Hachemi Rafsandjani

Ali Akbar Hachemi Rafsandjani
علی‌اکبر هاشمى رفسنجانى
Illustration.
Akbar Hachemi Rafsandjani en 2014.
Fonctions
2ème Président de l'Assemblée des experts

(3 ans, 7 mois et 11 jours)
PrédécesseurAli Meshkini
SuccesseurMohammad Reza Mahdavi-Kani
2ème Président du Conseil de discernement
iranien

(27 ans, 3 mois et 4 jours)
PrédécesseurAli Khamenei
SuccesseurHashemi Shahroudi
4ème Président de la
République islamique d'Iran

(7 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection
Réélection
PrédécesseurAli Khamenei
SuccesseurMohammad Khatami
Membre de l'Assemblée des experts

(33 ans, 4 mois et 24 jours)
Élection10 décembre 1982
Réélection8 octobre 1990
23 octobre 1998
15 décembre 2006
26 février 2016
Président de l'Assemblée consultative islamique

(9 ans et 6 jours)
PrédécesseurJavad Saeed (en)
SuccesseurMehdi Karoubi
Ministre de l'Intérieur

(10 mois et 6 jours)
PrédécesseurHashem Sabbaghian
SuccesseurMohammad Reza Mahdavi-Kani
Biographie
Nom de naissanceHachemi Bahramani
Date de naissance
Lieu de naissanceBahreman (en) (Perse)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décèsTéhéran (Iran)
Nature du décèsCrise cardiaque
NationalitéIranienne
ConjointEfat Marashi
EnfantsMohsen (en)
Diplômé deuniversité de Qom (en)
université d'Ispahan
université de Téhéran
ReligionChiisme duodécimain

Signature de Ali Akbar Hachemi Rafsandjaniعلی‌اکبر هاشمى رفسنجانى

Hachemi Rafsandjani
Présidents de la République islamique d'Iran

Ali Akbar Hachemi Rafsandjani (en persan : علی‌اکبر هاشمى رفسنجانى), né Hachemi Bahramani le à Bahreman (en) (Perse) et mort le à Téhéran (Iran), est un homme d'État iranien, président de la République islamique d'Iran de 1989 à 1997.

Biographie

Origines, études et formation

Fils d'agriculteurs aisés, il a suivi la hawza de Qom, ville sainte du chiisme, pendant une douzaine d'années, dont six sous l'enseignement de l'ayatollah Khomeini, dont il devint l'un des plus fidèles seconds.

En réalité, peu passionné par l'étude des commentaires du Coran, il réussit par la suite à mener de front une carrière d'agitateur politique — pour laquelle il est arrêté à quatre reprises — et d'homme d'affaires, grâce à laquelle il réalise, entre 1960 et 1976, des opérations immobilières à Qom qui lui rapportent de beaux profits. Il devient également l'un des plus importants grossistes en pistaches d'Iran et fut considéré comme l'homme le plus riche du pays ; sa fortune personnelle est estimée à plusieurs milliards de dollars.

Hachemi Rafsandjani, l'ayatollah Khomeini et Mehdi Bazargan en 1979.

En 1979, avant la chute du chah, se présentant comme le représentant des petits commerçants du bazar, qui lui ont donné depuis le surnom de Akbar Chah (roi Akbar), il abusa les journalistes internationaux, en particulier, les journalistes français, en affirmant que l'unique but du mouvement était d'instaurer une république démocratique.

Carrière politique

En 1980, il est élu président du majlis (parlement).

Durant le conflit avec l'Irak (19801988), il fut le fondé de pouvoir de l'ayatollah Khomeini au puissant Conseil de la guerre. Il lui a d'ailleurs été reproché d'avoir prolongé inutilement les hostilités après la reconquête des territoires envahis par l'Irak.

