Vieille Bourse

Vieille Bourse
Lille vieille bourse profil.JPG
Présentation
Type
Bourse de commerce
Style
Architecte
Construction
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Coordonnées
Vue de la façade côté Grand Place. Au sommet, le Campanile et la statue dorée de Mercure.

La Vieille Bourse de Lille, nommée ainsi depuis la construction de la Chambre de Commerce et d'Industrie dans les années 1910, est sans conteste le monument le plus prestigieux de la ville. Située entre la Grand'Place et la Place du Théâtre, elle est l'un des témoins de l'intense activité économique qui se déroulait à Lille durant le Grand Siècle. Elle a été classée monument historique en 1921[1].

Le bâtiment, quadrangulaire, est en fait un emboîtement de 24 demeures identiques qui renferment ce que l'on nomme la Cour intérieure, lieu où bouquinistes, fleuristes, joueurs d'échecs, flâneurs et touristes se donnent rendez-vous.

Ce site est desservi par la station de métro Rihour.

Histoire

Construit au milieu du e siècle alors que la ville est espagnole, le bâtiment, restauré au e siècle ainsi que de 1989 à 1998 (association Mécénat), a conservé tout son éclat. Pour rappeler leur intervention dans la restauration de la Bourse, les grandes entreprises régionales ont tenu à faire ériger leur blason sur les cartouches surplombant les fenêtres supérieures du monument.

Classée monument historique par arrêté du 25 mai 1921 et par décret du 9 juin 1923[1], la Vieille Bourse est le témoin d'une période faste et décisive dans l'histoire économique et commerciale de la cité, alors concurrente avec ses sœurs flamandes: Anvers, Gand et Bruges.

1651 : Bourse de commerce

En 1651, sur la suggestion des Corporations, la Ville de Lille obtient de Philippe IV d'Espagne l'autorisation de construire sur le domaine public « une bourse à usage des marchands qui sera environnée et enclose de 24 maisons »[2].

La ville de Lille vend ainsi à 24 commerçants les parcelles de terrain sises sur la place du marché et prend à sa charge la construction des galeries, du pavement de la cour intérieure et des 4 entrées.

Le bâtiment est construit en 1652-1653 sous la direction de Julien Destrée, afin d'offrir aux marchands un monument majestueux comparable à celui d'Anvers, la Vieille Bourse remplace désormais la fontaine au Change aujourd'hui disparue.

On retrouve une architecture typique de la Renaissance flamande du e siècle, qui mêle la couleur à l'exubérance des formes : guirlandes de fruits, cornes d'abondance, pilastres et trumeaux richement ornementés… Chaque corps sculpté faisant office de pilastre est une représentation païenne de la vie commerciale lilloise.

L'emblème de la Bourse de Lille est sans conteste la statue de Mercure — dieu du commerce — couronnant le sommet du campanile.

1853

Statue de l'Empereur Napoléon, protecteur de l'industrie - 1853 (sculpteur : Philippe Joseph Henri Lemaire ; architecte : Charles Benvignat)

Le 23 septembre 1853, la chambre de commerce de Lille inaugure la pose de la première pierre d'une statue de Napoléon 1er dans l'immeuble qui sera appelé plus tard "Vieille Bourse" et organise une réception en la présence de Napoléon III. C'est le début d'un chantier de rénovation des portes et de la galerie qui est confié à Charles Benvignat, architecte de la ville. Frédéric Kuhlmann, président de la chambre de commerce de Lille, y fait un discours remarqué sur l'essor de l'industrie nationale. La Bourse de Lille accueille alors un groupe de mines de charbon en forte expansion.

