Université Paris-VIII

Université de Paris VIII Vincennes–Saint-Denis
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Histoire et statut
Fondation
Type
Forme juridique
Nom officiel
Université Paris-VIII
Président
Annick Allaigre (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Campus
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Pays
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Chiffres-clés
Étudiants
21 917 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif
1 760 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Enseignants
1 008 (en 2017)
Budget
116 millions d'euros (2016)[1]
Divers
Devise
L’« Université-Monde »
Membre de
Site web

L'université de Paris VIII[2], autrefois connue aussi sous le nom d’« université de Vincennes », et actuellement sous celui d'« Université Vincennes à Saint-Denis », est une université française créée en 1971. Elle est l'héritière du Centre universitaire expérimental de Vincennes, créé à l'initiative du ministre Edgar Faure pour être un foyer d'innovation ouvert au monde contemporain, ouvert le 1er décembre 1968, où se sont investis de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Deleuze. Elle a été déménagée, contre la volonté de ses responsables et de ses usagers, à Saint-Denis en 1980.

Université spécialisée dans les sciences de la culture, elle accueille plus de 20 000 étudiants[3]. Près de 900 enseignants-chercheurs y sont employés, ainsi que plus de 900 membres du personnel administratif. Y trouvent également résidence 33 équipes de recherche dont 8 associées au CNRS, 4 écoles doctorales, 1 Idefi (Creatic) et 1 LabEx (Arts-H2H). Elle est membre depuis 2014 de la Communauté d'universités et établissements Université Paris Lumières.

Histoire de l'université

Vincennes (1969-1980)

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L'histoire de « Paris 8 » commence au Centre universitaire expérimental de Vincennes créé à l'automne 1968, dans l'après mai 68. Des penseurs prestigieux comme Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard, Jean Droz, Josue de Castro, André Miquel s'y impliquent. La philosophie s'y enseigne dans une volonté marquée d'anti-académisme, ouverte sur le politique. Professeurs et élèves s'envisagent comme des collaborateurs.

Le général de Gaulle, à la fois pour éloigner les étudiants les plus violemment contestataires de Paris, et pour les mettre au défi de réaliser leurs aspirations, a l'idée de leur offrir une faculté dotée d'une très large autonomie pédagogique et financière. Son ministre de l'éducation Edgar Faure est, de son côté, intéressé par la proposition d'un Centre universitaire expérimental que lui fait un collectif de professeurs de l'université de Paris animé par Raymond Las Vergnas, doyen de la Sorbonne.

Le décret de création du Centre est signé en décembre 1968 et le Centre universitaire expérimental de Vincennes, ouvert aux non-bacheliers, accueille ses premiers étudiants en janvier 1969, sur un terrain appartenant à la ville de Paris.

Tout d'abord « Centre universitaire expérimental », la « fac de Vincennes » ré-envisage les rapports traditionnels entre professeurs et étudiants mais aussi entre l'université et le monde extérieur : l'université est ouverte aux non-bacheliers et elle est aussi largement ouverte aux étrangers. Ses enseignements sont souvent inédits à l'université et Paris 8 étrenne des départements de cinéma, psychanalyse, arts plastiques, théâtre, urbanisme, hypermédia ou encore intelligence artificielle. Ses choix pédagogiques sont innovants : instauration des UV (semestriels et capitalisables, très en avance sur leur temps), stricte égalité des services entre enseignants quel que soit le statut (les maîtres assistants en font autant que les professeurs), très peu de cours en amphithéâtre, pas de distinction entre cours magistraux et travaux dirigés. Certains départements et enseignants suppriment les traditionnels contrôles sur table et les échelles courantes d'évaluation. Une de ses innovations pédagogiques fut la pluridisciplinarité, qui permit notamment des collaborations entre des enseignants et chercheurs de disciplines aussi diverses que la philosophie, la sociologie, les mathématiques, la littérature et l'histoire.

Au début des années 1970, le Département d'Anglo-américain passe pour le plus structuré, ayant calqué le modèle universitaire américain. La notion d'"Unités de valeurs", introduite dès le début à Vincennes, conçue sur le modèle des "crédits" américains se substitue aux cursus prédéfinis, est par la suite adoptée dans un grand nombre d'universités françaises. Les diplômes ainsi délivrés sont reconnus par l'Éducation nationale (licence et maîtrise d'enseignement, doctorat). La linguistique y occupe une place importante en faisant référence aux travaux de John Lyons, Noam Chomsky, Julia Kristeva, entre autres, qui bousculent les théories du langage établies jusqu'alors.

Un des traits souvent signalés comme étant caractéristiques de l'université de Vincennes était sa forte politisation. Communistes, maoïstes et d'autres courants de la gauche (mais aussi hors de la gauche) se trouvaient plus ou moins mélangés dans les différents départements), ce qui ne fut pas sans conséquences sur les relations pédagogiques (enseignants-étudiants), les relations intra-département (enseignants-enseignants), les relations université-ministère et même sur les contenus des enseignements (en particulier en philosophie et sciences humaines). La gestion de l'université est caractérisée par l'affrontement entre les mouvements "gauchistes" maoïstes, trotskistes, etc., qui refusent de participer à cette gestion, et les communistes et leurs alliés (socialistes et non engagés) qui l'estiment nécessaire à la survie de l'université. En 1979, les "non participationnistes" présentent des listes de candidats aux élections universitaires, mettant fin de fait à cette coupure.

