Roman Polanski

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Liebling et Polanski.
Roman Polanski
Description de l'image 20110927ZurichFilmFestival1371.JPG.
Données

Roman Polanski, né Rajmund Roman Thierry Polański le dans le 12e arrondissement de Paris [1], est un réalisateur, producteur et scénariste franco- polonais, également comédien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d' opéra [2], [3].

Il a notamment réalisé Répulsion, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire, Tess, Le Pianiste, Oliver Twist, The Ghost Writer ou encore Carnage. Il a reçu quatre fois le César du meilleur réalisateur entre 1980 et 2014, et l' Oscar du meilleur réalisateur en 2003.

Sa vie privée est connue pour plusieurs faits marquants : son enfance dans le ghetto de Cracovie, l’assassinat de sa deuxième femme, Sharon Tate, par des membres d’une secte en 1969 ainsi que sa condamnation dans une affaire de crime sexuel sur mineur en 1977.

Biographie

Enfance : de Paris au ghetto de Cracovie

Raymond (ou Rajmund) Thierry [4] Liebling [5], [6] est né le à Paris [4], d'un père juif polonais, peintre de son état, Ryszard Liebling, et d'une mère d'origine russe, Bula Katz Przedborska.

Son père fait changer le nom de la famille en « Polański ». Le jeune Raymond, par facilité de prononciation, est rapidement appelé « Roman (ou Romek) » Polański [7], [8]. Il vit en France jusqu'à l'âge de trois ans avant que sa famille ne reparte pour la Pologne. Il passe alors son enfance à Cracovie, un endroit jusqu'alors sûr, d'où son père était originaire. Sa sœur Annette, née d'une précédente union de sa mère, lui fait découvrir le cinéma [8].

Après l' invasion de l’ouest de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, il est contraint de vivre dans le ghetto de Cracovie. Il échappe à la déportation, contrairement à ses parents et à sa sœur. Sa mère, enceinte, meurt à Auschwitz. Échappé du ghetto, il se réfugie à la campagne chez des fermiers avant de revenir à Cracovie où, devenu vagabond, il trompe la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide clandestine d'habitants et d'autres enfants, et grâce au marché noir. Il a alors dix ans. Il ne revoit son père qu'en 1945, lors du retour de celui-ci du camp de concentration de Mauthausen [8].

Il commence à s'intéresser au cinéma dès sa jeunesse, même dans le ghetto, avec un ami qui possède un projecteur à manivelle et des films des frères Lumière. À 8 ans, enfui du ghetto et recueilli par une famille à la campagne, il fréquente beaucoup le cinéma, ne pouvant aller à l'école interdite aux juifs. Il raconte : « Aller au cinéma n'était pas considéré comme un acte patriotique : la façade du bâtiment était régulièrement recouverte de graffitis comme « Seuls les porcs vont au cinéma ». Je me retrouvais donc souvent dans des salles vides, à regarder des films allemands, les seuls à être projetés : des comédies stupides, des opérettes nullissimes ou des drames de propagande. Je savais que c'était nul, mais être dans la salle me plaisait » [9].

Débuts artistiques (1946-1961)

Après la guerre, dans les camps de scouts, il découvre, adolescent, sa vocation d'artiste et de comédien, prise peu au sérieux par son père. Polanski explique que son goût pour « les blagues et les farces [l'a] beaucoup aidé dans les moments difficiles [10] ». En 1946, il intègre la troupe de la Joyeuse Bande, destinée à enregistrer des spectacles radiophoniques à coloration communiste pour les enfants. Deux ans plus tard, après une audition, il est choisi pour le rôle principal du Fils du régiment. Il y interprète un jeune paysan, coqueluche de l' Armée rouge et prisonnier des Allemands durant la guerre. La pièce devient, au fil des représentations, un triomphe national [8].