Un panorama historique des figures de l'industrialisation en France et à Lille est inclus dans le discours[3] de Frédéric Kuhlmann lors de cet événement, correspondant aux tableaux en l'honneur des savants et inventeurs qui ont rendu les services les plus éminents[4], apposés l'année suivante sur les murs de la cour intérieure de la Vielle Bourse. Y est fait référence au décret de Bois-le-Duc du 12 mai 1810 « qui accorde un prix d'un million de francs à l'inventeur de la meilleure machine propre à filer le lin » (Philippe de Girard), encourageant la création d'usines de filature mécanique du lin, et les décrets des 25 mars 1811 et 15 janvier 1812, promouvant la fabrication de sucre de betterave (Louis-François-Xavier Crespel-Delisse). « En encouragent par des récompenses nationales la création en France de la filature mécanique du lin et de la fabrication du sucre de betterave, comme il l'avait fait pour la filature de coton et le tissage, Napoléon avait pressenti toute l'influence que les industries nouvelles pouvaient exercer (...) Napoléon Ier pouvait-il espérer qu'en moins d'un demi-siècle, la filature mécanique de lin compterait 60 établissements dans la seule ville de Lille; qu'un seul département, faisant mouvoir 250 000 broches, occuperait à ce travail 12 000 ouvriers ? (...) Nos chemins de fer, nos canaux, nos ports, tous ces auxiliaires de l'activité humaine ont attiré simultanément votre attention. (...) Il n'est pas d'homme aux idées plus abstraites qu'Ampère, et certes on ne saurait, au premier aperçu, à quel titre il prendrait place dans ce Panthéon de l'industrie, et cependant ses travaux ont donné ouverture à la télégraphie électrique (et aux) applications industrielles de l'électricité. (...) Déjà ne voyez-vous pas la chaîne du métier à la Jacquard s'animer sous le courant électrique, sans le secours des cartons dus à l'invention de l'immortel artisan ? Demain, oui demain, ce ne sera plus la pensée seulement qui se transmettra instantanément à des distances infinies, c'est Liszt qui, de son cabinet, fera entendre les prodiges de ses notes sonores sur le théâtre de Londres ou de Saint-Pétersbourg. (...) glorification vivante des génies qui ont concouru à l'édification de notre prospérité agricole et manufacturière (...) Il y verra Leblanc affranchir le pays d'un lourd tribut payé à l'étranger (...) ». Parmi une quinzaine de savants et inventeurs français cités par Frédéric Kuhlmann, sont mis en exergue Philippe de Girard, inventeur de la machine à filer le lin, réintroduite à Lille par Antoine Scrive-Labbe, Jacquard pour le tissage, Oberkampf, François Richard-Lenoir et Liévin Bauwens pour l'industrie du coton, et en chimie Berthollet, Leblanc, Achard, Vauquelin, Brongniart, Conté, Chaptal, Gay-Lussac, et aussi Arago, Ampère et Monge.

Est annexée au document support du discours de Kuhlmann et remis à Napoléon III une liste de patrons lillois et leurs domaines d'activités industrielles en 1853, particulièrement dans les domaines de la construction de machines et mécanique, du tissage et filature mécanique du lin et du coton, la teinturerie, apprêts, rouissage, la fabrication de produits chimiques, noir animal et colorants, soude artificielle, savonnerie, l'agroalimentaire avec la raffinerie du sucre et la fabrication de chicorée. Le débat sur le protectionnisme et le libre échange est déjà en gestation dans les discours de 1853, prélude au Traité Cobden-Chevalier de libre échange franco-anglais applicable de 1860 à 1892 et qui accroît la concurrence, nécessitant des ingénieurs pour mettre en œuvre les meilleures pratiques industrielles.

À la fin de ce discours, Napoléon III délègue au sénateur Jean-Baptiste Dumas, ancien ministre et cofondateur de l'École centrale des arts et manufactures, le soin de venir à Lille le 9 octobre 1853 pour des échanges avec Frédéric Kuhlmann sur l'établissement d'une école supérieure industrielle, qui est aujourd'hui devenue l'École centrale de Lille.

La statue de l'Empereur Napoléon, protecteur de l'industrie, dont la première pierre a été posée en 1853, a été transférée au Palais des beaux-arts de Lille en 1976.

1861 : L'année de l'ouverture d'une bourse des valeurs

Lille vit ensuite un engouement pour les mines de charbon, qui constituent jusqu'en 1910 l'essentiel de la Bourse des valeurs de Lille, ouverte en 1861[5] dans locaux de la vieille Bourse. Elle est cependant très peu liquide: seulement 3,4 % du capital change de mains chaque année[6].

L'action de la Compagnie de Lens, très belle "affaire familiale", du "clan Scrive-Bigo-Danel"[7], vaut 44 700 francs en 1875, multipliée par 22 en seize ans. Son statut de "société civile commerciale" la dispense de publier toute information, jusqu'à l'introduction en Bourse de Paris en 1902[6], où l'ont rejointe un tiers des mines nordistes, menées dès 1875 par la Compagnie de Béthune.

1921 : L'inauguration de la nouvelle Bourse

Vielle Bourse vers 1925

La Bourse reste en activité jusqu'en 1921, date d'inauguration de la nouvelle Bourse. Classée monument historique la même année, elle prend alors l'appellation de Vieille Bourse.

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