Université Jean-Moulin-Lyon-III

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Université Jean-Moulin-Lyon-III
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Histoire et statut
Fondation
Type
Président
Jacques Comby (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Campus
Manufacture des tabacs
Quais de Rhône
Charité (Bourg-en-Bresse)
Localisation
Pays
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Étudiants
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L’université Jean-Moulin-Lyon-III, de nom d’usage « université Jean Moulin[a] », également dite « Lyon III » ou « Lyon 3 », est une université française située à Lyon, ainsi qu'à Bourg-en-Bresse. C'est l'une des quatre universités de l'académie de Lyon[b]. Elle est issue d’une scission organisée par plusieurs enseignants de l'université Lyon II en 1973 et est membre fondateur de l'université de Lyon.

Histoire

Historique de l'université

Née au début des années 1970 d'une scission de professeurs de Lyon II à la suite des événements de mai 68, l'université Lyon-III est officiellement créée en 1973. Henri Roland est alors élu président de l'université (fonction créée par la loi Faure de 1968), tandis que l'université elle-même est organisée selon un modèle inspiré des facultés de l'« avant 1968 »[1]. Les éléments de la droite radicale ayant poussé à la scission occupent des postes importants : André Decocq est « doyen » de l'UER de droit, Jean Haudry de l'UER de lettres, Jacques Goudet est à la tête de l'institut des langues et est élu vice-président enseignant[1]. Le deuxième vice-président est Gérard David, membre des Républicains indépendants[1]. Mais l'UER de philosophie est dirigée jusqu'en 1987 par François Dagognet, et l'IAE par André Varinard (futur recteur)[1].

L'université s'oppose aussi à ce qu'elle appelle la « politisation » ; en 1975, le président Henri Roland refuse ainsi de proposer au conseil universitaire des étudiants appartenant aux listes pourtant majoritaires, plutôt à gauche, leur préférant des organisations classées à droite[2]. Le rapport Rousso souligne ainsi : « les syndicats majoritaires aux élections étudiantes, en particulier l'UNEF, n'ont jamais obtenu de postes de vice-présidents, comme c'est l'usage dans d'autres universités, le privilège allant à des organisations classées à droite, et largement soumises aux directives des équipes dirigeantes[3]. »

Placée au centre-ville, Lyon III attire un certain nombre d'étudiants, notamment en raison de son enseignement de filières spécifiques (gestion) ou de diverses langues rares : en 1974, elle compte 6 737 étudiants ; en 1979, 10 014 ; en 1984, 13 022 ; en 1989, 14 670 ; en 1990, 15 186 ; en 1993, 17 034[1]. En octobre 1978, elle accueille le centre d'analyse et de traitement automatique de la bible et des traditions écrites, dirigé par Gérard Weil, qui se brouille ensuite avec Jacques Goudet, élu président de l'université en 1979[1]. L'université est ainsi politiquement hétérogène, malgré ses origines[1].

Goudet créé en juin 1981 l'Institut d'études indo-européennes, qui vise à favoriser l'émergence dans l'enseignement des langues rares, mais s'inscrit aussi dans une conjoncture liée au mouvement de la Nouvelle Droite, qui y trouve un accueil (Pierre Vial, Jean Varenne, qui y enseigne le sanskrit, ou Jacques Marlaud, qui y devient par exemple professeur en 1987)[4]. La gestion de Goudet (1979-1987, au-delà des 5 ans réglementaires[1]) a été controversée ; le rapport Rousso (2004) la qualifie de « mélange de professionnalisme et de clientélisme qui a profondément marqué Lyon III »[5].

Lors de la loi Savary, promulguée en 1983 par le gouvernement socialiste, les étudiants de Lyon III entrent en grève, partiellement soutenus par la direction[1]. La situation demeure toutefois plutôt calme, malgré les pressions du GUD ; le président décide la fermeture administrative de la fac[1]. En 1987, des étudiants venus parler de l'objection de conscience sont agressés[1].

Si ses effectifs triplent en 20 ans, la proportion de ses enseignants demeure la même, passant de 175 à 314 entre 1973 et 1989[1]. Selon le rapport Rousso (2004), ce « facteur peut expliquer que l’université ait saisi toutes les opportunités qui s’offraient à elles en termes de postes, parfois au détriment de la compétence, de l’objectivité ou de la neutralité des enseignants recrutés. »[6]. Bien intégrée dans le paysage universitaire dans les années 1990, elle compte alors « 22 équipes de recherche, d’importance et de réputation très inégales. »[1]

Entre 1993 et 2009, l'université emménage dans le bâtiment de la Manufacture des tabacs, en lieu et place de son site à La Doua qui devient occupé par l'université Lyon I. De même en 1994, le palais de la Recherche est construit à l'angle de la rue Pasteur et de la rue Chevreul, qui accueillera plus d'une dizaine de centres de recherche, l'école de notariat et une large partie des enseignements de 3e cycle[7].

