VIe dynastie égyptienne

Statue de Pépi Pépi Ier conservée au musée de Brooklyn à New York

La VIe dynastie couvre une période variant entre -2374 à -2140 selon les historiens[1]. Elle est la dernière de l'Ancien Empire.

La toute-puissance du roi sans être remise en cause, est perçue différemment. Il faut sans doute y voir également un changement dans les aspirations religieuses, ainsi que dans l'organisation de l'État.

Cette période va être marquée par le règne très long de Pépi Pépi II[2].

C'est à cette époque que l'on assiste à un morcellement du pouvoir central au profit des nomarques, tendance déjà amorcée à la Ve dynastie. La charge se transmet de père en fils formant ainsi de véritable dynasties locales sans pour autant usurper le pouvoir royal. Les prérogatives royales sont peu à peu « empruntées » par ces nomarques, comme en attestent les tombes des nécropoles d'Assouan et également la pratique de la momification.

Souverains de la VIe dynastie

Pschent2.png Pharaon Renpout.pngRègne[3] Egypte icon lieu.png Capitale Tombe2.png Tombe Egypte icon momie.png Momie
Téti[4] -2323 à -2291 Memphis Saqqarah ?
Ouserkarê -2291 à -2289 Memphis Saqqarah ? ?
Pépi Pépi Ier -2289 à -2255 Memphis Saqqarah ?
Mérenrê Mérenrê Ier -2255 à -2246 Memphis Saqqarah ?
Pépi Pépi II -2246 à -2152 Memphis Saqqarah ?
Mérenrê Mérenrê II -2152 à ? Memphis Saqqarah ? ?
Nitokris -2152 à ? Memphis Saqqarah ? ?

Les origines de la famille du fondateur de la dynastie Téti ne sont pas connues avec certitude. Sa mère Sechséchet Sechséchet Ire appartient probablement à la noblesse ou bien à une branche éloignée de la famille royale régnante. Quoi qu'il en soit, Téti épouse une princesse de sang, Ipout Ipout Ire, qui est donnée pour être une des filles d'Ounas manifestement mort sans héritier pouvant lui succéder.

Ainsi légitimé par ce mariage, Téti assure la continuité entre les deux dynasties mettant un terme à une crise de succession. La capitale reste à Memphis et Saqqarah est choisi comme nécropole dynastique. Les institutions sont renforcées et la stabilité du royaume semble assurée. Cela n'empêche pas une certaine contestation de s'installer au cours de son règne, le roi étant probablement toujours perçu comme illégitime et ouvrant la voie et la possibilité pour d'autres dignitaires, par leur pouvoir ou par leurs liens avec la famille royale, de prétendre à leur tour monter sur le trône d'Horus.

De fait le règne de Téti s'achève par un complot ourdi dans sa garde rapprochée et avec la complicité de hautes personnalités, faits rapportés par Manéthon. Bien qu'aucune source contemporaine ne vient confirmer cette histoire, des troubles semblent apparemment être confirmés par les découvertes récentes à Saqqarah de tombeaux de dignitaires ayant subi une damnatio memoriae et réutilisés aux fins d'autres personnages probablement adversaires. On notera sur ce point le nombre assez important de dignitaires qui occupent le poste de vizir[5], indice probable d'une instabilité du pouvoir.

D'autres complots auront lieu au cours des règnes suivants dont notamment un sous le règne de Pépi Pépi Ier, fils de Téti et troisième pharaon de la dynastie. Les faits qui impliquent le harem royal et de hauts dignitaires sont rapportés dans le mastaba d'Ouni en Abydos. Le vizir en tant que ministre de la justice avait été chargé de l'enquête et du jugement des coupables parmi lesquels on comptera une des épouses du roi.

