Stade de France

Stade de France
Logo du Stade de France 2013.png
Généralités
Adresse
ZAC du Cornillon Nord
93200 Saint-Denis, Drapeau de la France France
Construction et ouverture
Construction
Ouverture
Architecte
Michel Macary
Aymeric Zublena
Michel Regembal
Claude Costantini
Coût de construction
364 millions €[1]
Utilisation
Clubs résidents
Propriétaire
Administration
Consortium Stade de France (jusqu'en 2025)
Équipement
Surface
Pelouse hybride GrassMaster, Tarkett Sports
Capacité
Football et rugby à XV : 81 338
Athlétisme : 75 000
Spectacles : plus de 90 000 selon configuration
Affluence record
Football : 80 056 (Finale Coupe de France 2009 : Stade rennais FC - EA Guingamp)
Rugby : 80 430 (Finale Coupe du monde 2007 : Afrique du Sud - Angleterre)
Concert : 96 540 (U2, )
Dimensions
119 × 75 m[2]
Localisation
Coordonnées

Le Stade de France, stylisé STADEFRANCE sur son logo depuis 2008, est le plus grand stade de football français avec 81 338 places en configuration football/rugby. Il se situe dans le quartier de la Plaine Saint-Denis à Saint-Denis, dans la proche banlieue nord de Paris. Il est l'œuvre de quatre architectes : Michel Macary, Aymeric Zublena, Michel Regembal et Claude Costantini. L'architecture de ce stade s'inspire du Worldport de la compagnie aérienne américaine Pan Am qui se situait à l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York[3].

Il est inauguré le par Jacques Chirac[4], président de la République, lors du match de football France - Espagne. Construit pour les besoins de la Coupe du monde de football en France afin de remplacer le Parc des Princes jugé trop petit, il a également été conçu pour accueillir différents événements sportifs : football, rugby, athlétisme, courses automobiles. Il peut également abriter des concerts, des grands spectacles et des animations (rêve de neige et la plage au stade). Sa capacité évolue entre 75 000 (athlétisme) et 81 338 places (football, rugby) et les concerts peuvent y réunir jusqu'à plus de 96 000 spectateurs grâce à des tribunes basses rétractables.

À ce jour, c'est le seul stade au monde à avoir accueilli une finale de Coupe du monde de football et une finale de Coupe du monde de rugby. Il a également accueilli le la finale du Championnat d'Europe de football.

Le soir du , lors d'un match de football amical France-Allemagne, trois explosions dans le périmètre du stade font quatre morts[5]. Il s'agit d'actes terroristes faisant partie d'une série d'attentats qui ont lieu à Paris durant cette même soirée.

Histoire

Ancien logo, en vigueur entre sa création et le 28 juillet 2008.

Le projet d'un nouveau grand stade francilien est initié en 1988 par le Premier ministre Jacques Chirac, alors que la France est candidate pour organiser la Coupe du monde de football de 1998. Les noms de plusieurs sites potentiels sont retenus : Vincennes, Nanterre, Marne-la-Vallée ou encore Tremblay-en-France. En 1991, le Premier ministre Michel Rocard tranche pour la ville nouvelle de Melun-Sénart. Le maire de Paris, Jacques Chirac, critique ce choix, considérant que, situé à 35 km de Paris, le site ne sera pas assez accessible ; il refuse alors que la ville de Paris finance le projet[6].

Le , la Fédération internationale de football association (FIFA) choisit la France pour organiser la Coupe du monde[7]. En contrepartie, la France s'engage à construire un stade d'une capacité de 80 000 places, assises et couvertes. Il y a plus de 70 ans que l'État n'avait pas construit de stade (stade olympique Yves-du-Manoir à Colombes pour les Jeux olympiques d'été de 1924), laissant les villes opérer seules dans le domaine.

