’époque pour ce type de spectacle[43]) au Parc de Sceaux, elle fait sensation en jetant sa culotte au public[44]. Les recettes de ce gigantesque spectacle sont reversées à l’association de Line Renaud pour la lutte contre le Sida[45]. L'année suivante, elle joue à Broadway dans la pièce de théâtre Speed the Plow de David Mamet, aux côtés de Joe Mantegna et Ron Silver. La pièce sera un échec critique.

En mars 1989, l'album Like a Prayer marque une rupture par rapport aux précédents opus : Madonna, qui a alors trente ans, s'implique plus largement dans la production, opte pour un son plus acoustique, et se dévoile davantage dans ses textes. Le premier single, Like a Prayer, est un nouveau succès, mais le clip fait scandale dans les milieux catholiques : certains groupes extrémistes n'hésitent pas à la qualifier de satanique, et l'Église catholique interdit le clip en Italie. Cette polémique n'empêche pas l'album Like a Prayer d'être no 1 dans le monde pendant plusieurs semaines, porté par les singles Express Yourself (dont le clip, réalisé par David Fincher, rend hommage à Metropolis, et est à l'époque le clip le plus cher de l'histoire), Cherish et Oh Father[46]. Récemment, Rolling Stone a sélectionné l'album comme l'un des 50 plus grands albums sortis par des artistes féminins, Like a Prayer pointant à la 18e position[47].

De Dick Tracy à Bedtime Stories (1990–1995)

Like a Virgin pendant le Blond Ambition Tour en 1990.

En 1990, elle décroche un second rôle aux côtés de Warren Beatty dans Dick Tracy et sort l'album I'm Breathless, inspiré du film et rendant hommage au jazz et au blues des années 1930. Le premier single, Vogue, qui fait référence au voguing (danse pratiquée dans les clubs gay new-yorkais), reste l'un de ses plus grands succès, et est considéré comme l'une des chansons les plus marquantes des années 1990. Madonna, au sommet de sa gloire, se lance au printemps dans une deuxième tournée mondiale, le Blond Ambition Tour, qui sera très controversée : pour avoir simulé un acte de masturbation durant Like a Virgin, elle doit faire face à l'annulation d'une date en Italie par le Vatican et à une tentative d'arrestation par la police de Toronto. En fin d'année, elle sort son premier Greatest Hits, The Immaculate Collection qui bat tous les records de vente (plus de 30 millions d'exemplaires, record absolu de ventes pour un Best of). Le clip du single Justify My Love fait scandale, et est interdit de diffusion sur MTV ; sorti en VHS, il sera l'une des vidéos musicales les plus vendues de la décennie.

En 1991, elle crée l’événement avec la sortie du documentaire Truth or Dare: In Bed with Madonna, retraçant les coulisses et les scandales de la tournée Blond Ambition Tour. Il sera projeté hors-compétition au festival de Cannes en présence de Madonna et du réalisateur Alek Keshishian.

Madonna avec ses choristes Niki Harris et Donna De Lory en 1993 pendant le Girlie Show World Tour.

En 1992, elle fonde sa propre société de production, Maverick Records. Le premier produit lancé est SEX, un recueil de photos érotiques mettant en scène la chanteuse. La presse accueille très mal l’ouvrage, mais les ventes du livre (dont le tirage est limité) explosent[48]. En octobre, paraît son cinquième album, Erotica. Jazzy, sombre et volontairement froid, il est soutenu par les singles Erotica (dont le clip hot choquera le public et sera censuré dans de nombreux pays), Deeper and Deeper, Bad Girl, Fever, Rain et Bye Bye Baby. Dès sa sortie, le disque est descendu par les médias qui ne retiennent que le caractère sexuel de certaines chansons. L'album rencontra moins de succès que les précédents opus de la chanteuse[49]. La sortie en salles, peu après, du thriller érotique Body, dans lequel elle joue, ne fait qu'accentuer la lassitude du public qui juge que Madonna en fait trop dans le genre érotique. Le film fera également un flop au box-office[50]. Elle enregistre également en 1992 le single This Used to Be My Playground pour le film Une équipe hors du commun dans lequel elle joue. Ce sera son dixième numéro 1 au Billboard Hot 100.

