Sylvain Eugène Raynal

Sylvain Eugène Raynal
en tenue de colonel.
en tenue de colonel.

Naissance
Bordeaux
Décès (à 71 ans)
Boulogne-Billancourt
Origine Drapeau de la France  France
Arme Infanterie
Grade Colonel
Commandement 7e régiment de tirailleurs algériens
Fort de Vaux
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Legion Honneur Commandeur ribbon.svg commandeur de la Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918
Palmes academiques Chevalier ribbon.svg Ordre des Palmes académiques
Ordre du Nichan Iftikhar Chevalier ribbon (Tunisia).svg ordre de Nichan Iftikhar
Signature de Sylvain Eugène Raynal
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Sylvain Eugène Raynal, né le [1] à Bordeaux ( Gironde) et mort le à Boulogne-Billancourt ( Hauts-de-Seine), est un officier français. Son rôle, jugé héroïque, dans la défense du fort de Vaux lors de la bataille de Verdun, lui a valu les honneurs des états-majors français et allemand.

Biographie

Le poste de commandement du fort de Vaux avec une représentation de son chef.

La famille Raynal est originaire du Tarn-et-Garonne et vit à Angoulême. Sylvain Raynal entre, en 1877, au lycée de cette ville. Huit ans plus tard, il s'engage au 123e régiment d'infanterie puis passe au 107e à Angoulême, prépare l'école militaire de Saint-Maixent-l'École et en sort premier. Il demande et obtient son affectation au 3e régiment de tirailleurs de Constantine. En 1902, il est promu capitaine et muté au dépôt de Falaise du 5e régiment d'infanterie à Paris. En mars 1913, il est muté avec le grade de major au 7e régiment de tirailleurs indigènes. Il y est nommé chef de bataillon quelques mois après et est à ce poste lors du début du conflit [1].

Avant guerre, le commandant Raynal s'engage dans des actions civiques fortes. Il soutient l'action de Jaurès et du Parti socialiste. Proche du commandant Rossel [N 1], [2], collaborateur de Jaurès pour L'Armée nouvelle et la rubrique militaire de L'Humanité, il s'investit dans l'animation de la colonie de vacances socialiste « Le Grand Air » [3].

Au début de la Première Guerre mondiale, il est blessé plusieurs fois au combat : en septembre 1914 au cours de la bataille de la Marne puis au nord d’Arras, en novembre 1914, lors du bombardement de son poste de commandement. Il est hospitalisé pendant dix mois avant de retourner au combat le . Suite à une nouvelle blessure à l’automne 1915 en Champagne, provoquée par un tir de shrapnel, Raynal subit une nouvelle convalescence [4]. Ses différentes blessures lui valent d'être promu officier de la Légion d'honneur le [5].

Encore convalescent en , il ne marche qu'avec difficulté et la guerre semble terminée pour lui. C'est alors que le ministère de la Guerre annonce que les officiers qui ne peuvent pas servir en première ligne du fait de leurs blessures peuvent être nommés au commandement de forteresses. S'étant porté volontaire, Raynal demande à servir à Verdun où les Allemands viennent de lancer leur offensive.

Fin mai 1916, à la tête de 600 hommes encerclés dans la clé de voûte défensive du fort de Vaux, isolé des lignes françaises, il résiste seul aux assauts des troupes d'élites allemandes commandées par le Kronprinz, fils de l'empereur Guillaume II d’Allemagne. Assoiffées, dénutries, ses troupes combattront jusqu'à leur ultime limite, entravant l'offensive allemande. Sa résistance, qualifiée d'héroïque par l'état-major français, est considérée comme l'un des points de bascule de la bataille de Verdun, finalement remportée fin 1916 par l'armée française.

Pendant le siège, le , le commandant Raynal est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur [5].

À court de munitions, d'eau, de nourriture et d'hommes, attaqué aux gaz, le commandant Raynal envoie le un pigeon voyageur vers l'arrière afin d'obtenir d'ultimes instructions. Sans réponse de l'état-major, il remet la reddition du fort de Vaux le .

Pour saluer l'opiniâtreté et la ténacité des défenseurs du fort de Vaux les troupes allemandes assaillantes organisent spontanément une haie d'honneur aux assiégés [6] qui déposent les armes. Impressionné par la résistance française et par l'hommage rendu par ses propres troupes à l'adversaire, le Kronprinz fait venir le commandant Raynal à son quartier général où il lui fait part de son admiration pour sa vaillance. Dans un geste peu commun pour la guerre 1914-1918 le Kronprinz remet solennellement à Raynal le coupe-choux d'un sapeur du génie en lui disant : « Je n'ai pu trouver que cette arme ... je vous prie de l'accepter ... parce que votre sabre n'a pas été retrouvé au fort de Vaux » [7]. Quelques minutes plus tard le kronprinz remet à Raynal un sabre d'officier français « qu'il a fait chercher et trouvé dans Stenay » [8].

En captivité, le , à la citadelle de Mayence puis à Strassburg, au sud de Königsberg en (Prusse Orientale) [9], le , il est ensuite interné à Interlaken ( Suisse) le . Il est libéré le et nommé lieutenant-colonel le [1].

En 1920 il est commandant militaire de la ville de Mayence puis est en Syrie de 1921 à 1926 où il est promu colonel en [1]. Il y commande les troupes de la région des Alaouites et, comme adjoint des généraux Michaud et Gamelin, participe aux opérations contre les Druzes [1]. Bien qu'admis à la retraite en , il est chargé d'une mission en Syrie jusqu'en [1].

Il meurt d'une crise cardiaque, à son domicile, le [10].

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