Siemens

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Siemens AG
logo de Siemens
illustration de Siemens

Création1847
FondateursWerner von Siemens
Forme juridiqueAktiengesellschaft (Société par actions)
ActionSIE
SI
SloganIngenuity for lifeVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège socialMunich, Bavière
Drapeau d'Allemagne Allemagne
DirectionJoe Kaeser (PDG)[1]
DirecteursJim Hagemann Snabe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
ActionnairesSiemens (en) (6,45 %)[2], Action en réserve (4,78 %)[3], Qatar Investment Authority (3,27 )[4] et BlackRock (5,63 %)[5]Voir et modifier les données sur Wikidata
ActivitéConception, développement, fabrication et mise en marché
ProduitsAutomation, télécommunications, matériels ferroviaires, industrie automobile, électroménager, éclairage, informatique, audiovisuel, équipement médicaux, semi-conducteurs, centrales électriques, appareils rayons X, équipements électriques, métallurgie
FilialesSiemens PLM Software (en), Siemens Financial Services (en), Faraday (en), Siemens Canada (en), Siemens (d), Siemens (d), Siemens (d), Siemens (d), Siemens (d), Siemens Israel (d), Siemens (d), Siemens (d), Dade Behring (en), Siemens Communications (en), Siemens Information Systems Ltd (en), Siemens Wind Power (en), EMeter (en), Dresser-Rand Group (en), Siemens Healthcare (en), Siemens Saudi Arabia (en), Siemens Limited (d), Siemens (Portugal) (d), Siemens (Austria) (d), Siemens (Romania) (d), Siemens (Greece) (d), Siemens (Sweden) (d), Siemens (China) (d), Siemens (Norway) (d), Siemens (Singapore) (d), Siemens (United Kingdom) (d), Siemens (United States) (d), Siemens (Netherlands) (d), Bosch Siemens Hausgeräte et Nokia Networks
Effectif348 000 (2015)
Site webwww.siemens.com

Capitalisation92,293 milliards d'euros
Chiffre d’affaires83,049 milliards d'euros (2017)
Résultat net5 584 000 000 € ()[6]Voir et modifier les données sur Wikidata

Siemens (prononcé en allemand : /ˈziːmɛns/) est un groupe international d’origine allemande spécialisé dans les hautes technologies et présent dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie et de la santé. Il a été fondé en 1847 par Werner von Siemens. Le groupe, dont le siège est à Munich, est le premier employeur privé d'Allemagne[7], et la plus grande société d'ingénierie (en termes d'effectifs) en Europe.

Histoire

Avant la Première Guerre mondiale

En 1847 Werner Siemens révolutionne la télégraphie en inventant "le télégraphe à index électrique". Le , sur la base de cette invention, il fonde avec son ami Johann Georg Halske (1814–90) et son cousin Johann Georg Siemens (1805-79), l'entreprise Telegraphen Bau-Anstalt von Siemens & Halske et installe le le premier atelier au numéro 19 de la Schöneberg Strasse à Berlin. À la fin de l'année 1848, le petit atelier compte déjà 10 employés.

Laisser passer en cuivre rouge de l'entreprise Siemens. Fondation en 1878 à Paris de "Siemens Frères - Ingénieurs Electriciens" Installations 11, rue de Châteaudun puis 8, rue Picot et 181, rue de la Pompe, filiale de Siemens Allemagne

En 1848, Siemens construit la première ligne de télégraphe à longue distance en Europe, s'étendant sur 500 km de Berlin à Francfort-sur-le-Main. En 1850 le jeune frère, Carl Wilhelm Siemens, ouvre un bureau de représentation à Londres. Dans les années 1850, la société participe à la construction d'un réseau de télégraphe à longue distance en Russie. En 1855, une branche de l'entreprise ouvre à Saint-Pétersbourg, dirigée par un autre frère, Carl Heinrich von Siemens (en)[8].

En 1866, Werner Siemens découvre le principe de la dynamo-électrique[9].

