Ukraine

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir République d'Ukraine.

Ukraine

Україна (Oukraïna(uk)

Drapeau
Drapeau de l'Ukraine
Blason
Armoiries de l'Ukraine

L'Ukraine en février 2015

  •      Régions sous contrôle gouvernemental
  •      Régions contrôlées par les séparatistes
  •      Régions administrées par la Russie [a], revendiquées par l'Ukraine avec le soutien de l' Assemblée générale de l'ONU [1], [b]
Hymne national Ще не вмерла України
(Chtche ne vmerla Ukraïny)
L'Ukraine n'est pas encore morte
Administration
Forme de l'État République parlementaire [2]
Président Petro Porochenko
Premier ministre Volodymyr Hroïsman
Langue officielle
Langues régionales
Ukrainien
Russe, hongrois et roumain [3]
Capitale Kiev

50° 27′ 02″ N, 30° 31′ 25″ E

Géographie
Plus grande ville Kiev
Superficie totale A [c] : 603 549 km2
B [d] : 576 604  km2
Superficie en eau 7 %
Fuseau horaire

UTC + 2 : ( EET) ;

heure d'été : UTC + 3 : ( EEST)
Histoire
Indépendance de l' URSS
Date
Adoption de la Constitution
Démographie
Gentilé Ukrainien
Population totale (janvier 2014) A [c] : 45 426 200 hab, [4]
B [d] : 42 807 730 hab.

( classé 31e)
Densité 75 hab./km2
Économie
PIB nominal ( 2014) en diminution 130,66 milliards de $
- 27,24 % ( 60e)
PIB (PPA) ( 2014) en diminution 373,786 milliards de $
- 5,47 % ( 46e)
PIB nominal par hab. en diminution 3 055  $
- 27,02 % (128e)
PIB (PPA) par hab. ( 2014) en diminution 8 668  $
- 5,19 % (106e)
IDH ( 2013) en augmentation 0,734 (élevé [5]) ( 83e)
Monnaie Hryvnia (depuis le 2 septembre 1996, précédemment Karbovanets UAK) ( UAH​)
Divers
Code ISO 3166-1 UKR, UA​
Domaine Internet .ua
Indicatif téléphonique +380

L'Ukraine [e] — prononcé en français :  /y.kʁɛn/ [6] ; en ukrainien : Україна Oukraïna /ukrɑˈjinɑ/ — est un État d' Europe de l'Est, le deuxième d' Europe par sa superficie [f]. Elle est bordée par la mer Noire et la mer d'Azov au sud, frontalière avec la Russie au nord et à l'est, avec la Biélorussie au nord, avec la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à l'ouest et avec la Roumanie et la Moldavie au sud-ouest.

Sa capitale est Kiev, sa langue officielle, l' ukrainien et sa monnaie, la hryvnia.

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Ukraine.
Origine et expansion des Slaves (VIe et VIIe siècles).

L'Ukraine est le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves : la Rous' de Kiev (appelée aussi dans les écrits occidentaux Ruthénie), qui durant les Xe et XIe siècles est l'État le plus vaste et aussi, après l' Empire byzantin, le plus puissant d' Europe.

L’État de Kiev

Au IXe siècle, Kiev est prise aux Khazars par les Varègues ( Vikings orientaux en russe venant de Suède) d’ Oleh le Sage (de Novgorod). Située sur des routes marchandes lucratives, Kiev devient rapidement le centre d'un puissant État slave, appelé « Rus » ou Ruthénie. Selon la tradition, en 988 eut lieu, sous le règne de Vladimir le Beau Soleil, le baptême de ce qui sera le peuple russe. Sous le règne de Iaroslav le Sage (1016-1054), le prestige de l'État kiévien atteint son apogée : il s'étend alors de la mer Baltique à la mer Noire et du confluent de l' Oka avec la Volga jusqu'aux Carpates septentrionales. Iaroslav est un grand bâtisseur — c'est lui qui fait construire la célèbre cathédrale Sainte-Sophie à Kiev — et un grand législateur. Le droit, l'éducation, l'architecture et l'art kiévien connaissent un renouveau impressionnant sous son règne. En 1051, il marie sa fille Anne de Kiev au roi Henri Henri Ier de France.