Édouard Balladur, alors Premier ministre, enterre le projet de Melun-Sénart et choisit Saint-Denis, proposition qui avait déjà été suggérée en 1988. La création de deux stations de RER, la couverture de l'autoroute A1 et la naissance d'un nouveau quartier d'affaires sont alors projetées[6].

Un concours est organisé entre deux projets : celui de Macary-Zublena-Regenbal-Costantini et l'autre de Jean Nouvel. Mieux noté par le jury de sélection (10 voix contre 4), le projet de Nouvel est exclu par le gouvernement Balladur, en raison officiellement d'un surcoût par rapport au consortium SGE-Bouygues-Dumez qui portée le projet des architectes Zublena-Macary[8]. Saisies par Nouvel, la Cour des comptes et la Commission de Bruxelles estimeront en juillet 96 que l'appel d'offre et le traité de concession définitif, signé entre les deux tours de la présidentielle, étaient trop favorables au consortium et s'interrogeront sur la pertinence financière et même la valeur juridique de ces choix[9]. Le projet de Nouvel proposait la construction d'un stade rectangulaire qui aurait été le premier en France à se doter d'un toit amovible, ce qui aurait permis de jouer par n'importe quel temps, dans de bonnes conditions. Il proposait également une modularité inédite avec les quatre tribunes qui s'écarteraient et se déplaceraient sur des roues et des coussins d'airs (même si on est dubitatif sur la faisabilité)[10],[11]. L'architecte justifie cela car une piste d'athlétisme provoque au moins le recul de 17 mètres des tribunes du terrain et proposait même un dispositif arena (l'équivalent serait le stade Pierre-Mauroy)[12].

Seul l'État pouvait conduire un investissement de cette envergure. La concession est la meilleure réponse à l'importance du coût. Le principe, inédit pour la construction d’un équipement sportif, est le suivant : le concessionnaire prend à sa charge la construction et l'exploitation du stade, et obtient en échange de l'État une concession de 30 ans et une participation financière à son investissement. Ce principe, envisagé dès 1988, a eu des conséquences importantes sur le choix du site (qui devait être bien desservi et proche de Paris) et sur la polyvalence du programme (compétitions de haut niveau en football, rugby et athlétisme, spectacles et manifestations de grande envergure). Après le choix des constructeurs et la signature du permis de construire (le ), il ne restait plus que 31 mois pour bâtir le stade.

Le chantier commence le mais la pose de la première pierre a lieu le [8]. La construction du stade de France a fait appel à la fois à des techniques de travaux publics (structures des gradins, haubans et ancrage du toit) et de bâtiment (locaux intérieurs, surfaces habitables sous les gradins, façades vitrées).

L'une des caractéristiques de ce chantier fut sa rapidité d'exécution. Les 800 000 m2 de terrassement ont été effectués en cinq mois et les 180 000 m3 de béton coulés en un an. Les aménagements techniques, la pose du toit, l'installation de la tribune mobile de 25 000 places se sont également effectués en un an. En outre, 40 000 plans ont été nécessaires.

Longtemps nommée « Grand Stade », l'enceinte est baptisée « Stade de France » le par un jury réuni par le ministre des Sports de l'époque, Guy Drut, spécialement pour lui trouver un nom : « Le stade que la France entière attendait depuis si longtemps… s'appellera tout simplement stade de France. »[13]. Un concours d'idées avait été lancé par le ministère des Sports ainsi qu'une consultation populaire sur Radio France, et le nom de Michel Platini fut le plus souvent cité ; ce-dernier, co-président du comité d'organisation du Mondial, est cependant contre[6]. Le jury écarta toutefois les noms de personnes et opta pour « stade de France »[14] après une proposition de Francis Huster[15].

Inauguration du Stade de France

Vue générale du Stade de France depuis l'Esplanade de la place de l'Ecluse à Saint-Denis au nord de Paris, en 2010.

Avant l'inauguration en grande pompe, un match de football a lieu le opposant les « bâtisseurs du Stade » (plusieurs dizaines d'ouvriers sélectionnés) au Variétés Club de France. Il s'agit à la fois d'un test technique et d'une fête de fin de chantier[16].

