Thomas Paine

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Thomas Paine
Description de l'image Thomas Paine rev1.jpg.
Naissance
Thetford, Grande-Bretagne
Décès
New York, États-Unis
NationalitéBritannique
Américaine
Française

Compléments

Thomas Paine Signature.svg

Thomas Paine, né le à Thetford en Grande-Bretagne et mort le à New York aux États-Unis, est un intellectuel, pamphlétaire, révolutionnaire britannique, américain et français. Il est connu pour son engagement durant la révolution américaine en faveur de l'indépendance des treize colonies britanniques en Amérique du Nord. Il a exposé ses positions dans un célèbre pamphlet intitulé Le Sens commun, publié quelques mois avant la signature de la Déclaration d’indépendance américaine en 1776.

Ses écrits, parmi lesquels figure Rights of Man (1791), ont également exercé une grande influence sur les acteurs de la Révolution française : il est élu député à l’assemblée nationale en 1792. Considéré par les Montagnards comme un allié des Girondins, il est progressivement mis à l’écart, notamment par Robespierre, puis emprisonné en décembre 1793.

Après la Terreur, il est relâché et connaît un certain succès grâce à son livre Le Siècle de la raison (The Age of Reason, 1793-1794) qui analyse le christianisme et milite en faveur du déisme. Dans Agrarian Justice (1795)[1], il analyse les origines du droit de propriété et introduit le concept de revenu de base ou universel, proche du revenu minimum.

Thomas Paine resta en France jusqu’en 1802, période pendant laquelle il critique l’ascension de Napoléon Bonaparte, qualifiant le Premier consul de « charlatan le plus parfait qui eût jamais existé »[2]. Sur l’invitation du président Thomas Jefferson, il revient aux États-Unis où il meurt en 1809 à 72 ans.

Biographie

Débuts en Grande-Bretagne

Maison de Thomas Paine à Lewes.
Statue de Thomas Paine à Thetford (Norfolk).

Thomas Paine est né en 1737 à Thetford, une bourgade du Norfolk en Angleterre. Son père, Joseph Paine, est quaker et sa mère, Frances Cocke Paine, anglicane. Il grandit dans un milieu rural modeste[3] et quitte l'école à l'âge de douze ans. Sa formation intellectuelle est donc celle d'un autodidacte. Il devient alors apprenti auprès de son père. Il travaille quelque temps comme marchand, puis ouvre une boutique de corsets à Sandwich dans le Kent. Il épouse Mary Lambert le et son commerce fait faillite peu de temps après. Son épouse meurt alors qu'elle est enceinte. Il exerce ensuite plusieurs métiers et déménage souvent (Thetford, Gantham, Alford, Diss, Kensington, Moorfields, Grampound).

En 1767, il exerce la profession de maître d’école à Londres. En 1768, il se fixe à Lewes dans un hôtel du XVe siècle. Le , il épouse, à l’âge de 34 ans, Elizabeth Ollive, la fille de son propriétaire. En 1772, il publie son premier écrit politique The Case of the Officers of Excise, un pamphlet de 21 pages qu’il distribue aux membres du Parlement. Endetté, séparé de son épouse, il rencontre à Londres en septembre 1774 Benjamin Franklin qui le convainc de partir pour les Treize colonies et lui écrit une lettre de recommandation. Il quitte l’Angleterre en octobre et attrape le typhus pendant la traversée de l’Atlantique.

En Amérique

Grâce à la lettre de recommandation de Franklin, le libraire Robert Aitken l'engage pour collaborer au lancement du Pennsylvania Magazine[4], journal dont il devient ensuite le rédacteur en chef. Le , il prend parti pour les insurgents américains. Son pamphlet Common Sense (publié anonymement en janvier 1776) remporte un vif succès (environ 500 000 exemplaires en Amérique et en Europe[5]). Il s’agit d’un plaidoyer en faveur de la rupture avec la Grande-Bretagne et l’établissement d’une République. Il aurait inspiré George Washington, Benjamin Rush et John Adams. Aucun autre pamphlet de cette époque ne souleva autant d’enthousiasme parmi les patriotes et d’opposition de la part des loyalistes[6], notamment par James Chalmers. Le Sens commun est souvent considéré comme l’un des déclencheurs de la révolution américaine[3]. Sa forme simple et son style concis et clair en ont fait une arme efficace de propagande[7]. Thomas Paine pense que la révolution américaine aboutira à « la naissance d’un monde nouveau[3]. » Il voit dans le gouvernement un mal nécessaire destiné à brider les vices humains. Mais pour un peuple vertueux comme est le peuple américain, des institutions peu importantes doivent suffire. Il pense que des institutions trop sophistiquées entraveraient la réalisation du bien public[8].