En raison de l'orientation politique d'extrême droite de certains de ses enseignants[8], l'université a été accusée des années 1980 à 2000 de se montrer complaisante à l'égard de thèses négationnistes, antisémites et racistes. C'est l'institut d'études indo-européennes, qui regroupe moins d'une demi-douzaine de chercheurs, qui a concentré une grande partie des critiques[1], le reste étant porté par les pratiques peu démocratiques et opaques des gouvernances ; le professeur universitaire Bruno Gollnisch fut suspendu de toute activité pour des propos tenus lors d'une conférence de presse du 11 octobre 2004[9] mais finalement relaxé par la Cour de Cassation[10], il réintègre l'université en 2011[11].

Le Rapport sur le racisme et le négationnisme à l'université Lyon III Jean Moulin[12], établi sous la direction d'Henry Rousso à la demande du ministre de l'Éducation nationale, Jack Lang, et rendu public en , a montré, que le nombre d'enseignants concernés était limité, environ une douzaine, mais avait porté atteinte à la crédibilité de l'institution car elle n'a pas réagi face aux comportements de certains de ses enseignants.

En 2006, l'université est une des rares de France à ne pas être bloquée lors du mouvement lié au CPE. Un référendum est mis en place par l'administration sur la question du blocage. Ce dernier a été refusé par 82,42 % des votants, 17,58 % (3 000 votants) s'étant prononcés favorablement[13], tous les cours ont eu lieu.

Fin août 2007, le conseil d'administration de l'université élit un nouveau président, Hugues Fulchiron. La majorité dont il est issu consiste en une « union sacrée » (composée de la majorité des enseignants de la faculté de droit, des enseignants de la liste Concertation et soutenue par la Voix des IATOSS et les étudiants de l'UNEF) sous la bannière Jean Moulin Renouveau afin de rompre avec les pratiques des précédentes présidences et d'instaurer un esprit d'ouverture et de dialogue. Il est confirmé en mars 2008. Malgré tout, la gouvernance « Fulchiron » est très contestée au sein de l'établissement (soupçons de favoritisme, de harcèlement, critique de l'attribution des subventions du FSDIE, etc.), rapporte Lyon Capitale en 2011[14],[15]. Depuis 2012 et l'élection du professeur Jacques Comby à la tête de Lyon III, l'université semble se normaliser et les querelles s’apaiser[réf. nécessaire].

En novembre 2016, le conseil d'administration de l'université rejette le projet de fusion entre les trois universités lyonnaises ainsi qu'avec l'université de Saint-Étienne [16 pour, 18 contre]. Cette fusion ayant pour principal objectif de présenter sa candidature à une Initiative d'excellence (IDEX), qui avaient déjà écarté les universités lyonnaises à cause de leur absence de gouvernances communes. Les 3 autres universités lyonnaises et stéphanoise souhaitent continuer la candidature aux Initiatives d'excellence (IDEX), sans l'université Lyon 3, même si celle-ci pourrait rejoindre le projet après coup[16].

Le 13 décembre 2016, le président Comby demande un revote du Conseil d'Administration concernant l'IDEX et un vote de confiance suite au refus de novembre. le projet IDEX est largement accepté sous réserve qu'il n'engage en rien l'établissement dans la fusion [23 pour, 8 contre]. La confiance est renouvelée à 19 voix pour. Cet épisode a profondément scindé l'université entre les partisans de la fusion et les autres.

Faculté de droit

Présidents successifs

Depuis la création de l’université, sept présidents se sont succédé à la tête de l’établissement.

  • 1973-1979 : Henri Roland (professeur de droit privé)
  • 1979-1987 : Jacques Goudet (professeur d'italien)
  • 1987-1994 : Pierre Vialle (professeur de droit public)
  • 1994-1997 : Henri Roland (professeur de droit privé)
  • 1997-2002 : Gilles Guyot[17] (professeur de gestion)
  • 2002-2007 : Guy Lavorel (professeur de lettres)
  • 2007-2012 : Hugues Fulchiron (professeur de droit privé)
  • depuis 2012 : Jacques Comby (professeur de géographie)