Yves Klein

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Yves Klein
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Yves Klein Tennessee Williams (ANT 76), 1960. photo : Pierre Descargues

Naissance
Décès
(à 34 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Autodidacte
Mouvement
Avant-garde picturale de l'après-guerre, Nouveau réalisme
Père
Mère
Conjoint
Enfant

Yves Klein, né à Nice le , mort à Paris le , est un artiste français.

Malgré une carrière artistique assez courte (1954-1962), il est considéré comme l'un des plus importants protagonistes de l'avant-garde picturale de l'après-guerre. Il est notamment connu pour son bleu (IKB pour International Klein Blue), qu'il a appliqué sur de nombreuses œuvres.

Il recherche toute sa vie un travail pictural d'ordre spirituel, ce qui l'amena à intervenir dans l'espace public. Selon lui la peinture est « comme la fenêtre d'une prison, où les lignes, les contours, les formes et la composition sont déterminés par les barreaux ». Ses tableaux monochromes l'ont libéré de ces contraintes[1].

Biographie

Recherche de spiritualité dans les arts martiaux et graphiques

Né de parents artistes, Fred Klein[note 1] et Marie Raymond[note 2], il ne s’oriente pas immédiatement vers une carrière artistique. En effet, Klein fait ses études à l’École nationale de la Marine marchande et à l’École nationale des langues orientales à Nice de 1944 à 1946. À partir de 1947, il s'intéresse particulièrement au judo, qui à l'époque est considéré comme une méthode d’éducation intellectuelle et morale visant à la maîtrise de soi et non comme un sport, et rencontre durant son apprentissage Armand Fernandez, le futur sculpteur Arman.

En lisant La Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel, il découvre également en 1947 la mystique rosicrucienne. L'enseignement ésotérique de la Rosicrucian Fellowship, dont il deviendra membre jusqu'en 1953, via le centre d'Oceanside en Californie[2], ainsi que la lecture de Gaston Bachelard, forgeront les bases de la pensée qui nourrira son œuvre.

Après son voyage en Italie à l'été 1948, Yves Klein se rend un an à Londres, où il perfectionne son anglais et apprend la dorure chez l'encadreur Robert Savage, Ses premières expériences picturales sont de petits monochromes sur carton réalisés en 1949 et exposés d'abord en privé, lors de son séjour londonien, qui deviennent, pour lui, des objets de culte. S'inspirant du ciel qu'il avait signé de son nom sur la plage de Nice en 1946, il veut peindre un espace-couleur infini : le « monde de la couleur pure »[3],[4], à l'époque où Lucio Fontana réalisait ses premiers monochromes perforés intitulés Concetto spaziale.

Yves Klein retourne à Paris, puis part à Madrid le 3 février 1951, pour étudier cette fois l'espagnol. Il s'y inscrit dans un club de judo, où il remplace un moniteur et remplit dès lors cette fonction régulièrement, en devenant très proche du directeur de l'école Fernando Franco de Sarabia, dont le père est éditeur.

Avec l'aide de sa tante, il séjourne au Japon du 23 septembre 1952 à décembre 1954 afin de perfectionner sa technique du judo à l’Institut Kōdōkan de Tokyo où il devient ceinture noire 4e dan, grade qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. Il entre également en contact avec la scène artistique japonaise puisqu'il organise sur place des expositions de ses parents : Marie Raymond expose ainsi avec Fred Klein à l’Institut franco-japonais de Tokyo du 20 au 22 février 1953, puis seule au Musée d’Art Moderne de Kamakura, et à nouveau avec Fred Klein en novembre au Musée d'art Bridgestone de Tokyo. Sans qu'il soit prouvé que Klein en ait eu connaissance, c'est également en 1953 que se tient la première exposition du Groupe de Discussion d'Art Contemporain, dans l'atelier de Jiro Yoshihara du quartier de Shibuya à Tokyo, avec certains de ses étudiants dont Shōzō Shimamoto, qui constitue les prémices du mouvement Gutai. Dans son manifeste de l'art Gutai de décembre 1956, Yoshihara précise en effet que les principes de ce mouvement, précurseur de la performance artistique, ont en réalité été initiés trois ans plus tôt[note 3]. Atsuko Tanaka, également membre du groupe Gutai, exposera des draps monochromes en 1955.

