Seconde République espagnole

République espagnole
República Española es

1931- 1939
( en exil  (es) : 1939 - 1977)

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Devise : Plus ultra

Hymne : Himno de Riego (non officiel) 1

Description de cette image, également commentée ci-après
Territoires et colonies d'Espagne sous la Seconde République espagnole.
Informations générales
Statut République parlementaire
Capitale Madrid2 (1931-1936)
Valence (1936-1937)
Barcelone (1937-1939)
Langue Castillan3,4
Monnaie Peseta
Histoire et événements
Abolition de la monarchie
1936- 1939 Guerre civile
Victoire franquiste
Président de la République
1931- 1936 Niceto Alcalá-Zamora
1936- 1939 Manuel Azaña

Entités précédentes :

Entités suivantes :

1 Malgré la croyance populaire, cette chanson n'a jamais été l'hymne de la Deuxième République espagnole (1931-1939). En 1931, peu de temps après sa proclamation, une grande polémique s'est organisé autour de la validité de ce nouvel hymne national dans laquelle de nombreux hommes politiques, des intellectuels et des musiciens se sont interposés : entre autres, un article célèbre de Pío Baroja qui était contre puisqu'il le considérait trop vulgaire et impropre des idéaux de la nouvelle République.
2 Constitution de 1931, art. 5 : « La capitale de la République est fixée à Madrid. »
3 Constitution de 1931, art. 4 : « Le castillan est la langue officielle de la République. »

4 Outre l'espagnol, certaines langues étaient coofficielles dans leur région autonome : le catalan en Catalogne et le basque (euskara) au Pays Basque.

La Seconde République espagnole (en espagnol Segunda República Española) ou Deuxième République espagnole est le régime politique qu'a connu l' Espagne de 1931 à 1939.

Elle est proclamée à la suite des élections municipales le . Le roi Alphonse Alphonse XIII abandonne Madrid et part en exil sans avoir abdiqué.

En juillet 1931, la gauche espagnole procède par voie législative à des réformes d'ordre social et économique du pays.

En 1936, elle est déchirée par la guerre civile, qui verra l’accès au pouvoir de Franco.

La fin d'une dictature monarchique (1923-1930)

Le général Primo de Rivera avait pris le pouvoir le 15 septembre 1923 par un décret royal à la suite du pronunciamiento du 13 au matin en Catalogne ; ce n'est qu'en janvier 1930 à la suite de la crise économique survenant après cinq ans de relative prospérité économique et sociale, que le roi Alphonse Alphonse XIII lui demande sa démission.

  • L'Assemblée nationale consultative nommée par Primo de Rivera, avait mis sur pied un nouveau projet de Constitution, alliant les composantes élue et corporative. La première dérangeait la droite, et la seconde fut rejetée par les libéraux et par la gauche. Le roi lui non plus n'appréciait guère un système qui prévoyait de lui faire partager ses pouvoirs de destitution avec une copie espagnole du Grand Conseil du fascisme de Mussolini. Ce projet n'ouvrit donc pas la voie du retour à la « normalité » comme le dictateur l'escomptait.
Drapeau de la Seconde République espagnole
  • Sa décision de lever la censure de la presse lui valut une pluie de critiques. Quant aux étudiants, ils attaquaient avec véhémence. Il y a eu contre lui deux pronunciamientos manqués, à Valence et en Andalousie. Une nouvelle ère de pronunciamientos semblait désormais ouverte. Pour finir, Primo éprouva le besoin d'être rassuré et pris la singulière décision d'envoyer à tous les généraux d'Espagne, un télégramme leur demandant de se renseigner pour savoir s'il avait encore le soutien des officiers supérieurs. Ils lui répondirent en affirmant leur loyauté au monarque. Primo s'entendit alors rappeler par le roi que s'il était Premier ministre, ce n'était pas en vertu du soutien de l'armée, mais par ordre du roi ; il lui fit comprendre qu’il attendait de lui qu'il lui présentât sa démission. Ce fut chose faite, et le remplacement presque immédiat par un autre, le général Dámaso Berenguer.

« Mouvement au service de la République »

Les sentiments républicains se propagent dans tout le pays. Au cours de l'été 1930, un pacte est signé à Saint-Sébastien (connu sous le nom de Pacto de San Sebastián), entre plusieurs hommes politiques et intellectuels républicains, les socialistes et les tenants du nationalisme catalan. Les premiers accorderont leur autonomie aux Catalans qui, en échange, s'engagèrent à soutenir une éventuelle révolution républicaine. À Madrid, trois intellectuels, le docteur Gregorio Marañón, Ortega y Gasset et le romancier Ramón Pérez de Ayala, forment un « Mouvement au service de la République ». Ortega (dont les critiques bien tournées à l'encontre du parlement avaient servi Primo de Rivera), lance cette célèbre phrase :

« Espagnols ! Votre État n'est plus ! Reconstruisez-le ! Delenda est monarchia! »

Mais, plus important, de nombreux officiers mécontents soutiennent les rebelles, et même les anarchistes, débordés, apportent une sympathie agacée aux opposants bourgeois du roi. En décembre un pronunciamiento est préparé. Les conspirateurs publient la déclaration suivante :

« Un besoin passionné de Justice jaillit des entrailles de la Nation. Plaçant ses espoirs dans une République, le peuple est déjà dans la rue. Nous aurions voulu faire connaître les désirs du peuple par les moyens légaux, mais cette voie nous a été barrée.

