Seraing

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Seraing
Seraing
La résidence d'été des princes-évêques à Seraing.
Blason de Seraing
Héraldique
Drapeau de Seraing
Drapeau
Administration
PaysDrapeau de la Belgique Belgique
RégionDrapeau de la Région wallonne Région wallonne
CommunautéDrapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
ProvinceDrapeau de la province de Liège Province de Liège
ArrondissementLiège
BourgmestreAlain Mathot (PS)
MajoritéPS
Sièges
 PS
PTB
MR-IC
Ecolo
cdH
SectionCode postal
Seraing
Boncelles
Jemeppe-sur-Meuse
Ougrée
4100
4100
4101
4102
Code INS62096
Zone téléphonique04
Démographie
GentiléSérésien(ne)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
64 157 ()
48,12 %
51,88 %
1 816 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
20,75 %
60,69 %
18,57 %
Étrangers14,45 % ()
Taux de chômage25,34 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen11 334 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées50° 36′ nord, 5° 32′ est
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
35,34 km2 (2005)
12,51 %
30,58 %
51,54 %
5,37 %
Localisation
Localisation de Seraing
Situation de la ville
au sein de l'arrondissement et
la province de Liège

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Seraing

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Seraing
Liens
Site officielseraing.be

Seraing ou Seraing-sur-Meuse (en wallon Serè) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège. Il s'agit du lieu de l'ancienne résidence d'été des princes-évêques de Liège avant de devenir une ville industrielle au XIXe siècle.

Elle forme avec, notamment, Liège, Herstal, Saint-Nicolas, Ans et Flémalle l'agglomération de Liège (600 000 habitants). Seraing fait frontière entre la partie citadine de la Belgique, et la partie rurale. En effet, la ville est bordée au sud par une vaste forêt faisant partie de l'Ardenne condrusienne, sous région du Condroz.

La ville est dotée de plusieurs établissements secondaires : l'athénée royal Lucie Dejardin, l'athénée royal de l'Air Pur, le collège Saint Martin, l'école polytechnique de Seraing, l'institut provincial d'enseignement secondaire de Seraing. Le Campus 2000, installé à Jemeppe-sur-Meuse, est le site principal de la Haute École de la Province de Liège.

La ville, 24e commune belge en termes d'habitants, compte, au 1er janvier 2013, 63 968 habitants.

Histoire

Héraldique

Héraldique Ville be Seraing.svg
La commune possède des armoiries, les mêmes qui étaient en fait portées, au XIIIe siècle, par le chevalier Thierry Hustin de Seraing.
Blasonnement : Parti : D'argent à cantonné de quatre lions de sable



Origines et étymologie

La création de Seraing n'est pas vraiment déterminée. Certains font remonter sa fondation à l'antiquité, d'autres à l'époque gallo-romaine ou franque d'où serait originaire le nom, Seranus, lié aux Cérésiens identifiés parmi les troupes de César.

La première forme écrite remonte au 9 mars 956 où la cartulaire de l'Abbaye de Saint-Trond révèle la donation d'une exploitation agricole: la "Villa Saran" en Comté de Huy (Pays de Hesbaye).

On retrouve une autre forme écrite datée de 1082, par Thierry 1er, Abbé de Saint-Hubert, à l'Évêque de Liège, Henri de Verdun, qui le reçut dans une gracieuse maison à Seranus.

Au fil de l'histoire d'autres orthographes apparurent comme Serang (1147), Serayng (1151), Sereng (1246), Serangne (1298) et Serey (1598), c'est aux environs du e siècle et du e siècle que l'on rencontre dans les documents la dénomination Seraing et aussi Serain.

C'est seulement le 23 décembre 1800 que le conseil municipal adopte Seraing comme orthographe[1].

La forme néerlandaise (1931) Seraing-aan-de-Maas[2] n'est plus utilisée[3].

Principauté épiscopale de Liège

Dessin du château de Seraing au XVIIIe siècle, alors résidence de chasse des princes évêques.
Dessin de l'abbaye du Val-Saint-Lambert (1751-1765).

La première apparition écrite de Seraing remonte au 9 mars 956 dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Trond qui révèle la donation d'une exploitation agricole dans la « Villa Saran » en Comté de Huy (Pays de Hesbaye). On peut supposer que le territoire de l'actuel Seraing se trouvait dans ce Comté de Huy dont la Principauté de Liège fit acquisition en 985.

