Thaïlande

Royaume de Thaïlande

ประเทศไทย (th)

Prathet Thai  (th)

Drapeau
Drapeau de la Thaïlande
Blason
Armoiries de la Thaïlande
Hymne national Phleng Chat
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
dictature militaire
Roi Rama X
Premier ministre Prayut Chan-o-cha
Langues officielles Thaï
Capitale Bangkok

13° 45′ N, 100° 31′ E

Géographie
Plus grande ville Bangkok
Superficie totale 514 000  km2
( classé 50e)
Superficie en eau 0,4 %
Fuseau horaire UTC +7
Histoire
Royaume de Lavo 450
Royaume de Siam 1350
Monarchie constitutionnelle
Démographie
Gentilé Thaïlandais
Population totale (juillet 2015 est.) 67 976 405 [1] hab.
( classé 21e)
Densité 132,2 hab./km2
Économie
IDH ( 2013) 0,690 (moyen) ( 103e)
Monnaie Baht ( THB​)
Divers
Code ISO 3166-1 THA, TH​
Domaine Internet .th
Indicatif téléphonique +66

La Thaïlande, en forme longue le Royaume de Thaïlande, en thaï Prathet Thaï [2], ประเทศไทย ou Ratcha Anachak Thai, ราชอาณาจักรไทย, est un pays d’ Asie du Sud-Est dont le territoire couvre 514 000 km2. Avant 1939, il s’appelait le Royaume de Siam. Il est bordé à l’ouest et au nord-ouest par la Birmanie, au sud par la Malaisie, à l’est par le Cambodge et au nord-est par le Laos. Sa capitale est Krung Thep (กรุงเทพฯ, la Cité des anges), également appelée Bangkok. La langue officielle est le thaï et la monnaie le baht. C’est une monarchie constitutionnelle depuis 1932 dans laquelle le roi est officiellement titré Chef de l'État, Chef des Forces armées, partisan de la religion bouddhiste et défenseur de toutes les confessions. Sur un plan politique, la Thaïlande a connu 19 coups d'État tentés ou réussis par l'armée depuis 1932, le dernier en date ayant eu lieu le 22 mai 2014. Depuis 1946, plusieurs générations de thaïlandais n'ont connu qu'un souverain, Bhumibol Adulyadej (Rama IX), dont le règne a duré soixante-dix ans, jusqu'à sa mort le 13 octobre 2016.

Le pays est classé 51e pays par ordre de superficie (514 000 km2) et 21e pays le plus peuplé du monde avec 66 720 153 personnes en 2016, une superficie et un nombre d'habitants très proches de ceux de la France métropolitaine. Environ 75 % de la population sont d'ethnie thaïe, 14 % sont des Chinois, et 3 % sont malais [3], le reste étant composé de groupes minoritaires : les Môns, les Khmers et les diverses tribus des collines. La religion principale est le bouddhisme, pratiquée par environ 95 % des Thaïlandais.

La Thaïlande a connu une croissance économique rapide entre 1985 et 1995. C'est un des nouveaux pays industrialisés, comptant parmi les Tigres asiatiques. Son économie repose notamment sur le tourisme, avec des destinations touristiques bien connues comme la région de Chiang Mai, le parc d' Ayutthaya, la station balnéaire de Pattaya, la capitale Bangkok, les provinces méridionales de Phuket, de Phang Nga, de Krabi et de nombreuses îles dans le Golfe de Thaïlande et dans la Mer d'Andaman, comme celles de Koh Samui et de Koh Phi Phi. Les exportations contribuent aussi de manière significative à l'économie [4]. Il y a environ 2,2 millions d'immigrés légaux et illégaux en Thaïlande [5], plus un certain nombre d' expatriés des pays occidentaux [6].

Histoire

De nombreux royaumes, principautés ou empires se partagent le pays dans une histoire imbriquée, les invasions et dominations étrangères se perpétuant jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Résumé chronologique :

Le 24 juin 1932, une révolution de palais, qui dura 3 heures, met fin à la monarchie absolue. La « révolution de 1932 », comme elle est nommée, a été menée par un groupe d’une centaine de personnes, le « parti du peuple », composé à part égale d’officiers commandés par Luang Plaek Phibunsongkhram et de civils dirigés par Pridi [7].

Comme les autres pays asiatiques, la Thaïlande bénéficie au début des années 1990 d'un afflux massif de capitaux étrangers [8] qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l'économie de la Thaïlande et de ces pays [9].

Les provinces touristiques du sud du pays sont ravagées par le tsunami du 26 décembre 2004.

Histoire récente et politique

Le Royaume de Siam est devenu une monarchie constitutionnelle en 1932, six ans avant de devenir la Thaïlande. Depuis lors, l'équilibre entre le pouvoir royal, l'armée et le camp démocratique reste précaire, et ce sont ainsi pas moins de 20 coups d'État qui ont été tentés ou réussis par les forces armées [10]. D'une façon générale, au cours des années 2000 et 2010, un camp dénommé les « chemises jaunes » s'oppose aux « chemises rouges ». Les premières rassemblent surtout une élite urbaine, conservatrice, hostile à la démocratie dite “à l’occidentale” et fervente partisane de la monarchie. Elles soutiennent le Parti démocrate et l'armée. Les secondes représentent essentiellement les classes les moins aisées, séduites par les mesures de lutte contre la pauvreté. Favorables au maintien de la démocratie et de moins en moins favorables à la monarchie, elles soutiennent le parti Thai rak Thai devenu en 2008 le Pheu Thai dominé par la famille Shinawatra et qui remporte toutes les élections depuis 2001 [10]

Un coup d'État a eu lieu le 19 septembre 2006, alors que le Premier ministre Thaksin Shinawatra était à New York, à l’occasion de l'Assemblée générale des Nations unies. L'armée a pris le pouvoir. Moins d'une semaine après la prise de pouvoir, l'armée déclare l'« état d’urgence généralisé ». Dès lors, celui-ci se retrouve appliqué à l'ensemble du pays et non plus seulement aux trois provinces musulmanes du sud.