Cartouches des pharaons de la VIe dynastie relevés sur la liste d'Abydos mais ne mentionnant pas Nitocris - Abydos

Une autre découverte récente a permis de mieux connaître la succession des règnes de cette période. Il s'agit d'un texte de type pierre de Palerme datant du règne de Pépi Pépi II[6]. Cette pierre enregistrant une partie des annales de la dynastie depuis le règne de Téti jusqu'à celui de Mérenrê Mérenrê Ier est inscrite au recto et verso, indiquant qu'elle devait donc être une stèle placée dans un sanctuaire, probablement à Memphis où les prêtres consignaient à l'abri de leur temple les faits et gestes de chaque souverain d'Égypte.

Bien que très dégradée car réutilisée en remploi pour former le couvercle du sarcophage d'Ânkhensenpépi IV, les informations qu'elle contient confirment un inter-règne entre celui de Téti et de Pépi Ier, celui d'Ouserkarê, ainsi que la durée de chaque règne. Quand l'état du texte le permet elle donne aussi le nom de la mère de chaque souverain information essentielle pour définir la généalogie de la famille régnante[7]. Ces annales rendent compte également des faits principaux ou officiels avec l'enregistrement des expéditions commerciales et militaires, des entrées de denrées précieuses, des dons faits aux temples du pays, de l'érection de statues, des grandes cérémonies religieuses du royaume et enfin des recensements du bétail, autres informations essentielles aux égyptologues pour déterminer le nombre d'années de règne de chaque pharaon.

Au cours de cette période le rôle de l'épouse royale et celui de la mère du roi s'accroît au point que des cultes leur sont rendus. Elles se font édifier de véritables pyramides comprenant temple funéraire, dépendances, clergé personnel et tout comme les complexes pyramidaux royaux, ces monuments étaient dotés d'une pyramide-cultuelle ou pyramide subsidiaire, tandis que peu à peu leur caveau funéraire s'orne des textes des pyramides, privilège réservé jusque-là au seul Pharaon.

Nul doute que ces reines ont joué un grand rôle dans les différents événements qui marquent l'histoire de la dynastie. Comme sous la Ve dynastie, le trépas précipité ou inattendu de certains souverains a dû ébranler la famille royale en bouleversant l'ordre de succession normal de père en fils. Les règnes de Téti, d'Ouserkarê ou de Mérenrê Ier forment à chaque fois une charnière de la généalogie familiale. Ouserkarê pourrait être un frère du roi qui prend la succession de Téti en aidant activement la régence de sa veuve Ipout Ipout Ire en faveur du prince héritier Mérenrê Pépi, alors trop jeune pour monter sur le trône[8]. Plus tard, Mérenrê Mérenrê Ier succède légitimement à son père Pépi, premier du nom. Son règne est court et il n'a pas le temps d'achever la décoration de son complexe cultuel et funéraire. N'ayant lui non plus apparemment pas d'héritier mâle c'est son frère Pépi II qui lui succède sous la régence de sa mère la reine Ânkhésenpépi Ânkhésenpépi II.

Les annales concernant le long règne de Pépi Pépi II ne sont pas complètes sur la stèle de Saqqarah-sud et l'état de la pierre nous prive d'informations directes et officielles pour l'ensemble de cette période qui marque le début de l'effondrement de l'Ancien empire[7]. Cependant la durée exceptionnelle de ce règne a produit une grande quantité de documents épigraphiques et archéologiques nous permettant ainsi de mieux la comprendre. Les biographies de grands dignitaires comme Hirkhouf nomarque d'Assouan sont de ce point de vue des témoignages de premier ordre.

À la fin du règne de Pépi II une crise dynastique s'ouvre. Mérenrê Mérenrê II semble n'avoir régner qu'un temps très court et l'existence de Nitocris qui lui aurait succédé reste débattue par les égyptologues en raison de l'absence de preuves archéologiques concrètes de son règne.

Pour Manéthon la liste des rois s’arrête là, mais certains égyptologues, dont Redford, donnent encore quatre autres rois, aux règnes très brefs, qui seraient listés dans le papyrus de Turin :

et un roi dont le nom est en lacune, mais à qui le papyrus de Turin compte deux ans, un mois, et un jour de règne.

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