Tigran Petrossian

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Tigran Petrossian
Image illustrative de l'article Tigran Petrossian
Tigran Petrossian lors du tournoi de Bervewijk 1960

Nom de naissance Tigran Vartanovitch Petrossian
Naissance
Tbilissi, RSS de Géorgie
Drapeau de l'URSS  Union soviétique
Décès (à 55 ans)
Moscou, RSFS de Russie
Drapeau de l'URSS  Union soviétique
Nationalité Drapeau  Soviétique
Titre Grand maître international (1952)
Champion du monde 1963–69
Meilleur classement Elo 2645 (juillet 1972)

Tigran Vartanovitch Petrossian (en arménien : Տիգրան Պետրոսյան, en russe : Тигран Вартанович Петросян), est un joueur d' échecs soviétique né le à Tbilissi, RSS de Géorgie ( URSS) de parents arméniens et mort le à Moscou. Il obtint le titre de grand maître international en 1952 et fut le champion du monde d'échecs de 1963 à 1969. Il a remporté quatre fois le titre de champion d'URSS (en 1959, février 1961, octobre 1969 et 1975). Petrossian a fait partie des dix meilleurs joueurs du monde de 1953 à 1980 [1] et était connu pour son faible nombre de défaites (il termina six fois invaincu du championnat d'URSS, quatre fois invaincu lors des tournois interzonaux et ne perdit qu'une partie sur 129 aux olympiades d'échecs).

Biographie et carrière

Famille et débuts aux échecs

Tigran Petrossian naquit à Tbilissi en juin 1929. Son père, qui avait fui la Turquie en 1904, était concierge d'un foyer de l' Armée rouge à Tbilissi et son fils avait parfois l'occasion d'assister aux parties d'échecs que disputaient les officiers qui y résidaient. Ce ne fut qu'à l'âge de 12 ans, dans la section d'échecs du palais des pionniers, que Tigran Petrossian en apprit les règles. Parmi ses premiers livres d'apprentissage figurent un livre de Maizelis, L'Art du sacrifice de Rudolf Spielmann et Mon système d' Aaron Nimzovitch, le théoricien de la prophylaxie. Petrossian en apprit par cœur le contenu qui eut une profonde influence sur son jeu. En 1942, Petrossian battit Salo Flohr lors d'une partie simultanée. La même année, pendant l'automne et l'hiver 1942-1943, il fit la connaissance de David Bronstein qui, réformé par l'armée, était venu à Tbilissi avec Chamkovitch.

Champion d'URSS junior (1945 et 1946)

En 1944, ses parents moururent tous les deux — son père avait 70 ans — et, à 15 ans, tout en continuant d'aller à l'école, Tigran dut prendre différents petits travaux pour nourrir sa sœur (son frère aîné était dans l'armée).

Après la mort de ses parents, Petrossian ne se détourna pourtant pas des échecs. En 1944, il termina neuvième-onzième ex æquo du championnat de Géorgie. Il participa dès 1945 au championnat d'URSS junior qu'il remporta deux fois : il finit premier-troisième ex æquo en 1945 à Léningrad et seul vainqueur en 1946, devant Viktor Kortchnoï, Nikolaï Kroguious et Iivo Neï.

Champion de Géorgie et d'Arménie (1945-1948)

En 1945, Petrossian termina deuxième du championnat de Tbilissi et remporta le titre de champion de Géorgie. L'année suivante, Paul Keres et Vladas Mikenas vinrent participer au championnat de Géorgie et Petrossian finit cinquième du tournoi et deuxième joueur géorgien.

En 1946, Petrossian participa « hors concours » au championnat d'Arménie et termina premier devant Kasparian. Sur la proposition de Kasparian, il déménagea à Erevan en Arménie. À la fin de l'année, il battit Kasparian lors d'un match pour le titre de champion d' Arménie, puis, en 1947 et 1948, il remporta ex æquo avec Kasparian le championnat d'Arménie.

En 1948, Petrossian travaillait comme formateur au club Spartak à Erevan. Il se consacra à l'étude de la théorie et des parties du championnat du monde d'échecs 1948 qui avait lieu à La Haye et Moscou [2]. Il finit deuxième du championnat d'Arménie en mars 1949.

Installation à Moscou (1949)

À partir de 1949, Petrossian s'installa à Moscou pour mieux se préparer pour les championnats d'URSS. Il s'inscrivit au club sportif Spartak de Moscou. Petrossian termina troisième du championnat de Moscou en 1950 et le remporta en 1951, 1956 et 1969.

Championnats d'URSS (1946-1961 et 1969-1983)

Petrossian participa à sa première demi-finale du championnat d'URSS en 1946 (il finit avant-dernier). Lors de sa troisième participation à une demi-finale, en 1949, il se qualifia pour la finale du XVIIe championnat de 1949 où il occupa une modeste seizième place. Lors de sa deuxième finale, en 1950, il termina douzième ex æquo, puis l'année suivante, en 1951, il s'en adjugea la 2e-3e place derrière Kéres, se qualifiant pour le tournoi interzonal de 1952.