Ce succès lui ouvre les portes d'une carrière de comédien. En 1949, il rate son Certificat de maturité (bac polonais), mais entre à l’École des beaux-arts grâce à ses talents de dessinateur. Il en est renvoyé un an plus tard [8]. En 1953, il rencontre Andrzej Wajda, jeune auteur encore méconnu, qui le dirige dans Génération et devient son ami [8]. Il considère alors Wajda comme « le premier metteur en scène polonais » ayant réussi à réaliser des films qui s'éloignent de la « grande hypocrisie » du cinéma d'État de l'époque [11].

En 1955, Polański est reçu au concours de l' École nationale de cinéma de Łódź où il réalise huit courts métrages remarqués à l'international. À cette époque, naît son amitié avec Jerzy Skolimowski, lui aussi étudiant à Łódź, ainsi qu'avec le jazzman Krzysztof Komeda qui compose la musique de la plupart de ses films jusqu'à sa mort en 1969 [11]. Le jazz est très important pour le groupe de jeunes dont il fait partie car il constitue une sorte de « rébellion » en Pologne. Il leur permet de se sentir plus modernes et « éloignés de la culture officielle [11] ». Il commence à faire l'acteur dans ses films d'école, parce que les budgets en sont très faibles et qu'il pense pouvoir « faire mieux que certains acteurs [11] ».

En 1958, il obtient plusieurs récompenses pour Deux hommes et une armoire. À cette période, il épouse l'actrice principale de la majorité de ses films courts : Barbara Kwiatkowska dont il divorce en 1961.

Révélation critique (1962-1967)

En 1962, il réalise son premier long métrage, le seul tourné dans sa langue maternelle : Le Couteau dans l'eau, coécrit avec Jerzy Skolimowski. Il y met en scène les rapports de forces entre un journaliste sportif brutal et un étudiant arrogant sur un voilier. Le film est mal accueilli en Pologne bien qu'il ne soit pas un réquisitoire explicite du mode de vie socialiste [12]. Mais il fait planer un climat d'insécurité et laisse en suspens l'idée de tension sociale et de lutte de classes que les régimes communistes prétendent avoir abolie [13]. On reproche au metteur en scène de ne pas faire un cinéma au service de l'État et de signer ainsi son passeport pour l'Occident [12]. Le film lui ouvre en effet les portes de l'Ouest : après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de Venise, Le Couteau dans l'eau est projeté officiellement au Festival de New York, fait la une du Time magazine et reçoit une nomination à l' Oscar du meilleur film étranger, qui lui échappe au profit de 8 1/2 de Federico Fellini [12].

Polanski s'installe à Paris où il rencontre son ami Gérard Brach. À ses côtés, il écrit plusieurs scénarios qu'il tente de vendre, sans succès. C'est une époque qu'il qualifie par la suite de « vaches maigres » [11], [14]. Il s'établit ensuite à Londres où il connait « une des périodes les plus heureuses de [sa] vie », réjoui de découvrir l'industrie du cinéma britannique qu'il intègre facilement, nonobstant sa méconnaissance d'alors de la langue anglaise [11].

Il met finalement en scène son second long métrage, un thriller produit par Gene Gutowski et coécrit avec Brach, ayant pour thème la schizophrénie : Répulsion, avec Catherine Deneuve. L'année suivante, il se rend en Irlande afin d'y tourner une comédie noire et misanthrope, proche du théâtre de l'absurde : Cul-de-sac, interprétée par Donald Pleasence et Françoise Dorléac. Ces deux œuvres lui permettent de remporter respectivement un Ours d’argent et un Ours d’or au Festival de Berlin en 1965 et 1966.

En 1967, le réalisateur retrouve Gutowski, Brach et Komeda pour écrire, produire et réaliser la comédie horrifique Le Bal des vampires, son premier film en couleur et en CinémaScope. Cette réalisation se veut une parodie burlesque des productions de la Hammer [15]. Polanski y tient le haut de l'affiche avec la comédienne américaine Sharon Tate qu'il épouse le .

