Traduction

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La traduction (dans son acception principale de traduction interlinguale) est le fait de faire passer un texte rédigé dans une langue (« langue source », ou « langue de départ ») dans une autre langue (« langue cible », ou « langue d'arrivée »). Elle met en relation au moins deux langues et deux cultures, et parfois deux époques.

Une traduction (translation en ancien français [1]) représente toujours un texte original (ou « texte source », ou « texte de départ ») ; en cela, elle comporte un certain degré d'équivalence, bien que le concept d'équivalence stricte entre les langues soit désormais dépassé en traductologie. Le concept de traduction repose depuis longtemps sur des dichotomies telles que « fidélité » versus « liberté », « fidélité à la lettre » versus « fidélité à l'esprit », « traduction sourcière » versus « traduction cibliste », etc.

La traduction tient compte d'un certain nombre de paramètres (contexte, grammaire, etc.), afin de se rendre compréhensible pour des personnes n'ayant pas de connaissance de la langue source et n'ayant pas la même culture ou le même bagage de connaissances [2]. Traduire implique maîtriser la langue source mais aussi la langue cible (ou destinataire), qui est généralement la langue maternelle. Le bon traducteur possède plus que des compétences linguistiques : il doit être capable d'analyser le texte, et lui-même posséder des qualités d'écriture. Pour traduire les textes scientifiques et techniques, il doit également posséder de solides connaissances techniques et maîtriser le jargon dans les deux langues.

La traduction est encore essentiellement humaine, mais des outils informatiques de traduction automatique apparaissent ( traduction assistée par ordinateur).

La discipline qui s'intéresse à la traduction se nomme la traductologie.

Rôle de la traduction et des langues dans la circulation des idées et information

Dans l'espace et dans le temps, l'intensité de la communication interculturelle et des échanges interlinguistiques dépend en grande partie de la quantité et qualité des informations traduites d'une langue à l'autre [3], mais l’ Histoire a montré que la circulation et la « notoriété » des idées ne se confondent pas quantitativement avec les langues les plus parlées [4]. En particulier, le nombre de locuteurs d’une langue parlée n’est pas un bon prédicteur de l’aptitude d’un message créé dans cette langue (ou circulant dans cette langue) à être ensuite traduit et à circuler dans le monde entier ; selon le linguiste David Crystal, « ce qui explique qu’une langue devient une langue mondiale a peu à voir avec le nombre de personnes qui la parle, mais beaucoup plus avec « à qui » ces locuteurs parlent » [5]. Le réseau des locuteurs bilingues et des traducteurs [6] a donc une grande importance de ce point de vue.

Depuis le XIXe siècle et avec la globalisation et la réglementation du « droit de propriété intellectuelle » et de traduction, un certain nombre de langues et de cultures sont plus ou moins bien « traduites », voire s’éteignent plus rapidement qu’auparavant ou sont déjà mortes ou oubliées [7] (une langue morte comme le latin peut continuer à être traduite).
Certains auteurs décrivent l'émergence d'un nouveau réseau et système mondial de langages [8], où l’anglais joue un rôle devenu prépondérant et central. L’hégémonie culturo-linguistique de l'anglais pourrait toutefois être peu à peu contenue par l'amélioration et la généralisation des logiciels de traduction automatique sur l'Internet et par l'approche inédite [9] wikimédienne qui encourage et facilite « les traductions et échanges inter-linguistiques dans Wikipédia et ses projets-frères (en 287 langues possibles fin 2013, dont langues dites «  mortes » et espéranto, avec plusieurs grands projets linguistiques bilatéraux).

Analyser la situation relative des langues du monde est longtemps restée impossible faute de données pertinentes, note Mark Davis (président et co-fondateur du Consortium Unicode qui produit des standards d'encodage de caractères pour tous les ordinateurs et interfaces mobiles de la planète utilisant l'écriture) [10], alors que l’on pressent pourtant l’importance de la structure de ce réseau [11] ; il est longtemps resté impossible d’étudier quantitativement la structure du réseau mondial des échanges entre langues mais cela devient plus facile grâce à la constitution de grandes bases de données ouvertes de « lieux » d’échanges mondiaux tels que Wikipédia ou Twitter et alors qu’on connaît de mieux en mieux la proportion des langues parlées sur l’Internet [12].