De mars 1983 à juin 1986, il entreprend avec la France un jeu subtil entre négociations secrètes et pressions terroristes, comme l'attentat de Beyrouth en 1983 qui tue 60 militaires français, jeu qui aboutit à faire plier le gouvernement français. Celui-ci livre, à partir de juin 1986, 100 000 obus par l’intermédiaire de la société Luchaire, expulse en novembre Massoud Radjavi qui se réfugie en Irak, et verse au gouvernement iranien un chèque de 330 millions de dollars, représentant une partie de la participation iranienne à la société d'enrichissement d'uranium Eurodif.

En mars 1988, Khomeini le nomme commandant en chef des armées iraniennes, et en avril il impose alors le cessez-le-feu avec l'Irak[1].

Au printemps 1989, il lance des appels au terrorisme, avant de les démentir mollement. Le 5 mai, il avait appelé les Palestiniens à tuer des Américains, des Britanniques ou des Français, puis fait défiler 10 000 hommes en armes du Hezbollah libanais à Baalbek lors du Jour de Jérusalem. Début août 1989, il offre son aide pour accélérer la libération des otages occidentaux au Liban, après avoir négocié directement au téléphone avec le président américain George H. W. Bush — les avoirs iraniens aux États-Unis, bloqués depuis la mort du chah en 1980, se montaient alors à 12 milliards de dollars —, il demande au Hezbollah de suspendre toute exécution d'otages.

Le , il est élu président de la République iranienne puis réélu jusqu'en août 1997, sur un programme d'ouverture et de réformes contre ceux qu'on appelait alors les irréductibles, dont le chef de file était Mohtachemi (en). Il affirmait alors : « On ne construit pas un barrage avec des slogans… L'Iran fait toujours venir son blé, sa viande, ses pièces de rechange, ses véhicules et ses experts de l'étranger ! ». Souvent en conflit avec le parlement conservateur, celui-ci renvoya certains collaborateurs de Rafsandjani, comme le ministre de la Culture Mohammad Khatami en 1992 et le ministre de l'Économie Mohsen Nourbakhsh en 1994.

Il est accusé (avec Ali Khamenei) d'avoir ordonné l'exécution d'opposants iraniens, membres du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran qui est alors en lutte armée contre le gouvernement iranien. Les assassinats ont lieu au restaurant Mykonos de Berlin le 17 septembre 1992[2].

Candidat à l'élection présidentielle de juin 2005, il arrive en tête du premier tour avec 21,1 % des voix contre 19,4 % au conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Au second tour, il est battu par ce dernier, ne recueillant que 35,9 % des suffrages. Cette défaite est la plus importante de sa carrière.

Rafsandjani est président du Conseil de discernement et conseille le Guide de la révolution sur les sujets de politique nationale.

En décembre 2006, Rafsandjani est élu en tant que représentant de Téhéran à l'Assemblée des experts. Il est élu par ses pairs à la présidence de l'Assemblée le 4 septembre 2007[3]. Il en perd la présidence en mars 2011, au profit de l'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi-Kani, un religieux conservateur proche du président Mahmoud Ahmadinejad. La faction dirigeante du pays lui reproche son soutien à l'opposition lors de la réélection contestée du président en juin 2009[4],[5].

La justice argentine accuse, en octobre 2006, le gouvernement iranien et le mouvement libanais Hezbollah d'être responsable de l'attentat de l'AMIA. À ce titre, un mandat d'arrêt international a été prononcé à l'encontre de Hachemi Rafsandjani et de huit autres fonctionnaires et diplomates iraniens.

Mort

Le 8 janvier 2017, il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 82 ans, à l’hôpital de Tajrish, à Téhéran[6],[5]. La famille et des alliés de Rafsandjani ont exprimé des doutes quant à la cause annoncée de la mort de Rafsandjani[7].

Rafsandjani est l'opposant le plus connu aux conservateurs iraniens et en particulier à leur chef, l'ayatollah Ali Khamenei. Rafsandjani prône plus de tolérance et plus d'ouverture à l'Occident. À sa mort, aucun « réformateur » ne semble bénéficier d'autant d'influence que lui et être en position de s'opposer aux conservateurs. Rafsandjani a soutenu et aidé les présidents réformateurs Hassan Rouhani et Mohammad Khatami, mais tous deux sont dans une position politique difficile[5].

Dans d'autres langues
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