Jusqu'en 1980, « Vincennes » voit peu à peu son état matériel et pédagogique se dégrader : des éléments du mobilier sont dévastés ou volés, la saleté confine à l'insalubrité, des rumeurs d'inscriptions factices, des problèmes d'évaluation des étudiants conduisent au refus d'homologation des diplômes de l'université.

Saint-Denis (depuis 1980)

Sur le site de Saint-Denis, entrée de l'université entre 1981 et 1998.

En 1980, à l'initiative de Jacques Chirac, maire de Paris, et sur instruction d'Alice Saunier-Seïté, Ministre des universités dans le troisième gouvernement Barre[4], l'université est expulsée du Bois de Vincennes, et les bâtiments sont rasés. Le Canard enchaîné titre : « Alice a perdu ses facultés ». La ministre commente : « De quoi se plaignent-ils ? Leurs nouveaux bâtiments seront situés entre la rue de la Liberté, l'avenue Lénine et l'avenue Stalingrad, et ils sont chez les communistes[5]. »

L'université est transférée à Saint-Denis. Le déménagement se fait contre la volonté des enseignants et des étudiants de Paris 8[6] qui parlent à l'époque de « démantèlement » et se battent quatre ans contre le projet. Selon Bernard Charlot, du Département des Sciences de l'éducation, personne n'était content : « La fac ne voulait pas y aller, et la ville ne voulait pas de la fac : une fac gauchiste dans une ville communiste, vous pensez ! »[7].

La destruction des 40 000 mètres carrés des locaux du Bois de Vincennes, sous la protection de centaines de policiers, est aussi une très mauvaise opération financière : les bâtiments avaient été bâtis en dur et pouvaient résister au temps.

Les premiers locaux dionysiens, placés le long d'une voie à forte circulation, sont toujours en place aujourd'hui, mais le site s'est agrandi et de nouveaux locaux y sont ajoutés régulièrement afin d'assurer un accès viable à la population estudiantine croissante.

Développements récents

De nouveaux développements continuent de modifier l'université. En 1990 est créée une filière d'enseignement à distance, en association avec le CNED, qui prend la forme en 1997 d'un institut appelé l'Institut d'enseignement à distance. Il propose des formations en psychologie principalement, mais aussi en sciences de l'éducation, en droit et en informatique.

En 1992 et 1998 sont créés deux Instituts universitaire de technologie (IUT), à Tremblay-en-France et à Montreuil.

Sur le site de Saint-Denis, entrée de l'université depuis 1998

En 1998, les deux « rives » de la voie rapide qui traverse le campus de Saint-Denis sont reliées par un pont qui abrite la nouvelle bibliothèque de Paris 8, lieu impressionnant[8] qui dépasse en superficie la bibliothèque du Centre Pompidou. Le clin d'œil est appuyé, le symbole est fort: pour entrer à l'université, on passe désormais par la bibliothèque.

Simultanément, une station de métro Saint-Denis Université est inaugurée, modifiant quelque peu le rapport que l'université entretient avec la ville : les étudiants ne traversent plus Saint-Denis puisque leur station de métro débouche sur le parvis en face de l'université.

Les étudiants de l'université Paris 8 aussi ont changé. Ils sont plus jeunes et pour la plupart bacheliers. Les jeunes professeurs, ignorants des spécificités historiques de Paris 8 ou ne s'y intéressant pas, finissent par donner à l'université une forme de moins en moins expérimentale, excepté pour les cours d'art et notamment d'arts plastiques où la relation élèves-professeurs reste très libre (le tutoiement est notamment de rigueur avec beaucoup de professeurs) et les cours (choisis par les étudiants qui décident de ce fait eux-mêmes de leurs emplois du temps) restent considérés comme expérimentaux.

En 2006, un bâtiment (nommé « D ») sort de terre, remarquable par ses courbes et sa vêture de panneaux de verre translucide ; il abrite les UFR d'AÉS-ÉG, TES, l'IED, l'IFG ainsi que des laboratoires de recherche.

En 2008, un nouvel immeuble, de couleur rouge brique, est mis en service ; il héberge le restaurant universitaire (2 000 repas par jour, 5 000 m2), ainsi qu'un petit nombre de logements pour les étudiants étrangers (55 chambres) et un logement de fonction[9]. En 2009, un espace est arborisé au milieu de l'ensemble des nouveaux bâtiments.

En 2010, une "Maison des étudiants", d'une surface de 730 m2, ronde et recouverte d'un treillis de métal argenté, est construite sur le campus[10]. Elle regroupe les services liés à la vie étudiante, à la médecine préventive, au CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), ainsi qu'aux organisations étudiantes.