En 1881, un alternateur à courant alternatif Siemens, entraîné par une turbine hydraulique, est utilisé pour alimenter le premier éclairage urbain à Godalming, Royaume-Uni. La compagnie continue de croître et se diversifie dans les motrices électriques et les ampoules à incandescence.

En 1888, Werner Siemens est anobli et s'appelle désormais Werner von Siemens[réf. nécessaire].

En 1890, le fondateur se retire et laisse les rênes de la compagnie à son frère Carl et à ses enfants Arnold et Wilhelm[réf. nécessaire].

En juillet 1897, l’entreprise devient une société anonyme (SA) opérant sous le nom Siemens & Halske AG[10].

En 1907 et en 1911, Siemens pose les câbles téléphoniques reliant la France et l'Angleterre, à partir d'Audresselles. Ces câbles sont encore en parfait état car protégés de l'oxydation. Ils témoignent de l'excellente qualité du matériel Siemens de cette époque autant que de l'incapacité des gouvernants français à envisager véritablement une guerre avec l'Allemagne.

Pendant la Première Guerre mondiale

Action de la Siemens & Halske AG en date du Mai 1920 [11]

Deux filiales de Siemens, Siemens-Schuckert et Siemens & Halske, collaborent pour réaliser une série de chasseurs dont le plus connu est le Siemens-Schuckert D.III. Siemens-Schuckert fabrique les cellules, et Siemens & Halske fabrique les moteurs. Ces appareils à hautes performances ne réalisent toutefois pas la brillante carrière qu'on aurait pu espérer, en raison des problèmes de mise au point du moteur[12].

Pendant la Seconde Guerre mondiale

Dans le cadre du projet nazi de « l'extermination par le travail », Siemens employait de la main d'œuvre puisée parmi les déportés. Elle possédait une usine au sein même du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz (Auschwitz-Birkenau)[13],[14]. Selon Marcel Tuchman, rescapé d'Auschwitz, il s'agissait de travail forcé, mais cela lui a sauvé la vie[15].

Durant la seconde guerre mondiale l'entreprise Siemens située dans la ville de Graz en Autriche s'appellait Simmering Graz und Paucker A.G. elle employait les prisonniers de guerre français que le gouvernement de Vichy fournissait aux nazis pour le travail dans les usines, usines dont les travailleurs allemands étaient sur le front russe.

Après la Seconde Guerre mondiale

Le , Siemens crée le consortium Unidata, projet européen destiné à permettre dans les années 1970 l'émergence d'une grande industrie informatique européenne à l'identique d'Airbus dans l'aéronautique. Les compétences des trois participants étaient valorisées : la Compagnie internationale pour l'informatique (CII) recevait la maîtrise d'œuvre l'architecture des machines et le logiciel, la technologie électronique revenait à Philips, et Siemens se chargeait des périphériques mécaniques. Siemens vendait des machines RCA, qui venait d'être obligé d'abandonner l'informatique, pénalisé par la décision d'IBM d'infléchir sa politique de compatibilité de l'IBM 360[16] tout en cassant les prix.

Valéry Giscard d'Estaing élu président en 1974 mit fin au projet en 1975 : la France dénonça unilatéralement l'accord Unidata et CII fusionna avec Honeywell-Bull. Philips ne revint plus jamais dans l'informatique et Siemens rejoignit Fujitsu, pour ensuite devenir un des grands constructeurs mondiaux, même si sa filiale Nixdorf sera affaiblie par la montée en puissance des ordinateurs UNIX à la fin des années 1980[17].

Les années 1990

En 1991, Siemens rachète Nixdorf Computer AG[18].

En aux États-Unis, un groupe de survivants de l'holocauste intente une action en justice contre des sociétés allemandes célèbres pour leur participation aux exactions durant le régime nazi. Le , la BBC News reporte que Siemens lançait une vaste collecte de fonds en compensation aux survivants de la Shoah. La démarche est contestée par d'anciennes déportées, qui refusent d'être considérées comme de simples travailleuses qu'on aurait oublié de payer. Elles demandent que Siemens reconnaisse qu'elles étaient des esclaves[19]. Lorsque d'anciennes déportées de Ravensbrück demandent que la somme d'indemnisation soit versée collectivement pour l'entretien du musée qu'elles avaient ouvert dans l'ancien camp, Siemens refuse[20].