En 1993, consciente de sa mauvaise image (certains critiques la voient s'enfermer dans un climat « porno-soft »), elle part à la reconquête de son public avec The Girlie Show World Tour, un spectacle parodique et sexy dans lequel elle rend hommage à ses idoles et revisite ses tubes. La tournée est un gros succès mondial et Madonna se produit pour la 1re fois sur les cinq continents. À la fin de l'année, elle joue dans Snake Eyes d'Abel Ferrara, qui sera un échec commercial. En 1994, elle décide de concocter un album sur la tendance musicale du moment et convoque les producteurs américains les plus en vue (Nelle Hooper, Babyface, Dallas Austin) et Björk. Sur ce disque, Bedtime Stories, Madonna chante l’amour et en profite pour revenir sur les polémiques de l'époque SEX (dans Human Nature, elle déclare n’avoir « absolument aucun regret »). Malgré ce nouveau visage et des sonorités R&B très à la mode, Bedtime Stories ne convainc pas vraiment. Les ventes de l'album, bien que correctes, ne sont pas celles qui étaient escomptées, et seuls deux singles rencontrent le succès : Secret et Take a Bow, qui restera sept semaines no 1 aux États-Unis. Cet album lui ouvrira toutefois les portes du monde electro et lui donnera l’élan nécessaire pour l’écriture de Ray of Light, quatre ans plus tard.

De Something to Remember au Drowned World Tour (1995–2001)

En 1995, Madonna collabore à la campagne publicitaire pour Versace et sort Something to Remember, une compilation de ses ballades agrémentée de trois inédits : I Want You (reprise de Marvin Gaye, en collaboration avec Massive Attack), You'll See et One More Chance.

En 1996, alors qu'elle entame sa première grossesse et après des négociations avec le peuple argentin[51], elle incarne Eva Perón, célèbre épouse du président Juan Perón, dans le film Evita, adaptation de la comédie musicale du même nom. Les trois singles extraits de la bande originale, Don't Cry for Me Argentina (reprise du classique de Julie Convington), You Must Love Me et Another Suitcase in Another Hall, seront très bien accueillis. Si le film ne connaît pas le succès attendu, il permet à Madonna de remporter un Golden Globe (meilleure actrice protagoniste). Le 14 octobre, elle donne naissance à son premier enfant, Lourdes Maria Ciccone Leon avec son petit ami de l'époque Carlos Leon, qui était également son coach sportif.

En 1998, sort Ray of Light, fruit de la collaboration avec le producteur William Orbit. Inspirée par la naissance de sa fille et les recherches de réponses philosophiques qu'elle a entraînées, Madonna, désormais quadragénaire, se montre moins provocatrice. L'album, apaisé, oscillant entre pop et electro permet à l'artiste de renouer avec le succès à très grande échelle et de (re)gagner le respect de la critique (qui le considère comme l'un de ses meilleurs disques). Ray of Light remporte de nombreux prix, dont quatre Grammy Awards en 1999. Les titres Frozen, Ray of Light, Drowned World/Substitute for Love, The Power of Good-Bye et Nothing Really Matters en sont extraits, se classant dans le haut des charts dans le monde entier.

La carrière de Madonna semble alors relancée après plusieurs années d'un succès plutôt mitigé, depuis la parution d'Erotica 6 ans plus tôt.

Madonna pendant son Drowned World Tour, 2001.

En 1999, elle enregistre la chanson Beautiful Stranger pour le film Austin Powers 2 : L'Espion qui m'a tirée et commence une relation avec le cinéaste britannique Guy Ritchie. Au printemps 2000, elle est à l'affiche du film Un couple presque parfait, aux côtés de Rupert Everett. Si cette comédie est un échec commercial cuisant, le single extrait, American Pie, se classera au premier rang dans plusieurs pays. Le 11 août, elle donne naissance à son deuxième enfant, Rocco. En septembre, elle fait une nouvelle incursion dans la musique électronique et sort l'album Music. Bien qu'elle fasse appel une nouvelle fois à William Orbit, elle se repose davantage sur le producteur Mirwais Stass. Guitares sèches et vocoder caractérisent cet album qui jongle entre ballades acoustiques et morceaux electro. Dès sa sortie, ce disque est un succès mondial, et le single Music devient son 12e titre atteignant le premier rang aux États-Unis, tout cela confirmant le nouvel élan dans sa carrière, suscité par Ray of Light. Deux autres singles seront commercialisés : Don't Tell Me et What It Feels Like for a Girl (dont la vidéo, réalisée par Guy Ritchie, sera jugée trop violente et censurée par plusieurs chaînes de télévision). En décembre, Madonna se marie avec Guy Ritchie et acquiert en l'occurrence la nationalité britannique[52]. À la suite de son mariage, elle déménage à Londres et les tabloïds britanniques lui attribuent le surnom Madge, qu'elle apprécie peu[53].

