Stéganographie

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne les techniques de dissimulation d'information. Pour l'écriture abrégée, voir Sténographie.

La stéganographie est l'art de la dissimulation : son objet est de faire passer inaperçu un message dans un autre message. Elle se distingue de la cryptographie, « art du secret », qui cherche à rendre un message inintelligible à autre que qui-de-droit. Pour prendre une métaphore, la stéganographie consisterait à enterrer son argent dans son jardin là où la cryptographie consisterait à l'enfermer dans un coffre-fort — cela dit, rien n'empêche de combiner les deux techniques, de même que l'on peut enterrer un coffre dans son jardin.

C'est un mot issu du grec ancien στεγανός / steganós (« étanche ») et γραφή / graphế (« écriture »).

Histoire

Dans ses Histoires, l'historien grec Hérodote (484-445 av. J.-C.) rapporte ainsi une anecdote qui eut lieu au moment de la seconde guerre médique [1]. En 484 av. J.-C., Xerxès Xerxès Ier, roi des Perses, décide de préparer une armée gigantesque pour envahir la Grèce (Livre VII, 5-19). Quatre ans plus tard, lorsqu'il lance l'offensive, les Grecs sont depuis longtemps au courant de ses intentions. C'est que Démarate, ancien roi de Sparte réfugié auprès de Xerxès, a appris l'existence de ce projet et décide de transmettre l'information à Sparte (Livre VII, 239) :

« il prit une tablette double, en gratta la cire, puis écrivit sur le bois même les projets de Xerxès ; ensuite il recouvrit de cire son message : ainsi le porteur d'une tablette vierge ne risquait pas d'ennuis. »

Un autre passage de la même œuvre fait également référence à la stéganographie : au paragraphe 35 du livre V, Histiée incite son gendre Aristagoras, gouverneur de Milet, à se révolter contre son roi, Darius, et pour ce faire,

« il fit raser la tête de son esclave le plus fidèle, lui tatoua son message sur le crâne et attendit que les cheveux eussent repoussé ; quand la chevelure fut redevenue normale, il fit partir l'esclave pour Milet. »

En Chine, on écrivait le message sur de la soie, qui ensuite était placée dans une petite boule recouverte de cire. Le messager avalait ensuite cette boule.

Dès le Ier siècle av. J.-C., Pline l'Ancien décrit comment réaliser de l' encre invisible (ou « encre sympathique »). Les enfants de tous les pays s'amusent à le faire en écrivant avec du lait ou du jus de citron : le passage de la feuille écrite sous une source chaude (fer à repasser chaud, flamme de bougie...) révèle le message.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les agents allemands utilisaient la technique du micropoint de Zapp, qui consiste à réduire la photo d'une page en un point d'un millimètre ou même moins. Ce point est ensuite placé dans un texte normal. Le procédé est évoqué dans une aventure de Blake et Mortimer, S.O.S. Météores. Il reçoit aussi une belle illustration dans le film de Claude Pinoteau, Le Silencieux.

Un couple célèbre d'artistes de music-hall des années 1960, Myr et Myroska, communiquait les yeux bandés, en apparence par « transmission de pensée » et, en réalité, par un astucieux procédé stéganographique à base de phrases codées (dont, en particulier, des variantes de la phrase : « Myroska, êtes-vous avec moi ? »).

Le principe alors utilisé est toujours largement repris aujourd'hui [réf. nécessaire].

Other Languages
العربية: ستيغانوغرافي
беларуская (тарашкевіца)‎: Тайнапіс
български: Стеганография
bosanski: Steganografija
čeština: Steganografie
Ελληνικά: Στεγανογραφία
English: Steganography
español: Esteganografía
Bahasa Indonesia: Steganografi
italiano: Steganografia
Nederlands: Steganografie
português: Esteganografia
slovenščina: Steganografija
српски / srpski: Стеганографија
svenska: Steganografi
Türkçe: Steganografi
українська: Стеганографія
Tiếng Việt: Kỹ thuật giấu thư
中文: 隐写术