Université Lumière-Lyon-II

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Université Lumière.
Université Lumière-Lyon-II
Logo Université Lyon-2.jpg
Histoire et statut
Fondation
1838 : faculté des lettres
1875 : faculté de droit
1896 : université de Lyon
1973 : université Lumière-Lyon-II
Type
Forme juridique
Président
Nathalie Dompnier (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Campus
Berges du Rhône
Porte des Alpes
Localisation
Pays
Localisation sur la carte de la métropole de Lyon
voir sur la carte de la métropole de Lyon
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Lyon
voir sur la carte de Lyon
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Chiffres-clés
Étudiants
29 525 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Enseignants
909 titulaires
dont 666 titulaires
Budget
140,3 M€ (en 2015)
Divers
Devise

Inter Folia Fulget[1]
« Elle jaillit d'entre les pages »

Scientia et Labore
« Par la connaissance et le travail »
Membre de
Site web

L'université Lumière-Lyon-II, dite Université Lumière Lyon 2, est une université publique française, située à Lyon. Elle est une des trois universités issues de la scission de l'université de Lyon à la suite de la loi Edgar Faure de 1968.

Elle forme quelque 27 393 étudiants dans le domaine des sciences de l'homme, du droit et de la finance. Sa devise en latin, inscrite dans la cour de la bibliothèque sur le campus des quais est Inter folia fulget, signifie : « Elle jaillit d'entre les pages ». Néanmoins, la devise première, inscrite en lettres dorées à l'ombre de la statue de Claude Bernard dans l'entrée principale de l'université est Scientia et Labore qui signifie « Par la connaissance et le travail ».

Historique

Scission de l'université Lyon-II

Entrée principale du campus Porte des Alpes

Jusqu'en juillet 1973, l'université Lyon-II regroupait l'ensemble des disciplines des sciences humaines, sociales, juridiques et économiques. À cette date, une scission intervient, qui est directement la conséquence des événements de mai 1968, violents à Lyon (au cours de ceux-ci, un commissaire de police meurt, écrasé par un camion[2]). L'université Lyon 3 est alors créée. Aujourd'hui encore les deux universités gardent les spécificités des raisons de leur scission.

Celle-ci s'effectue dans le cadre plus général de création d'universités distinctes, s'effectuant souvent selon des axes politiques. Lorsque celles-ci résultent dans des situations véritablement conflictuelles, le ministre de l'Éducation nationale Joseph Fontanet tranche de manière autoritaire, ainsi à Lyon ou à Aix-Marseille. Selon le rapport Rousso (2004) : « Il prend ainsi une décision d’ordre public qui cherche à affirmer la primauté de l’État sur le principe de l’autonomie universitaire lorsque les universitaires s’avèrent incapables de régler seuls une crise majeure »[3].

Le ministre de l'Éducation nationale Olivier Guichard annonce ainsi en 1969 la création de Lyon-I, qui regroupe les anciennes facultés de sciences et de médecine, et de Lyon 2, qui regroupe l’ancienne Faculté des lettres et de sciences humaines, et celle de droit, ainsi que celle de futures universités. Deux ans plus tard, une scission s'opère à Lyon 2, aboutissant à la création de Lyon-III (décret ministériel du ).

Si des raisons institutionnelles expliquent aussi celle-ci, les causes politiques sont décisives : la création de Lyon 3 « a été rendue possible par une alliance entre des catholiques modérés [notamment Maurice-René Simonnet, proche du ministre Joseph Fontanet et des éléments de la droite radicale, sur fond de rivalités disciplinaires – le refus des juristes de travailler avec des littéraires. »[4]. Lyon 2 voit en effet une minorité de la droite universitaire radicale s'opposer au Conseil universitaire, un projet immobilier de résidence universitaire étant l'occasion de controverses, tandis que l'élection du juriste Jean-Pierre Lassale à la présidence de Lyon-II nécessite treize tours de scrutin[3] André Decocq, assesseur du doyen de la faculté de Droit et Jacques Goudet, tous deux membres du Service d'action civique (SAC) et de l'UNI, jouent un rôle important dans la scission[3].