Cependant, au XIIe siècle, des conflits éclatent entre différents seigneurs locaux. Ces conflits mènent l'État kiévien au déclin, fractionné en plusieurs principautés rivales. Kiev est saccagée par la principauté de Vladimir ( 1169) durant la lutte pour le pouvoir entre les princes, et plus tard par les Coumans et les Tatars Mongols aux XIIe et XIIIe siècles. Ces derniers finissent par imposer leur souveraineté dans toutes les principautés ruthènes. La cruauté de l'autorité mongole, notamment en matière pénale, pousse les populations autochtones à fuir vers d'autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie.

Période lituano-polonaise au nord-ouest, turco-tatare au sud-est

Les contours du royaume polono-lituanien avec ses vassaux en 1619 superposé aux frontières actuelles. Rose: Pologne. Rose pâle: Borussie ou Prusse orientale. Vert: Lituanie. Jaune: Livonie. Jaune pâle: Courlande.

Durant le XIVe siècle, les Polonais et les Lituaniens combattirent les Mongols et finalement toute l’Ukraine du nord-ouest passa sous l’autorité de la Pologne-Lituanie, qui annexe Kiev en 1362. Les Tatars se maintiennent dans la steppe pontique au nord de la mer Noire et en Crimée ; toutefois, de 1382 à 1484, le Grand Duché de Lituanie atteignit la mer Noire du côté d’Oçaq (ou Otchakiv, vers l’actuelle Odessa) [7]. La Lituanie prit le contrôle de la Volhynie au nord-ouest de l’Ukraine (y compris les régions autour de Kiev). Quant à la Pologne, elle prit le contrôle de la Galicie ; plus au sud la principauté de Moldavie était sa vassale (plusieurs citadelles et régions alors moldaves sont aujourd’hui ukrainiennes). Dans ces régions du nord-ouest, outre les Ukrainiens que l’on nommait à l’époque Russyns, Ruthènes, le pays comptait des Polonais, des Moldaves, des Allemands, des Arméniens, des Juifs et des Russes. À mesure que les Tatars perdaient du terrain, nombre de villes et villages furent fondés. La noblesse d’Ukraine occidentale fut souvent « polonisée ». La législation polonaise est introduite en Ukraine occidentale en 1434. Si la Pologne mène une politique relativement tolérante vis-à-vis de l’orthodoxie, elle favorise cependant le catholicisme qui progresse dans les territoires occidentaux de l'actuelle Ukraine.

L’influence polonaise pénètre plus lentement dans les territoires relevant du grand-duché de Lituanie. L’orthodoxie y garde sa prédominance. Pourtant, les rapports de force au sein de l’État polono-lituanien tournent à l’avantage des Polonais. L’Union de Lublin (janvier 1569) consacre le triomphe de la Pologne. La Lituanie perd la plus grande partie de ses possessions ukrainiennes ( Podlachie, Volhynie, Podolie, région de Bratslav et de Kiev). La noblesse de ces régions se polonise et se convertit au catholicisme. Une partie du haut-clergé orthodoxe est tentée par le rapprochement avec Rome. Le métropolite de Kiev et une partie du haut-clergé, en réaction contre les interventions réformatrices du patriarche de Constantinople, se rallie à Rome lors du concile de Brešč ( Brest-Litovsk) en 1596. L'Union de l' Église de la Rus' de Kiev avec Rome forma l' Église grecque-catholique ukrainienne faisant partie des uniates.