En avril 1776, il quitte la direction du magazine pour se consacrer à répondre aux critiques contre le Common Sense. Il envoie quatre lettres aux journaux de Philadelphie sous le pseudonyme de Le Forestier. Dans la troisième publiée par le Pennsylvania Packet le 22 avril 1776, il montre aux Américains tous les avantages d'être indépendants. L'indépendance procurera le bonheur aux Américains car « c'est une feuille blanche à remplir[9]. » Les Américains sont pour lui un peuple libre et vertueux qui peut s'affranchir du passé. L'idée d'indépendance devient le moyen d'accéder à une vie fondée sur la vertu, idéal suprême de bien des patriotes[9].

Dans The American Crisis (1776-1783), une série de pamphlets dans le prolongement du Sens commun, Thomas Paine encourageait les Américains à résister et à continuer la guerre contre la monarchie anglaise. Le commandant de l’Armée continentale, George Washington, ordonna la lecture de ces pamphlets aux soldats pour leur donner du courage[10]. Thomas Paine assura quelque temps la charge de Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères aux États-Unis[3] ; il fut démis de cette fonction parce qu’il avait évoqué les négociations secrètes avec la France dans l’un de ses pamphlets. Cependant, il accompagna John Laurens pendant sa mission en France en 1781. En récompense de ses services, l’État de New York donna à Thomas Paine un domaine à New Rochelle, New York. Il fut également rétribué par la Pennsylvanie et le Congrès américain.

Retour en Grande-Bretagne

Revenu en Grande-Bretagne en 1787, il salue avec enthousiasme la Révolution française et, en réplique aux attaques d’Edmund Burke contre celle-ci dans Réflexions sur la Révolution de France, il achève Rights of Man le (publié en 1791-1792), dans lequel il critique la monarchie britannique et propose une réforme de l’impôt. Il est condamné en 1792 et contraint de s’exiler en France[3].

En France

Plaque au no 10, rue de l'Odéon où Paine habita de 1797 à 1802.

Il s’enthousiasme pour la Révolution française et s’engage en faveur de la République. Thomas Paine est proclamé citoyen français[11] le 26 août 1792 et élu député du Pas-de-Calais à la Convention le [3]. Lors du procès de Louis XVI (janvier 1793), il ne vote pas la mort, proposant qu’il soit exilé aux États-Unis, pour deux raisons : Louis XVI a aidé les Insurgents pendant la guerre d’indépendance ; lui-même est opposé à la peine de mort.

Proche des Girondins, d’origine anglaise, alors que l'Angleterre est en guerre contre la France, il est victime de la Terreur ; il est incarcéré le [3] ; durant son séjour en prison, il achève la rédaction du Siècle de la raison, livre dans lequel il exprime sa profession de foi déiste. Il se défend d’être Anglais et en appelle à l’ambassadeur américain Gouverneur Morris, qui ne fait cependant rien pour le faire libérer. Par la suite, Thomas Paine reprochera aussi à George Washington de ne pas être intervenu en sa faveur. Il échappe malgré tout à l'échafaud et est libéré en octobre 1794, après la chute de Robespierre.

En juillet 1795, Thomas Paine est réadmis à la Convention et participe donc aux débats sur la nouvelle Constitution, à l'origine du Directoire ; il est le seul député à s'élever contre le conservatisme du texte, notamment sur la question de la création d'une citoyenneté très restrictive[12].

Lors de l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte en 1799, il espère que celui-ci va diffuser les idéaux révolutionnaires en Europe, notamment dans son pays natal[3]. Mais il déchante en constatant que le Premier consul établit un régime autoritaire.

Paine demeure en France jusqu'à la signature avec l’Angleterre de la paix d'Amiens (25 mars 1802), ce qui lui permet de quitter la France pour rejoindre les États-Unis, à l’invitation de Thomas Jefferson.

Retour aux États-Unis

Monument à Thomas Paine, à New Rochelle.

En 1802, Thomas Paine débarque dans un pays agité par les conflits politiques entre fédéralistes et républicains, et dans un contexte de Grand Réveil religieux (Second Great Awakening). Il est attaqué par les fédéralistes qui lui reprochent sa participation à la Révolution française et son amitié avec Thomas Jefferson. Les religieux condamnent les thèses qu’il a développées dans le Siècle de la Raison. En 1804, il collabore à un journal déiste publié à New York[3]. Progressivement isolé, accusé d’athéisme et de radicalisme, Thomas Paine meurt seul dans la pauvreté[3], à l’âge de 72 ans, le 8 juin 1809 à Greenwich Village (New York). Le bâtiment n’existe plus, mais une plaque rappelle que Thomas Paine est mort au 59 Grove Street. Seules six personnes assistèrent à ses funérailles, dont deux Noirs affranchis. Quelques années plus tard, William Cobbett déterra ses restes et les envoya en Angleterre. Mais ils ne trouvèrent jamais de sépulture et restèrent en possession de Cobbett pendant une vingtaine d’années. On ne sait pas exactement où se trouve sa dépouille aujourd’hui.

Une chanson écrite par Bob Dylan en 1967, intitulée As I Went Out One Morning et parue dans l'album John Wesley Harding, fait référence à « Tom » Paine.

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