Dès 1969-1970, un conflit émerge au sein de Lyon-II, autour des questions immobilières. Un premier projet prévoit la création de résidences universitaires dans deux zones, l'une à Lacroix-Laval, près d'une zone résidentielle de la commune de Charbonnières, à l'ouest de Lyon, qui inclurait les biologistes et étudiants en pharmacie, tandis que l'autre serait à Bron-Parilly, dans la banlieue est industrielle, qui inclurait les lettres et sciences humaines[2]. Ce projet est abandonné en octobre 1970, en raison du projet d'aménagement urbain de la Communauté urbaine de Lyon[2]. À l’été 1972, le conseil de l’université de Lyon 2 se prononce donc en faveur d’un projet pédagogique du nouvel ensemble de Bron-Parilly. Selon le rapport Rousso (2004), celui-ci « suscite de très vives réticences, notamment de la part des juristes, qui ne veulent pas rejoindre ce nouveau pôle, installé près de la ZAC de Vénissieux »[2]. Louis Pradel, le maire de Lyon, est aussi opposé au projet, parlant de « grave erreur », ajoutant que « C’est aussi idiot que d’avoir mis celle de Nanterre dans les bidonvilles. »[2] La mairie craint notamment une concurrence du campus de Grenoble[2].

Selon le rapport Rousso (2004) : « la droite universitaire la plus radicale (...) cherche après 1968 [,] à contrôler quelques lieux où le rapport de forces pencherait en sa faveur. Cette politique a porté ses fruits à Paris IV [la Sorbonne], où a été créé l’UNI, ou à Aix-Marseille III, une université à dominante juridique, fondée presque au même moment et dans des circonstances bien plus conflictuelles que celles de Lyon III, à cause notamment de la personnalité controversée du juriste Charles Debbasch. Cette stratégie a d’ailleurs été enclenchée dans l’entourage de Georges Pompidou, inquiet de l’influence réelle ou supposée des groupes d’extrême gauche[5] »

Toutefois, d'autres causes jouent ; les philosophes de Lyon 2 (dont François Dagognet et Bernard Bourgeois) décident ainsi de rejoindre Lyon 3, par crainte de voir l'UER de philosophie disparaître[3].

À la suite de la création de Lyon-III, les universitaires décident de leur appartenance : 334 enseignants restent à Lyon-II, et 174 vont à Lyon-III[3]. Les choix sont majoritairement politiques: « l’architecture de Lyon 3 reflète les alliances politiques (l’italien de Jacques Goudet, le sanskrit de Jean Haudry), et l’agrégat d’ensembles sans autre cohérence disciplinaire, du moins au début, que la capacité des juristes à convaincre des entités de plus petite taille de venir les rejoindre. La séparation a un caractère parfois étonnant : les latinistes se sont séparés des hellénistes, les historiens ont été déchirés, y compris lorsqu’ils travaillaient sur le même domaine comme l’histoire du christianisme. » (Rapport Rousso, 2004, p. 31)

Grand amphithéâtre de l'université Lyon-II

Lyon-II aujourd'hui

L’établissement adopte en 1987 la désignation d’« université Lumière Lyon 2 » en l'honneur des frères Lumière.

Actuellement, Lyon 2 comporte deux campus :

L'université Lumière-Lyon-II est membre fondatrice de l'université de Lyon, pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de Lyon ayant statut d'établissement public de coopération scientifique (EPCS), qui a été fondé par le décret n°2007-386 du 21 mars 2007, publié au Journal officiel du 22 mars 2007.

Historique des présidents

Bâtiment de l'université Lumière-Lyon-II - campus Berges du Rhône, situé quai Claude-Bernard

Douze présidents se sont succédé à la tête de l'université depuis sa création. La présidente actuelle est Nathalie Dompnier, élue en 2016.

  • Jean-Pierre Lasalle (1971-1973)
  • René Girard[6] (1973-1974)
  • Maurice Bernadet (1974-1979)
  • Philippe Lucas (1979-1986)
  • Michel Cusin (1986-1991)
  • Éric Froment (1991-1996)
  • Bruno Gelas (1996-2001)
  • Gilbert Puech (2001-2006)
  • Claude Journès (2006-2008)
  • Olivier Christin[7] (2008-2009)
  • André Tiran[8] (2009-2012)
  • Jean-Luc Mayaud (2012-2016)
  • Nathalie Dompnier[9] (depuis 2016)
L'amphithéâtre Laprade du campus des Berges du Rhône