C’est durant cette domination lituano-polonaise, à partir du XVe siècle, que se formèrent les Cosaques, des paysans ruthènes orthodoxes qui refusaient la servitude et l’assimilation aux Polonais catholiques. Le royaume de Pologne les tolère et les utilise contre les Tatars, puis, à partir du XVIe siècle, contre les Turcs ottomans, devenus suzerains des Tatars de Crimée.

Le clivage entre le nord-ouest, orthodoxe mais d'influence polonaise et lituanienne, c'est-à-dire occidentale, et le sud-est soumis aux Tatars et aux Ottomans, puis conquis et colonisé par l' Empire russe, se retrouve jusqu'à aujourd'hui dans la structure politique du pays : le nord-ouest vote plutôt pour les pro-européens et se méfie de l'influence russe, tandis que le sud-est votre plutôt pour les pro-russes, se méfie de l'influence occidentale (souvent assimilée au fascisme depuis la Seconde Guerre mondiale) et peut même se soulever contre le pouvoir de Kiev lorsque ce dernier se rapproche de l'Ouest [8].

L’État cosaque

Cosaque zaporogue

À la suite de la révolution paysanne anti-féodale (1648-1654), connue dans l'histoire comme Hmelnichina, la partie orientale de l'Ukraine s’émancipe du pouvoir lituanien et se constitue en État autonome de caste cosaque : le Hetmanat cosaque, administré par les chefs cosaques et dirigé par un Hetman élu, est établi et perdure pendant plus d'un siècle malgré la pression des envahisseurs moscovites attirés par les terres riches et fertiles. À la suite du traité d'Androussovo, il est partagé en deux : une partie est placée sous le protectorat de la République des Deux Nations, l'autre sous un protectorat moscovite qui perdure pendant plus d'un siècle. Le territoire des Cosaques Zaporogues de la Sitch est tout d'abord cogéré par les deux souverains.

Articles connexes : Zaporoguie et Ukraine Sloboda.

Les partages entre les empires russe et autrichien

Catherine la Grande, impératrice de Russie, supprime le Hetmanat au milieu du XVIIIe siècle et détruit la Sitch dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Le partage de la Pologne lui permet de récupérer pratiquement toute la rive droite — du Dniepr — à l'exception de la Galicie, passée sous administration de l' Autriche, laquelle deviendra en 1867 l' Empire austro-hongrois. Les grandes steppes incultes du sud — en Nouvelle Russie — sont colonisées par des paysans venus de tout l'Empire, mais aussi d'Allemagne — notamment les mennonites — ou de Hollande, appelés par l'impératrice en échange de privilèges fiscaux. Le port d' Odessa (dont le nom a été choisi d’après celui d’ Ulysse), gouverné au début par le duc de Richelieu, est fondé à cette époque teintée de retour aux sources grecques ( Tauride, Chersonèse).

La flotte russe de la mer Noire dans la rade de Sébastopol en 1846.

La culture ukrainienne connaît une renaissance au milieu du XIXe siècle, en parallèle avec le mouvement régionaliste à la même époque en Europe. Ce mouvement est concentré dans les régions de la Ruthénie, de la Volynie ou de la Podolie et autour de Zaporojié. C'est alors qu'apparaît de plus en plus le terme d'Ukraine — Oukraïna: signifiant « à la marche », terme employé surtout dans la langue ecclésiastique depuis le XVIe siècle — relancé par les intellectuels à la fin du XIXe siècle. Le pouvoir impérial russe officiellement ne connaît pas ce terme d'Ukraine. Il ne forme dans les territoires de l'actuelle Ukraine, comme partout ailleurs dans l'Empire — à l'exception du grand-duché de Finlande traité différemment — que différents gouvernements ou provinces —  gouvernement de Kiev, gouvernement de Tchernigov, gouvernement d'Ekaterinoslav, gouvernement de Kherson, etc. — au sein de plusieurs entités : Petite Russie, Nouvelle Russie (correspondant en partie aux territoires enlevés à l' Empire ottoman), parties de la Bessarabie, etc. En 1876, l'Empire interdit la langue ukrainienne dans les écoles, et la limite dans les journaux et la littérature. Cette limitation provoque en retour une revendication idéologique qui permet de comprendre l'opposition linguistique actuelle. Les différentes formes d'ukrainien ne sont plus parlées que par une frange de la paysannerie et certains cercles cultivés de régionalistes : instituteurs, universitaires, ecclésiastiques.

