Sinclair Research

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Sinclair Research Ltd.
logo de Sinclair Research

Création Cambridge, Angleterre ( 1961)
Disparition Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Clive Sinclair Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Sir Clive Sinclair, fondateur
Forme juridique Société ouverte à responsabilité limitée Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Londres, Angleterre
Activité Ordinateurs
Électronique
Équipement Hi-fi
Effectif 140 (1980s)
3 (1990)
1 (1997)
Site web Sinclair Research

Sinclair Research Ltd, Sinclair Radionics et autres marques (cf. l'historique des marques) sont des entreprises anglaises de matériel électrique, électronique et informatique, juridiquement distinctes mais historiquement analogues, créées par Clive Sinclair. La société Sinclair Radionics naît à Cambridge en 1961 puis, à la fin des années 1970, est abandonnée au profit de la société Sinclair Research, principalement connue pour ses ordinateurs ZX80 et ZX81, pionniers de l'informatique individuelle.

Son catalogue comprenait, en plus de l'équipement hi-fi, des calculatrices, des radios, etc., dont le point commun était l'innovation ou la taille réduite : la désignation de chaque produit comme le plus petit au monde est habituelle dans le marketing de la marque.

Sinclair conçoit en 1966 la première télévision de poche, mais sans la mettre sur le marché. En 1972, elle commercialise la première calculatrice de poche, la Sinclair Executive. Plusieurs autres modèles suivent, comme les Sinclair Cambridge, Sinclair Scientific et Sinclair Oxford.

En 1980, Sinclair entre sur le marché des micro-ordinateurs avec le ZX80, vendu alors £99.95, et qui reste l'ordinateur individuel le moins cher commercialisé au Royaume-Uni. En 1982, le ZX Spectrum est créé et devient l'ordinateur le plus vendu au Royaume-Uni; l'entreprise est alors au sommet de son succès. Sinclair crée le MetaLab research center à Milton Hall (près de Cambridge), laboratoire de recherche sur les technologies de pointe : intelligence artificielle, circuits intégrés de grande taille, etc. En 1984 et 1985, les pertes économiques dues à l'ordinateur Sinclair QL, à la télévision de poche TV80 et au projet de voiture électrique C5 poussent l'entreprise à la faillite, les droits sur les produits et la marque sont vendus à Amstrad en 1986 [1]. La société reste toutefois en vie et propose, encore aujourd'hui, des produits.

Le ZX81 de Sinclair Research.

Les vingt premières années : de 1961 à 1980

Sinclair Radionics

Clive Sinclair fonde Sinclair Radionics le à Cambridge, en vue de commercialiser des produits hi-fi, des radios, des calculatrices et autres instruments scientifiques, la plupart disponibles en kit (prêt-à-monter); il utilise à cet effet des fonds rassemblés en écrivant des articles pour la revue Practical Wireless.

Les premiers produits de Sinclair Radionics seront des radios, dont la série est inaugurée par la Sinclair Slimline, vendue en kit en 1963. Elle est suivie un an plus tard par la Micro-6, présentée à tort comme 'la plus petite radio au monde' [2], portée au poignet à l'aide d'un bracelet en nylon (elle était alors appelée Transrista). La Micro-FM de 1965, qualifié de 'premier récepteur FM de poche du monde' , essuie de gros problèmes techniques, dont le principal est de recevoir difficilement les stations radio [3]. En 1967, Sinclair recycle la Micro-6 et commercialise la Micromatic, elle aussi qualifiée de 'plus petite radio au monde' ; ce modèle se vendra mieux que les précédents [4].

La hi-fi entre au catalogue de Sinclair en 1966, avec le Stereo 25, un préampli à bas coût, dont la production s'arrête en 1968 à cause d'un manque de transistors [Note 1]. Il est remplacé en 1969 par le Stereo 60, qui fait partie d'un ensemble de produits audio nommé Project 60, appelé à devenir le plus gros succès de Sinclair dans ce secteur [5]. Les kits Project 605 (1972), puis Project 80 (1974) complèteront ce succès.

La Sinclair 'Black Watch'

L'année 1966 voit aussi l'arrivée de Sinclair Radionics dans la conception de téléviseurs : la Microvision, première télévision portable, ne sera pas commercialisée, car la complexité de l'appareil exclut sa production [6]. L'année d'après, une version évoluée, nommée Microvision TV1A/MON1A, est cette fois commercialisée, mais son prix handicape les ventes, et les derniers modèles sont bradés. En 1978, la version TV1B apparaît, mais malgré les espoirs de succès de Sir Clive Sinclair, les ventes sont à nouveau décevantes [7], la technologie développée est alors revendue à Binatone.