Le stade est inauguré le lors du match de football France – Espagne, en présence de Jacques Chirac, président de la République.

Le soir du match, l'événement est présenté au journal de 20 heures de France 2 comme un événement historique[17], Daniel Bilalian déclarant que « pour la première fois de son histoire, la France possède un stade digne de son football[17] ». Le stade vient d'être inauguré quelques minutes plus tôt par le président de la République, dont la présence confère à cet événement une importance de dimension nationale. La nouvelle enceinte est comparée à une « cathédrale du sport que l'on attendait depuis presque un siècle[17] », traduisant là l'attente du football français, et les conséquences pour l'équipe de France, pour laquelle il y a désormais « un avant et un après ». Un grand stade en France s'apparentait à un rêve fantasmagorique, tel un « serpent de mer ou une chimère » selon le journaliste, le rêve est pourtant devenu réalité le à l'occasion d'un match amical opposant l'équipe de France à l'équipe d'Espagne. La France avait été sacré championne d'Europe en 1984 mais ne disposait toujours pas de grand stade alors que toutes les grandes nations disposaient de stades pouvant accueillir près du double de la capacité du Parc des Princes. La finale de la coupe du monde en 1982 s'était déroulée devant 90 000 personnes à Madrid.

Le stade de France est inauguré en présence des plus illustres sportifs français, parmi lesquels Luc Alphand, Alain Prost, Jeannie Longo et Michel Platini[17], dont l'entrée dans l'arène succède à un spectacle animé par 1 200 jeunes[17] pour un coût estimé à 3 millions de francs[17]. Selon France 2, la fête rappelle la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 1992[17]. Deux jeunes de Seine-Saint-Denis clôturent la cérémonie en coupant un immense drapeau français de 80 mètres de long et 4,5 mètres de larges[17], pour enfin laisser place aux acteurs du match France - Espagne.

Avec ce match inaugural, le football français passe bien dans une nouvelle dimension. Il y a un « après », la Fédération française de football rappelant que ce soir-là, « l'histoire ne faisait que commencer » [18]. Dans le journal de 20 h, on évoque l'engouement que représente cet événement[19], et ces 79 000 personnes ayant bravé le froid « pour vivre ces instants historiques »[19]. Manolo a fait le déplacement en bon supporter de l'Espagne, mais il n'a pas voulu que son billet soit déchiré, pour que le souvenir de ce moment historique reste entier[19]. « Grandiose, immense, fabuleux » sont les trois qualificatifs les plus repris parmi le public[19].

Zinédine Zidane est le premier joueur de football à y avoir marqué un but, contre l'Espagne.

Le stade de France accueillera également les matchs de l'équipe de France de rugby. Philippe Bernat-Salles sera le premier joueur de rugby à XV à y avoir marqué un essai, contre l'Angleterre.

Volonté politique sous-jacente

L'objectif sous-jacent était d'accueillir les Jeux olympiques d'été, L'Île-de-France n'ayant pas de grands stades d'athlétismes moderne (Jean Bouin, Yves-du-Manoir, Charléty)[20],[21] car ce stade a une particularité : il est à la fois adapté aux sports collectifs (foot et rugby) et à l'athlétisme grâce à ses tribunes rétractables au premier niveau. Dès le départ, il a été conçu comme espace multifonctionnel, pluridisciplinaire[21]. Le stade de France est donc inclus dans les candidatures pour accueillir les Jeux olympiques en 2008, 2012 et 2024, qui est retenue.

À partir de là, il y a eu également toute une réflexion autour des effets bénéfiques de synergie que ce stade pourrait engendrer sur l'environnement local et le tissu urbain, notamment comme locomotive pour développer le territoire dans lequel il est implanté[21],[22].

