Sarcophage paléochrétien

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Un sarcophage paléochrétien est un sépulture sculptée dans la pierre, datant du christianisme ancien ( art paléochrétien), entre les IIe et Ve siècle.

L'influence des conditions sociales et matérielles sur la sculpture funéraire paléochrétienne

La production des sarcophages romains à décor sculpté se répand largement dès le début du IIe siècle, à la suite de l'abandon progressif de l' incinération en faveur de l'inhumation (qui dans le courant du IIIe siècle s'impose dans tout l'Empire), tout en restant un moyen de l'ensevelissement réservé aux familles fortunées à cause de son coût. Dans le contexte de la grande crise économique, politique, sociale et religieuse du IIIe siècle, « la petite paix de l'Église » (introduite par l'édit de tolérance sous Gallien en 260 et qui assure au christianisme la tranquillité jusqu'au tournant du siècle) permet au christianisme de gagner les classes supérieures de la société (restées l'un des derniers bastions du paganisme). Les chrétiens fortunés, souvent présents dans l'armée, dans la haute administration et jusque dans l'entourage de l'empereur, sont les commanditaires des sarcophages qui apparaissent dans la deuxième moitié du IIIe siècle et dont le traitement plastique suit les tendances contemporaines du décor sculpté.

Ces nouveaux commanditaires sont souvent des provinciaux installés à Rome, qui sont en partie à l'origine de l'évolution du style artistique. Leur goût pour « l'art plébéien » (plus expressif et individuel à cause du lien étroit avec les réalités de la vie quotidienne), qui se mêle à la tradition hellénistique, fait naître dans les ateliers de sculpture romains une nouvelle expression artistique. Les premières manifestations de sculpture d'inspiration chrétienne s'inscrivent dans ce mouvement. André Grabar décèle dans ce mouvement les caractéristiques suivantes : « schématisation du dessin, simplification des formes tendant souvent à s'approcher d'une figure géométrique simple ; concentration sur un petit nombre de traits expressifs qu'on maintient et souligne, tandis que l'on réduit ou supprime d'autres traits, sacrifiés pour la clarté de l'ensemble; insensibilité à l'espace et à la corrélation, qui définit les dimensions des objets instables dans le même espace; insensibilité à la forme plastique, au poids. »

Dès la deuxième moitié du IIIe siècle, la production des sarcophages est surtout concentrée à Rome, où elle restera importante jusqu'au début du Ve siècle. Cependant il existe aussi des ateliers régionaux, comme ceux de Marseille et de Carthage. Ce sont souvent les mêmes ateliers qui produisent des œuvres chrétiennes et celles qu'on peut appeler « païennes » (mais qui généralement sont simplement « profanes »). C'est pour cette raison que le décor des sarcophages chrétiens reste conforme aux pratiques de l'époque.

Le marbre utilisé pour la confection des sarcophages sculptés venait principalement de Carrare ou de Grèce (Proconnèse, île de Marmara ; Aliki de Thasos, Paros), ou encore d'Asie Mineure. Le matériau pouvait aussi bien être importé en bloc qu'après avoir été travaillé en partie, voire exécuté en œuvre finie dans les ateliers près des carrières. Ces importations de sarcophages finis ou ébauchés apportaient à Rome différentes solutions formelles, qui participèrent à la création de différents types de sarcophages.

Les trois types de sarcophages « païens » les plus courants sont utilisés aussi pour réaliser des sarcophages chrétiens : 1) à frise, 2) à colonnes; 3) à strigiles (ce dernier type, qui dérive de la cuve pour la fermentation du vin, à l'origine en forme de baignoire ornée de têtes de lion par lesquelles l'on faisait couler le vin, était décoré de scènes dionysiaques et de cannelures parallèles en forme de s). Le clipeus, portant le portrait du défunt ou une épigraphe, apparaît très rapidement sur les sarcophages chrétiens. Souvent, l'imago clipeata prend la forme d'une coquille, à l'exemple des œuvres « païennes ».

Mais ces types évolueront avec le temps. Celui à strigiles perd rapidement sa forme ovale, mais reste pour l'essentiel fidèle à la disposition originelle du décor. Le type à frise, dont les côtés peuvent être composés de personnages juxtaposés ou comporter de petites scènes à des hauteurs différentes, s'organisera en registres horizontaux avec un clipeus au centre. Dans le courant du IVe siècle, le type à colonnes se complexifie dans son ornement architectural (parfois remplacé par des éléments végétaux), jusqu’à prendre une forme qui associe la division en bandes horizontales des registres et la division verticale par éléments architecturaux, comme le sarcophage de l'ancien consul Junius Bassus daté de 359.

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