De grandes villes sont fondées sous l'Empire russe, comme Odessa — port cosmopolite à forte minorité juive — mentionné plus haut et Ekaterinoslav, Sébastopol, etc. qui accueillent des migrants de tout l'Empire, et même d'Europe centrale : de la Pologne autrichienne ou d’Allemagne. En 1892, Kiev compte près d'un demi-million d'habitants. En effet, après l' abolition du servage en 1861, l'industrialisation provoque un exode rural de paysans russes, ukrainiens, ruthènes, etc. dans les nouveaux centres industriels. Le négoce se développe parallèlement avec l'extension du chemin de fer et cette « grande marche vers le sud » et l'ouest.

L’Ukraine indépendante (1917 - Aujourd'hui)

Cartes de l'Ukraine entre 1793 et 1920.
L'Ukraine de 1793 à 1914.
L'Ukraine en 1918.
Les revendications territoriales de la République populaire ukrainienne.
L'Ukraine en mars 1919.
L'Ukraine en novembre 1919.
L'Ukraine en mars 1920.
L'Ukraine en juin 1920.
L'Ukraine en août 1920.
Édition spéciale
Titre : La paix avec l'Ukraine.
La formation territoriale de l'Ukraine moderne.

Après la révolution de Février, qui met fin à l’ Empire en 1917, l'Ukraine est brièvement indépendante jusqu'en 1920, mais la Rada ne parvient pas à contrôler efficacement le territoire, envahi d'abord par les Allemands puis, à leur retrait, devenu champ de bataille entre le Parti bolchevique, les Russes blancs et les forces de la Triple-Entente.

Le 4 (17) mars 1917, la plupart des partis politiques s’accordent pour former la Rada ukrainienne centrale. Le , alors qu'il est toujours à Moscou, Mykhaïlo Hrouchevsky est élu président de la Rada centrale. Sous son impulsion, l'Ukraine proclame son autonomie le 10 (23) juin 1917. En tant que chef de l' USDRP, Volodymyr Vynnytchenko est choisi comme un des deux vice-présidents de la Rada centrale puis comme le premier président du secrétariat général de la Rada centrale du gouvernement autonome de l'Ukraine.

Le 7 (20) novembre 1917, soit treize jours après que le Parti bolchevique russe a renversé le gouvernement social-démocrate de Saint-Pétersbourg — alors capitale de la Russie —, la Rada ukrainienne centrale proclame la république populaire d’Ukraine et sa séparation de la Russie. L'indépendance totale de l'Ukraine est confirmée le et Mykhaïlo Hrouchevsky est élu officiellement « président de la République populaire ukrainienne » le .

Le traité de Brest-Litovsk est signé le entre les Bolcheviks russes, les gouvernements des empires centraux menés par l' Empire allemand et la jeune république populaire d’Ukraine, issue de la révolution de Février, dans la ville du même nom, aujourd’hui Brest en Biélorussie. Les 17-, la république socialiste soviétique d'Ukraine est fondée à l'Est du pays avec pour capitale Kharkov.

Pour combattre l' Armée rouge qui contrôle alors une partie de l’Ukraine, la Rada centrale cherche le soutien des Allemands qui organisent un coup d’État et renversent le gouvernement de Vynnytchenko, mettant à sa place Pavlo Skoropadsky qui, le — soit, le jour même de l'élection de Mykhaïlo Hrouchevsky à la présidence de la république ! —, est proclamé hetman de l’« État ukrainien » : Ukrayinska Derjava. Mais l’ Allemagne perd la Première Guerre mondiale et Skoropadsky, resté sans soutien, est renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le , la république populaire d’Ukraine est rétablie avec Vynnytchenko à sa tête.

