Stade lavallois Mayenne Football Club

Stade lavallois
Logo du Stade lavallois
Généralités
Nom completStade lavallois Mayenne Football Club
SurnomsLes Tangos
Noms précédentsStade lavallois Football (1902-1970)
Stade lavallois FC (1989-1994)
Stade lavallois Mayenne FC (depuis 1994)
Fondation
Statut professionnel1976-2008, et 2009-
CouleursOrange (Tango) et noir
StadeStade Francis-Le-Basser
(18 607 places)
SiègePlaine des Gandonnières, rue Georges Coupeau, 53000 Laval
Championnat actuelNational
PrésidentDrapeau : France Philippe Jan
EntraîneurDrapeau : France Manuel Pires
Joueur le plus capéDrapeau : France Mickaël Buzaré (358)
Meilleur buteurDrapeau : France Guilherme Mauricio (93)
Site webwww.stade-lavallois.com

Maillots

Couleurs de l’équipe
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Domicile
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Extérieur

Actualités

Pour la saison en cours, voir :
Championnat de France de football National 2018-2019
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Le club est basé à Laval en Mayenne.

Le Stade lavallois Mayenne Football Club, appelé plus communément Stade lavallois, est un club de football français, fondé le à Laval.

Le Stade lavallois demeure longtemps un club amateur participant aux championnats régionaux, dirigé par Henri Bisson. La nomination de Michel Le Milinaire comme entraîneur de l'équipe première en 1968, alors que le club évolue depuis quatre saisons en Championnat de France amateur, troisième échelon national, marque un tournant. En 1970, le club est intégré à la nouvelle Division 2, d'où il obtient sa promotion dans l'élite en 1976. Devenu professionnel, le club continue sa progression et connaît son apogée au début des années 1980 : les Lavallois terminent à la cinquième place de Division 1 en 1982 et 1983, qui leur offre la qualification pour la Coupe UEFA 1983-1984 où ils éliminent au premier tour le prestigieux Dynamo Kiev.

En mai 2017 le club est relégué en National 1, Christian Duraincie démissionne quelques jours après la fin du championnat. Philippe Jan est nommé président du directoire[1].

Histoire

Contexte de la naissance du Stade lavallois

À l'aube du e siècle, le football est déjà pratiqué en France depuis une dizaine d'années, principalement à Paris, en Normandie et en Nord-Picardie[2]. En Bretagne et plus généralement dans l'Ouest de la France, le football est popularisé à la toute fin du e siècle par des Anglais établis à Jersey qui l'introduisent à Saint-Brieuc et dans la région de Saint-Malo peu avant 1900[3].

La pratique de la culture physique avait déjà auparavant généré la création de plusieurs clubs omnisports, comme le Drapeau de Fougères (fondé en 1893), la Tour d'Auvergne Rennes (fondée en 1897) ou le Stade vannetais (fondé en 1898), mais la pratique du football n'est cependant pas toujours effective dès la création de ces associations, à Rennes par exemple, le Football-club rennais est créé au tout début de l'année 1901.

Création

Joseph et Guy Gemain, 1929

C'est le que Joseph Gemain, adjoint technique des Ponts et Chaussées à la mairie de Laval âgé de 20 ans, décide de créer le Stade lavallois omnisports[4]. L'insertion au Journal officiel de la République française paraît le 18 septembre[5]. Le premier président en est Émile Sinoir, professeur de rhétorique du Lycée de Laval (actuel lycée Ambroise Paré), ancien normalien et agrégé de lettres[note 1]. La création du club se situe dans le contexte des réalisations de la municipalité républicaine de Laval, avec la création de la Bourse du Travail et de l'Université populaire[note 2] en 1901.

Article détaillé : Histoire de Laval au XXe siècle.

Premières années USFSA (1902-1914)

Article détaillé : Stade lavallois omnisports.
Logo de l'USFSA

Le football est la première discipline sportive pratiquée au sein de cette nouvelle association sportive, bien que la section de football ne soit officiellement agréée que le , avec notamment Louis Jarsallé et Camille Charlot[5]. L’objet de cette association est la pratique de sports athlétiques tels que le football, courses à pied, lancement de disque et du poids, tennis, etc. Le siège social du club se situe alors au 7 rue des Ruisseaux à Laval[6].