En juin 2001, après huit ans d'absence sur scène, Madonna donne à Barcelone le coup d'envoi du Drowned World Tour, un spectacle sophistiqué et plus sombre que les précédents qui fait la part belle aux 2 derniers albums. En fin d'année, paraît son deuxième best-of, GHV2.

En 2002, elle est de retour sur les planches en jouant dans Up for Grabs à Londres, et tente une nouvelle incursion au cinéma sous la direction de son mari dans le film À la dérive, un film qui porte ironiquement bien son nom et qui sera un échec commercial dès sa sortie. Elle fait également une courte apparition dans le 20e James Bond, Meurs un autre jour, pour lequel elle interprète le titre-phare, Die Another Day, dont le clip vidéo, le deuxième plus coûteux de l'histoire, sera censuré.[réf. nécessaire] Ce single connaît malgré tout le succès dans les classements internationaux.

De l'album American Life au Confessions Tour (2003-2006)

Madonna interprétant American Life lors du Re-Invention Tour en 2004.

En 2003, sort American Life. Coproduit par Mirwais Stass, il a été marqué par l'opposition de Madonna à la guerre en Irak et à la politique de George W. Bush : elle apparaît sur la pochette de l’album sous les traits du révolutionnaire Che Guevara devant un drapeau américain déstructuré, et le clip du single American Life la met en scène en sergent-major jetant une grenade à un sosie du président américain. Les radios et les chaînes télévisées pro-Bush (comme la Fox) appellent au boycott de l’album, et le public américain lui tourne le dos. Devant ce retournement de situation, Madonna essaie de calmer le jeu et censure elle-même son clip en le remplaçant par une version édulcorée. Contrairement à Justify My Love ou Erotica, ce clip musical n'a jamais été commercialisé. En outre, l’image marquante de cette période restera sans doute les baisers échangés avec Britney Spears et Christina Aguilera lors des 20es MTV Video Music Awards, vidéo qui a suscité de nombreuses réactions, aussi bien positives que négatives[54]. Mais ni cet énorme coup de pub, ni sa participation au titre Me Against The Music de Britney Spears, titre pourtant très bien reçu par le Billboard, n'augmenteront les ventes d'American Life dans le reste du monde faisant que l'album de la star sera globalement considéré comme un échec commercial[55]. C’est en France que l'opus trouvera vraiment son public, aidé par les diffusions radios effrénées des singles Hollywood, Nothing Fails et Love Profusion (dont le clip est réalisé par Luc Besson).

Madonna apparait crucifiée pour interpréter Live to Tell lors du Confessions Tour.

En septembre, Madonna présente son premier livre pour enfants, The English Roses (Les Roses Anglaises en français) dont les bénéfices sont reversés une association d'aide aux orphelins, et qui connaît un gros succès en librairie. En revanche, les suivants passeront complètement inaperçus.

En 2004, elle lance sa tournée, le Re-Invention Tour. Les 58 dates sont complètes en quelques heures et c’est durant ce périple qu'est réalisé un nouveau documentaire, I'm Going to Tell You a Secret, réalisé par Jonas Åkerlund, retraçant la conception et les coulisses de la tournée, et donnant l'image d'une Madonna proche de ses danseurs et de ses enfants, plus posée, et surtout plus spirituelle que dans In Bed with Madonna.

