Urbanisme

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Gratte-ciel vus depuis la Tour du CN à Toronto (Canada).
Vue d'un quartier de Pachuca (Mexique).

L’urbanisme désigne l'ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l'organisation et à l'aménagement des espaces urbains. Ce projet peut être sous tendu par une volonté d'assurer le bien-être de l'homme et d'améliorer les rapports sociaux en préservant l'environnement[1]. Les professionnels qui exercent ce métier sont des urbanistes.

Selon les traditions académiques, cette discipline est associée tantôt à l'architecture, tantôt à la géographie, selon l'aspect mis en avant, l'intervention urbaine ou l'étude théorique. En France, l'enseignement et la recherche universitaire dans ce champ relèvent d'une section spécifique du Conseil national des universités (24, Aménagement de l'espace, Urbanisme).

L'urbaniste Pierre Merlin précise que « les géographes ont souvent eu tendance à considérer, en France notamment, l'aménagement (et en particulier l'aménagement urbain, voire l'urbanisme) comme un prolongement naturel de leur discipline. Il s'agit en fait de champs d'action pluridisciplinaires par nature qui ne sauraient être l'apanage d'une seule discipline quelle qu'elle soit. Mais la géographie, discipline de l'espace à différentes échelles, est concernée au premier chef »[2].

Histoire et conceptualisation de l'urbanisme

Article détaillé : histoire de l'urbanisme.

Apparition du concept

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Qu'est-ce que l'urbanisme ? Si l'on entend par urbanisme la traduction volontaire dans l'espace d'un mode d'organisation et de gestion des hommes et de leurs activités, l'urbanisme apparaît très tôt dans l'Antiquité et avant même les premières formalisations grecques puis romaines. Le hiéroglyphe égyptien qui signifie la ville est déjà l'expression d'associer dans un même espace délimité (par un cercle) des hommes et des femmes avec des métiers et des activités différentes, reliés ensemble par des voies que les romains appelleront cardo et un decumanus greffant ainsi la cité sur le cosmos. Les Mésopotamiens ont aussi une iconographie similaire[3]. La ville est donc directement le produit du politique, le terme étant pris au sens étymologique et le terme "politique" a pour origine le terme grec de "polis" qui désigne la ville comme institution. L'homme pour les philosophes grecs, Platon et Aristote notamment, un animal politique et l'organisation de la ville doit lui permettre de devenir un acteur du destin collectif en devenant citoyen, là encore le terme renvoie à la cité,"civis" chez les Romains. Par là il devient civi-lisé, il devient poli et policé, deux termes qui se souchent là encore sur la ville, c'est-à-dire capable de vivre d'autres qui sont égaux et différents pour reprendre le terme du sociologue Alain Touraine (Comment vivre ensemble égaux et différents). Cette ville là qui fait l'objet d'une réflexion philosophie et politique préalable se fonde sur la "démocratie" même si elle est à l'époque de Platon toute relative. Elle s'organise autour d'un espace vide, l'agora (le forum pour les Romains) qui est par excellence le lieux des échanges. Cet espace est entouré des institutions qui structurent la vie de la Cité : la salle de l'assemblée politique et les temples notamment. Ce n'est pas d'abord le marché qui fonde la cité mais bien la vie sociale et politique de ses habitants même si elle prend en compte les autres fonctions : sanitaires (thermes), culturelles (théâtre), économiques(marché, port...), sportives (gymnase), récréative (stade), formation (académies)... Saint Augustin met en parallèle la cité de Dieu et celle des hommes.

Cette réflexion sur la traduction dans l'espace d'une société pensée comme idéale va réapparaître à la Renaissance avec Rabelais et son abbaye de Télème, Thomas More avec son Utopia ou Johann Valentin Andreae avec sa Christianopolis. De nombreux dessins de villes idéales apparaissent à la Renaissance dans toute l'Europe avec Francesco Giorgio di Martini, Pietro Cataneo, Francesco de Marchi...

Les besoins politiques comme défensifs et le développement des colonisations vont générer de nombreuses villes nouvelles de par le monde et certaines relevant d'un plan régulé à l'instar des villes romaine set gallo-romaines. Les rois font réaliser des places royales avec des plans d'embellissement de la ville.

Le bouleversement de la révolution industrielle

Le développement de l'industrialisation va entrainer un afflux de population vers les villes pour faire face aux besoins de main d'œuvre. Face au développement anarchique et insalubre des faubourgs, de développe une analyse critique et aussi de nombreuses théories sur la ville pour améliorer le "vivre ensemble" avec Fourrier par exemple, Ebenezer Howard... C'est à partir de là que va se développer aussi le premier mouvement "urbanistique" avec la création en 1899 par Howard de la Town and Country Planning Association, l'association pour la planification des ville et des campagnes. C'est aussi à la fin du XIXe siècle que l'Allemagne met en place les premières obligations de planifier le développement des villes et l'aménagement du territoires.