Le club est d'origine laïque et s'affilie logiquement à l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), fédération sportive au sein de laquelle le mouvement laïque est représenté[note 3], dont le comité de Bretagne a été créé le [7].

La première rencontre officielle oppose en septembre 1902 le Stade lavallois à son voisin, le Stade rennais, fondé un an plus tôt, et se termine sur une défaite (5 à 1)[note 4]. Le comité USFSA de Bretagne met en place à partir de 1903 un championnat régional, que les Lavallois intègrent. Ils évoluent dans un premier temps sur un terrain situé dans le quartier de la Senelle à Laval puis dans une prairie près de la marbrerie Bazin[8]. Ensuite, sans terrain pour s'entrainer, les stadistes s'entrainèrent sur le champ de manœuvres de la caserne Schneider. John Bishop est le premier capitaine officiel en 1909-1910[note 5].

Ce fut un abbé du Lycée de l'Immaculée-Conception qui rapporta le premier ballon règlementaire d'Angleterre et dispensa les stadistes de leçons de football techniques. Émile Sinoir, premier président du stade Lavallois et professeur au Lycée de Laval permettait aux élèves et notamment aux scolaires du Stade Lavallois de s'entrainer au football pendant les horaires de récréations.

Jusqu'en 1914, ils participent au championnat de Bretagne de première série USFSA, dominé régulièrement par le Stade rennais et l'US Saint-Servan qui se partagent les titres de champions.

La Grande Guerre met le football entre parenthèses à partir de 1914. Au sortir de la guerre, le Stade rennais quitte le giron de l'USFSA pour participer à la création de la Ligue de l'Ouest de football-association (LOFA). Cette décision, prise lors de l'assemblée générale du Stade rennais le [9], signe l'arrêt de mort du comité régional USFSA.

La ligue de l'Ouest (1918-1940)

La première assemblée générale de la LOFA, à laquelle participe les dirigeants du Stade lavallois, se tient le [10]. La Ligue de l'Ouest met en place un championnat réservé à ses clubs membres et une coupe ouverte à tous les clubs de la région[11]. Affiliée au comité français interfédéral dès 1918, la LOFA permet à ses membres de participer à la Coupe de France dès sa deuxième édition, en 1918-1919.

Le Stade lavallois, qui opte alors pour des maillots de couleur Tango, intègre la Division d'Honneur (DH) Ouest, le premier échelon régional et à l'époque plus haut niveau amateur. Ce championnat couvre les départements bretons, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, la Sarthe et la Mayenne. Le terrain dit du champ de la Croix, où évolue les Lavallois, est cédé par Émile Guérin, un des fondateurs du club, à la municipalité qui l'aménage progressivement. Il deviendra en 1930 le stade Jean Yvinec, en mémoire de ce joueur reconnu, arrivé en 1918 et mort prématurément en 1929, à l'âge de 29 ans. Il sert encore aujourd'hui de terrain d'entrainement.

Le club assure son maintien pendant douze saisons, jusqu'à sa relégation en 1930[note 6]. En 1935, il remporte le championnat de Promotion d'Honneur (PH) et retrouve sa place en DH. Lors de la saison 1936-37, le Stade lavallois s'incline en 32e de finale de la coupe de France face à l'Olympique lillois (4-1), vice-champion de France en titre, devant 4 000 spectateurs[note 7]. En 1939, le club est de nouveau relégué de DH.

La deuxième Guerre mondiale

Un bulletin mensuel est édité à trois reprises avant la censure allemande en 1940. Il se fait le témoignage de la vie du club pendant le début de la deuxième guerre mondiale[12]. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous l'occupation allemande, le championnat est suspendu mais le Stade lavallois continue à jouer, avec quelques Lavallois et des joueurs salariés de l'usine Adam qui évitent ainsi d'être requis pour le service du travail obligatoire (STO) en Allemagne[13]. En 1942, les Lavallois s'inclinent en finale de la Coupe de l'Ouest face à l'Union Mean Penhoët.

Deux des dirigeants principaux, Francis Le Basser et Pierre Coste, membres du mouvement de résistance intérieure Libération-Nord, sont arrêtés par les Allemands et déportés. Guy Fleury, membre du comité directeur du Stade Lavallois pendant 25 ans, est combattant volontaire de la Résistance[14].

