Sporting Club fivois

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SC Fives
Logo du SC Fives
Généralités
Nom complet Sporting Club fivois
Noms précédents Éclair fivois ( 19011910)
Fondation 1901
Disparition 1944
Statut professionnel 19321943
Couleurs Bleu et blanc
Stade Stade Jules-Lemaire
Siège Lille
Joueur le plus capé Drapeau : France François Bourbotte (181)
Meilleur buteur Drapeau : France Norbert Van Caeneghem (67)

Maillots

Couleurs de l’équipe
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Couleurs de l’équipe
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Domicile
Couleurs de l’équipe
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Extérieur

Le Sporting Club fivois, parfois appelé SC Fives ou SCF, est un ancien club de football français fondé en 1901 à Fives, quartier de la ville de Lille. Le SC Fives disparaît en 1944 en fusionnant avec la section football de Olympique lillois (OL) pour donner naissance au Stade lillois, futur Lille Olympique Sporting Club. Le siège social du club est situé à Lille et le SCF joue ses rencontres à domicile au stade Félix-Virnot, renommé en 1937 stade Jules-Lemaire.

Club anonyme dans les années 1910, le club remporte quatre titres de Promotion d'Honneur du Nord après-guerre mais n'arrive pas à se stabiliser en Division d'Honneur, plus haut niveau régional. Le club se fait cependant remarquer sur la scène nationale aux débuts du football professionnel français. Sa décision d'adopter le statut professionnel en juillet 1932 amène le grand rival qu'est l'OL à se professionnaliser à contrecœur. Ensuite, le club fivois termine vice-champion de France en 1934 et se distingue en Coupe de France en atteignant la finale de la Coupe de France 1941 et trois autres demi-finales ( 1935, 1938 et 1939).

Repères historiques

Période amateur (1901-1932)

Photo du groupe fivois de face. Six joueurs sont debout et cinq autres sont assis.
L'équipe du SC fivois lors de la saison 1921-1922, jouée en Division d'Honneur.

Le club voit le jour dans le quartier de Fives en 1901 [scf 1], avec l'aide de filateurs fivois et de la Compagnie Lilloise des Moteurs, usine filiale de Peugeot [1]. Connu d'abord comme l'Éclair fivois, le club devient le Sporting Club fivois (SCF) en 1910 [2]. Les Fivois rejoignent l'USSF [Note 1] et participent aux championnats du Nord USSF [3], [4], appelés parfois championnat des « Indépendants » [5]. Isolée, l'USSF rejoint en janvier 1914 la Fédération cycliste et athlétique de France (FCAF) [6]. Ainsi, le SC Fives participe au championnat du Nord FCAF en 1914 [7].

Après la guerre, le football français connaît de grands bouleversements. Les différentes fédérations (la FCAF mais aussi l' USFSA ou la FGSPF) ainsi que le Comité français interfédéral qui était le représentant de la France auprès de la FIFA disparaissent pour former la Fédération française de football association (FFFA) [8]. La FFFA crée les ligues régionales et chacune d'entre elles organisent les compétitions dans leur région. Présidée par Henri Jooris, la Ligue du Nord crée notamment la Division d'Honneur, plus haut niveau régional, et la Promotion d'Honneur, deuxième division de la Ligue. En même temps que la Ligue du Nord devient une des fédérations les plus importantes, la renommée de la DH Nord dépasse le cadre régional et devient connue pour être un championnat difficile [8], [9].

Pour sa première saison après-guerre, le SC fivois rejoint la poule B de la Promotion d'Honneur dans laquelle il n'obtient que trois victoires (dont une par forfait) [10]. Le SCF fait sa première apparition en Division d'Honneur en 1921 mais le club termine dernier de son groupe et retourne en PH [11]. Après cette relégation, les Fivois entament trois fois le même cycle sportif : champion de Promotion (1924, 1927, 1929 [scf 1]) et donc promu en Division d'Honneur mais incapable de se maintenir et relégué en fin de saison (1925, 1928, 1930, dernier du championnat à chaque reprise [11]). En 1932, le SC Fives décroche un quatrième titre de champion de PH Nord [scf 1].