C'est donc, vu de la proximité, tout à fait logique que l'actuelle territoire de la commune de Seraing fasse partie de la Principauté de Liège mais il faut tout même préciser que le territoire de l'ancienne commune d'Ougrée (actuel Ougrée et Sclessin) était des enclaves de la Principauté de Stavelot-Malmedy et ça jusqu'en 1768, si non les actuels territoire de Boncelles, Jemeppe-sur-Meuse et de l'ancienne commune de Seraing faisait bien partie de la principauté épiscopale liégeoise.

Au cours des 810 ans d'histoire que connut Seraing au sein de la Principauté épiscopale, se sont principalement érigées l'Abbaye du Val-Saint-Lambert en 1202 et une résidence de chasse en 1288 pour les princes-évêques.

L'abbaye du Val-Saint-Lambert fut construite par les moines de Signy grâce à l'offre des terres du dit lieu du « Val-Saint-Lambert » par le Prince-évêque, Hugues de Pierrepont. Tandis que la résidence de chasse a été érigée à Seraing en raison de l'existence de zones de chasse boisées mais aussi en raison de la proximité de l'Abbaye du Val-Saint-Lambert. Au e siècle, cette résidence fut aménagée en palais et devint la Résidence d'été des Princes-évêques de Liège.

De 1789 à 1795, éclata la révolution liégeoise car le prince évêque Hoensbroeck qui tenta de défaire les réformes progressistes de Velbrück, son prédécesseur, en rétablissant tous les privilèges du clergé et de la noblesse. Il ne partageait pas les aspirations libérales du tiers état, ce qui le rendit très impopulaire.

Les Liégeois le nommèrent le « tyran de Seraing », du nom du lieu où se trouvait la résidence d'été des princes-évêques.

Lors de cette révolution, certains édifices religieux tels que la cathédrale Saint-Lambert et l'Abbaye du Val-Saint-Lambert ne furent pas épargnées des pillages et destructions, les moines en furent expulsés en 1796.

Seraing dans la révolution industrielle

Vue des établissements John Cockerill au début du e siècle.
Carte des concessions sur le territoire de Seraing en 1880. De gauche à droite : Marihaye, Espérance, John Cockerill et Six-Bonniers.

Victor Hugo qui a l'habitude des voyages qui le mènent à travers l'Europe, s'arrête ébahi aux portes de Liège, du côté de Seraing, aux alentours de 1842: « Figure extraordinaire et effrayante que prend le paysage à la nuit tombée. — Ce que l'auteur voit eût semblé à Virgile le Tartare et à Dante l’Enfer. »:

« Cependant le soir vient, le vent tombe, les prés, les buissons et les arbres se taisent, on n’entend plus que le bruit de l’eau. L’intérieur des maisons s’éclaire vaguement ; les objets s’effacent comme dans une fumée ; les voyageurs bâillent à qui mieux mieux dans la voiture en disant : Nous serons à Liège dans une heure. C’est dans ce moment-là que le paysage prend tout à coup un aspect extraordinaire. Là-bas, dans les futaies, au pied des collines brunes et velues de l’occident, deux rondes prunelles de feu éclatent et resplendissent comme des yeux de tigre. Ici, au bord de la route, voici un effrayant chandelier de quatre-vingts pieds de haut qui flambe dans le paysage et qui jette sur les rochers, les forêts et les ravins, des réverbérations sinistres. Plus loin, à l’entrée de cette vallée enfouie dans l’ombre, il y a une gueule pleine de braise qui s’ouvre et se ferme brusquement et d’où sort par instants avec d’affreux hoquets une langue de flamme.

Ce sont les usines qui s’allument.

Quand on a passé le lieu appelé la Petite-Flemalle, la chose devient inexprimable et vraiment magnifique. Toute la vallée semble trouée de cratères en éruption. Quelques-uns dégorgent derrière les taillis des tourbillons de vapeur écarlate étoilée d’étincelles ; d’autres dessinent lugubrement sur un fond rouge la noire silhouette des villages ; ailleurs les flammes apparaissent à travers les crevasses d’un groupe d’édifices. On croirait qu’une armée ennemie vient de traverser le pays, et que vingt bourgs mis à sac vous offrent à la fois dans cette nuit ténébreuse tous les aspects et toutes les phases de l’incendie, ceux-là embrasés, ceux-ci fumants, les autres flamboyants.