Une plaque située sur la tribune sud du Stade Francis-Le Basser honore les 48 sportifs du Stade lavallois, dont Bernard Le Pecq, morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale, et la Guerre d'Algérie[15].

La ligue de l'Ouest (1945-1964)

En 1945, les compétitions reprennent et le Stade lavallois retrouve la Promotion d’Honneur de la ligue de l’Ouest. Henri Bisson prend les destinés de la section football le 15 octobre 1947, succédant à Eugène Brault. Lors de la saison 1947-1948, le Stade lavallois est de nouveau champion de Promotion d'honneur et remporte la Coupe de l’Ouest en 1949 sous les ordres de l'ancien joueur et entraineur du FC Nantes, Anton Raab, face aux Gars de Saint-Thivisiau Landivisiau (1-0)[note 8]. Il retrouve en 1950 son rival local : l'Union sportive de Beauregard en Division d'Honneur.

Le Stade lavallois est relégué en Promotion d'Honneur en 1951 et ne retrouve la Division d'Honneur qu'en 1957. Cette année, l'équipe rencontre en poule finale les champions des deux autres groupes de la ligue de l'Ouest, le Stade pontivien (1-1) et le Stade léonard de Saint-Pol-de-Léon (5-2). Pontivy battant Saint-Pol-de-Léon 3 à 2, le Stade lavallois accède à la DH grâce au plus grand nombre de buts marqués[note 9]. L'équipe redescend dès la saison suivante, après une défaite lors de la dernière journée face au Stade briochin. L'entraîneur André Sorel, présent depuis 1954, est démis de ces fonctions et remplacé par Robert Heuillard.

Le club ne reste qu'une saison en PH et revient en DH pour la saison 1959-1960, à l'issue d'un parcours exceptionnel (77 buts marqués, contre 9 concédés)[note 10]. Le club s'ancre alors en DH, dont il participe à cinq éditions d'affilée.

Le Championnat de France amateur (1964-1968)

En 1963-1964, le Stade lavallois, nouvellement dirigé par le gardien de but Jean Barré comme entraîneur-joueur, obtient le titre de champion de division d'honneur de l'Ouest, avec vingt victoires en vingt-six matchs[note 11],[16]. Le SL accède ainsi pour la première fois à un championnat national, le championnat de France amateur. Le club remporte également cette année-là la Coupe de l’Ouest, en s'imposant en finale face au Stade de Lesneven (6-0).

Bien que promu dans le groupe Ouest de CFA, le SL termine champion, avec neuf points d'avance sur Blois[17], dès sa première saison. Le Stade se qualifie ensuite pour la finale du championnat en disposant du RC Calais (défaite 1-0 dans le Nord et victoire 5-0 à Laval) puis de Bergerac Foot (victoires 4-1 à Bergerac et 3-0 à Laval)[18]. Le , les Lavallois s'inclinent face au Gazélec d'Ajaccio au Parc des Princes (1-0), devant 15 950 spectateurs[19]. La composition de l'équipe Lavalloise était la suivante: Josse, Le Pennec, Delaroux, Ferrette, Lereidde, Gaumer, Lefebvre, Gonfalone, Fort, Alonzo et Troadec. Les trois saisons suivantes voient le club obtenir son maintien en CFA.

L'ère Le Milinaire (1968-1992)

En 1968, Michel Le Milinaire est nommé entraîneur du Stade lavallois, en remplacement de Jean Barré. Le Milinaire est un ancien joueur du club, repéré par Henri Bisson. Les deux hommes vont changer à jamais la structure du Stade lavallois et mener le club amateur jusqu'à la coupe d'Europe.

L'accès à la Première division (1968-1982)

Le Milinaire obtient dès sa première saison le titre de champion du groupe Ouest de CFA, mais les Lavallois sont défaits au 1er tour de la phase finale par l'Union Montilienne Sportive (2-0), à Bourges. Le Millinaire effectue alors sa journée de travail comme conseiller pédagogique sportif; et le soir, s'occupe de l'entraînement comme les joueurs y compris les anciens professionnels comme Bernard Lamy qui travaillent en entreprises, dans les banques[20], dans la fonction publique, ou bien encore étudiants[21].