Le stade de France est situé à Saint-Denis, dans le quartier de La Plaine Saint-Denis, au nord de Paris, sur des terrains d'anciennes cokeries de Gaz de France ayant appartenu à la ville de Paris. Jacques Chirac, l'ancien maire de Paris et futur président de la République française (RPR), ainsi que tous les maires des communes de Seine-Saint-Denis environnantes (à l'époque, du parti communiste) ont fait poids contre le projet opposé du grand sud-est de Paris, à Melun-Sénart, défendu par des personnalités politiques proches du parti socialiste[23]. Comme il s'agissait d'un département de banlieue ayant des difficultés sociales et culturelles, avec des populations plutôt défavorisées et que la région de Plaine Saint-Denis était devenue une friche industrielle, la volonté politique était aussi d’utiliser ce stade comme élément moteur pour rénover et re-développer tout le territoire[24],[22].

C'est ce qui s'est réalisé avec un nouvel espace urbain aménagé, de la Porte de la Chapelle au stade, notamment la construction de nouvelles infrastructures (A86 et rénovation A1, métro et train), de bureaux (KIA, AFNOR, Agences de Santé, plateaux de télévision et sociétés de production), de nouveaux équipements et projets (centre commercial, TV-Cité, Cité du cinéma, Siège SFR et Orange), de centres universitaires et culturels (antenne du CNAM, IUT, CESTI, annexe Musée Arts et Métiers, Multiplex Gaumont) et de logements du secteur social ou privé et hôtels (Accor Novotel et Ibis, Adagio, Marriott Courtyard, Campanile).

Le stade de France a aussi noué différents accords avec des associations qui ont souvent un but éducatif, afin de mieux s'intégrer à son environnement. Il permet à de jeunes enfants d’avoir accès à la culture, aux loisirs, notamment avec le Secours populaire français qui, chaque année ou tous les deux ans, invite des enfants de Seine-Saint-Denis à venir partager une expérience au stade de France. Ce qui favorise le développement culturel du territoire[21].

Critiques

On déclara que le stade fut à plusieurs reprises menacé par le risque de devenir un éléphant blanc[25],[26],[27]. La menace fut au maximum quand le projet de la fédération de rugby d'avoir son propre stade (son « Twickenham ») à Évry faillit aboutir mais fut annulé fin 2016. Les autres événements sont mitigées. La FFF doit contractuellement y faire jouer certain nombre de rencontres mais les matchs en province de l’équipe de France sont des succès constants. Depuis 2017, le meeting annuel d'athlétisme est relocalisé au Stade Charléty qui accueillera également les championnats d'Europe d'athlétisme en 2020.

Le Stade de France n'a toujours pas trouvé sa viabilité économique en 2017. Après une perte de 1,95 million d'euros enregistrée en 2015 par sa société gérante, le déficit triple avec 5,98 millions d'euros de perte en 2016 et un résultat d'exploitation de - 6,74 millions d'euros en 2016 contre -2,58 millions d'euros en 2015[28].

On proposa un plan de modernisation de 500 millions €, avec des loges et la suppression de la piste d'athlétisme, sauf si la candidature olympique pour 2024 aboutit. Ce qui fut le cas en 2017, le stade de France accueillera donc les Jeux en 2024 mais risque durant 7 ans de ne pas recevoir une épreuve d'athlétisme[29]. On considère qu'un club de football résident serait le meilleur moyen de pérennité[30].

Coûts

Le coût total de réalisation du stade de France est de 2 milliards de francs (305 000 000 ) HT dont 290 millions € HT de travaux répartis en[31] :

  • 122 millions € de gros œuvre ;
  • 45 millions € de toiture ;
  • 122 millions € de corps d'états secondaires (équipements, éclairage, ventilation, sonorisation, habillage, sièges, pelouse, etc.).

Entre 1998 et 2012, l’État doit verser 17 millions par an de pénalités au Consortium pour absence de club résident, soit 5 % du budget du ministère des Sports[32].

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