Septimanie

Septimanie

418 – 790

Description de cette image, également commentée ci-après
La Septimanie en 537.
Informations générales
StatutFief du :
Royaume wisigoth (412-719)
Califat omeyyade (719-757)
Empire carolingien (757-790)
CapitaleNarbonne
LangueLatin vulgaire
Gallo-roman
Histoire et événements
719Prise de Narbonne par les musulmans
759Reprise de Narbonne et fin de la présence musulmane
790Intégration dans le Marquisat de Gothie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Septimanie ou province de Narbonne est une région qui correspond approximativement à la partie occidentale de l'ancienne province romaine de Narbonnaise première. Cette désignation issue de l'époque carolingienne est utilisée essentiellement pour la période du VIIe au IXe siècle.

Lors des « invasions barbares » les goths s'installèrent dans la Gaule narbonnaise. Le Royaume wisigoth s'étendait alors sur toute l'Aquitaine et la péninsule Ibérique.

Après la conquête de l'Aquitaine par Clovis en 507, le mot Septimanie est utilisé jusqu'au début du VIIIe siècle pour désigner la partie de la Gaule restée wisigothe.

À la suite de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, la Septimanie est également annexée par les Omeyyades et devient une province d'al-Andalus. Conquise par les Francs en 759, elle est alors appelée « Gothie » par les Francs de l'époque.

Histoire

Le Royaume wisigoth de Toulouse

Évolution du Royaume wisigoth jusqu'au VIe siècle :
  •      Royaume originel de Toulouse
  •          Extension au Ve siècle
  •      Territoire perdu à Vouillé en 507
  •      Conquête du royaume suève en 575

Sur le plan juridique, la Septimanie est régie par le droit romain. Le roi Alaric II avait fait rédiger en 506, à l'intention de ses sujets romains, le fameux Breviarium legum romanæ Wisigothorum plus connu sous le nom de Bréviaire d'Alaric.

La dernière province wisigothe au nord des Pyrénées

Après la défaite wisigothe de Vouillé en 507, la Septimanie resta la seule partie de la Gaule restée aux mains des Wisigoths, grâce à l'intervention de Théodoric le Grand Ier, roi des Ostrogoths, qui stoppe les armées de Clovis Clovis Ier lors du siège d'Arles en 508.

La capitale wisigothique est transférée à Tolède vers 560 par le roi wisigoth Athanagild et la région reste en paix jusqu'en 585. En raison de sa position excentrée dans le Royaume wisigoth, la province est alors menacée par les Francs, qui, dans la seconde moitié du VIe siècle, lancent plusieurs incursions en Septimanie, sans jamais parvenir à la réduire. En 585, Gontran, roi franc de Burgondie, lança une « guerre sainte » pour conquérir la province arienne ; il prit Carcassonne mais fut repoussé à Nîmes et Beaucaire[1]. En 588 – 589, une armée franque envahit la région, mais est sévèrement battue près de Carcassonne par le duc wisigoth Claude. Les habitants de la province, sauf exceptions, se montrent en général solidaires des Wisigoths[2].

En 589 le nouveau roi wisigoth Récarède se convertit au catholicisme, sous l'influence de Léandre de Séville. La noblesse arienne, refusant la conversion au catholicisme, se réfugia en Septimanie ainsi que les juifs persécutés dans le reste de la péninsule. Une Église arienne, comptant une dizaine d'évêques, perdura de façon minoritaire[3]. Les évêques catholiques participent aux conciles nationaux à Tolède[4].

En 673, le duc Paul, soutenu par les séparatistes, est brièvement roi de Septimanie, après s'être révolté contre le royaume de Tolède (es). Le roi wisigoth Wamba intervient en personne depuis Tolède à la tête d'une armée pour soumettre la région, qui reste dépendante du Royaume wisigoth d'Espagne jusqu'à la conquête arabo-berbère de 714.

Dans la péninsule Ibérique, le XVIIe concile de Tolède durcit la persécution des juifs mais ses décrets ne s'appliquent pas en Septimanie, relativement épargnée par ce fanatisme[5].

Narbonne, capitale d'un wali d'al-Andalus

En 711, il faut quelques mois aux troupes arabo-berbères pour soumettre la quasi-totalité de la péninsule Ibérique[6]. De là, les musulmans poursuivent et se lancent contre Narbonne prise en 719, puis contre Carcassonne et Nîmes en 725. En 719 la ville de Toulouse est menacée, et les armées arabo-berbères lancent des incursions au Rouergue, au Quercy, et en Provence. Eudes, le duc d’Aquitaine, parvient à les repousser en 721 lors de la bataille de Toulouse.

Les musulmans, sous la conduite du général Ambiza, lancent alors en 725 une expédition le long du couloir rhodanien jusqu'à Autun qu’ils pillent et incendient.