À l'issue de la saison suivante, terminée à la 4e place, une réforme des championnats français permet au SL d'intégrer le groupe Centre de Division 2 (D2). L'équipe assure son maintien en terminant 12e sur 16[22].

Le club se structure. Chaque année, l'équipe est renforcée. L'année 1971 voit l'inauguration du stade Francis-Le-Basser, en remplacement du stade Jean-Yvinec[23]. La même année, cinquante-trois ans après la création du premier groupe de supporters, les supporters lavallois fondent les socios, qui devient le groupe de supporters officiels du Stade lavallois. Les joueurs lavallois poursuivent leur progression lors des saisons suivantes, assurant chaque saison un maintien confortable malgré le resserrement du championnat de 48 à 36 équipes.

La présidence : « La présidence est un métier banal. Il faut une certaine continuité, une présence et une disponibilité. Mais, si un président doit tout voir, il ne peut tout faire. C'est pourquoi sa principale qualité s'exprime dans le choix de ses collaborateurs, notamment pour la gestion. Moi, j'ai la chance d'être entouré de personnes bénévoles, et c'est la grande originalité du club. Il n'y a que trois salariés : une femme de ménage, une dactylo, et un employé aux écritures., Henri Bisson, 1982[24]. ».

En 1975, Henri Bisson devient président du comité directeur et l'équipe est rejointe par un joueur d'exception, Raymond Keruzoré. Ce dernier est alors en mauvais termes avec les dirigeants du Stade rennais, notamment le président Bernard Lemoux, où il a été formé. Taxé de gauchiste-maoïste par les uns, d'intello par les autres[25], il se voit écarté du football professionnel. Cela n'empêche pas Henri Bisson, avec le consentement spontané de Michel Le Milinaire, de l'engager, refusant se s'arrêter à ces considérations extra-sportives.

La montée en D1 : « On avait une équipe très intelligente, ce qui nous permettait de déplacer les montagnes., Raymond Kéruzoré[26]. ».

Pour la saison 1975-1976, l'équipe est composée de plusieurs joueurs expérimentés : Raymond Keruzoré, Bernard Blanchet, Francis Smerecki et de jeunes dont Alain Desgages, Patrick Papin, Roger Bertin, Yannick Bonnec, et Lionel Lamy. Cette « belle mosaïque » est proche de souffler au Stade rennais la première place, disputée jusqu'à la dernière journée. Deuxième, le club doit jouer un match de barrage aller-retour d'accession à la première division, contre le Red Star, second du groupe B de D2. Vainqueur le au stade Bauer (1-0, but de Bonnec) puis le au stade Francis-Le-Basser (2-1, buts de Smerecki et Bonnec), les joueurs obtiennent leur promotion. Les réticents sont cependant nombreux, et il faut toute la persuasion d'Henri Bisson, qui met en balance sa démission, et le soutien populaire pour que le comité directeur prenne la décision d'accepter la montée, le , au foyer culturel de la Fédération des Œuvres laïques (par 25 votes oui, 8 non et une abstention)[27].

Le Stade lavallois doit alors quitter le statut de club amateur pour celui de club professionnel. Son arrivée parmi l'élite du football hexagonal suscite beaucoup de curiosité et de scepticisme. Les décisions sportives sont effectuées par l'entraineur Michel Le Millinaire dont la voix est prépondérante, mais sont toujours l'objet d'une discussion avec Henri Bisson et les dirigeants qui l’entourent dont Henri Mauduit, un ancien joueur professionnel. Bisson aime être sur le banc de touche, mais sans jamais se mêler du domaine sportif et du travail de l’équipe[20].

