William Morris

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William Morris
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William Morris, photographie par Emery Walker

Naissance

Walthamstow, Essex
Décès
Nationalité
Activité
Artiste, écrivain, éditeur
Formation
Mouvement
Préraphaélisme, Arts & Crafts, socialisme britannique
Conjoint
Jane Burden (à partir de ) Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jane Alice Morris ( d)
Mary Morris ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées

William Morris, né le à Walthamstow, Essex (aujourd'hui dans le borough londonien de Waltham Forest) et mort le à Hammersmith, Londres, est un fabricant designer textile, imprimeur, écrivain, poète, conférencier, peintre, dessinateur et architecte britannique, célèbre à la fois pour ses œuvres littéraires, son engagement politique libertaire, son travail d'édition et ses créations dans les arts décoratifs, en tant que membre de la Confrérie préraphaélite, qui furent une des sources qui initièrent le mouvement Arts & Crafts qui eut dans ce domaine une des influences les plus importantes en Grande-Bretagne au e siècle.

Tout au long de sa vie, William Morris écrivit et publia de la poésie, des romans et traduisit d'anciens textes du Moyen Âge et de l' Antiquité. Son travail littéraire le plus connu en français est l' utopie News from Nowhere (Nouvelles de nulle part), écrit en 1890. En contribuant à la fondation de la Socialist League en 1884, il joua un rôle clé dans l'émergence du courant socialiste britannique, bien qu'il ait renié ce mouvement à la fin de la même décennie. Il consacra la fin de sa vie aux travaux de l'imprimerie et maison d’édition Kelmscott Press, qu'il avait fondée en 1891. L'édition Kelmscott de 1896 des œuvres de Geoffrey Chaucer est aujourd'hui considérée comme un chef-d'œuvre de conception éditoriale.

Biographie

Les premières années

William Morris est né à Elm House, Walthamstow, le 24 mars 1834, troisième enfant et premier fils d'une famille de moyenne bourgeoisie aisée d'origine galloise. Son père, William Morris, travaillait comme agent de change pour la compagnie Sanderson & Co., à la Cité de Londres. Sa mère était Emma Morris, née Shelton, fille de Joseph Shelton, un professeur de musique à Worcester [1]. Sans être un prodige, il reste un enfant délicat et studieux. « Il ne fut guère remarquable que par son grand amour de la lecture [2]. » Il apprend à lire très jeune et, dès l'âge de quatre ans, il est émerveillé par les Waverley Novels de Walter Scott qu'il a déjà lus en grande partie et qui furent une impulsion pour ses poèmes d'inspiration médiévale. Il a six ans en 1840, lorsque sa famille s'installe à Woodford Hall, ouvert sur de plus grands espaces. Des cours trop réguliers lui sont épargnés afin de ménager sa santé, ce qui lui permet de mener une vie de plein air qui lui donne force et vigueur. Vêtu parfois d'une panoplie de chevalier en armure, il se promène à cheval et apprend par l'observation de la nature dans la forêt d'Epping [3], [4].

« La forêt lui fut une amie, il ne tarda pas à en connaître tous les sites, tous les chemins, il essayait d'y surprendre les troupeaux de daims qui y vivent. En retour elle l'initia à la beauté. Inconsciemment sans doute, mais sûrement, il commença à sentir le charme profond de la nature, et toute son œuvre de poète et d'artiste devait en être pénétrée. Sans comprendre toute la mystérieuse beauté de la forêt il apprit à l'aimer. Elle fut son premier maître, un magister point pédant, sans rien de rébarbatif ni d'austère, dont les leçons s'égayaient de chants d'oiseaux, de soleil et de parfums sous les arbres, et qui lui apprit à regarder de près et avec sympathie les bêtes et les plantes. C'est peut-être à cette habitude d'observation précise, contractée dès l'enfance que nous devons la frappante vérité de ses décorations florales [2]. »

