Sport en Chine

Introduit en Chine à la fin du e siècle par les puissances européennes, le concept moderne de sport et ses pratiques compétitives font aujourd'hui partie de la culture populaire chinoise, en République populaire comme à Taïwan. Si quelques sports occidentaux comme le football, le tennis de table et le basket-ball y sont aujourd'hui très pratiqués, d'autres pratiques physiques dites « traditionnelles » restent populaires, tels que les arts martiaux ou les gymnastiques de santé.

La Chine s'est notamment illustré à partir de 1984 aux Jeux olympiques. D'après ses résultats sportifs, la Chine est actuellement la deuxième nation au monde, derrière les États-Unis.

Histoire

Jeux, arts et exercices physiques traditionnels

Serviteurs jouant avec un ballon (cuju). Illustration du XV-XVIe siècle

De nombreux jeux et activités physiques font partie de l'ancienne culture chinoise : les arts de l' archerie ou de la conduite de chariots mis à avant par le confucianisme, des jeux de ballon inclus dans l'entrainement militaire, des jeux aristocratiques, des démonstrations de techniques militaires (tel les démonstrations de shou bo au IIIe avant notre ère). D'anciennes gymnastiques et exercices respiratoires sont également pratiquées depuis des siècles, inspirés par des principes taoïstes, tel le qi gong. Au moins dès le XVI-XVIIe siècle, de nouvelles pratiques martiales s'établissent en tant que « systèmes » de combat à main nue, avec une ambition de développement physique et spirituel plutôt que d'efficacité militaire [1].

Importation du sport moderne à la fin du XIXe siècle

Six experts de lutte chinoise, lors d'une compétition à Tianjin en 1936
« Peut-être n’existe-t-il rien que font les Chinois qui ne diffère plus de leurs amis Occidentaux que le sport. Les chinois ne comprendront jamais pourquoi on s’y rassemble par milliers juste pour voir un jeu. »
— Wu Tingfang, 1914 [2]

À la fin du XIXe siècle, sous la dynastie Qing, les puissances colonisatrices européennes introduisent le sport (au sens anglo-saxon) dans leurs écoles en Chine ou dans les académies militaires. Dans les grandes villes où s'exercent l'influence occidentale, le concept de sport apparait. Ce concept est traduit en chinois par les termes 体育 / 體育, tǐyù, «  éducation physique » (1895) et 体操 / 體操, tǐcāo, «  gymnastique » [3]. La pratique sportive se popularise au début du XXe, suivis de la création d'associations sportives chinoises et de la première compétition nationale en 1910 [4].

L'Empire, puis à partir de 1912 la République tentent de limiter cette influence culturelle étrangère, en adaptant et favorisant des activités physiques d'origine chinoise. L'enseignement public des arts martiaux chinois est par exemple encouragé, ces arts étant considérés comme un moyen de promouvoir la fierté patriotique et de renforcer la nation. Dans cette « invention » d'une pratique sportive historique, deux termes (encore d'usage actuel) apparaissent vers 1910 : 古代体操, gǔdài tǐyù, « sport ancien » et 国操 guócāo tiyu « sport traditionnel/national » [5].

Dans la République populaire de Chine

« Développer l’éducation physique et le sport, renforcer les qualités physiques du peuple. »
Mao Zedong, 10 juin 1952. Slogan affiché dans la plupart des écoles, stades et gymnases [3].

Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, les dirigeants communistes chinois s'intéressent aux sports comme moyen d'améliorer « la qualité physique du peuple », de le rendre plus productif, et comme moyen de « faire briller la nation ». Dès 1952, le maréchal He Long nommé par le comité central à la tête de la Commission nationale chargée des sports (国家体育委员会) regroupe les meilleurs sportifs de la Chine afin de participer aux compétitions internationales. À cette époque, les dirigeants de la République populaire espèrent que le Comité international olympique (CIO) reconnaîtra la délégation de la RPC comme seule délégation autorisée à représenter « la Chine ». Cette quête de victoires en compétition internationale pour « l'honneur de la nation » qui se manifeste également par la naissance d'un réseau structuré d'équipes provinciales, de villes et d'écoles de sport se heurte à une position défavorable du CIO qui ne résout pas le problème des deux Chines ( Taïwan et la RPC). Au début des années 1980, un compromis est trouvé et la RPC rejoint la famille olympique. Dès lors le sport connaît en Chine un engouement sans précédent.

Parmi les sports phares en Chine, on compte le tennis de table (乒乓 pīngpāng), le basket-ball (popularisé avec Yao Ming, premier basketteur chinois sélectionné à la NBA).

La sélection de Pékin comme ville organisatrice des Jeux olympiques d'été de 2008 a fait suite à de nombreux efforts de la part du gouvernement chinois dans ce sens, et a consacré l'accession du sport en Chine comme symbole fort d'identité culturelle.

En ce qui concerne les résultats sportifs, la Chine est actuellement la deuxième nation au monde, derrière les États-Unis [6].

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