Après un début de saison difficile (trois matchs et trois défaites), dont une première défaite à Bastia (1-3), une première victoire lors de la 4e journée contre le Paris SG (2-1) lance l'équipe. Les Lavallois endossent alors le rôle de trouble-fête. Début décembre, devant 20 024 spectateurs, les Tangos se jouent des mythiques Verts de l'AS Saint-Étienne (3-1), champions en titre, grâce à un triplé de Jacky Vergnes. Les Stadistes se hissent jusqu'à la huitième place avant de connaître une deuxième partie de championnat plus difficile[28], qui n'empêche pas les Lavallois d'obtenir le mantien. Pour sa première saison en première division, les Lavallois parviennent à se classer seizièmes, devant Valenciennes, Angers, Lille et Rennes. En plus des footballeurs professionnels arrivés au mois de juillet 1976, des anciens Stadistes restés dans l'effectif comme amateurs prennent une part prépondérante dans le bon comportement de l'équipe : Alain Desgages, Roger Bertin, Jacques Lhuissier ou encore André Clair. Bien qu'ayant le statut professionnel, le Stade lavallois n'avait pas perdu son esprit amateur, vu comme l'un des gages de sa réussite.

La deuxième saison du club en première division démarre remarquablement puisqu'au bout de huit matches, les Mayennais sont troisièmes, à trois points des deux premiers. Une défaite 5 à 0 face à l'Olympique lyonnais conjuguée à une élimination peu glorieuse en Coupe de France à Angoulême ramenent les Lavallois à la dure réalité. Malgré tout, le Stade lavallois termine la saison à la dixième place, devant des clubs comme le PSG, Lyon ou encore Bordeaux. Pendant cette saison, l'Olympique de Marseille plie notamment deux fois face aux Lavallois. Cette saison est malheureusement endeuillée par le décès de Richard Nowacki (28 ans).

Après la catastrophique saison 1977-1978, le Stade rennais se sépare des jeunes et talentueux Jean-Luc Arribart et Patrick Delamontagne, cédés au Stade lavallois pour 600 000 francs[29], afin de sauver une nouvelle fois le statut professionnel du club. Malgré les malheurs qui s'abattent sur les joueurs de Michel Le Milinaire et la crainte des supporters, le Stade lavallois assure l'essentiel lors de la saison 1978-1979 en conservant sa place dans l'élite. Cette année voit aussi l'arrivée du gardien Jean-Pierre Tempet. Le maintien est acquis lors de l'avant-dernière journée sur le terrain de l'AS Monaco, d'où les Mayennais ramènent le point qui les sauve. Trois jours plus tard, le FC Nantes marque cinq buts à des Lavallois fatigués mais sauvés. Le club termine seizième devant Valenciennes, le Paris FC et Reims. Cet exercice est aussi le dernier de Raymond Keruzoré sous le maillot tango. Le Finistérien, arrivé en novembre 1975 en compagnie de son compère Souleymane Camara, prend la direction du Stade brestois.

La saison 1979-1980 voit le club recruter des joueurs de qualité : François Brisson, Erwin Kostedde[note 12], Jean-Marc Furlan, etc. Le , 20 849 spectateurs assistent à la réception de l'AS St-Étienne (défaite 2-3), ce qui constitue le record d'affluence du club. Après un départ complètement manqué (le club est 19e après sept journées), les Lavallois opèrent un formidable redressement de situation et terminent finalement à la douzième place au terme du championnat, qui leur assure un nouveau maintien.

Amateur ? Professionnel ? : « A mon arrivée en Mayenne, j'ai été surpris par le caractère amateur du club, il n'y avait rien du point de vue installations. Laval venait de monter. Au niveau du groupe, en revanche, je n'avais jamais connu une ambiance pareille. Fantastique., Jean-Pierre Tempet, 1983[30]. ».

L'Allemand Erwin Kostedde finit meilleur buteur du championnat cette saison-là (avec 21 buts, à égalité avec Delio Onnis à Monaco), à l'issue de laquelle il quitte le club pour rentrer en Allemagne. Ce joueur allemand, ne parlait pas français, et prenait un avion après chaque match joué pour rejoindre sa famille à Herford en Allemagne, où il s'entraîne avec l'équipe de deuxième division[31]. Il ne s'entraînait pas avec ses coéquipiers tout en étant toujours titulaire[32].

Lors de la saison 1980-81, le Stade lavallois passe bien près de la descente : relégable de la fin de l'automne à l'avant-dernière journée, le club termine finalement seizième et ne se maintient qu'à la différence de buts. Le club doit notamment son redressement aux 23 buts d'Uwe Krause, un avant centre allemand vivement recommandé par l'ancien lavallois Georg Tripp.

