Tirage quadrichrome au procédé charbon direct

Le tirage quadrichrome au procédé charbon applique à la couleur quadrichromique le procédé du tirage au charbon qu' Alphonse Louis Poitevin a inventé en 1855.

Il fut mis au point par Pierre Fresson en 1952, à partir du procédé charbon-satin qu'avait développé son père [1] pour les tirages monochromes.

Le tirage au charbon utilise la propriété du dichromate de potassium ( JYG) ou d'ammomium ( PB) exposé à la lumière de tanner la gélatine, la rendant insoluble. Au lavage, seule la partie qui n'a pas reçu de lumière se dissout. Il subsiste un petit relief exploité dans les premiers procédés de transmission d'image par téléphone. Si un pigment est aussi incorporé à la gélatine, l'image est visible. Ce pigment n'intervient pas dans la réaction, sauf par la lumière qu'il absorbe. Quand on tire à partir d'un négatif monochrome, on peut choisir ce pigment selon le rendu recherché.

Le procédé en couleurs [2] commence par une décomposition des couleurs de l'image par tirage contact sur plan film monochrome, avec un filtrage Rouge vert bleu qui permet la sélection successive de chacune des trois couleurs complémentaires, et accessoirement des noirs.

Chaque plan film est ensuite tiré par agrandissement sur un papier cartoline préalablement émulsionné avec une couche de gélatine pigments sensibilisés, dans l'ordre suivant :

  1. pigments cyan pour le plan film sélectionné sous filtre rouge
  2. pigments jaune pour le plan film sélectionné sous filtre bleu
  3. pigments magenta pour le plan film sélectionné sous filtre vert
  4. pigments noir de carbone pour le plan film sélectionné sous filtre dense jaune-vert

Entre chaque tirage, le papier est dépouillé puis séché, puis les pigments de la couleur suivante sont couchés et émulsionnés.

À la fin de cette série de quatre tirages, on obtient une épreuve couleur en quadrichromie, les couleurs étant obtenues par synthèse soustractive des couleurs. Ce procédé est proche dans son approche des méthodes d'impression quadrichromes du monde de l'édition, ou de l'impression couleur en photographie numérique. La différence essentielle est qu'il ne nécessite pas de trame, et qu'une succession de tirages photographiques remplace l'encrage.

Jean Réal a tourné un film sur cette technique en 1986. Le Procédé Fresson, produit avec les Rencontres internationales de la photographie d'Arles, le ministère français de la culture et le CNRS, montre, dans l'atelier Fresson, Michel Fresson, Bernard Plossu, Bernard Faucon, Frank Horvat et John Batho.. Michel Fresson y explique l'histoire et la technique de son procédé et effectue des tirages pour Faucon (couleurs) et Plossu (N&B) [3].

Bibliographie

  • Dominique Gaessler, « Michel Fresson », dans : Les grands maîtres du tirage, Éditions Contrejour, 1987, p. 76-86.
  • Jean-Yvon Guilloux, « Le procédé au charbon », Galerie-photo,‎ (lire en ligne).
  • Philippe Berger, « Le procédé au charbon », Galerie-photo,‎ (lire en ligne).
Other Languages