La période soviétique

Le drapeau conational de la RSS d'Ukraine.

À la fin de 1918, les Alliés interviennent dans le sud de l'Ukraine pour soutenir les Blancs de Dénikine dans la guerre civile russe. Odessa, Sébastopol et d'autres localités côtières sont occupées par les Français, mais l' intervention tourne court en raison du manque de moyens engagés et de l'hostilité de la population (mars-avril 1919). L'Ukraine est envahie par l' Armée rouge et ramenée dans le giron soviétique. L'ancien « grenier » de l' Empire russe, devenu une république socialiste soviétique, ravitaille les centres urbains soviétiques. Le 30 décembre 1922, l' Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) naît du traité qui réunit la RSFSR, la Biélorussie, l'Ukraine et la Transcaucasie [9]. Dans le conflit qui oppose les communistes du centre (Moscou) et les partis communistes nationaux, c'est le centre qui l'emporte et impose une fédération.

Quand Staline déclenche sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l'Ukraine devient l'une des sources indispensables de son financement. Les années d'industrialisation sont marquées par la construction de ce qui est à l'époque la plus grande centrale hydraulique d' Europe sur le Dniepr (le DnieproGuES), ce qui contribue à l'électrification de la République, ainsi qu'une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass, déjà exploité depuis la fin du XIXe siècle.

Après une brève période d'ukrainisation (campagne dite de korenizatsiya) dans les années 1920, se traduisant par le retour à l'ukrainien dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux, Staline ne ménage pas les efforts pour réprimer le moindre signe d'un réveil nationaliste ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l'intégrité de l'URSS. De plus des oblasts russes, comme celle de Kharkov, sont intégrées à la RSS d'Ukraine pour renforcer le poids des russophones.

Victimes de l' Holodomor à Kharkiv en 1933.

Entre 1931 et 1933, une série de famines et l'intensification de la dékoulakisation frappent l'Union soviétique et ravagent particulièrement l'Ukraine, alors que cette région était la plus fertile de toute l' URSS. Entre 2,6 [10] et 5 millions [11] de personnes meurent des suites de cette famine. De nombreux historiens soutiennent que Staline a utilisé cette famine, voire l'a sciemment provoquée, pour briser la paysannerie et le nationalisme ukrainiens [12], même si la part de responsabilité du régime et ses intentions restent très débattues. Les Ukrainiens l'appellent «  Holodomor » ou « l'extermination par la faim ». Le Parlement européen a reconnu dans une résolution de 2008 l' Holodomor comme un « crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l'humanité » [13]. D'après les adversaires de la thèse du génocide, ces famines qui auraient frappé sans distinction de nationalité sont utilisées parfois aujourd'hui comme instrument idéologique contre le voisin russe, or le peuple russe aurait été victime des mêmes cruautés organisées par le régime soviétique. [réf. nécessaire]

Des exécutions et des déportations de nationalistes ukrainiens sont orchestrées durant les purges staliniennes de 1937-1939 : plusieurs millions d'Ukrainiens sont exécutés ou envoyés vers des camps de travail soviétiques, comme le sont aussi tous les suspects de nationalisme dit « bourgeois », les Russes en premier. En outre, le marxisme-léninisme appliqué par le Kremlin prône l'athéisme d'État et s'attaque aux symboles religieux, détruisant les églises et les cathédrales de toute l' URSS et des millions de croyants en majorité orthodoxes, mais aussi d'autres obédiences chrétiennes, sont envoyés au Goulag. De même l' islam est étouffé.

En septembre et octobre 1939, après l'invasion de la moitié occidentale de la Pologne par les troupes allemandes puis, de sa partie orientale, par les troupes soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne (comme la Galicie et Lwow, aujourd'hui Lviv) sont annexées par l' Union soviétique et incorporées au sein de l'Ukraine occidentale.