Le , elle accepte à nouveau l'invitation de Bob Geldof et participe au concert du Live 8[56], dont le but est d'attirer l'attention sur la situation actuelle en Afrique. En novembre, sort Confessions on a Dance Floor, écrit et composé avec le jeune producteur anglais Stuart Price, dont la mission principale est de faire « bouger les gens ». Caractérisé par un son néo-disco (une sorte de revival des années 1970-80 assaisonné à la sauce pop/dance), l'album est un énorme succès : il se classe no 1 dans 35 pays[57] et remporte plusieurs prix, dont un Grammy Award. Le 1er single, Hung Up (qui contient un sample d’ABBA), connaît le même succès et se retrouve no 1 dans 45 pays (un record), suivi par les singles Sorry, Get Together et Jump.

En 2006, Madonna donne le coup d'envoi de sa septième tournée mondiale, le Confessions Tour : avec 60 dates à travers l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie, la tournée engrange des revenus de 194 millions de dollars[58] et renoue avec la provocation. Madonna apparait crucifiée pendant l'interprétation de Live to Tell et choque plusieurs communautés religieuses : entre autres, le Vatican juge la performance « blasphématoire », le représentant du pape Benoit XVI appelant à son excommunication[59], et les orthodoxes russes dénoncent « une parodie de la crucifixion du Christ »[60]. Elle entrainera d'autres incidents : fausse alerte à la bombe aux Pays-Bas, menaces d'enlèvement par la mafia russe, possibilités d'actions en justice en Allemagne[61],[62],[63]. Ces incidents n’empêcheront pas Madonna d’assurer la totalité des concerts.

En octobre, elle s'envole pour le Malawi pour aider à construire un orphelinat. Elle y entame aussi des démarches pour adopter un bébé, David.

De son départ de Warner Bros. à la compilation Celebration (2007-2009)

Madonna interprète Hey You au Live Earth en juillet 2007.

Début 2007, le film Arthur et les Minimoys sort en France. Dans ce film réalisé en images de synthèse par Luc Besson, Madonna prête sa voix à Sélénia[64], princesse d'un royaume que visite le jeune Arthur (Freddie Highmore) et dont elle tombe amoureuse. C'est le premier film animé auquel Madonna participe[65]. En janvier de la même année, Warner Bros. publie l'album live du Confessions Tour[66], qui sera plus tard récompensé du Grammy Award du meilleur long-métrage musical[67],[68].

Le 7 juillet 2007, Madonna participe au concert caritatif Live Earth où elle y interprète un morceau spécialement écrit pour l'occasion, Hey You, ainsi que trois autres de ses chansons[69]. Elle participe également au single Sing d'Annie Lennox[70]. En octobre, elle annonce quitter sa maison de disques de 25 ans, Warner Bros., pour un contrat historique avec le promoteur de concerts Live Nation qui inclut notamment l'enregistrement de trois albums, la promotion de ses tournées ainsi que l'exploitation de son nom et de son image sur une période de dix ans et pour un montant de 120 millions de dollars[71].

Madonna en concert en 2008.

En février 2008, elle présente à la Berlinale son premier film en tant que réalisatrice, Obscénité et Vertu, qui reçoit un accueil très mitigé de la part des critiques[72]. En parallèle, Madonna poursuit son engagement humanitaire pour le Malawi et présente le documentaire I Am Because We Are. Avec ce film, la chanteuse et le réalisateur, Nathan Rissman, cherchent à attirer l'attention de l'opinion publique sur le sort des orphelins de ce pays africain ravagé par l'épidémie du sida. Le film est projeté hors-compétition au Festival de Cannes[73] et est présenté au grand public en mars 2009[74].

En mars 2008, Madonna est intronisée au Rock & Roll Hall of Fame vingt-cinq ans après la sortie de son premier album[75]. Le mois suivant sort Hard Candy, son 11e album studio. Pour le composer, Madonna s'est cette fois-ci entourée de Justin Timberlake, Timbaland et Pharrell Williams, des producteurs déjà établis sur la scène musicale. Les critiques reprocheront à la chanteuse d'avoir choisi la facilité en faisant appel à des producteurs déjà très connus[76],[77]. L'album se classe no 1 dans 37 pays[78]tandis que 4 Minutes (enregistré avec Timberlake et Timbaland) devient son 37e single à se classer dans le top 10 du Billboard Hot 100, battant le record précédemment détenu par Elvis Presley[79]. Les singles Give It 2 Me et Miles Away seront également exploités[80]. L'album se vend à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde soit 2,5 fois moins bien que son prédécesseur.