De retour à Paris en janvier 1954, il tente en vain de faire homologuer son grade japonais par la Fédération française de judo, puis décide de quitter à nouveau la France pour Madrid où l’appelle Fernando Franco de Sarabia. La première présentation publique des œuvres de Klein fut la publication du livre d'artiste « Yves Peintures » en mai 1954, suivi de « Haguenault Peintures », recueils réalisés et édités par l’atelier de gravure de Fernando Franco de Sarabia, à Jaén. Parodiant un catalogue traditionnel, le livre présentait une série d'intenses monochromes en relation avec diverses villes où il avait vécu pendant les années précédentes. La préface de « Yves Peintures »[note 4] est composée de lignes noires à la place du texte. Les dix planches en couleurs sont constituées de rectangles unicolores découpés dans du papier et accompagnés de dimensions en millimètres. Chaque planche indique un lieu différent de création : Madrid, Nice, Tokyo, Londres, Paris. Yves Klein retourne à Paris en novembre 1954 pour publier son livre Les Fondements du Judo aux Éditions Grasset. En septembre 1955, il ouvre sa propre école de judo à Paris, au 104 boulevard de Clichy, qu'il décore de monochromes, mais doit la fermer l'année suivante[4].

Lorsqu'en mai 1955 il veut exposer un tableau monochrome « Expression de l'univers de la couleur mine orange » au Salon des Réalités Nouvelles qui se tient au musée d'art moderne de la Ville de Paris, on le lui refuse en lui demandant d’y ajouter une seconde couleur, un point ou une ligne[note 5]. Mais Klein reste inébranlable dans son idée que la couleur pure représente « quelque chose » en elle-même[4].

« Yves le Monochrome »

Sa première exposition de tableaux monochromes a lieu au club des Solitaires le 15 octobre 1955 et passe pratiquement inaperçue. Il y expose des monochromes de différentes couleurs (orange, vert, rouge, jaune, bleu, rose), sous le titre « Yves, peintures ». Afin d'éviter toute touche personnelle les œuvres sont réalisées au rouleau : «  Déjà autrefois, j’avais refusé le pinceau, trop psychologique, pour peindre avec le rouleau, plus anonyme, et ainsi tâcher de créer une « distance », tout au moins intellectuelle, constante, entre la toile et moi, pendant l’exécution. »

En 1955 également, Claude Bellegarde expose sa série « période blanche à la galerie Facchetti à Paris. Pierre Restany s'intéresse à ses tableaux monochromes et fonde le groupe « Espaces imaginaires » avec Gianni Bertini, Hundertwasser, Bruning, Halpern et le sculpteur Delahaye. Il présentera ensuite Bellegarde à Yves Klein, alors que ce dernier commençait à peindre ses propres monochromes.

Début 1956, Klein fait ainsi la connaissance de Pierre Restany, lors de sa seconde exposition intitulée « Yves : propositions monochromes », qui a lieu du 21 février au 7 mars 1956 dans la galerie parisienne de Colette Allendy. Avec ce critique d’art, il noue un contact intense, une compréhension tacite, et cette relation deviendra une expérience de « communication directe » qui va marquer un tournant décisif dans la compréhension de son art. Dans sa préface, Pierre Restany expliquait aux visiteurs l’arrière-plan théorique du nouveau concept. Le problème du travail sur une couleur unique entre dans la conscience culturelle parisienne. Klein devient célèbre sous le nom d'« Yves le Monochrome »[4].

En automne 1956, il crée l'IKB, International Klein Blue, qui est, pour lui, « la plus parfaite expression du bleu » (voir plus bas) et le symbole de la matérialisation de la sensibilité individuelle, entre étendue infinie et immédiate.