Peu de temps après, Volkswagen, qui était aussi poursuivi, a annoncé la création d'un système de compensation similaire à celui de Siemens[21].

Les années 2000

Au cours des années 2000, Siemens s'est recentré sur ses activités principales. Il a vendu son activité d'analyse des matériaux par rayons X à son compatriote Bruker en 1997, cédé en Bourse son activité semi-conducteurs en 2000 (Infineon)[22], vendu son activité téléphones mobiles au taïwanais BenQ en 2005[23], regroupé ses activités de réseaux de télécommunications mobiles avec celles du finlandais Nokia en 2006[24], cédé son activité équipements automobiles Siemens VDO à son compatriote Continental AG en 2007[25], vendu sa filiale de hardware informatique au japonais Fujitsu en 2009, vendu son activité de services informatiques au français Atos Origin en [26], vendu son activité centrales nucléaires à Areva en [27], et envisage de céder en Bourse une partie de son activité éclairage Osram à l'automne 2011.

Le , Nokia et Siemens annoncent la fusion de leurs activités de réseaux de télécommunication, donnant ainsi naissance à un géant mondial : Nokia Siemens Networks[28].

Le , la Commission européenne, représentée par la commissaire à la Concurrence Nelly Kroes, a condamné Siemens ainsi que neuf autres entreprises opérant dans le secteur des appareillages de commutation pour entente illégale qui viole les règles des traités européens. Siemens a été condamnée à verser une amende de 418 millions d'euros au budget européen[29].

Le , le groupe Siemens emploie 430 000 salariés à travers le monde. En , Nokia licencie 16 750 pour répondre à ses objectifs de réduction des coûts[30].

En , Siemens est condamnée, par les justices américaine et allemande, à payer une amende totale de 980 millions d'euros pour corruption et lacunes dans son contrôle de gestion[31],[32].

Les années 2010

Le , Siemens remporte la commande de 10 trains à grande vitesse auprès de la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar[33]. Fin 2010, le groupe Siemens emploie 405 000 salariés à travers le monde. Présent dans 190 pays, il réalise un chiffre d’affaires de 75,978 milliards d’euros[34]. En , Siemens vend sa filiale Siemens IT Solutions and Services (SIS) à la SSII française Atos Origin pour 850 millions d'euros, et crée la plus importante SSII d'Europe dont Siemens détient 15 %[35].

Siemens annonce en la cession de sa part de 34 % dans le capital d'Areva NP, filiale du fabricant de centrales électriques nucléaires français Areva. Cette participation était issue du rapprochement des activités nucléaires de l'allemand avec Framatome en janvier 2001[36]. Cette transaction ouvre la voie à Siemens pour une nouvelle coopération dans les centrales nucléaires, cette fois avec le russe Rosatom[37]. En , Siemens annonce la commande de 300 trains à grande vitesse ICx par la Deutsche Bahn, à livrer d'ici 2030, pour environ 6 milliards d'euros[38]. Siemens est actuellement le numéro trois mondial des trains à grande vitesse avec 214 rames en circulation dans le monde en 2010, derrière Alstom (611 rames en circulation) et Hitachi-Kawasaki (345)[39]. Siemens envisage d'introduire en Bourse à l'automne 2011 son activité éclairage Osram, numéro deux mondial de son secteur derrière Philips mais devant General Electric. Osram, 4,7 milliards d'euros de chiffre d’affaires, appartient à Siemens depuis 1920[40]. C'est la seule activité de Siemens n'en portant pas la marque[41]. Le , le groupe annonce qu'il renonce à ses activités dans le domaine du nucléaire civil pour se consacrer davantage aux productions d'énergies renouvelables. Cette annonce fait suite à la prise de conscience de la société civile et politique allemande au sujet des risques nucléaires et à la catastrophe de Fukushima[42].