En 1952, à 23 ans, grâce à sa performance lors du tournoi interzonal, Petrossian devint le plus jeune grand maître international [3].

En 1962, Paul Keres terminait deuxième du tournoi des candidats remporté par Petrossian. Covainqueur avec Petrossian des tournois de Los Angeles 1963 et Buenos Aires 1964, il remporta les tournois de Zurich 1961 et Bamberg 1968 en devançant Petrossian.

Par la suite, il conquit le titre à quatre reprises :

  • en 1959 à Tbilissi (+8 =11) ;
  • en février 1961 à Moscou (+9 -1 =9), cette finale était un tournoi zonal, qualificatif pour le championnat du monde.

De 1962 à 1968, Petrossian se consacra à la défense de son titre de champion du monde et fut absent des championnats d'URSS. Il ne revint qu'après la perte du titre contre Spassky en 1969 et remporta le titre ;

Petrossian a occupé quatre fois la deuxième place du championnat d'URSS : en 1951, 1958, 1960 et 1973. Joueur très solide, il termina six fois sans perdre une partie : en 1954, 1955, 1958, 1959, 1969 et 1973.

Cycles des candidats et championnats du monde

1951-1959 : premiers tournois des candidats

La 2e-3e place de Petrossian au championnat d'URSS de 1951 le qualifia pour le cycle 1952-1954. Au tournoi interzonal qui se tint en 1952 à Stockholm, il obtint la 2e-3e place (+7 =13) et le droit de participer au tournoi des candidats suivant. Il entamait avec ce premier succès une carrière exceptionnelle au plus haut niveau qui devait durer trente ans. À Zurich en 1953, il était le plus jeune participant et fut devancé par des joueurs bien plus expérimentés que lui. Il termina à une honorable cinquième place avec quinze points sur vingt-huit possibles (+6 -4 =18).

En 1955, Tigran Petrossian finit 3e-6e du championnat d'URSS et se qualifia pour le cycle 1955-1957. En 1955, il se classa quatrième du tournoi interzonal de Göteborg (+5 =15) et se qualifia pour le tournoi des candidats de 1956. En 1956, à Amsterdam, il subit ses deux seules défaites contre des joueurs qui se situaient derrière lui au classement. Avec +3 -2 =13, il occupa la 3e-7e place.

Petrossian à Oberhausen en 1961

En 1958, Petrossian termina deuxième du championnat d'URSS et se qualifia pour le cycle 1958-1960. À Portorož en 1958, sa 3e-4e place (+6 -1 =13) l'emmena vers le tournoi des candidats disputé l'année suivante. Le tournoi des candidats de 1959, disputé en YougoslavieBled, Zagreb et Belgrade), se jouait en quatre tours, chaque joueur disputant quatre parties contre chacun des autres participants. Petrossian se classa troisième avec 15½ points sur 28. Il marqua

1961-1963 : vainqueur du tournoi des candidats et du championnat du monde

En 1961, Petrossian remporta le championnat d'URSS et se qualifia pour le cycle 1961-1963. En 1962, à l'interzonal Stockholm, il finit 2e-3e (+8 =14) et put aller à Curaçao défendre ses chances de rencontrer le champion du monde Mikhail Botvinnik. Il ne laissa pas passer sa chance en 1962 : au tournoi de Curaçao qui se déroulait sur quatre tours, chaque joueur rencontrait les sept autres joueurs quatre fois. Il finit premier avec 17½ points sur 27, sans perdre une partie, après avoir dominé Bobby Fischer (+1 –0 =3), Viktor Kortchnoï (+2 –0 =2), Pal Benko (+1 –0 =3), Mikhaïl Tal (+2 –0 =1) et Miroslav Filip (+2 –0 =2) et annulé toutes ses parties contre Paul Keres et Efim Geller (+0 –0 =4). Cette première place lui donnait le droit de rencontrer enfin Mikhaïl Botvinnik qui, malgré deux brèves interruptions en 1957 et 1960, dominait le championnat du monde des échecs depuis quinze ans. Le tournoi de Curaçao fut le dernier de ce type : à cause du soupçon de collusion entre Petrossian, Keres et Geller (ils annulèrent les douze parties disputées entre eux) qui fut émis par Fischer après le tournoi, cette formule de tournoi quadruple ronde fut à partir de 1965 remplacée par des matchs à élimination directe entre les candidats.

En 1963, après sa victoire au tournoi des candidats de Curaçao, Petrossian fut confronté à Mikhail Botvinnik à Moscou. Après un début de match équilibré, puisque les deux joueurs étaient toujours à égalité après quatorze parties (+2 -2 =10), la perte de la quinzième entraîna le découragement de Botvinnik devant le jeu patient et défensif de Petrossian. Le champion du monde ne put plus remporter une seule victoire et dut s'incliner à la suite de la vingt-deuxième partie. Petrossian devenait le neuvième champion du monde (+5 -2 =15).