En 2014, une équipe internationale américano-française [13] a utilisé la Science des réseaux pour créer des cartographies permettant de visualiser comment des informations et des idées circulent dans le monde (selon la langue du message d’origine, selon le PIB moyen des pays où cette langue est parlée [14]), selon la langue des premières traductions et celles qui vont véhiculer l’information ou selon le médium (livre, Wikipédia, Twitter). Pour dresser cette « carte » ces chercheurs ont étudié d’une part les données disponibles sur la traduction littéraire (en se basant sur 2,2 millions de traductions de livres publiés dans plus de 1000 langues) et d’autre part les deux grands réseaux mondiaux d’échanges par le langage [10], [15] que sont :

  1. les tweets bilingues (à partir de l'étude de 550 millions de tweets, de 17 millions d'utilisateurs en 73 langues, retenus pour l’étude), ce qui a été possible grâce à la base de données ouverte et parce qu'elle permet d'associer un tweet à une langue et la personne qui twitte à une ou plusieurs communautés linguisitiques ;
  2. des versions linguistiques différentes de pages Wikipédia (sans tenir compte du travail des robots dans Wikipédia) [10], dont la base de donnée est ouverte ( DBPedia)

L’analyse de ces données montre que :

  • Il existe une importante hiérarchisation des langues d’ « interfacage » dans ce réseau, avec des nuances selon le média étudié.
  • Sans surprise, l’anglais est la plus importante et efficace en termes d’interface entre d’autres langues pour diffuser une idée ou une information dans le monde (il constitue dans le réseau cartographié le hub le plus central). Secondairement, notamment dans Wikipédia, le français, l'allemand, et russe jouent un rôle similaire, puis vient une constellation de « hubs » plus petits avec par exemple l’espagnol, et loin derrière : le tamoul, le portugais ou le chinois, langues peu propices à la diffusion mondiale d’idées bien que parlées par un très grand nombre de gens. À l’opposé de l’anglais (presque partout parlé dans les réseaux mondiaux d’échanges d’idées), le mandarin, l'hindi et l'arabe, bien qu’immensément populaires, sont isolés dans le réseau des échanges entre les langues (ce qui veut dire que les communications dans ces langues atteignent moins les locuteurs d'autres langues, et moins rapidement) [10] ;
  • En termes de nœuds majeurs dans le réseau des échanges informationnels interlangues dans le réseau mondial, les traductions littéraires et le système d’interlangue de Wikipédia (283 langues en 2014) valorisent encore principalement les langues européennes (et le japonais pour les traductions), mais Twitter donne plus d’importance (après l’anglais) à des langues non majeures dans les deux réseaux précédents d’échange (malais, portugais, espagnol, philippin, néerlandais, arabe). Le réseau des traductions littéraires est plus stable et formel. Wikipédia évolue rapidement, mais tout en se structurant, alors que Twitter offre un modèle totalement différent, constitué que de messages courts, très réactifs à l’actualité ;
  • Des locuteurs de langues disparates ou rares gagnent à être indirectement connectés à d’autres langues via un hub (grand ou petit) s’ils veulent que leurs messages circulent dans le monde, alors qu’au sein d’un groupe de langue proches Twitter peut faire circuler des idées (par exemple des Philippines à la zone coréenne via le malais), alors qu’une traduction passant par l’anglais facilitera le passage d’une idée de la langue turque au Malayalam (parlé en Inde par 35 millions de personnes) [10] ;
  • Les personnes ou institutions bilingue ou multilingues apparaissent donc comme des « nœuds » importants dans le réseau de transmission des informations et des idées. Internet et des phénomènes comme wikipédia et Twitter ont amplifié leur rôle de convertisseur de langue, mais leur capacité à faire circuler l’information est restée bien plus importante si l’une des langues qu’elles maîtrisent est l’anglais [10] ;
  • Il existe quelques phénomènes atypiques ou émergents : par exemple le néerlandais n’est parlé que par un « petit » nombre de terriens (27 millions de locuteurs, ce qui est bien moins que l'arabe parlé par environ 530 000 000 locuteurs), mais les néerlandais sont à la fois très multilingue et très actifs en ligne [10] ;
  • Les utilisateurs qu'ils ont étudiés constituent une sorte d’ élite, alphabétisée et « en ligne ». Et bien que ne représentant parfois qu’une petite partie de l’ensemble des locuteurs d'une ou plusieurs langue(s), cette élite a un pouvoir et une responsabilité « disproportionnée » car, volontairement ou non, elle marque de son empreinte (voire de certains biais) les messages qu’elle traduit et relaie vers d’autres langues, peuples et cultures lointaines. C’est tout particulièrement le cas pour les anglophones dont les messages semblent les plus aptes à circuler loin et vite [10] ;
  • L’obstacle à la diffusion de savoirs « extérieurs » que constitue le faible taux de traduction de textes en nombreuses langues vers l’arabe et le monde arabe [10] ;
  • Un pays qui encourage la traduction de nombreux documents vers l’anglais (ou vers l’une des langues qui sont les meilleurs relais) se fera mieux connaître. Le choix d'une seconde langue qui est très bien connectée aux autres langues sur l’Internet des réseaux sociaux et culturels est alors un atout [10] ;
  • Un non-anglophone voulant faire circuler des idées ou avoir accès à des idées nouvelles extérieures à sa culture a intérêt à choisir l'anglais comme seconde ou troisième langue, alors qu’un anglophone devrait choisir l’espagnol, le français, ou l’allemand plutôt que le chinois ou l'hindi, au moins pour la diffusion d’idées diffusées par l’écrit [10].

La transmission culturelle passe aussi par le langage parlé [10], localement et à distance (via le téléphone ou Skype), ce qui pourrait accélérer la diffusion de certaines idées et informations.

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