Lecteur vorace, il lit tout ce qui lui tombe sous la main et se passionne pour Les Mille et Une Nuits ou les illustrations de l'herbier de John Gerard. Jusqu'à l'âge de neuf ans, il suit l'enseignement donné par la gouvernante de ses sœurs, avant d'entrer dans une école préparatoire pour « jeunes gentlemen » de Walthamstow, en 1843, où il travaillera médiocrement pendant quatre années [2]. Il a treize ans en 1847, lorsque son père décède, laissant la famille dans une grande aisance matérielle. Les Morris quittent Woodford, jugée désormais trop grande, et le jeune garçon entre à l'internat de Marlborough College en février 1848, où son père avait payé pour qu'on lui réserve une place. Pendant les trois années où il y reste, il tire peu de profit des leçons de français, de latin ou de mathématiques et ne prit goût qu'à l'architecture (l'archéologie ?), grâce aux ouvrages de la bibliothèque, et un certain penchant pour l' anglo-catholicisme qui lui donne la vocation de devenir prêtre [2], [N 1]. Ses résultats sont médiocres et, à Noël 1851, sa famille le retire de Marlborough et le confie aux soins d'un tuteur privé, le révérend F. B. Guy, plus tard chanoine de St Albans, qui disposera d'une année pour le préparer à l'entrée à l'université [3], [5].

Oxford, apprentissage et influences artistique

Autoportrait de William Morris (1856).

Après des études universitaires de théologie à Exeter College (Oxford) [6], il songe à entrer dans les ordres. Il y fait la connaissance d' Edward Burne-Jones. Les deux hommes se lient d'une amitié qui durera toute leur vie et que cimente une passion commune pour la création artistique.

La lecture de Thomas Carlyle, de Charles Kingsley et de John Ruskin le persuade de se consacrer à l’art. Étudiant en architecture, puis en peinture, il rencontre Dante Gabriel Rossetti et les artistes de la Confrérie préraphaélite en 1856, ce qui le détermine à consacrer sa vie aux arts décoratifs, à la fois comme créateur et comme homme d’affaires. En avril 1859, il se marie avec le modèle Jane Burden, dont il a deux filles : Jane Alice Morris, dite « Jenny », née en janvier 1861, et Mary « May » Morris, née en mars de l'année suivante [7].

La contradiction entre les aspirations socialistes utopiques de William Morris et ses activités de créateur d’objets de luxe, accessibles uniquement à une clientèle de grands bourgeois victoriens, reste encore problématique aujourd'hui. L'explication peut se trouver dans les théories socialistes elles-mêmes, qui visent à démocratiser l'art et ses savoir-faire sous toutes ses formes, afin que l'ouvrier devienne artisan et artiste. La pleine réalisation de l'être humain ne peut s'effectuer, selon Morris, que dans la création d'objets et de meubles beaux et pratiques. Soustraite aux impératifs impérialistes de rentabilité et de rapidité, la fabrication des éléments nécessaires à la vie quotidienne devient un plaisir en soi et la raison d'être d'une vie libre et épanouissante. Le souhait de Karl Marx, « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins [8] » se trouve ainsi réalisé, dans l'abolition du désordre économique que provoque le capitalisme (concurrence, faillites, chômage…).

« Pour Morris, le système fondé sur le commerce et le profit qui s’est imposé à la fin du XIXe siècle avait dévasté les arts décoratifs ou “mineurs”, en portant atteinte tant à leur qualité qu’à leur statut dans la société. Ce malheur peut paraître très anodin dans la litanie des horreurs de la société victorienne. Pourtant, c’est sur ce sentiment profond des causes de cette dégradation et de ses effets sur la possibilité de la camaraderie, de la créativité et du bonheur humain que Morris fondera toute son analyse politique [9]. »

Il meurt, selon son médecin, « d’avoir été William Morris », c’est-à-dire un homme d’une énergie peu commune et d’une créativité sans bornes. [réf. nécessaire]

Les études et rencontres

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