Reconnaissance hollywoodienne (1968-1970)

Roman Polanski est repéré par le jeune producteur américain Robert Evans [NB 1] qui lui confie la réalisation de son premier film hollywoodien, produit par Paramount : le thriller fantastique Rosemary's Baby adapté du best-seller éponyme d' Ira Levin. L'histoire est celle d'une jeune femme victime d'une secte de sorciers octogénaires adorateurs de Satan qui fait d'elle la mère de l’ Antéchrist. Le livre est, selon Polanski, un « thriller remarquablement construit ». Le réalisateur est cependant agnostique et décide lors de l'écriture du scénario de ne pas garder l'aspect surnaturel de l'histoire, « Pour la crédibilité, je décidai donc de préserver une équivoque : la possibilité que les expériences surnaturelles de Rosemary soient un pur produit de son imagination enfiévrée. Voilà pourquoi une ambiguïté court délibérément tout le long du film » [L1 1]. Le rôle principal est confié à Mia Farrow alors que celui de son mari est attribué à John Cassavetes.

Produit pour un budget de deux millions de dollars, Rosemary's Baby se hisse au sommet du box-office de 1968, lance la mode des thrillers sataniques ( L'Exorciste, La Malédiction…) et est reconnu par la critique comme l'un des grands chefs-d'œuvre du cinéma fantastique dans sa manière de suggérer l'horreur et de jouer de l'angoisse surnaturelle dans la banalité quotidienne [16]. Deux fois nommé aux Oscars en 1969, le film vaut à Ruth Gordon, la voisine maléfique, la statuette du meilleur second rôle féminin. Polanski se voit quant à lui remettre le David di Donatello du meilleur réalisateur étranger. En 2014, Rosemary's Baby est sélectionné dans le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être préservé comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement signifiant » [17].

Au faîte de sa gloire, Polanski est néanmoins ébranlé par un nouveau drame dans sa vie : alors qu'il est en pleine préparation d'un film au Royaume-Uni, une adaptation du roman d'anticipation de Robert Merle Un animal doué de raison, sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, trois de leurs amis proches, et un ami du jeune gardien de la propriété sont assassinés dans la demeure du couple, à Los Angeles sur Cielo Drive, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte appelée « la Famille » et tueur en série notoire.

Période européenne, puis retour à Hollywood (1971-1976)

Malgré la dépression qu'il traverse, Roman Polanski se plonge dans le travail et développe une adaptation du roman d' Henri Charrière intitulé Papillon [L1 2]. Le projet est néanmoins abandonné, malgré la présence de Warren Beatty au générique, faute de financement [L1 3]. Après la mort de Sharon Tate, Polanski se voit proposer de nombreux scénarii horrifiques qu'il refuse jusqu'au dernier, « Bien peu de sujets me paraissaient dignes d'efforts. Je croyais savoir, en outre, que mon prochain film serait examiné plus pour son sujet que pour sa qualité. Un récit d'aventure comme Papillon eût été acceptable ; une comédie, un film d'horreur ou un policier étaient hors de question » [L1 4].

Passionné depuis l'enfance par l’œuvre de William Shakespeare, il finit par choisir de tourner une adaptation de la tragédie Macbeth. Le film est en partie produit par Hugh Hefner et la filiale de production du groupe Playboy après les refus successifs des studios hollywoodiens [L2 1]. Le tournage, avec Jon Finch et Francesca Annis dans les rôles principaux, a lieu au pays de Galles et est continuellement retardé retardé à cause des pluies abondantes. Lors de sa sortie en 1971, Macbeth est considéré par la critique comme une réaction de Polanski après le meurtre de sa femme. Selon lui, « la plupart des critiques américains estimèrent que j'avais utilisé ce film dans un but cathartique. La vérité est que j'avais choisi Macbeth parce que j'espérais que Shakespeare au moins me mettrait au-dessus de tout soupçon » [L1 5]. La violence du film lui est également reproché mais, d'après Polanski, « Macbeth est une pièce violente. On doit la montrer telle qu'elle est. Ne pas la montrer telle qu'elle est. Ne pas la décrire de façon réaliste, c'est immoral et nuisible. Si l'on ne dérange pas les gens, c'est de l'obscénité » [L2 2]. Malgré l'échec commercial du film, Roman Polanski souhaite en réaliser un autre immédiatement afin de « prouver que j'en étais encore capable » [L1 6].