Des blindés ont entouré les bureaux du gouvernement à Bangkok et les militaires ont pris le contrôle des chaînes de télévision, avant d'annoncer l'instauration d'une autorité provisoire fidèle au roi de Thaïlande. Le premier ministre Thaksin Shinawatra déchu s'est réfugié à Londres où il possède une résidence secondaire. Surayud Chulanont, ancien commandant en chef de l'armée, a été investi en qualité de premier ministre par le roi de Thaïlande. Si son gouvernement ne comporte que deux anciens militaires, sur vingt-six ministres, il est sous le contrôle absolu des généraux de l'état-major. Le gouvernement provisoire a soumis au référendum un projet de Constitution anti-démocratique visant à limiter le pouvoir des élus au profit de l’armée. Approuvé à hauteur de 56,69 %, il a mené à la tenue d’élections législatives pour le 23 décembre 2007 à la suite desquelles le Parti du pouvoir du peuple (PPP), issu du Thai rak Thai de Thaksin a obtenu 232 sièges sur 480, à la déception des putschistes. Samak Sundaravej, chef du PPP, a été élu Premier ministre par les députés (contre Abhisit Vejjajiva, le leader du Parti démocrate soutenu par les généraux), a formé un gouvernement. Le 18 décembre 2008, un gouvernement dominé par le Parti démocrate et soutenu par les généraux a été désigné par le Parlement avec Abhisit Vejjajiva comme Premier ministre.

Les luttes entre les « jaunes » et les « rouges » (partis politiques majeurs) bloquent le pays et en particulier la capitale de 15 millions d'habitants, Bangkok pendant des mois en 2010 et entre 2013 et 2015, avec de très fortes manifestations de rue et des violences [11].

En juillet 2011, la sœur cadette de Thaksin, Yingluck Shinawatra, a été élue avec une majorité écrasante. Elle est la première femme qui est devenue premier ministre en Thaïlande. Elle a été destituée le 7 mai 2014 par la Cour constitutionnelle de Thaïlande, sous la pression de la junte militaire dirigée par le général Prayuth Chan-ocha.

Le 23 janvier 2015, le gouvernement formé par la junte militaire a condamné Yingluck Shinawatra à 5 ans d'inéligibilité prétextant son plan de subvention coûteux aux riziculteurs. Le 20 mai 2014, l'armée instaure la loi martiale et la censure sur le territoire thaïlandais. Le coup d'État intervient le 22 mai par la voix du général Prayuth Chan-ocha, lorsqu'il annonce que les forces armées prennent le pouvoir « Pour que le pays revienne à la normale » et afin de « restaurer l'ordre et lancer des réformes » [12].

Les 20 coups d'État qui ont frappé la Thaïlande depuis la Révolution de 1932 qui avait instauré la démocratie, ont permis à la royauté de reprendre une grande part de son pouvoir perdu. La mesure la plus significative a été la restauration du «  crime de lèse-majesté », lequel permet au pouvoir de condamner un opposant politique, un journaliste, ou quiconque, sur la simple accusation d'atteinte à l'image du roi ou de son entourage. Toute critique à l'égard du Chef du gouvernement auto-proclamé Prayuth Chan-ocha, de sa politique ou de ses proches est considérée, par ricochet, comme une atteinte au roi, et est punissable de 3 à 15 ans de prison [réf. nécessaire].

Cette mesure avait permis l'emprisonnement de nombreux opposants durant la période trouble des 5 années qui avaient suivi l'éviction du Premier ministre Thaksin Shinawatra par le coup d'État de septembre 2006. La dictature au pouvoir organise aujourd'hui une lutte acharnée et féroce à toute forme d'opposition, et a déjà bloqué des milliers de sites internet sur son territoire.

Conflit dans le Sud de la Thaïlande

Les provinces du sud, l’ancien royaume de Patani, sont majoritairement musulmanes et secouées par des violences interreligieuses et séparatistes depuis les années 1970. Entre janvier 2004 et juin 2009, ces tensions ont fait 3 700 morts [13]. 87 musulmans sont morts le 25 octobre 2004 après une manifestation dans la province de Narathiwat (« massacre de Tak Bai »). Six mois plus tôt, au cours de la tuerie de la mosquée de Krue Se, 32 « rebelles » avaient été tués par les forces de l’ordre. En représailles, un bouddhiste a été décapité.

Le , le gouvernement thaïlandais impose l’état d’urgence dans le sud du pays pour rétablir la sécurité : des « rebelles » lancent des cocktails Molotov sur les bâtiments publics et des bonzes sont assassinés. Le , une série d’attentats et d’incendies fait quatre morts et 49 blessés dans les provinces méridionales [14].

Le , une série d’attentats fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés dans la ville de Yala [15].

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