Xénophobie

La xénophobie est une « hostilité à ce qui est étranger [1] », plus précisément à l'égard d'un groupe de personnes ou d'un individu considéré comme étranger à son propre groupe ( endogroupe) [2].

Principalement motivée par la peur de l’inconnu [3] et de perdre sa propre identité [4], elle se détermine selon la nationalité, l'origine géographique, l’ ethnie, la race présumée (notamment en fonction de la couleur de peau ou du faciès), la culture ou la religion, réelles ou supposées, de ses victimes, sous l'influence de croyances populaires [5]. Elle peut se manifester par l'exaltation de la culture de son endogroupe, à travers certaines formes de nationalisme par exemple, et le dénigrement, le rejet voire la destruction de la culture du ou des groupes étrangers, ou des agressions verbales ou physiques des membres de ce groupe, pour assurer la pureté présumée de l'identité de l'endogroupe [6].

Les attitudes xénophobes sont considérées comme une violation des droits de l'homme et condamnées, à ce titre, avec les attitudes racistes et discriminatoires, par les lois de certains pays, généralement depuis la fin du XXe siècle. La déclaration et le programme d'action de Vienne admis par l' Assemblée générale des Nations unies en 1993 indique que l’éradication de ces comportements est une tâche prioritaire de la communauté internationale et prie instamment tous les gouvernements de prendre des mesures efficaces pour les prévenir et les combattre [7].

Origine du mot et significations

Formé de deux racines grecques, issues du grec ancien (xénos, « étranger », et phobos, « rejet, peur »), le mot xénophobie est un néologisme apparu dans la langue française au début du XXe siècle [8], c'est un substantif féminin dérivé du néologisme « xénophobe » dont l’invention est imputée à Anatole France, en 1901 [9]. En relation avec l’ Affaire Dreyfus, cet écrivain dénonce les démagogues en les associant aux  : « misoxènes, xénophobes, xénoctones et xénophages (...)» [10]. Ce terme « xénophobe » apparaît pour la première fois dans un dictionnaire, le Nouveau Larousse Illustré, en 1906. Vingt ans plus tard, dans son célèbre pamphlet « La trahison des clercs » (1927), Julien Benda parle de xénophobie comme d’un aspect du patriotisme : « Un autre trait du caractère que prend le patriotisme chez le clerc moderne: la xénophobie. La haine de l'homme pour l'« homme du dehors » (...), sa proscription, son mépris pour ce qui n'est pas « de chez lui »... » [11].

Le mot « xénophobie » est retenu par l’Académie Française pour la huitième édition de son Dictionnaire (1935) avec la définition suivante : « État d'esprit, sentiment de celui qui est xénophobe » [12]. Cette définition par référence aux émotions ou aux comportements, qu’ils soient individuels ou collectifs, correspond au sens le plus courant et se retrouve dans la plupart des dictionnaires en 2009 : TLF / « Hostilité manifestée à l'égard des étrangers, de ce qui est étranger. » [13] ; CNRTL / « manifester de l'hostilité à l'égard des étrangers, de ce qui vient de l'étranger.  » [14]

Le grand dictionnaire terminologique de l’Office Québécois de la Langue Française propose deux entrées pour le terme « xénophobie » : l’une en sociologie (« Préjugé défavorable à l'égard des étrangers. Note : La xénophobie est fondée sur des stéréotypes, généralisations sans fondement, nées de rumeurs, d'incompréhensions, de mœurs différentes. ») et l’autre en psychologie (« Hostilité vis-à-vis des étrangers, d'origine sociale, et non pathologique. ») [15] Les deux définitions soulignent le caractère social plus que psychologique de telles croyances ou émotions. Cela reflète une évolution du signifié qui oscille entre la désignation d’un trait irrationnel de l’esprit et celle d’un phénomène social ou encore entre un sens commun plutôt psychologique et une conceptualisation sociologique encore embryonnaire.

Dans tous les cas, la notion de xénophobie évoque celle d’étranger et les multiples stigmates de l’ altérité : géographiques, raciaux, nationaux, genrés, linguistiques, culturels, religieux, sociaux, etc. La xénophobie peut alors prendre des formes diverses empruntées au racisme, sexisme, élitisme...

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