Socialisme libertaire

Le 1er mai 2012, lors de la manifestation Occupy Chicago (en).

Le socialisme libertaire[1] est une idéologie et un mouvement politique visant d'une part à l'abolition de l'État et du capitalisme, considérés comme deux formes d'oppression indissociables, et d'autre part à l'instauration d'une société égalitaire, délestée des principes antisociaux de la propriété privée et des institutions de type étatique, et fondée sur l'autogestion et la responsabilité individuelle.

Définitions

Le socialisme libertaire est principalement théorisé par Mikhaïl Bakounine et se sépare à sa mort entre communistes libertaires et collectivistes libertaires.

Michel Bakounine (1814-1876).

Le socialisme libertaire regroupe un ensemble de philosophies politiques qui visent à établir une société libre de toute hiérarchie politique, sociale et économique – une société d'où toute institution coercitive, répressive, autoritaire ou violente soit exclue, et dans laquelle toute personne aurait un accès libre et égal à toutes les ressources d'information et de production – ou encore une société dans laquelle de telles institutions seraient réduites au minimum[2].

Dwight Macdonald définit ainsi le socialisme libertaire : « une société sans classe et sans État, dans laquelle la production est coopérative, et où aucun individu n'exerce de domination politique ou économique sur une autre », une société qui « serait jugée à l'aune des possibilités qu'elle offre à l'individu de développer ses talents et sa personnalité »[3].

Cette égalité et cette liberté seraient réalisées principalement à travers l'abolition des institutions d'autorité d'une part, et de la propriété privée d'autre part[4], afin que le contrôle direct des moyens de production soit détenu par l'ensemble de la classe laborieuse.

Le socialisme libertaire prône en cela l'identification, la critique et le démantèlement pratique de toute autorité, conçue comme illégitime dans tous les aspects de la vie sociale. Aussi les socialistes libertaires considèrent-ils que « l'exercice du pouvoir sous quelque forme institutionnelle, qu'elle soit économique, politique, religieuse ou sexuelle – fait autant violence à celui qui l'exerce et celui qui le subit »[5].