Madonna s'embarque ensuite dans sa septième tournée mondiale, le Sticky and Sweet Tour : divisée en deux étapes, d'août à décembre 2008 puis de juillet à septembre 2009, elle compte 85 dates et rapporte plus de 408 millions de dollars de recettes. Le Sticky and Sweet Tour est ainsi la tournée la plus lucrative de tous les temps pour une artiste solo[81]. Sur un plan plus personnel, Madonna fait l'actualité malgré elle en raison de la publication d'une biographie non-autorisée par son frère Christopher, Ma sœur, la plus grande star du monde[82]. Elle annonce également son divorce d'avec Guy Ritchie, après plusieurs mois de spéculation[83]. En juin 2009, la Cour suprême du Malawi l'autorise à adopter une petite fille, Mercy James, alors que la demande avait été rejetée en première instance[84].

En septembre 2009, Madonna propose une compilation, Celebration, qui revisite sa carrière sur 25 ans, allant d'Everybody (1982) à 4 Minutes (2008), et scelle son contrat avec Warner Bros.[85]. L'album comporte également deux titres inédits, la chanson éponyme et Revolver (en duo avec le rappeur Lil' Wayne), et est accompagné d'un DVD rassemblant plusieurs de ses clips[85]. Elle ouvre également la cérémonie des MTV Video Music Awards pour prononcer un discours à la mémoire de Michael Jackson, pendant lequel elle décrit sa relation avec l'artiste et l'impact qu'il a eu sur la scène musicale[86].

Du film W.E. à la tournée The MDNA Tour (2010-2012)

Madonna entre en scène lors de la mi-temps du Super Bowl XLVI, février 2012.

En janvier 2010, Madonna participe au marathon caritatif Hope for Haiti Now durant lequel elle interprète Like a Prayer au profit des sinistrés du séisme en Haïti[87]. Au mois de mars, l'album live du Sticky and Sweet Tour est publié par Live Nation et Warner Bros.[88]. La série télévisée Glee lui rend hommage dans l'épisode La Puissance de Madonna, après qu'elle a autorisé l'utilisation de ses chansons par la production[89] et l'EP qui en est extrait se classe au sommet du Billboard 200 dès sa sortie[90]. Madonna se fait cependant discrète et se montre peu dans les médias pendant cette période : elle n'apparait que pour présenter sa ligne de vêtements pour adolescentes Material Girl, dessinée en collaboration avec sa fille Lourdes[91], et la chaîne de centres de remise en forme Hard Candy Fitness[92].

La raison de ce silence médiatique est essentiellement due à la préparation et au tournage de son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, W./E. : Wallis & Édouard, un film historique qui revient sur l’abdication de la couronne britannique par le Roi Édouard VIII pour l’amour d’une Américaine divorcée, Wallis Simpson[93]. Sorti en 2012, le film reçoit un accueil critique mitigé[94] et est un échec commercial[95] mais il permet à Madonna de gagner un Golden Globe pour la chanson Masterpiece écrite pour le film[96].

Madonna interprète Je t'aime… moi non plus pendant son showcase à l'Olympia en juillet 2012.

L'année 2012 marque aussi le retour de Madonna sur la scène musicale : son 12e album studio, MDNA, sort le 26 mars. Pour la production de ce disque, la chanteuse a une nouvelle fois fait appel à William Orbit (avec qui elle avait déjà travaillé sur les albums Ray of Light et Music), ainsi qu'au producteur français Martin Solveig et au DJ italien Benny Benassi[97]. Trois singles sont extraits de cet album : Give Me All Your Luvin' (feat. M.I.A. & Nicki Minaj), Girl Gone Wild et Turn Up the Radio[98]. Pour marquer son retour, Madonna interprète Give Me All Your Luvin', ainsi qu'un medley de ses tubes, durant la mi-temps du Super Bowl XLVI, le 5 février 2012 à Indianapolis. La prestation est marquée par l'apparition de nombreux invités : LMFAO, Nicki Minaj, M.I.A., et Cee Lo Green sont de la partie[99]. M.I.A. fera d'ailleurs à cette occasion beaucoup parler d'elle à la suite du doigt d'honneur qu'elle a pointé vers les caméras durant Give Me All Your Luvin'[100]. L'événement est regardé par 114 millions de téléspectateurs, soit trois millions de plus que le Super Bowl dans son ensemble, ce qui constitue un record à l'époque[101] et en fait le cinquième show le plus regardé de l'histoire du Super Bowl, derrière ceux de Coldplay, Lady Gaga, Katy Perry et Bruno Mars[102]. Malgré cette incroyable rampe de lancement, MDNA connaît des ventes décevantes[103], qui s'expliquent entre autres par des critiques mitigées et le désir de la chanteuse de ne pas faire de promotion pour ce disque. Seuls quelques événements auront lieu sur les réseaux sociaux. L'album sera critiqué pour avoir gonflé ses ventes par des pratiques commerciales et connaît, par la suite, la plus grosse chute de vente en deuxième semaine de l'histoire de la musique avec une baisse de 88%[104],[105],[106].