Lorsque le général Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi choisit de lancer une campagne de conquête du Royaume franc[évasif], il est intercepté près de Poitiers par Charles Martel en 732, et tué durant la bataille. La conquête musulmane de l'Europe est ainsi partiellement stoppée. Mais en Septimanie, les attaques sarrasines continuent et menacent Arles et la Provence.

Narbonne est prise par Pépin le Bref en 759 dans de grandes difficultés. Ainsi le siège de la ville dure-t-il sept ans, les Sarrasins y étant soutenus par les populations locales (qui étaient libres de pratiquer leurs foi), restées majoritairement chrétiens ariens comme l'étaient la plupart de leurs seigneurs et comme l'étaient tous les Wisigoths avant 589 (conversion du roi Récarède à Tolède lors du IIIe concile de Tolède), hostiles à la conquête des Francs catholiques. Pépin le Bref achève la conquête de la Septimanie, et les populations se réfugient dans le puissant émirat de Cordoue.

Sous la domination musulmane, Narbonne devient Arbûna, le siège d'un wâli pendant quarante ans, capitale d'une des cinq provinces d'al-Andalus, aux côtés de Cordoue, Tolède, Mérida et Saragosse. Les musulmans laissent aux anciens habitants, chrétiens et juifs, la liberté de professer leur religion moyennant tribut ; libertés supprimées lors de la conquête de Pépin le Bref[7]. On connaît un certain nombre de walis, gouverneurs de la province narbonnaise. Le premier est Abd-er-Rahman el Gafeki nommé en 720. On compta ensuite, Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri vers 735, Athima vers 737, Abd-er-Rahman el Lahmi à partir de 741, Omar ibn Omar vers 747. Le dernier gouverneur est Abd-er-Rahman ben Ocba (756 – 759) qui continue à gouverner les territoires encore sous le contrôle de l'émirat, des Pyrénées jusqu'à Tortose sur l'Èbre[8].

En 2016, une analyse génétique de squelettes provenant de trois tombes musulmanes découvertes à Nîmes en 2007, réalisée par Gleize et al., a montré qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord, appartenant à l'haplogroupe paternel E-M81 très fréquent au Maghreb. Ces personnes étaient âgées respectivement de 20 à 29 ans pour l'un, d'une trentaine d'années pour le deuxième, et de plus de 50 ans pour le troisième. Selon l'Inrap « L’ensemble de ces données suggère que les squelettes découverts dans les tombes de Nîmes appartenaient à des soldats berbères enrôlés dans l’armée omeyyade durant l’expansion arabe en Afrique du Nord ». Pour Yves Gleize, un des auteurs de l'étude, « l'analyse archéologique, anthropologique et génétique de ces sépultures du début de l'époque médiévale à Nîmes fournit des preuves matérielles d'une occupation musulmane au VIIIe siècle dans le Sud de la France »[9],[10].

La Gothie, Septimanie carolingienne

La Septimanie dans l'Empire franc.

En 790, le comte de Toulouse ayant été enlevé par les Vascons, le marquis de Septimanie, Guillaume de Gellone, cousin de Charlemagne, prend sa suite. Charlemagne lui annexe administrativement une partie de la marche d'Espagne, jusqu'à l'Èbre, et appelle cette région marche ou marquisat de Gothie. Cette marche est souvent victime des raids des Sarrasins en 793 par exemple, attirés par la prospérité de la Septimanie à cette époque.

La Septimanie connaît de grands progrès du monachisme bénédictin encouragé par Charlemagne. En 820, Bernard de Septimanie, fils et héritier de Guillaume de Gellone, voit son marquisat érigé en duché de Septimanie. En devenant en 826 comte de Barcelone, il étend la suzeraineté du duché au sud des Pyrénées. Après le partage de Verdun (843), le duché fait partie du royaume de Charles le Chauve, la Francie occidentale. Il est partagé en 865 en deux provinces avec deux capitales Barcelone et Narbonne. Le roi Charles le Simple (893 – 929), accorde de nombreux avantages aux églises et monastères de Septimanie. Les premiers châteaux sont édifiés dans les cités au Xe siècle, et les laïcs prennent alors possession des biens religieux : à la fin du Xe siècle, le vicomte Guillaume lègue à sa fille Béziers et son évêché. La Septimanie échappe de fait aux rois francs après le règne de Charles le Simple au profit des évêques, des comtes de Provence et des ducs d'Aquitaine.

À l'époque féodale, on parle de « duché de Narbonne », mais ce titre, aux mains des comtes de Toulouse n'entraîne aucun pouvoir réel, le pouvoir politique étant fragmenté entre les différents seigneurs locaux (comtes de Melgueil, de Saint-Gilles, vicomtes de Narbonne, de Carcassonne, du Razès, de Béziers, d'Agde, de Nîmes, seigneurs de Montpellier). La Septimanie, intégrée au domaine royal, disparaît en tant que province, après la croisade des albigeois (1215).

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