Vladimir Maïakovski

Vladimir Maïakovski
Naissance7 juillet 1893 ( dans le calendrier grégorien)
Baghdati, gouvernement de Koutaïssi (Empire russe)
Décès (à 36 ans)
Moscou (URSS)
Activité principale
Auteur
Langue d’écritureRusse

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski (en russe : Владимир Владимирович Маяковский), né le 7 juillet 1893 ( dans le calendrier grégorien) à Baghdati (gouvernement de Koutaïssi, Empire russe) et mort le à Moscou, est un poète et dramaturge futuriste soviétique.

Biographie

Famille Maïakovski.
Portrait de Vladimir Maïakovski à 17 ans en 1910.

Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski naît à Baghdati (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père.

Maïakovski adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s'initie à la poésie alors qu'il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909.

En 1911, il entre à l'École de peinture, sculpture et architecture de Moscou[1].

Il commence sa carrière littéraire à l'âge de 18 ans par une tragédie provocante intitulée Vladimir Maïakovski, montée au Luna-Park à Saint-Pétersbourg en 1913. Elle sera copieusement sifflée « à y percer des trous »[2], dira-t-il.

Vladimir Maïakovski et Lili Brik.
Lors d'une réception d'écrivains japonais
2e B. Pasternak, 3e S. Eisenstein, 5e Lili Brik, 6e Maïakovski

Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu'il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l'étrier ». Il fonde avec Bourliouk l'association Queue d'Âne qui regroupera plusieurs poètes se réclamant du futurisme dont Alexandre Blok, Velimir Khlebnikov, Vassili Kamenski et Alexeï Kroutchenykh. Le premier manifeste du mouvement, Une gifle au goût public, est publié en 1912.

Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il en révolutionne les codes dans La Flûte en colonne vertébrale (aussi connue sous le nom de La Flûte des vertèbres, 1915) ou dans son Nuage en pantalon (1915), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu'il a rencontrée en 1915 alors qu'il entretient une relation avec sa jeune sœur Elsa Triolet.

Maïakovski et Lili Brik en 1918 revus par la censure dans les années 1960.

Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l'ami et l'éditeur du poète. Un ménage complice à trois s'instaure. Avec Serge Tretiakov, il fonde le journal LEF qui influencera toute une génération d'écrivains.

De retour à Moscou et après la Révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine ».

Maïakovski est attiré par le cinéma. Il écrit des scénarios de films, joue également et réalise un film en 1918, La Demoiselle et le Voyou.

Il écrit également deux pièces satiriques, La Punaise (1920) et Les Bains publics (1929), où il « lave » les bureaucrates[3]. Son Mystère-Bouffe est une pièce qui traite de la Révolution d'une façon épique : « Mystère, c’est ce que la Révolution a de grand. Bouffe, ce qu’elle a de comique ». Il se heurte une fois encore au conformisme des critiques et du Parti.

Il sillonne pourtant l'Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. De 1923 à 1925 il prend les commandes de la revue LEF à l'avant garde du futurisme (комфут). Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la révolution dont il est le chantre. Il se met au service de l'Agence télégraphique russe (ROSTA) et conçoit les images et les textes des posters satiriques Agitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924[4]. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson[5]. Il ne la reverra qu'en 1929.

Lili ne le supportera guère et les relations se dégradent avec les Brik, plus tumultueuses que jamais après son retour à Moscou sous le feu des télégrammes.

Il entretient une brève relation avec Tatiana Iakovleva, nièce d'Alexandre Iacovleff, et lui dédie un poème[6] que Lili tente d'éclipser.

Alors que la famine gronde, le cri torturé du Treizième apôtre plus désespéré que jamais résonne: « À bas votre amour, à bas votre art, à bas votre société, à bas votre religion ».

Affiche Agitprop réalisée par Maïakovski:
1. Vous voulez surmonter le froid?
2. Vous voulez vaincre la faim?
3. Vous avez envie de manger?
4. Vous voulez boire?

Dépêchez vous de rejoindre les Brigades de Choc!.

Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s'est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre[7] à la mort terrible d'Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ».

Une certitude, il rédigea sa propre épitaphe deux jours avant sa mort : « Le canot de l'amour s'est fracassé contre la vie (courante). Comme on dit, l'incident est clos. Avec vous, nous sommes quittes. N'accusez personne de ma mort. Le défunt a horreur des cancans. Au diable les douleurs, les angoisses et les torts réciproques !... Soyez Heureux ! ».

On trouvera aussi ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi - ce n'est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n'y a pas d'autre chemin possible pour moi. Lili aime-moi ! ».

Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu'il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». Trotsky critique immédiatement la version officielle selon laquelle le suicide de Maïakovski n'aurait " aucun rapport avec les activités sociales et littéraires du poète "[8].

Il sera après sa mort tour à tour déconsidéré, oublié, réhabilité par Staline sur l'insistance des Brik - « Ils l'ont tué une seconde fois » dira Boris Pasternak, mis à l'index à nouveau et, finalement, redécouvert au fil des révolutions.

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