Tadjikistan

République du Tadjikistan

Ҷумҳурии Тоҷикистон (tg)

Jumhurii Tojikiston (tg)

Drapeau
Drapeau du Tadjikistan.
Blason
Armoiries du Tadjikistan.
Description de l'image Tajikistan (orthographic projection).svg.
Devise nationale aucune
Hymne national Surudi milli
Administration
Forme de l'État République
Président Emomalii Rahmon
Premier ministre Kokhir Rasulzoda
Langues officielles Tadjik, russe (langue de communication interethnique)
Capitale Douchanbé

38°33′N, 68°48′E

Géographie
Plus grande ville Douchanbé
Superficie totale 143 100 km2
( classé 96e)
Superficie en eau 0,3 %
Fuseau horaire UTC +5
Histoire
Indépendance  
Fin de l' URSS
Démographie
Gentilé Tadjik
Population totale (2016) 8 330 946 [1] hab.
( classé 98e)
Densité 58,2 hab./km2
Économie
IDH ( 2006) en diminution 0,684 (moyen  ; 124e)
Monnaie Somoni ( TJS​)
Divers
Code ISO 3166-1 TJK, TJ​
Domaine Internet .tj
Indicatif téléphonique +992

Le Tadjikistan, en forme longue la république du Tadjikistan ou la république de Tadjikistan, en tadjik Tojikiston, Тоҷикистон et Jumhurii Tojikiston, Ҷумҳурии Тоҷикистон, est un pays montagneux d' Asie centrale, sans accès à la mer. Sa capitale est Douchanbé. Il est limitrophe de l' Afghanistan au sud, de la Chine à l'est, du Kirghizistan au nord et de l' Ouzbékistan à l'ouest. C'est le seul État issu de l'ancienne Asie centrale soviétique où la langue dominante n'est pas une langue turque mais iranienne, le tadjik. Les Tadjiks, qui forment le groupe ethnique majoritaire (80 % de la population [1]), appartiennent à la famille des peuples iraniens.

Les frontières actuelles du Tadjikistan remontent à la création de la République socialiste soviétique du Tadjikistan en 1929 au sein de l' Union soviétique, par séparation de la République autonome du Tadjikistan initialement créée au sein de la RSS d'Ouzbékistan. L' éclatement de l'URSS en 1991 entraîna la naissance d'un État tadjik indépendant, à l'instar de toutes les autres RSS. La guerre civile qui s'ensuivit dura de 1992 jusqu'en 1997. Aujourd'hui encore, les conséquences en sont sensibles, et le Tadjikistan reste l'État le plus pauvre de l'ex-URSS, malgré une croissance soutenue et des richesses naturelles importantes mais encore peu exploitées (potentiels hydroélectrique, agricole, touristique).

Histoire

Article détaillé : Histoire du Tadjikistan.

Antiquité

Dans l' Antiquité, le territoire de l'actuel Tadjikistan appartint aux principaux empires qui se succédèrent entre le Moyen-Orient, l'Asie centrale et l' Inde, tels la Perse achéménide, l'empire d' Alexandre le Grand, ses successeurs séleucides, puis le royaume gréco-bactrien. Comme dans toute l'Asie centrale, les influences culturelles et religieuses furent multiples, entre le zoroastrisme persan, les cultes hellénistiques, ou le bouddhisme venu d'Inde ou de Chine. Au Ier siècle de notre ère, ce territoire fut absorbé dans l' Empire kouchan ; au e siècle, il était sous la domination des Hephtalites ou Shvetahûna. Ces nomades furent eux-mêmes remplacés par des groupes turcs, avant que les invasions arabes, au e siècle, n'entraînent la conversion de la majeure partie de la population à l' islam.

Les Samanides

Monument à Ismoïl Samani, à Douchanbé.