Ce spectacle de guerre est donné par la paix ; cette copie effroyable de la dévastation est faite par l’industrie. Vous avez tout simplement là sous les yeux les hauts fourneaux de M. Cockerill. »

et plus loin,

« Liège n’a plus l’énorme cathédrale des princes-évêques bâtie en l’an 1000, et démolie en 1795 par on ne sait qui ; mais elle a l’usine de M. Cockerill. »

Le Rhin, lettres à un ami, Lettre VII, Victor Hugo, 1842[4]

En effet, déjà vers la fin du e siècle, plusieurs mines ouvrèrent grâce à la découverte de charbon à Ougrée le village rural va progressivement se transformer en ville industrielle, avec la fondation de la Fabrique de Fer d'Ougrée en 1809.

En 1815, Seraing appartient aux Royaume uni des Pays-Bas et son souverain Guillaume Guillaume Ier des Pays-Bas, s'investit pour la région liégeoise puisqu'après avoir fondé l'Université de Liège en 1817, le roi fait venir John Cockerill et son frère Charles James dans le but d'exploiter le bassin liégeois.

Le roi Guillaume leurs vendu l'ancienne Résidence d'été des Princes-évêques de Liège qui était devenu un hôpital pour les troupes napoléonienne, pour un prix symbolique et pour qu'ils y installent leurs usines métallurgiques ce qui fera de Seraing la ville de l'acier.

Le même roi va attirer le chimiste François Kemlin et le polytechnicien Auguste Lelièvre, formés aux cristalleries de Vonêche pour créer dans le château et l'ancienne Abbaye cistercienne du Val-Saint-Lambert, les célèbres cristalleries.

Les Charbonnages et la sidérurgie

Ancien charbonnage du Kessales à Jemeppe-Sur-Meuse.
Dessin du quartier du Val-Saint-Lambert et de sa Cristallerie (l'ancienne abbaye du Val-Saint-Lambert) et de ses usines en 1926.
Ancien charbonnage du Many à Seraing.

La Wallonie est, après l'Angleterre, la première région du continent à connaître la révolution industrielle.

L'actuelle commune de Seraing comptait autrefois 13 charbonnages dont 9 à Seraing (Boverie, Caroline , Colard (grand), Fanny, Many, Marie, Saint-Antoine, Six Bonniers, Vieille Marihaye) , 3 à Jemeppe-Sur-Meuse (Grands Makets, Kessales/Kessels, Bon Buveur) et 1 à Ougrée (Ougrée) qui étaient gérer par 3 société (Ougrée-Marihaye, Société John Cockerill, Charbonnage de Gosson-Kessales).

La première société qui décida d'exploiter les terres de l'actuel Seraing fut la Fabrique de Fer d'Ougrée, entreprises familiale fondé par les Lamarche en 1809.

Suivie des frères Cockerill qui ouvrirent en 1821 le tout premier haut-fourneau à coke connut alors de la Province de Liège et c'est vers 1823 que l'établissement commence à grandir, lorsque John Cockerill en devient le seul propriétaire par la cession de son frère Charles-James, les établissements Cockerill deviennent une référence d'entreprise mais qui sera freiné par la révolution belge en 1830.

En 1840, John Cockerill meurt de la fièvre typhoïde à Varsovie, deux ans après la Société Anonyme John Cockerill voit le jour, qui sera aux alentours de 1850, l'usine la plus importante du monde, et la société concourt de manière à faire de la Belgique la deuxième puissance économique du monde, derrière le Royaume-Uni. 4 200 ouvriers y sont employés.

Une autre société fut fondé en 1834, la Société des Charbonnages et Hauts-Fourneaux d'Ougrée qui, outre l'activité charbonnière, développe une activité de cockerie et de production de fonte, ainsi que divers produits finis. Deux hauts-fourneaux sont construits en 1836, complétés plus tard de deux autres.

En 1880, cette Société possédait une concession au sud-ouest de Liège, principalement sur le territoire de l'actuelle commune de Seraing, dans une moindre mesure Liège, Flémalle et Ivoz-Ramet. La partie orientale (Ougrée) était séparée de la partie occidentale (Val Saint-Lambert) par la concession de la Société anonyme John Cockerill (sous le centre de Seraing)[5],[6].

