Secteur des compagnies aériennes

Analyse stratégique

(septembre 2004)

Fin septembre 2001, l'Association internationale du transport aérien (IATA) avait évalué à 50 % le recul du trafic passagers dans le monde en trois semaines. Par la suite, la fréquentation a repris mais modérément.

Depuis septembre 2001, le monde vit une série de crises et de menaces géopolitiques qui mettent en jeu le développement du transport aérien et qui ont mis en difficulté les sociétés opérant dans ce secteur : attentat islamiste du 11-Septembre, ralentissement économique, SRAS, guerre d'Irak, attentats de Madrid, hausse faramineuse du prix du pétrole.

Les passagers affaires sont en diminution car l'économie mondiale tourne au ralenti. Le transport de tourisme, a connu le contrecoup de la peur et de la phobie de nombreux voyageurs en dépit du renforcement des règles de sécurité dans les aéroports, ceux-ci optant plutôt, selon l'Organisation mondiale du tourisme, pour le tourisme de proximité accessible en voiture ou en train, aussi bien sur le continent américain qu'en Europe.

Les conséquences économiques et sociales sur le secteur du transport aérien ne se sont pas fait attendre aux États-Unis. Dans les quelques semaines qui ont suivi les attentats de New York et Washington l'ensemble des compagnies aériennes américaines ont licencié ou mis au chômage technique plus de 80 000 salariés, afin de faire face au plus pressé.

Les compagnies américaines et européennes les plus fragiles n'ont pas résisté à cette trop longue série moire; on peut citer Swiss Air, KLM, Air Liberté, Alitalia, Sabena pour l'Europe, et Delta Air Lines, United Airlines, US Airways pour les États-Unis. Des dizaines de milliers d'emplois ont été supprimés, au total le secteur aérien, compagnies et sous-traitants, aurait perdu 200 000 emplois dans le monde.

Aujourd'hui, la menace majeure provient du prix élevé du pétrole, qui grève la rentabilité, par l'impossibilité de répercuter entièrement le surcoût du carburant sur la clientèle, à cause de la concurrence de plus en plus rude. Dans ce contexte économique, les compagnies européennes s'en sortent un peu mieux que leurs rivales américaines, car elles sont plus solides financièrement et ont utilisé au mieux la technique des programmes de couverture ce qui dans un contexte haussier les a financièrement favorisé.

Après le 11 septembre, les compagnies à bas prix semblaient être les seules à avoir su tirer leur épingle du jeu. Aux États-Unis leur part de marché était passé de 20 % à près de 30 %, tandis qu'en Europe elle serait montée de 5 % à 25 %. Mais avec la montée du prix du kérosène, ces compagnies, qui misent tout sur leur maîtrise des bas coûts semblent aujourd'hui paradoxalement les plus fragiles car elles n'ont plus de marges de manœuvre pour tailler dans leurs coûts.

(janvier 2005)

La guerre des prix, déclenchée par Delta Air Lines fait rage aux États-Unis et plonge le secteur aéronautique américain dans une nouvelle tourmente, alors que beaucoup d'entre elles ont déjà du se placer sous la protection de la loi sur les faillites et engager des plans drastiques d'économies, avec en particulier de dures négociations sur les salaires. Toutes les compagnies ont annoncé des baisses de tarifs pouvant atteindre 55 % et des facilités de conditions sur les tarifs préférentiels, ceci sur toutes les lignes où il y a de la concurrence, même pour la clientèle « affaire ».

Selon un analyste de Merrill Lynch, cette stratégie de baisse des prix pourrait entraîner des pertes supplémentaires pour un montant de 3 milliards de $US pour l'année 2005. Les pertes cumulées des compagnies américaines devraient donc dépasser les 6 milliards de $US pour 2005, s'ajoutant aux 20 milliards de $US de pertes cumulées sur les quatre dernières années par les dix principales compagnies aériennes américaines.

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