L'empire des Samanides fut le premier État persan indépendant à se reformer après la conquête de la région par les Arabes. Fondé par Ismoïl Samani, d'où son nom, il avait pour capitale la ville de Boukhara, dans l'actuel Ouzbékistan, et s'étendait du Khorasan, en Iran, aux limites orientales du Tadjikistan et de l'Afghanistan. Les Tadjiks considèrent cet empire comme leur première structure étatique, d'où ils tirent le nom de leur monnaie, le somoni. La culture tadjike, ou persane d'Asie centrale, se développa dans les florissantes cités de Boukhara et Samarcande : en témoignent les poètes Rudaki et Ferdowsî ou le philosophe et savant Avicenne.

L'État samanide succomba en 999 aux assauts des tribus turques d'Asie centrale, notamment les Qarakhanides. Les siècles suivants, la région subit les conquêtes de Gengis Khan et Tamerlan, puis se stabilisa sous la domination du khanat de Boukhara, gouverné par des dynasties turco-ouzbèkes. Les montagnes tadjiks, notamment le Pamir, étaient fréquemment traversées par les caravanes de la route de la soie, dont l'expédition de Marco Polo. La langue et la culture persanes continuaient de dominer les cités d'Asie centrale malgré la domination politique turque, contribuant à préserver l'identité ethnique tadjike, comme on appelait désormais les Persans de cette région.

Colonisation russe

La deuxième moitié du XIXe siècle vit le Tadjikistan, avec le reste de l'Asie centrale, entrer dans le cadre du Grand Jeu, la rivalité coloniale entre les empires russe et britannique. Dès 1868, les troupes russes occupaient Khodjent, la principale ville du nord, porte de la fertile vallée de Ferghana. La chute des khanats de Kokand et Boukhara entre 1873 et 1876 entraîna la colonisation d'un vaste territoire, placé sous protectorat. La conquête fut parachevée en 1895 par l'annexion des principautés du Pamir. La vallée du Piandj [2], à la limite du Tadjikistan et de l'Afghanistan, marqua dès lors la limite sud de l'influence russe.

Les révolutions russes de 1917 entraînèrent en Asie centrale comme dans le reste de la Russie une féroce guerre civile. La résistance aux bolcheviks fut surtout le fait des populations turcophones, derrière le dernier émir de Boukhara, libéré du protectorat tsariste. La résistance basmatchi s'enracina dans les hautes vallées montagneuses et les collines du Sud, avec la contribution d' Enver Pacha qui périt sur place. Elle persista tout au long des années 1920 et sans doute au-delà dans certaines zones reculées, malgré une violente répression soviétique. Quelques centaines de milliers de Tadjiks se réfugièrent aussi en Afghanistan.

Tadjikistan soviétique

La république du Tadjikistan fut créée en 1924 avec le statut de république socialiste soviétique autonome incluse dans l' Ouzbékistan, elle devient République socialiste soviétique à part entière en 1929. Sa création s'inscrivait dans le découpage de l'Asie centrale par Staline en républiques ethniques aux frontières tortueuses, alors même que les différentes nationalités, notamment Ouzbeks et Tadjiks, vivaient côte à côte depuis des siècles dans les villes ou la vallée de Ferghana. Les grandes villes de Samarkand et Boukhara, qui étaient peuplées majoritairement de Tadjiks, furent ainsi données à l'Ouzbékistan, et nombre de leurs habitants persanophones furent contraints de souscrire à leur nouvelle « identité » ouzbèke ou d'émigrer dans la nouvelle république tadjike.

Comme les autres républiques d'Asie centrale, le Tadjikistan soviétique fut gouverné par l'appareil local du Parti communiste, à la tête duquel alternaient Tadjiks et Russes. L'immigration russe vers la République fut conséquente : entre 1926 et 1959, la proportion de Russes dans la population de la république passa de moins de 1 % à 13 % [3]. Le Tadjikistan demeura la république la plus pauvre de l'Union, celle où le taux d'épargne [4] et la proportion d'étudiants au sein d'une classe d'âge [5] étaient les plus faibles, témoignant d'un retard de développement pourtant nié par les autorités soviétiques.