Afin de promouvoir l'album, Madonna a donné 88 concerts avec The MDNA Tour, sa huitième tournée mondiale[107]. Entre mai et décembre 2012, elle a parcouru l'Amérique, l'Europe et le Moyen-Orient et s'est produite pour la première fois aux Émirats arabes unis, en Ukraine, en Écosse et en Colombie[108]. Décrite par Madonna comme « le voyage d'une âme depuis les ténèbres vers la lumière »[109], la tournée reçoit un accueil critique chaleureux[110],[111],[112],[113] mais est émaillée de polémiques[114]. Parmi elles, la demande groupée de remboursement de fans français après le concert à l'Olympia dont les places ont coûté de 89 à 276 euros et où la star est arrivée avec 45 minutes de retard pour 45 minutes de spectacle[115]. Madonna est également visée par deux plaintes, une en France pour avoir comparé Marine Le Pen à Adolf Hitler lors de son passage au stade de France[116] et une en Russie pour avoir montré son soutien à la cause homosexuelle à Saint-Pétersbourg[117]. Les deux plaintes ont été classées sans suite[118],[119]. D'un point de vue commercial, le succès est au rendez-vous : The MDNA Tour est la tournée la plus rentable de l'année 2012[58]. L'album live tiré de cette tournée, MDNA World Tour, est sorti en France le 9 septembre 2013[120].

De secretprojectrevolution au Rebel Heart Tour (depuis 2013)

Madonna au concert Bringing Human Rights Home organisé par Amnesty International en février 2014.

Pendant le MDNA Tour, Madonna a observé de nombreux événements qui l'ont choquée et qu'elle a considérés comme « injustes », comme l'emprisonnement de Ioulia Tymochenko et des Pussy Riot, la violation des droits des homosexuels en Russie ou la tentative d'assassinat contre Malala Yousafzai[121]. En septembre 2013, elle propose un court-métrage, secretprojectrevolution, coréalisé avec son collaborateur de longue date Steven Klein, pour défendre les droits de l'homme[122]. En parallèle, elle lance une initiative, Art for Freedom, qui promeut la liberté d'expression à travers l'art[123]. Madonna assure son suivi et demande régulièrement l’aide d’autres artistes tels que David Blaine et Katy Perry, qui ont accepté d'en être les curateurs invités[124]. Après avoir visité Détroit, sa ville natale, au cours du mois de mai 2014, Madonna a décidé de verser des fonds à trois organisations de la ville qui aident à éliminer la pauvreté locale. La chanteuse a également publié une déclaration disant qu’elle a été inspirée par leur travail, ajoutant « qu’il était évident pour moi de devoir y participer et faire partie de la solution pour aider Détroit à avancer »[125].