Il tourne alors en Italie une comédie grinçante à l'humour absurde avec Marcello Mastroianni, Quoi ?, sortie en 1972. Le film est pour le réalisateur « un produit de son époque. La production s'est déroulée dans le bref intervalle qui a séparé l'invention de la pilule de l'apparition du sida. Une époque bénie où le sexe était encore un plaisir et non pas quelque chose de dangereux » [L2 3]. Polanski ajoute, « Sur le film lui même, il n'y a peu à dire. Il eu du succès en Italie, connut une modeste carrière dans le reste de l'Europe et fut un échec complet aux États-Unis » [L2 4].

Alors qu'il souhaite s'installer définitivement à Rome, Roman Polanski se laisse convaincre par Jack Nicholson et le producteur Robert Evans de revenir aux États-Unis afin de travailler sur un projet de film noir intitulé Chinatown [L1 7]. Selon le réalisateur, le scénario original écrit par Robert Evans « débordait d'idées, de dialogues remarquables et de personnages magistralement campés mais souffrait de l'excessive complication d'une intrigue qui partait un peu dans tous les sens. Il n'était pas filmable en l'état, mais, enfoui dans ses cent quatre-vingts et quelques pages, se cachait un film merveilleux » [L1 7]. Malgré un tournage prévu à Los Angeles qui lui rappelle le drame de 1969, Roman Polanski est fasciné par le projet et réécrit pendant huit semaines le scénario avec Evans [L1 8], [L1 9]. L'objectif du réalisateur est de « créer une atmosphère à la Philip Marlowe, ce que je n'avais pas trouvé dans les films comme je le trouvais dans les romans de Dashiell Hammett ou Raymond Chandler » [L2 5]. Il souhaite également faire un film réaliste et « recréer le style de l'époque grâce à une reconstitution scrupuleuse du décor, des costumes et du langage — et non pas une imitation délibérée, en 1973, des techniques des films des années trente » [L2 6].

Le rôle du détective privé, J.J. Gittes, est confié à Nicholson et celui de la femme fatale à Faye Dunaway. Les relations du réalisateur avec cette dernière sont désastreuses pendant le tournage, Polanski reprochant à l'actrice l'attention obsessionnelle qu'elle apporte à son interprétation, sa coiffure et à son maquillage, mais reconnaît néanmoins n'avoir jamais rencontré une actrice prenant son travail avec autant de sérieux [L2 7], [18]. Lors de sa sortie en 1974, Chinatown connaît un grand succès public et critique. Produit pour un budget de six millions de dollars, le film en rapporte près de trente rien qu'aux États-Unis. Il est également récompensé par quatre Golden Globes, dont celui du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur pour Polanski, et reçoit onze nominations aux Oscars, Robert Towne remportant le trophée du meilleur scénario original. En 1991, Chinatown est sélectionné dans le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être préservé comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement signifiant » [19]. Le film est également considéré comme l'un des meilleurs films réalisé par Roman Polanski et, plus généralement, comme l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma [20].

Après avoir mis en scène l'opéra d' Alban Berg, Lulu, pour le festival de Spolète en Italie en 1974 [L1 10], Roman Polanski revient à Paris où il concrétise un projet d'adaptation du roman de Roland Topor, Le Locataire chimérique [L1 11]. Le Locataire, qu'il fait éclairer par Sven Nykvist, chef opérateur attitré d' Ingmar Bergman, puis qu'il réalise et joue aux côtés d' Isabelle Adjani et de Shelley Winters, voit le jour en 1976. Cependant, même si l'étrangeté paranoïaque et cauchemardesque du récit séduit aujourd'hui les critiques qui considèrent cette œuvre comme l'une de ses plus abouties, cette fable sur l'aliénation urbaine et l' anomie, d'une fantaisie noire proche du délire, est mal reçue lors de sa présentation en compétition au 29e Festival de Cannes et ne rencontre pas le succès commercial escompté [L1 12]. Selon Polanski, le film « reste une expérience ratée mais intéressante, admirée par certains étudiants des écoles de cinéma et considérée par d'autres comme un film culte » [L2 8]. La même année, le réalisateur assure la direction scénique du Rigoletto de Giuseppe Verdi pour l'Opéra de Munich [L1 13].