Tadjikistan indépendant

Article connexe : Guerre civile du Tadjikistan.

La perestroïka, engagée en URSS à partir de 1985, n'entraîna de bouleversements majeurs au Tadjikistan qu'à partir de 1990. À la suite des émeutes à Douchanbé, la république proclama sa souveraineté le 24 août 1990. Le 9 septembre 1991, le président du Parlement, Qadriddin Aslonov  (en), qui avait interdit les activités du Parti communiste, fit proclamer l'indépendance, mais fut renversé dès le 23 septembre par le conservateur Rakhmon Nabiyev, ancien secrétaire général du Parti. Les troubles qui s'ensuivirent s'intensifièrent après l'élection de Nabiyev à la présidence le 24 novembre, jusqu'au développement d'une guerre civile entre partisans du gouvernement post-communiste, soutenus par Moscou, et une opposition variée, allant de démocrates libéraux à des groupes islamistes, en passant par une série d'organisations représentant certains groupes ethniques ou régionaux. Les troupes russes, notamment des gardes-frontières, participèrent aux affrontements, tandis que les civils russes ont fui en masse la guerre et la misère grandissante.

Dès septembre 1992, Nabiyev, capturé par l'opposition, fut contraint de se retirer du jeu politique, et le président du Parlement, Emomalii Rahmon, le remplaça à la tête du pays et de la faction gouvernementale. Rahmon lui apportait le soutien des milices de sa région natale de Kulob, dans le Sud. La guerre se prolongea jusqu'en 1997, sans qu'aucun camp ne parvienne à l'emporter, et fit près de 50 000 morts. La paix, conclue sous l'égide des Nations unies et de la Russie, consacra le pouvoir de Rahmon, qui fut réélu président en 1999, puis en 2006, avec 99 %, puis 79 % des suffrages.

La persistance de la guerre en Afghanistan pèse sur le Tadjikistan. Ahmed Chah Massoud, l'un des chefs de la lutte contre les talibans, assassiné en 2001, appartenait à l'ethnie tadjike, qui constitue plus de 30 % de la population afghane. Avec l' Iran et la Russie, le Tadjikistan était, avant le 11 septembre 2001, l'un des principaux soutiens de l' Alliance du Nord [6].

Lors de l'invasion de l'Afghanistan en 2001, le gouvernement tadjike autorisa l'emploi de bases aériennes à des fins de réapprovisionnement de fioul sur son sol aux forces de l'OTAN ; aucune présence militaire américaine n'y a cependant été installée (celle-ci était située dans la base aérienne de Manas, au Kirghizistan, et à Karshi-Khanabad  (en), en Ouzbékistan) [7]. En revanche, la France avait entre 2002 et 2014 une base aérienne où étaient déployés près de 170 soldats à Douchanbé [8]. De plus, le gouvernement tadjik autorise les États-Unis et l'OTAN à utiliser des routes tadjikes pour approvisionner, en matériel non militaire, la Coalition en Afghanistan [9].

Par ailleurs, depuis 2004, une base indienne, la Farkhor Air Base  (en), est présente sur le territoire national. La Russie possède aussi, depuis 2005, sa 201e base militaire près de Douchanbé, mais sa présence militaire (5 000 hommes de l'infanterie motorisée), qui visait à aider les garde-frontières tadjikes, faisait l'objet de négociations en 2009 [10].

Le , le traité de Semipalatinsk instituant une zone exempte d'armes nucléaires en Asie centrale est entré en vigueur.

Le pays reste d'autre part exposé à la violence de groupes islamistes et au trafic de drogue depuis l'Afghanistan : sa pauvreté l'oblige dans ces domaines à collaborer avec la communauté internationale, l'assistance russe ne suffisant désormais plus.

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