Fin novembre 2012, Siemens rachète la filiale rail de Invensys pour 2,2 milliards d'€, au même moment, Siemens annonce son retrait des secteurs du bagage, du tri postal et du colis[43],[44].

En 2013, Siemens annonce l'arrêt de sa filiale de production énergétique solaire, après l'échec de sa mise en vente[45]. Le 1er juillet 2013, Siemens a annoncé vendre sa participation de 49,9 % dans Nokia Siemens Networks à Nokia pour 1,7 milliard d'euros[46],[47]. En octobre 2013, Wood Group forme une coentreprise avec Siemens, en possédant 51 % de cette structure spécialisée dans les turbines à gaz[48].

En mai 2014, Siemens acquiert les activités de turbines à gaz de Rolls-Royce pour 950 millions d'euros. Siemens se restructure dans le même temps en 9 divisions au lieu des 4 activités sectorielles de Siemens. Les activités de santé deviennent autonomes au sein de Siemens sans être scindées. Les activités en audiologie sont scindées[49]. Dans la foulée, Siemens annonce la suppression de 11 600 postes, liée à la réorganisation de l'entreprise[50]. Cette annonce est ramenée à 7 800 emplois en février 2015[51]. En juillet 2014, Siemens vend ses activités en microbiologie à Danaher pour un montant inconnu[52]. En août 2014, Siemens vend son activité de management et de services informatiques pour le secteur de la santé à Cerner pour 1,3 milliard de dollars[53]. En septembre 2014, Siemens acquiert l'entreprise américaine d'équipement parapétrolier Dresser-Rand pour 7,6 milliards de dollars, alors que celle-ci était engagé dans un processus de fusion avec l'entreprise suisse Sulzer[54]. L'objectif est de préparer l'arrivée du gaz de schiste en Europe[55]. Pour financer cette opération Siemens vend sa participation de 50 % dans la coentreprise Bosch Siemens Hausgeräte à Bosch pour 3 milliards d'euros[56].

En mai 2015, Siemens annonce en plus de 7 800 suppressions d'emploi annoncé en 2014, la suppression de 4 500 autres postes[57]. En août 2015, Siemens annonce de nouveaux investissements de plusieurs centaines de millions d’euros dans deux usines d’équipements pour l’éolien off-shore. 200 millions d’euros vont notamment être consacrés à une usine implantée à Cuxhaven (Allemagne), dont la mise en service est prévue mi-2017[58].

En janvier 2016, Siemens annonce l'acquisition de CD-adapco, une entreprise spécialisée dans les logiciels de simulation de produits d'ingénierie, pour environ 1 milliard de dollars[59]. En juin 2016, Siemens et Gamesa annoncent la fusion des activités de Siemens dans l'éolien avec Gamesa, créant un nouvel ensemble détenu à 59 % par Siemens, qui lancera un dividende extraordinaire de 1 milliard d'euros aux actionnaires de Gamesa[60],[61]. En , Siemens annonce le rachat de Mentor Graphics pour 4,5 milliards de dollars[62].

Fin 2017 est annoncée la fusion d'Alstom avec la branche mobilité de Siemens, Siemens Mobility. La nouvelle entreprise prend le nom de Siemens-Alstom et Siemens en sera l'actionnaire majoritaire[63]. En octobre 2017, Siemens vend sa participation de 17 % dans Osram, pour 1,2 milliard d'euros, il n'est alors plus actionnaire de cette dernière entreprise[64]. En novembre 2017, Siemens annonce la restructuration de ses activités dans le secteur énergétique avec la suppression de 7 000 postes[65].

En mars 2018, Siemens introduit en bourse une participation de 15 % dans ses activités médicales sous le nom de Siemens Healthineers, pour 4,2 milliards d'euros, valorisant l'ensemble de ses activités à environ 28 milliards d'euros[66].

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