Années parisiennes (1979-1999)

Définitivement établi en France à partir de 1978 suite à une affaire de crime sexuel sur une mineure, Roman Polanski s'engage dans une entreprise de grande ampleur dont Claude Berri est le principal producteur : en mémoire de sa défunte épouse Sharon Tate, il réalise un mélodrame rural et romantique, Tess, qu'il considère comme « le film de ma maturité » [L2 9]. Il s'agit de l'adaptation du roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville, qui évoque les malheurs d'une jeune paysanne sous l'ère victorienne. « Ce qui m'a attiré dans le personnage de Tess, c'est ce mélange d'incroyable honnêteté, de soumission et de fatalisme. Elle ne se plaint jamais. Des choses terribles lui arrivent, et elle ne se plaint jamais, jusqu'à la fin » [L2 10]. Le rôle-titre est confié à Nastassja Kinski [NB 2], [21], [22], [23]. Le tournage s'étale sur une période de neuf mois sur quatre saisons et quarante lieux différents. Pour Polanski, « Tess a exigé beaucoup d'efforts, de temps et d'énergie. Et pourtant, la plupart des acteurs et techniciens se souviennent de ce tournage comme de l'un des plus heureux de leur vie. Une partie de l'atmosphère idyllique a dû se refléter dans le film » [L2 11].

La post-production du film est cependant difficile pour le réalisateur qui va jusqu'à parler de l'une des pires expériences de sa carrière [L2 10]. Afin de respecter les délais de sortie, il doit utiliser simultanément cinq salles de montage afin de trier une quarantaine d'heures de pellicules. Le montage du film s'étale sur une période d'un an où se succèdent deux monteurs différents [L2 10]. Un conflit éclate alors entre Polanski et Berri, le producteur voulant amputer le film de trente minutes pour faciliter son exploitation, Polanski refusant les coupes et ayant beaucoup de mal à trouver un montage adéquat. Hervé de Luze est finalement engagé pour finaliser le montage et devient dès alors le monteur attitré de Polanski [24]. Tess est un grand succès, à la fois critique et commercial, lors de sa sortie en 1979, et permet à Roman Polanski de remporter deux César, celui du meilleur film et du meilleur réalisateur [25], [26]. Le film reçoit également le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère ainsi que trois Oscars sur six nominations. Malgré la réception du film, Polanski envisage de mettre un terme à sa carrière de réalisateur, désabusé par sa post-production [L1 14].

Roman Polanski connaît ensuite un accueil triomphal pour son retour au théâtre avec la pièce de Peter Shaffer, Amadeus, qu'il met en scène et interprète au côté de François Périer en 1981 [L2 12]. Trois ans plus tard, il publie son autobiographie, Roman par Polanski, aux éditions Robert Laffont.

Il fait son retour au cinéma avec le film d'aventure Pirates, en hommage aux films d'aventures hollywoodiens des années 1930 qui ont bercé son enfance : ceux entre autres de Michael Curtiz avec Errol Flynn. Le tournage en Tunisie se révèle cauchemardesque. Selon le producteur exécutif Thom Mount, « Pirates fut un exemple classique de manque de préparation, de développement incomplet et d'échec à la mise en œuvre. Tout est allé de travers » [L2 13]. En plus des différents problèmes météorologiques et financiers — le budget passa de treize millions et demi de dollars à trente-trois millions et demi, les acteurs Walter Matthau et Cris Campion ne sont pas à la hauteur des espérances de Polanski [L2 14]. Ce dernier considère Pirates comme son projet le plus difficile, « J'ai dû consentir à trop de compromis. J'ai dû tailler à vif dans le script et me résigner à un casting qui ne me convenait pas. Travailler comme un fou pendant vingt-huit semaines sur la Méditerranée et en Tunisie avec une équipe internationale dont les membres ne se comprenaient pas entre eux, avec un budget insuffisant et toutes sortes d'obstacles naturels... Pour chaque plan, j'avais l'impression d'arracher un poisson de la gueule d'un requin » [L2 14]. Présenté hors-compétition lors du 39e Festival de Cannes en 1986, Pirates est un désastre critique et commercial, rapportant seulement un peu plus de six millions de dollars de recettes à l'échelle mondiale.