Matchs contre Spassky (1966 et 1969)

En 1964, la Fédération internationale des échecs abrogea le droit du champion du monde déchu (Botvinnik) à un match-revanche et Tigran Petrossian conserva son titre jusqu'à ce qu'un nouveau candidat se présentât contre lui.

En 1966 à Moscou, Boris Spassky, qui était sorti vainqueur du cycle des candidats, vint lui contester le titre. Petrossian prit très tôt l'avantage, puis il attendit la faute de Spassky, se contentant de nulles. Ce ne fut qu'à l'issue de la vingt-quatrième et dernière partie que l'on sut qu'il l'avait emporté. Petrossian conserva son titre sur le score de 12,5 à 11,5 (+4 –3 =17).

Pour Spassky, la revanche se présenta en 1969, toujours à Moscou. A nouveau candidat, il vint à bout de la résistance du champion du monde après la vingt-troisième partie du match et Petrossian dut remettre sa couronne : 10,5 à 12,5 (+4 -6 =13).

Finaliste des candidats (1971)

Tigran Petrossian en 1973

Après la perte de son titre de champion du monde en 1969, Petrossian dut participer à la nouvelle organisation du cycle des candidats. Le tournoi des candidats avait été remplacé en 1965 par des matchs éliminatoires. Qualifié d'office pour les matchs des candidats par son statut de champion du monde sortant, il n'eut pas à disputer le tournoi interzonal de Palma de Majorque en 1970.

En 1971, en quart de finale du tournoi des candidats, il élimina Robert Hübner (+1 =6). Ce match devait aller jusqu'à la dixième partie, mais après sa première défaite Hübner abandonna. La raison qu'il invoqua fut que la salle de jeu était très bruyante, ce qui gênait sa réflexion tandis que Petrossian, qui souffrait de surdité, n'était, pour sa part, nullement dérangé par le bruit ambiant. Puis, Petrossian rencontra Viktor Kortchnoï en demi-finale : après huit parties nulles, il gagna le match (+1 =9). En finale des candidats, il affrontait le favori, Bobby Fischer. Petrossian effectua une nouveauté dans l'ouverture dès la première partie, mais Bobby Fischer trouva les meilleures réponses. Puis survint une panne de courant qui déstabilisa Petrossian et Fischer gagna la partie. Lors de la deuxième partie, l'ancien champion du monde l'emporta brillamment, puis lors de la troisième partie, Petrossian qui avait une position gagnante répéta trois fois la même position et la partie fut déclarée nulle. Après deux nulles dans les quatrième et cinquième parties, Fischer, qui était revenu dans le match, remporta quatre parties d'affilée et le match (+1 -5 =3).

1974, 1977 et 1980 : éliminé en matchs des candidats par Kortchnoï

Sa position de finaliste des matchs des candidats du cycle 1969 - 1972 dispensa Petrossian de jouer dans l'un des deux tournois interzonaux ( Leningrad ou Petropolis) de 1973. En 1974, le quart de finale des candidats l'opposa à Lajos Portisch qu'il élimina (+3 -2 =8). Puis il rencontra Viktor Kortchnoï pour la deuxième fois en demi-finale, dans un match émaillé d'incidents entre les deux joueurs. Le match se jouait en quatre parties gagnantes, mais Petrossian abandonna après sa troisième défaite (+1 -3 =1).

Petrossian (à droite) lors du tournoi interzonal de 1979.

Lors du cycle suivant ( 1976-1978), Petrossian dut disputer le tournoi interzonal de Bienne en 1976. Il y termina 2e-4e (+6 -1 =12) et se qualifia cette fois encore pour les matchs des candidats après un tournoi de départage triangulaire contre Lajos Portisch (+1 =3) et Mikhaïl Tal (=4) qui fut éliminé. En 1977, Petrossian fut éliminé dès les quarts de finale par Viktor Kortchnoï (+1 -2 =9).

Lors du cycle 1979-1980, Tigran Petrossian dut à nouveau disputer un tournoi interzonal. À Rio de Janeiro en 1979, il termina 1er-3e (+6 =11) ce qui lui assura l'accès à la phase finale de la course au titre de champion du monde. En 1980, le scénario de 1977 se répéta et, en quarts de finale, il fut à nouveau dominé par son vieil ennemi Viktor Kortchnoï (+0 -2 =7).

1982 : dernier tournoi interzonal

En 1982, Petrossian disputa à nouveau un tournoi interzonal. Pour sa dernière apparition et pour la première fois depuis 1952, il ne réussit pas à se qualifier pour les matchs des candidats. Sa 4e-5e place du tournoi interzonal de Las Palmas le laissa à la porte des matchs des candidats : seuls les deux premiers (Zoltan Ribli et Vassily Smyslov) étaient qualifiés.

Maladie

Petrossian en 1975.

Petrossian mourut à Moscou d'un cancer de l'estomac en 1984 à l'âge de 55 ans. Bien qu'il ne fût pas né en Arménie et n'y habitât jamais durablement, Petrossian y était considéré comme un héros national. Il est enterré au cimetière arménien de Moscou.

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