Quand nous avons demandé la Justice, on nous a refusé la Liberté. Quand nous avons demandé la Liberté, on nous a offert un parlement croupion analogue à ceux du passé, fondé sur des élections frauduleuses, convoqué par une dictature, instrument d'un roi qui a déjà violé la Constitution. Nous ne recherchons pas la solution extrême, une révolution, mais la misère du peuple nous émeut profondément.

La Révolution sera toujours un crime ou une folie tant qu'existent la Loi et la Justice. Mais elle est toujours juste quand domine la Tyrannie. »

Premières rébellions

Article détaillé : Soulèvement de Jaca.

Ces républicains voyaient dans l'idée principale de l'abolition de la Monarchie un pas vers la modernisation de l' Espagne. Les suites ne se firent pas attendre et tout d'abord, la garnison de Jaca, en Aragon conduite par deux jeunes officiers exaltés, les capitaines Fermín Galán et García Hernández, se souleva contre la monarchie avant que les conspirateurs dans le reste d'Espagne se fussent donné le mot. Arrêtés alors qu'ils entraînaient leurs hommes en direction de Saragosse, les deux officiers furent fusillés pour rébellion. Ces exécutions suscitèrent une vive indignation.

Ailleurs le mouvement échoua ; un jeune capitaine de l'armée de l'Air, Ramón Franco (qui était devenu un héros national, en traversant l'Atlantique Sud à bord de l'hydravion Plus Ultra) décolla de l'aérodrome des Cuatro Vientos à Madrid, avec l'intention de bombarder le palais royal, hésita et finalement largua des tracts, avant de s'enfuir au Portugal. Les signataires de l' Accord de Saint-Sébastien furent arrêtés. Devant les juges, ils se défendirent en disant que le roi avait violé la Constitution en acceptant Primo de Rivera comme dictateur. Après des pourparlers infructueux avec les politiciens, Alphonse XIII, nomma Premier ministre un autre officier, l'amiral Aznar. Le roi et lui, décidèrent de sonder l'opinion en organisant des élections municipales, et non pas générales, prévues pour le mois d'.

La société espagnole (1930-1936)

L'Espagne des années 1930 est un pays très en retard [1] sur les pays industrialisés et pauvre, avec un grand taux d'analphabétisme et d'importantes divisions sociales et idéologiques. Les conflits se succèdent pendant cette période et les positions politiques souffrent d'une radicalisation très accusée [2].

  • 2 millions d'agriculteurs sont sans terre alors que 20 000 personnes possèdent la moitié de l'Espagne.
  • Le clergé est constitué de 31 000 prêtres, 20 000 moines et 60 000 religieuses et il existe 5 000 couvents en 1930.
  • L'armée compte 15 000 officiers et 800 généraux. Un général pour 100 hommes !
Les chiffres 
  • 24 693 000 d'habitants en Espagne en 1931
  • 8 millions d’Espagnols sont touchés par la misère en 1930.
  • 28,3 pour mille. Le taux de natalité en 1931
  • 11 pour mille. Le taux de mortalité infantile en 1931 [3]
  • 50 ans d'espérance de vie en 1930
  • Entre moins de 30 et 48 % de la population est analphabète en 1930
  • 1 700 femmes universitaires en 1930 (1 pour l'année 1900)
  • 212 360 postes de téléphones dans toute l'Espagne en 1930
  • 11 576 télégrammes émis et reçus en 1930
  • 1 religieux pour 493 habitants en 1930
  • 4,27 pesetas/jour de salaire moyen en 1931
  • 85 592 km de routes dans tout le pays
  • 13 000 écoles furent construites en 1932
  • 145 007 élèves bacheliers en 1934. En 1931 ils n'étaient que 76 000.
  • 22 décembre 1931 : la première retransmission de la Loterie nationale
  • 303 983 récepteurs radio en 1936
  • 3 337 salles de cinéma (62 à Madrid et 116 à Barcelone en 1935)
  • 69 stations de radio officielles en 1936
  • 3 765 livres imprimés en 1935 (2 652 en 1930)
Other Languages
Chavacano de Zamboanga: Segunda República Española
Bahasa Indonesia: Republik Spanyol Kedua
srpskohrvatski / српскохрватски: Druga Španska Republika