En 1892, la Fabrique de Fer d'Ougrée et la Société des Charbonnages et Hauts-Fourneaux d'Ougrée fusionnèrent et formèrent la Société anonyme d'Ougrée, celle-ci devient la Société anonyme d'Ougrée-Marihaye en fusionnant avec les Charbonnages de Marihaye.

C'est alors que la sidérurgie dans l'actuel commune de Seraing était dominé par deux sociétés, la Société anonyme d'Ougrée-Marihaye et la Société Anonyme John Cockerill.

La Société Anonyme John Cockerill dont la concession charbonnière voisinait la concession de la Société anonyme d'Ougrée-Marihaye, qui se trouvait à l'ouest et à l'est. Alors qu'au nord, soit principalement à Jemeppe-sur-Meuse, se trouvaient les concessions de la Société anonyme des Charbonnages de Gosson-Kessales, qui détenait les trois mines de Jemeppe-Sur-Meuse (Grands Makets, Kessales/Kessels, Bon Buveur).

Mais après la Seconde Guerre mondiale, la main d'œuvre pour l'exploitation des mines se faisait rare et le 23 juin 1946, fut signé, à Rome, le protocole d'accord économique entre l'Italie et la Belgique, prévoyant l'envoi de 50 000 travailleurs italiens contre l'approvisionnement de trois millions de tonnes de charbon annuel, des travailleurs qui iront entrèrent le charbon des mines belges, ce qui explique le nombre important de Belges d'origine italienne, que l'on peut trouver dans les zones industrielles belges comme Seraing.

Déclin du charbonnage et de la sidérurgie

Haut-fourneau B d'Ougrée arrêté définitivement en 2011.
Ougrée et sa cokerie.

En 1953, une catastrophe marqua Seraing, en effet, une explosion dans le charbonnage Le Many fit 26 morts à cause d'un coup de grisou provoqué par une lampe défectueuse[7].

En 1955, la Société anonyme d'Ougrée-Marihaye et la Société Anonyme John Cockerill ainsi que Ferblatil fusionne, ils fermeront leurs derniers sièges d'extraction, et prirent l'appellation Cockerill-Ougrée. Le Charbonnage Colard exploita dès lors seul l'ensemble de la concession, et cessa ses activités en 1976, c'est la fin du charbonnage à Seraing.

Les années 1970 furent marquées par la fusion des sociétés Cockerill-Ougrée-Providence et Espérance-Longdoz qui donneront le nom Cockerill qui décida d'arrêter définitivement les Hauts-Fourneaux 3 et 4, par après la société décida d'arrêter définitivement la cokerie d'Ougrée, mais cette décennie fut aussi marqué par la fusion des communes en 1977 et ainsi Seraing, Jemeppe-Sur-Meuse, Ougrée (qui est séparé de son quartier Sclessin, qui rejoint quant à lui Liège) et Boncelles formeront l'actuelle commune de Seraing.

En 1981, la création officielle de la Société anonyme Cockerill-Sambre, par fusion des sociétés sidérurgiques des bassins de Liège et du Hainaut décide de fermer définitivement le Haut-Fourneau 5 et l'aciérie de Seraing respectivement en 1982 et 1984.

En 1999, Cockerill-Sambre fait alliance avec Usinor qui ferma le Haut-Fourneau 6 de Seraing. Usinor fusionne en 2001 avec Arbed et Aceralia, donnant naissance à Arcelor. Ce dernier fusionne en 2006 avec Mittal Steel Company et donnera le nom d'ArcelorMittal, entreprise qui en 2008 redémarra le haut-fourneau 6 de Seraing mais le referma six mois plus tard, ferma en 2009 le haut-fourneau B d'Ougrée puis le redémarra en 2010 puis ferma de façons définitive le haut-fourneau B, et de l'ensemble de la phase à chaud, sauf la cockerie d'Ougrée. Celle-ci s'arrêta finalement en 2014, synonyme de la mort de la sidérurgie intégrée à Liège et dans sa banlieue.

Catastrophes

Plaque commémorative de la catastrophe du Many sur l'église au Val-Saint-Lambert.
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