La formation

L'éducation : « Le foot est un sport populaire, mais ce n'est pas un monde d'idiots : l'an dernier, j'avais six bacheliers dans mon équipe. Cette année, je n'ai pas compté, mais ce doit être à peu près pareil., Henri Bisson, 1982[24]. ».

Le 18 juillet 1979 marque la création du centre de formation, initiée par Henri Bisson en 1976, placé sous la direction de Bernard Maligorne. Le centre est pionnier et devient une référence pour les clubs du championnat de France. Alors que l'équipe joue la coupe UEFA, les pensionnaires du centre de formation remportent la coupe Gambardella. L’idée novatrice d'Henri Bisson permettra d'assurer au club avec le budget le plus faible du championnat pendant plusieurs années sa place en Division 1. Les nouvelles mœurs du football de la fin des années 1980 vont changer la donne, et le club sera pillé de ses meilleurs éléments formés au club. Par exemple, le Matra Racing de Jean-Luc Lagardère débauchera Denis Zanko, Jean-Luc Dogon et Loïc Pérard.

La coupe d'Europe pour apogée (1981-1986)

Lors de la saison 1981-82, le Stade lavallois n'en finit pas d'étonner. Malgré des moyens financiers relativement faibles par rapport à ses concurrents, le club navigue toute la saison dans la première moitié du classement et termine à une très inattendue cinquième place, avec 44 points et 49 buts marqués (dont 18 par le seul Uwe Krause). Le club accède également aux quarts de finale de coupe de France, battu par l'AS Saint-Étienne (0-0 et 1-0).

Une nouvelle fois annoncé parmi les relégables, le Stade lavallois étonne de nouveau tout le monde lors de la saison 1982-1983. Après une bagarre farouche avec l'AS Monaco, champions en titre, les Lavallois dament le pion aux joueurs de la Principauté et arrachent la cinquième place, synonyme cette saison-là de qualification pour la Coupe UEFA. Cette performance est saluée dans toute la France et par toute la presse nationale.

Au premier tour de la Coupe UEFA, les petits poucets lavallois tombent sur le Dynamo Kiev, prestigieux club soviétique. Le , les Français parviennent à conserver un score nul et vierge à Kiev. Au retour, ils arrachent contre toute attente la victoire, grâce à un but de José Souto (1-0)[33].

Les Schtroumpfs : « Ils nous ont pris pour des schtroumpfs, on les a bien schtroumpfés ! [...] Nous sommes peut-être les smicards de la 1re Division mais nous avons su nous défoncer [...] Nous avons su tenir jusqu’au bout et qu’en ce sens il faut rendre hommage non seulement à toute l’équipe mais encore au public. Fantastique. Je ne crois pas trop exagérer en disant que c’est lui qui nous a tenu le match pendant le dernier quart d’heure , Jean-Michel Godart après Laval-Dynamo Kiev. ».

Au tour suivant, les Lavallois tombent avec les honneurs contre l'Austria Vienne. Défaits 2-0 en Autriche, ils mènent 3-0 à la mi-temps du match retour à Laval ! Ils ne parviennent pas à contenir le retour des Autrichiens, qui reviennent à 3-3 et obtiennent ainsi leur qualification. Parallèlement, les Tango réussissent une saison 1983-1984 honorable, terminant à la 11e place après avoir évolué la majorité de la saison en première partie de tableau.

La fin de saison est en revanche marquée par le départ de Bernard Maligorne pour divergences de points de vue. À l'issue d'une saison 1984-1985 où plusieurs jeunes sont lancés dans le grand bain, Henri Bisson annonce qu'il ne renouvellera pas son mandat en juin 1986. Sur le terrain, l'équipe, composée de nombreux joueurs issus du centre de formation, s'assure un maintien aisé. Henri Bisson, président du stade Lavallois en 1985 est interviewé en compagnie de Rolland Courbis lors d'un match contre le SC Toulon, par Thierry Roland et [12].