Le terme "urbanisme" apparait avec l’ingénieur catalan, Ildefons Cerdà et son ouvrage Théorie générale de l'urbanisation paru en 1867[4]. Il fit son apparition en France en 1910 à la suite d'une parution dans le Bulletin de la Société neuchâteloise de géographie sous la plume de Pierre Clerget. En 1911, la Société française des urbanistes (SFU)[5] est fondée à partir des membres du Musée social; Ce "musée" qui avant out un conservatoire des expériences en matière sociale, est issu des courants humanistes et hygiénistes de la fin du XIXe siècle. La SFU institution réunit depuis ses origines les urbanistes de tous modes d’exercice (public, para public et privé) sur la base de critères professionnels. Ses actions constituent une véritable force de propositions, qui se manifeste notamment dans la vision des urbanistes pour la ville du XXIe siècle et la Nouvelle Charte d’Athènes[Quoi ?]. La SFU représente les urbanistes de France au Conseil européen des urbanistes.

L'urbanisme de France

L'urbanisme en France se développe en même temps que le métier d'urbaniste à partir des réflexions menées à la fin du XIXe siècle, les travaux des membres du Musée social avant la première guerre mondiale et des CIAM après la seconde guerre mondiale.

En dehors des approches fonctionnelles du XXe siècle, à titre d'exemple contraire, nous pouvons évoquer la Cité-jardin développée en théorie comme en pratique par Ebenezer Howard à la fin du XIXe siècle avec la construction de deux villes en Angleterre : Letchworth et Welwyn. C'est là un modèle qui fut largement utilisé dans le contexte de la reconstruction de l'après-guerre par Henri Sellier dans le département de la Seine, à Reims, à Ternier, à Laon

C’est à partir de 1953 que l’école des beaux-arts de Paris enseigne l’urbanisme à ses étudiants. Un ouvrage de référence de Françoise Choay permet de mieux saisir les principaux enjeux de l’urbanisme, sous une forme pédagogique : Urbanisme, Utopies et réalité (1965), qui est une anthologie des différents concepts urbanistiques développés depuis plusieurs siècles.

La reconstruction après la seconde guerre mondiale et le boom démographique (baby boom) qui s'ensuivit nécessité construire des logements en grands nombres. Ce fut l'époque des ZUP (zones à urbaniser en priorité) de plusieurs centaines de logements voire milliers. Cette production en logements en série à la périphérie dans grandes agglomérations dans des quartiers souvent mal équipés et mal desservis par les transports en commun posa rapidement de nombreux problèmes notamment avec la crise économique après le début des années 70. De nombreux plans se succèdent pour faire face à la dégradation rapide de ces quartiers et de leurs habitats : HVS (habitat et vie social) 1977-1981, DSQ (développement social des quartiers) 1981-1984, Banlieues 89 avec Roland Castro et Michel Cantal-Dupard... Un Comité Interministériel pour la Ville est créé en 1984 avec la volonté de créer une véritable politique de la ville avec en 1990 un ministère dédié dont Michel Delebarre est le Ministre. En juillet 1991, la loi d’orientation pour la ville (LOV). Cette loi a pour objectif de mettre en œuvre le droit à la ville et de créer les conditions de vie et d’habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou faire disparaître les phénomènes de ségrégation. Sont alors mis en place les GPU (grands projets urbains). La loi SRU (Solidarité et renouvelle urbain) vient en 2000 complèter le dispositif.

La politique des villes nouvelles menées par la DATAR permet une réflexion plus globale sur la nature même de la ville. Ces villes sont :

L'échec ressenti des grandes opérations d'aménagement de l'après-guerre - grandes opérations inspirées de la vision moderniste des CIAM - remet en cause une vision par trop fonctionnaliste voire strictement économique ou technique (urbanisme de tuyaux). Par ailleurs, dans le cadre d'une approche plus compétitive au niveau européen voire mondial se développe une politique d'aménagement et d'urbanisme au niveau à une échelle qui dépasse le stade ancien de l'agglomération : Grand Paris, Grand Lyon, Grand Reims... Cette politique est confortée par la loi ALUR qui contraint au regroupement communal retirant aux maires proches de leur population la compétence en matière d'urbanisme hormis la délivrance des permis de construire.

Histoire de sa mise en pratique

Le plan hippodamien a été largement utilisé par les Romains dans leur expansion coloniale en Europe et a été repris à partir du XVIIe siècle pour la construction des villes sur le continent américain notamment comme La Nouvelle-Orléans puis en Afrique du Nord au XIXe siècle avec Lyautey. Il faut aussi noter l'expérience spécifique et originale des bastides dans le Sud-Ouest de la France avec 300 à 500 établissements nouveaux créés en 200 ans sur un même et unique modèle, fait unique dans l'histoire de l'urbanisation[6]. Il existe enfin des villes qui relève d'un projet utopique à la recherche de la cité idéale comme Chandigarh en Inde avec Le Corbusier ou Auroville non loin de Pondichéry.

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