Durant cette période, Madonna a fait plusieurs apparitions médiatiques : en mars 2013, elle a remis un prix au journaliste Anderson Cooper lors des GLAAD Media Awards et, habillée en scout, elle a dénoncé l’attitude des Boy Scouts of America qui refusaient d’intégrer des homosexuels dans leurs rangs[126]. En janvier 2014, elle s'est rendue aux Grammy Awards pour interpréter Open Your Heart aux côtés des rappeurs Macklemore et Ryan Lewis ainsi que de la chanteuse Mary Lambert, qui ont interprété leur single Same Love alors qu’une cérémonie, présidée par Queen Latifah, a fait unir trente-trois couples sur la même scène[127]. Quelques jours plus tard, elle a rejoint la chanteuse Miley Cyrus lors d’une représentation spéciale pour MTV Unplugged, en interprétant un mélange de Don't Tell Me et du single de Cyrus, We Can't Stop (2013)[128]. Elle a également élargi ses entreprises commerciales en présentant MDNA Skin, une gamme de produits de soins de la peau, en février 2014 à Tokyo[129]. Les produits ont été développés en collaboration avec MTG, l’un des plus grands développeurs de produits de soins de beauté du Japon[130].

Madonna pendant son Rebel Heart Tour à Paris en décembre 2015.

En février 2014, lors d’une interview pour l'ouverture de son centre de remise en forme Hard Candy Fitness à Toronto, Madonna a confirmé qu'elle avait déjà commencé à travailler sur son treizième album studio[131]. Les collaborateurs révélés pour cet album comprennent Avicii, Natalia Kills et Diplo[132]. Après plusieurs séries de fuites sur Internet de nombreuses maquettes en décembre 2014, Madonna décide de dévoiler en pré-commande sur iTunes six chansons de l'album, intitulé Rebel Heart[133], qui est sorti le . Trois singles en sont issus : Living for Love, Ghosttown et Bitch I'm Madonna (feat. Nicki Minaj)[134].

Pour assurer la promotion de l'album, Madonna a notamment interprété Living for Love aux Grammys[135] et aux Brit Awards, où sa chute accidentelle a été très commentée sur Internet[136]. Malgré cette intense campagne promotionnelle, et de bonnes critiques de la part de la presse[137], Rebel Heart connait des ventes décevantes – le magazine Forbes qualifiera au passage l'album de « fiasco commercial » – et est l'album le moins vendu de l'histoire de la star[138].

Madonna part ensuite en tournée avec le Rebel Heart Tour, qui parcourt l'Amérique du Nord, l'Europe, l'Océanie ainsi que l'Asie (notamment pour la première fois à Singapour, Taïwan et Hong Kong). La tournée commence le 9 septembre 2015 à Montréal et se termine le à Sydney en Australie[139]. Comme à l'accoutumée, Madonna profite de ses concerts pour réagir à l'actualité. Elle rend notamment hommage aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015 et dénonce le terrorisme en déclarant que « […] c'est exactement ce qu'ils veulent, ils veulent nous réduire au silence. Nous ne nous laisserons pas faire, nous ne nous laisserons jamais faire ! »[140]. En outre, elle propose à ses fans australiens un spectacle intimiste, intitulé Tears of a Clown, qui mêle musique, art et comédie[141]. Le Rebel Heart Tour a engrangé 169,8 millions de dollars avec 1 045 479 tickets vendus sur les 82 dates.

En Mars 2016, une étude faite auprès d'un millier de jeunes Américains montre que Madonna est considérée comme « un modèle toxique » et « inauthentique » par ceux-ci qui la classent parmi les célébrités les moins « sincère », « honnête » et « cool ». Cette étude menée par le professeur Jeetendr Sehdev de l'Université de Californie du Sud montre également que les artistes ayant collaboré avec Madonna sont également jugés « moins pertinents culturellement » par les sondés au courant de cette collaboration[142],[143].

En novembre 2016, Madonna improvise un concert gratuit à New York en soutien à Hillary Clinton, candidate à l'élection présidentielle américaine[144]. À la suite de l'élection de Donald Trump, elle participe le 21 janvier 2017 au rassemblement de la Marche des femmes[145], où elle déclare avoir « beaucoup pensé à faire sauter la Maison Blanche », provoquant ainsi un tollé[146],[147].

En février 2017, Madonna confirme l'adoption de ses cinquième et sixième enfants, Stella et Esther, deux jumelles nées au Malawi[148]. En septembre 2017, elle s'installe avec sa famille au Portugal et annonce travailler à un nouveau film et à de nouvelles compositions musicales[149].

En novembre 2017, Madonna est citée dans le scandale des Paradise Papers où il est dévoilé qu'elle a investi en 1998 dans une société médicale installée dans le paradis fiscal des Bermudes à des fins d'optimisation fiscale[150],[151].

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