L'après Bisson : retour vers la Division 2 (1986-1992)

L'évolution des mœurs et des pratiques du football, symbolisée par l'apparition de Bernard Tapie, Jean-Luc Lagardère ou encore Claude Bez, font de l'escalade des salaires un véritable tourbillon. À partir de la saison 1985-86, les difficultés financières se font ressentir. En mars 1986, on annonce chercher à trouver un nouveau sponsor, faute de quoi le Stade lavallois devra se séparer de plusieurs jeunes issus du centre de formation et dont le premier contrat professionnel (de quatre ans) est arrivé à terme : Thierry Goudet, Michel Sorin, Loïc Pérard. Ce nouveau sponsor, les deux coprésidents, Louis Béchu et Paul Lépine, pensent l’avoir trouvé en la personne de Daniel Hechter. À l’époque, le conseil général de la Mayenne verse 250 000 francs par an à l'équipe, et la ville de Laval, 2 millions de francs dont 50 % en subventions directes avec la taxe sur les spectacles. Le 14 mars, Daniel Hechter refuse de sponsoriser le club[note 13] avant de reprendre finalement le Racing Club de Strasbourg. L'été 1986 est donc marqué par le départ de Goudet, Sorin et Pérard. Replié sur une tradition laïque, personnifiée par Le Milinaire et Bisson, le club contrairement à l'AJ Auxerre de Guy Roux, va être réticent à s'ouvrir vers de nouveaux partenaires.

La saison 1986-87 marque la première confrontation en décembre 1986 entre le Stade lavallois et l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie (0-0). Tout oppose les deux présidents, Henri Bisson et Tapie. Le club boucle l'exercice 1986-1987 en 9e position mais Michel Le Milinaire ne cache pas son inquiétude quant à l'avenir[note 14]. Paul Lépine, un temps candidat à la succession, se désiste, sa volonté de créer une société d'économie mixte (SEM) n'ayant pas trouvé d'écho (en particulier la possibilité de faire entrer des éléments de la chambre de commerce au comité de gestion du club). C'est donc Louis Béchu, second candidat, qui est élu.

Durant le mois de juillet 1987, neuf joueurs (Patrick Delamontagne, Jacky Paillard, Thierno Youm, Éric Stéfanini...) quittent le club. François Omam-Biyik arrive au club. Le début de saison 1987-1988 est très délicat et les Tangos sont lanterne rouge après 12 journées. Heureusement, ceux-ci, rejoints à l'automne par François Brisson, relèvent la tête. Ils terminent à la 14e place, en dépit de la blessure de François Omam-Biyik en finale de la Coupe d'Afrique des Nations. Mais cette fin de saison est tristement marquée par le décès d'Henri Bisson, grand instigateur de la belle épopée du Stade lavallois. Jean-Luc Dogon, pur produit maison part au Matra Racing

Après treize années passées parmi l'élite, le Stade lavallois connait une saison 1988-1989 très difficile, malgré l'arrivée de Frank Lebœuf[note 15] qui y obtient son premier contrat professionnel.

Corrigé lors de la dernière journée à Lille (8-0, dont un but sur pénalty du gardien de but Bernard Lama), le club mayennais termine à la 19e place avec 35 points, soit quatre de moins que le Matra Racing de Lagardère, premier non relégable, et doit donc retrouver la Division 2. En décembre 1989, la section football quitte le club omnisports et devient le Stade lavallois Football Club[34].

Laval en D2 doit laisser échapper ses joueurs les plus convoités. Un temps convoité par la Paris Saint-Germain[note 16], Leboeuf reste au Stade Lavallois. Mais, en novembre 1990, en proie à des problèmes financiers, le club doit le laisser partir pour le RC Strasbourg.

Si les premières saisons, le Stade lavallois se frotte aux ténors de la D2, obtenant même une place de barragiste au printemps 1991, battu par Strasbourg, il rentre peu à peu dans le rang. Fin octobre 1992, à la suite d'une saison mi-figue, mi-raisin, après 24 années passées sur le banc mayennais, Michel Le Milinaire est mis à l'écart par le président Jean Py, à neuf mois du terme de son contrat.

Entre D2 et National (depuis 1992)

Bernard Maligorne, revenu s'occuper du centre de formation lavallois en 1990, prend les rênes de l'équipe. Il accompagne le superbe parcours des mayennais en coupe de France, éliminés en demi-finale par le Paris SG au Parc des Princes (1-0). En 1994, le Stade lavallois Football Club devient le Stade lavallois Mayenne Football Club. Maligorne ne parvient cependant pas à faire remonter le club et est remplacé par Denis Troch en cours de saison 1994-1995.