Le SCF en première division (1932-1939)

Malgré ces résultats très poussifs, le président du SC fivois Louis Henno décide d'adhérer au professionnalisme. Henno prend cette décision à la suite du refus du grand rival l' Olympique lillois (OL) et de son président Henri Jooris d'adopter le statut professionnel [scf 1]. Le SCF est officiellement admis par la FFFA le 22 juillet 1932 [12]. Le statut professionnel permet au SC Fives d'attirer certains joueurs de l'OL comme George Berry, André Cheuva ou Louis Vandeputte [12].

Ces transferts, ainsi que la crainte de voir son public partir au profit du SCF [scf 1], [scf 2], motivent l'OL à revenir sur sa décision de refuser le professionnalisme. Bien que sa demande d'adhésion soit hors délai [scf 2], la FFFA l'accepte [8]. La ville de Lille voit donc deux de ses clubs participer à la première édition du championnat de France professionnel. Le SC Fives et l'Olympique lillois se côtoient ainsi parmi l'élite professionnelle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Photo en plein match. Sous le regard de ses coéquipiers et d'un adversaire, un joueur frappe dans la balle.
SC fivois – Olympique lillois en septembre 1934.

Placés respectivement dans le groupe B et le groupe A de la Division Nationale 1932-1933, les Fivois et les Olympiens ont la possibilité de s'affronter en finale du championnat si les deux clubs terminent premiers de leur groupe. Si l'Olympique lillois termine premier de son groupe cinq points devant l' Olympique de Marseille, le SCF termine lui premier non relégable, avec trois points d'avance sur le Red Star Olympique [13]. La fin de la saison fivoise est marquée par un évènement extra-sportif. Le 8 mai 1933, le bureau fédéral de la FFFA décide de déclasser le FC Antibes, ce qui permet à l' AS Cannes de se qualifier pour la finale du championnat contre l'OL. Ce déclassement fait suite à une plainte des Fivois concernant le match les opposant à Antibes, décisif pour la première place du groupe. Le club affirme que Valère, l'entraîneur antibois, s'est rendu à Fives et a proposé à Louis Henno de laisser filer la rencontre [14]. Convoqué par la fédération, Valère avoue la tentative de corruption et est radié à vie [15].

La saison 1933-1934 est la meilleure saison du club fivois en championnat de France [scf 3]. Grâce à sa défense (la meilleure cette saison-là avec 31 buts encaissés seulement), les Fivois terminent vice-champions, un point derrière le FC Sète emmené par le prolifique buteur hongrois Istvan Lukacs. La saison du SC Fives est également ponctuée par les résultats positifs (une victoire à domicile, un match nul au stade Victor-Boucquey) obtenus contre l'OL, alors champion de France en titre. Ces deux matchs sont soulignés par le rival lillois pour justifier la perte du titre de champion de France [scf 4].

Les saisons suivantes en première division sont décevantes, le SC fivois n'arrivant pas à se mêler dans la course au titre à cause de résultats irréguliers [scf 5]. Entre 1935 et 1939, le SC Fives oscille entre la neuvième et la douzième place du championnat. Le club réalise cependant des bons parcours en Coupe de France, atteignant trois fois les demi-finales et une fois les quarts de finale en cinq ans [scf 6]. Battus en 1935 par le Stade rennais en demi-finale [scf 3], les Fivois accrochent en quarts de finale de l'édition 1935-1936 le FC Sochaux, champion de France en titre. Après deux matchs nuls (0-0, 2-2), le SC Fives perd finalement le deuxième match d'appui 1-0 [scf 7].

En 1938, le SC Fives élimine en quart de finale le rival qu'est l'Olympique lillois au bout de trois rencontres (2-2 puis 0-0 et enfin 2-0) avant de s'incliner une nouvelle fois en demi-finale contre le FC Metz après prolongations [scf 8]. L'année suivante, les Fivois tombent une nouvelle fois en demi-finale, cette fois contre le Racing Club de Paris sur le score d'un but à zéro [scf 8].