Du 2 au 12 janvier 1957, sa première exposition à l'étranger, Proposte monocrome, epoca blu, se tient à la Galerie Apollinaire à Milan, où onze monochromes IKB de formats identiques (78 × 56 cm), mais de prix différents, sont accrochés à 20 cm du mur par des équerres pour produire un effet de saturation de l'espace, et dont l'un d'eux fut acquis par Lucio Fontana. Elle est suivie, en mai 1957, par une double exposition à Paris, d'une part à la Galerie Iris Clert, « Yves, Propositions monochromes », du 10 au 25 mai, d'autre part à la Galerie Colette Allendy, « Pigment pur », du 14 au 23 mai[1]. Le 31 mai 1957, la Galerie Alfred Schmela (de) de Düsseldorf ouvre ses portes avec l'exposition Yves, Propositions monochromes, avant de devenir le principal lieu d'exposition du Groupe ZERO. De 1957 à 1959, il réalise alors ses premiers reliefs-éponges en Allemagne pour le foyer du Théâtre de Gelsenkirchen.

Du 4 juin au 13 juillet 1957, l'exposition Monochrome Propositions of Yves Klein est présentée à la « Gallery One » de Londres. Le 26 juin, au cours d'un débat organisé avec Klein et Restany à l'Institut of Contemporary Arts, une polémique prend des proportions imprévues. La presse anglaise se fait largement l'écho du scandale provoqué par l'exposition.

Plaque commémorative au 14 rue Campagne-Première à Paris

« Mes tableaux sont maintenant invisibles », déclara-t-il alors. Et, de fait, son exposition de mai 1957 à la galerie Colette Allendy comportait notamment une salle entièrement vide intitulée Espaces et volumes de la sensibilité picturale immatérielle[1].

En 1960, il participe, dans son appartement du 14 rue Campagne-Première à Paris, à la création du Nouveau Réalisme avec Pierre Restany et la « Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme » est signée le par nombre de ses connaissances.

En avril 1961, il se rend pour la première fois à New York, où ses monochromes IKB, qui avaient déjà figurés à l'exposition New Forms – New Media tenue à la « Martha Jackson Gallery », du 6 au 24 juin et du 28 septembre au 22 octobre 1960, sont présentés du 11 au 29 avril lors de l'exposition Yves Klein le Monochrome à la Galerie Leo Castelli. À la suite du mauvais accueil de ses œuvres, aussi bien par la critique que par les artistes américains lors de ses conférences, il rédige le « Manifeste de l’hôtel Chelsea » afin de justifier sa démarche[note 6]. Du 29 mai au 24 juin 1961 son exposition est également présentée à la Dwan Gallery de Los Angeles.

Yves Klein épouse le 21 janvier 1962 une jeune artiste allemande, Rotraut Uecker, rencontrée chez Arman en 1958 et sœur de l'un des membres fondateurs du Groupe ZERO, dont il se rapproche dès 1958.

La cérémonie de mariage, orchestrée par l'artiste en l’église de Saint-Nicolas des Champs à Paris, est suivie d'une haie d’honneur formée à la sortie de l'église par des chevaliers de l’Ordre de Saint-Sébastien, puis d’une réception à La Coupole, où l’on sert un cocktail bleu aux invités, réception qui se termine dans l'atelier de Larry Rivers.

Klein meurt d’une crise cardiaque le , deux mois avant la naissance de son fils le 6 août[4]. Il avait été victime d'un premier malaise le 12 mai 1962, après la projection du film Mondo cane de Paolo Cavara et Gualtiero Jacopetti au festival de Cannes : Klein y était qualifié de « peintre tchécoslovaque (!) » et l'une de ses performance publiques d'« anthropométrie de l'époque bleue », réalisée pour ce film les 17 et 18 juillet 1961, insérée dans une succession de séquences étonnantes[note 7], y était ridiculisée et dénaturée.

Il repose au cimetière de La Colle-sur-Loup dans les Alpes-Maritimes.

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