Kiev en ruine à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

À l'été 1941, l'Ukraine est envahie par les armées allemandes. À leur arrivée, les Allemands sont reçus en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, surtout par la population de la partie de la Pologne envahie par Staline en 1939 puis intégrée à l'Ukraine. Mais, au fur et à mesure de leur progression vers l'est du pays, et notamment en raison des mauvais traitements infligés à la population [14], les nazis rencontrent une forte résistance de la part de la population locale, laquelle perdure jusqu'au retour des Soviétiques en 1944. En représailles, les Allemands traquent les partisans, et brûlent des centaines de villages et des milliers de maisons avec leurs habitants. La population juive d'Ukraine est anéantie par l'application de la solution finale.

Le , le haut commandement de la Wehrmacht annonce la création de la division SS Galicie constituée de volontaires ukrainiens ; les historiens estiment que plus de 220 000 Ukrainiens se sont engagés aux côtés des forces allemandes durant la Seconde Guerre mondiale pour combattre le régime soviétique ( Polizei, U.V.V., Hiwis ou Waffen-SS).

En 1944, l' Armée rouge libère la plus grande partie de l'Ukraine.

À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million étaient des militaires.

Quant aux indépendantistes — présents essentiellement dans les régions ouest —, ils continuent une résistance locale armée contre l'URSS jusqu'en 1954.

Le , l’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de l' ONU, en y obtenant, en soulignement de son rôle dans la victoire sur le nazisme, avec la Biélorussie, une place distincte de l'URSS. Cette disposition particulière permet à l'Union soviétique de bénéficier de voix supplémentaires dans les votes de l'assemblée générale de l'ONU.

En 1954, le 1er secrétaire du Parti communiste d'Union soviétique, Nikita Khrouchtchev qui a passé sa jeunesse en Ukraine, transfère la péninsule de Crimée à la République soviétique socialiste d'Ukraine pour marquer le 300e anniversaire du traité de Pereïaslav marquant l'union entre la Russie et les provinces formant l'Ukraine d'alors. L'Ukraine est considérée comme un modèle des républiques soviétiques. Notamment, Léonid Brejnev, le principal dirigeant de l'URSS pendant 18 ans entre 1964 et 1982, est d'origine ukrainienne.

La sortie de l'Union soviétique

Accord de Minsk : dislocation de l'URSS, 8 décembre 1991.

C'est seulement vers 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permettent aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, est créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtiennent alors environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le , la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d'Ukraine. C'est le premier pas vers l' indépendance complète de l'Ukraine. Celle-ci est proclamée le et confirmée par le référendum du  : 90,5 % des électeurs votent en faveur de l'indépendance.

Le , la dislocation de l'URSS est actée par l' Accord de Minsk, signé par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse.

L'Ukraine devient l'un des membres fondateurs de la Communauté des États indépendants.

Par le Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, signé le 5 décembre 1994, l'Ukraine abandonne son arsenal nucléaire en échange de la garantie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie de son intégrité territoriale [15].

Crise ukrainienne depuis 2013

Articles détaillés : Crise ukrainienne et Guerre du Donbass.

À la suite du refus du gouvernement Ianoukovytch de signer des accords de rapprochement avec l'Union européenne, le renforcement du mouvement Euromaïdan provoque un renversement du pouvoir.

Très rapidement, la Crimée est rattachée à la Russie après un référendum controversé [16], sans reconnaissance de l'Ukraine et d'une large part de la communauté internationale [b]. Ainsi, le 27 mars 2014, l'Assemblée générale de l'ONU a voté la résolution 68/262  (en) sur « l'intégrité territoriale de l'Ukraine », la majorité des pays condamnant le rattachement de la Crimée à la Russie : 100 pays dont les États-Unis et l'UE [g].

Une guerre civile, dite Guerre du Donbass, éclate ensuite dans l'Est de l'Ukraine majoritairement russophone, qui entraîne plus de neuf mille morts [17], [18], [19], [20].

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