Saisons de guerre et fusion avec l'OL (1939-1944)

Lors de la saison 1939-1940, les activités du club sont stoppées par la Seconde Guerre mondiale. Voyant son effectif mobilisé par l'armée française ainsi que le retour des joueurs étrangers dans leur pays, le club ne dispute pas le championnat 1939-1940. Il est cependant sélectionné par la FFFA pour participer à la Coupe de France 1940 [scf 9], dans laquelle les Fivois sont battus en quart de finale par le FC Rouen.

Devant les trois arbitres, les capitaines des deux équipes se serrent la main juste avant la rencontre.
Les Fivois emmenés par François Bourbotte (à gauche) sont battus en finale de la Coupe de France 1941 par Bordeaux (0-2).

Après plusieurs échecs en demi-finales, le SCF atteint la finale de la Coupe de France 1941 tout comme les Girondins ASP de Bordeaux. Si les Girondins ont atteint cette finale après une série de six matchs dans la Zone occupée [Note 2], les Fivois n'ont atteint cette finale qu'au bout de deux matchs (élimination du RC Lens puis de l' Excelsior de Roubaix [scf 9]). Pour autant, ce match est considéré bel et bien comme la finale de la compétition par la Fédération française de football en soulignant la différence de parcours entre les deux clubs [16]. Sur le terrain, les Fivois résistent mais sont finalement battus deux buts à zéro par des Bordelais plus expérimentés [scf 9]. L'Espagnol Santiago Urtizberea inscrit les deux buts de la rencontre dans la dernière demi-heure.

Les deux saisons suivantes sont décevantes en coupe, le club étant éliminé dès les huitièmes de finale en 1942 et en quarts de finale en 1943 [17], [18]. Mais les Fivois se rattrapent en championnat en terminant deuxième du championnat de Zone interdite [Note 3] en 1941 et 1942 (à chaque fois derrière le RC Lens) puis en finissant troisième du championnat du Nord de la France en 1943 [19].

Au printemps 1943, l'idée d'une fusion entre le SC Fives et l'OIC Lille (fusion de l' Olympique lillois et de l' Iris Club lillois) est lancée par le président de l'OICL Henri Kretzschmar [scf 10], [14], mais elle est rejetée par les dirigeants fivois [20]. Ce projet est stoppé par la mise en place du championnat fédéral 1943-1944 par Joseph Pascot [scf 11]. Les joueurs professionnels de Fives et Lille sont désormais affectés à l' équipe fédérale Lille-Flandres. Le SC fivois ainsi que l'OICL perdent leur statut professionnel mais sont tout de même autorisés à jouer la Coupe de France 1943-1944. Le SCF est éliminé dès les trente-deuxièmes de finales, battu quatre buts à trois par le Stade français- CAP [21].

À la fin de la saison, les partisans d'une fusion refont surface [scf 12]. Dans le même temps, l'Iris Club reprend son indépendance ; l'OICL redevient donc l'OL pendant l'été 1944. Dans un premier temps opposés à cette fusion, Louis Henno et le SC Fives l'acceptent finalement après de nombreuses négociations pour pouvoir concentrer les moyens et éviter la disparition du club [20]. Les Fivois obtiennent notamment l'alternance des matches à domicile du futur club au stade Jules-Lemaire (enceinte du SCF) et au stade Henri-Jooris (terrain de jeu de l'OL) [22].

Le Sporting Club fivois disparaît ainsi le 23 septembre 1944 à la suite de la fusion avec l'Olympique lillois [scf 13]. Le nouveau club est baptisé « Stade lillois » [scf 10]. Sous cette dénomination, le club participe à deux matchs amicaux et aux deux premières journées du championnat de guerre 1944-1945, et les remporte tous les quatre [Note 4]. Le , le nom «  Lille Olympique Sporting Club » (« Lille Olympique » en souvenir de l'Olympique lillois et « Sporting Club » en hommage au SC Fives) est adopté après assemblée générale [23]. La fusion ainsi que le nouveau nom sont officiellement enregistrés le 25 novembre 1944.

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