Le club mayennais rêve à nouveau de retour en Division 1 lors de la saison 1995-1996 : au coude à coude avec l'AS Nancy-Lorraine pour la troisième place, les Lavallois sont défaits lors la 42e et dernière journée à Perpignan (2-0). Le club accède de nouveau la saison suivante aux demi-finales de coupe de France, mais s'incline face à l'OGC Nice (0-1).

Le club s'installe progressivement comme un club ordinaire de deuxième division. Troch part en 1997, remplacé par Hervé Gauthier pendant quatre saisons, puis par Victor Zvunka pendant deux saisons. En 1999, le jeune Djimi Traoré, à peine sorti du centre de formation, est recruté par le Liverpool FC. Francis Smerecki puis Alex Dupont parviennent à sauver le club de justesse en 2003-2004, avant le retour de Denis Troch.

Le , le Stade lavallois, alors le plus vieux club évoluant en Ligue 2, est officiellement relégué en National, après 30 ans de professionnalisme. Denis Troch reste entraîneur mais ne parvient pas à faire remonter l’équipe. À l'été 2007, le Stade lavallois démarre avec un budget diminué, mais conserve son statut professionnel. Un nouveau président Philippe Jan[35] et un nouvel entraîneur Philippe Hinschberger lancent une équipe totalement nouvelle avec de nouveaux joueurs. Michel Le Milinaire revient de façon symbolique dans l'encadrement du Stade lavallois dans la cellule recrutement. Lors de la saison 2008-2009, le club doit abandonner le statut professionnel ainsi que l'agrément de son centre de formation. Francis Coquelin, formé au club, part en juin 2008 à l'« Academy » d'Arsenal, ce qui permet au club de récupérer une indemnité de formation versée gracieusement par Arsenal.

Le 8 mai 2009, le Stade lavallois termine à la deuxième place de National et assure ainsi sa remontée en Ligue 2 après un match nul face à l'AS Cannes. Depuis la saison 2009-2010, l'équipe première s'accroche afin d'éviter une relégation. En 2012-2013, le club se sauve de justesse à la dernière journée de championnat après une victoire contre la Berrichonne de Châteauroux.

Lors de la saison 2013-2014, l'équipe est une nouvelle fois à la lutte pour ne pas descendre. À la suite d'une série de mauvais résultats, Philippe Hinschberger est démis de ses fonctions le 24 février 2014 et son adjoint Denis Zanko est alors nommé entraîneur principal. Laval se sauve lors de la dernière journée contre le FC Metz.

Le club change alors de direction. Christian Duraincie devient président du Stade Lavallois et le club lance un projet sportif nommé "Ambition Horizion 2020", avec un objectif ambitieux : "être un club qui progresse, qui s'inscrit durablement parmi les grands clubs français."[36] Le club a pour objectif immédiat de finir dans la première moitié de tableau.

La saison 2014-2015 se veut bien plus clémente et sereine pour les Tangos, qui terminent à la huitième place du championnat, grâce notamment à deux dernières larges victoires contre le Clermont Foot 63 (3-1) au Stade Francis-Le Basser puis en déplacement chez les Chamois Niortais (3-0). La saison est notamment marquée par la révélation au plus haut niveau d'un attaquant issu du centre de formation, Sehrou Guirassy (6 buts en 29 matches), appelé en Équipe de France U19 et convoité, entre autres, par l'AS Saint-Étienne[37]. C'est à l'issue de cette saison qu'est révélé le nouveau logo du Stade Lavallois, plus sobre que le précédent.

La saison 2016-2017 voit la relégation du club en National 1 avec au compteur : 18 défaites, 15 matchs nuls et seulement 5 victoires. Président du directoire depuis 2014, Christian Duraincie démissionne quelques jours après une dernière défaite contre Nîmes Olympique. Philippe Jan est nommé président du directoire le 22 mai 2017[1].

Le 21 décembre 2017, Jean Marc Nobilo est démis de ses fonctions d’entraîneur. Il est remplacé par son adjoint Manuel Pirés.

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