Pendant les années 1970, Sinclair se concentre sur la création de calculatrices de poche efficaces et au prix abordable. En 1972, il commercialise la première calculatrice de poche au monde [8], la Sinclair Executive. Elle ne peut que faire des opérations mathématiques de base, comme l'addition, la soustraction, la multiplication et la division, et son affichage, utilisant des diodes électroluminescentes, vide très vite les batteries, au point que celles-ci risquent d'éclater lors d'une utilisation prolongée [9]. Malgré cela, c'est un énorme succès, qui rapporte beaucoup d'argent à la société, et qui sera amélioré en 1973 avec l'Executive Memory.

En 1975 sont commercialisées les Sinclair Oxford, versions 100, 150, 200 et 300, puis la Sinclair Scientific. La série Oxford est au départ une commande de la marque Gillette, qui refuse finalement l'appareil. Une fois encore, la calculatrice souffre d'une pile qui n'est pas à la hauteur de sa consommation [10]. En 1977, Sinclair tente de prendre place dans le haut de gamme avec sa Sinclair Sovereign, disponible avec finition chromée, ou en plaqué or ou argent [11], mais si cette calculatrice est appréciée pour sa conception et son apparence, elle n'a qu'un succès limité. En 1978, une calculatrice plus complète, la Sinclair President, est le dernier modèle de la marque, mais n'est pas une réussite, à cause de la concurrence féroce des équivalents asiatiques [12].

Le ZX80, premier véritable ordinateur de Sinclair.

En août 1975, Sinclair commercialise sa montre à quartz en kit (aussi disponible montée), la Black Watch. Encore une fois, les piles sont défaillantes, mais en plus la précision est mauvaise (son quartz est très sensible à la température), la montre est fragile (elle peut être grillée par l' électricité statique d'un pull-over), le service après-vente est débordé... Le produit est un désastre, les pièces qui restent en stock sont recyclées dans l'horloge Microquartz qui se vend bien [13] mais ne compense pas l'importante perte d'argent subie par l'entreprise.

Un an après, en août 1976, une part importante (43 %) de la société est rachetée par un acteur externe nommé National Enterprise Board. En 1977, la NEB prend le contrôle de Radionics avec 73 % des actions [14]. Ne voulant pas partager le contrôle de sa société, Clive Sinclair démissionne en juillet 1979, pour se rabattre sur son autre entreprise, « Sinclair Instrument » [Note 2]. Chris Curry, qui travaillait à Sinclair Radionics depuis 1966, l'accompagne dans un premier temps, avant de créer sa propre entreprise Acorn. Binatone rachète les produits télé et les calculatrices de Radionics, dont le nom est remplacé par « Sinclair Electronics » (septembre 1979), puis par « Thandar Electronics », qui commercialise les produits restants.

La nouvelle société de Clive Sinclair développe la Wrist Calculator, une montre-calculatrice qui est un succès commercial [15]. En juillet 1977, l'entreprise est rebaptisée « Science of Cambridge ».

Science of Cambridge

Imprimante thermique pour le ZX-81

Au début de cette période, Ian Williamson montre à Chris Curry un prototype d'ordinateur monté à partir d’éléments d'une calculatrice Sinclair et utilisant un microprocesseur SC/MP [Note 3] de marque National Semiconductor. Impressionné, Chris Curry encourage Sinclair à produire l'ordinateur; un accord est conclu avec Williamson, mais aucun contrat n'est signé. National Semiconductor propose de remanier le projet en n'utilisant que ses propres composants et en se chargeant de la production.

En juin 1978, Science of Cambridge commercialise son premier micro-ordinateur en kit, le MK14, reposant sur les composants de National Semiconductor. Ce kit se vendra à 50 000 exemplaires, malgré le caractère rudimentaire de l'écran (une ligne de 8 ou 9 diodes électroluminescentes rouges) et du clavier (qui n'a que 20 touches) [16]. Dès juillet de la même année, un autre projet d'ordinateur est lancé : Sinclair commence à concevoir le Grundy NewBrain avec Mike Wakefield (concepteur du hardware ou matériel) et Basil Smith (concepteur du software ou logiciel), mais s'apercevant que la machine dépassera le prix de 100 livres, il fait remplacer le projet par celui du ZX80, qui démarre en mai 1979. Le ZX80 est commercialisé en février 1980, pour 79,95 livres non monté ou 99,95 livres prémonté [17]. En novembre de la même année, l'entreprise est rebaptisée « Sinclair Computers Ltd ».

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