Roman Polanski accepte ensuite une commande d'un studio hollywoodien, la Warner, qui lui laisse une entière liberté sur le sujet et le scénario. Il écrit alors avec Gérard Brach le thriller hitchcockien Frantic dans lequel un cardiologue américain, joué par Harrison Ford, se retrouve confronté à la disparition de sa femme. Le tournage a lieu à Paris, le réalisateur souhaitant tourner dans sa ville après deux années passées en Tunisie. « L'idée était de tourner un film sur les choses que je connais, de montrer mon Paris. Je voulais me débarrasser de tout ce qui était trop pittoresquement parisien, montrer la ville telle qu'elle se présente aujourd'hui. C'était la ville comme je la vois et non pas telle que l'imaginent les Américains » [L2 15]. C'est cette occasion qu'il rencontre sa future femme, de trente-trois ans sa cadette, Emmanuelle Seigner, qu'il épouse en 1988, l'année de la sortie du film. Le film est un succès critique et commercial modéré.

Polanski souhaite ensuite changer radicalement de sujet afin de pouvoir explorer la traîtrise des relations humaines. Il signe alors Lunes de fiel, libre adaptation du roman éponyme de Pascal Bruckner, sur une histoire d'amour tortueuse et perverse qui voit un couple se consumer tout en entraînant un couple d'Anglais rangés dans un maelström érotique autodestructeur. Les rôles principaux sont confiés à Emmanuelle Seigner, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas et Peter Coyote. Bien que suggéré dans la presse, le réalisateur nie que ce film soit représentatif de sa relation avec sa nouvelle épouse, alors âgée de vingt-cinq ans, ou présente un quelconque caractère autobiographique [L2 16]. Le film n'est pas un grand succès lors de sa sortie en 1992 mais, selon Polanski, « le budget n'était pas considérable, aussi avons-nous travaillé dur et sous une terrible pression, mais j'ai fait ce que je voulais, et personne n'a contesté le résultat » [L2 16]. Toujours en 1992, il dirige pour la scène de l' Opéra Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d' Offenbach avec José van Dam et Natalie Dessay.

Le dramaturge chilien Ariel Dorfman accepte parmi plusieurs propositions celle de Polanski d'adapter pour le cinéma sa pièce à succès, La Jeune Fille et la Mort, racontant les traumatismes subis par les victimes des tortures dans les dictatures d'Amérique latine. Selon Dorfman, « je savais qu'avec lui, j'avais un réalisateur qui comprendrait le sens profond de l'histoire sans que j'aie besoin de lui expliquer. Il avait connu ce genre de répression plusieurs fois dans sa vie. J'avais besoin d'un réalisateur capable d'interpréter La Jeune Fille et la Mort à partir de sa propre expérience » [L2 17]. Polanski avoue être fasciné par le fait de raconter une même histoires par différents personnages, « de mettre en lumière ces points de vue qui ne concordent pas » [L2 18]. Le film, tourné dans l'ordre chronologique de façon à maintenir l'évolution émotionnelle des acteurs — Sigourney Weaver, Ben Kingsley et Stuart Wilson, est un succès critique mais un échec commercial lors de sa sortie en 1994 [L2 19]. La même année, Roman Polanski joue face à Gérard Depardieu l'un des rôles principaux du film de Giuseppe Tornatore, Une pure formalité.

Il débute en 1996 le tournage d'une production ambitieuse intitulée The Double, librement inspirée d'une nouvelle de Fiodor Dostoïevski, avec John Travolta et Isabelle Adjani dans les rôles principaux. Mais, à la suite de différends avec Travolta concernant des modifications du script, le projet est abandonné alors que les contrats des techniciens sont signés et les décors construits aux studios de Boulogne [27]. Polanski se tourne alors vers le théâtre et met en scène en 1997 Fanny Ardant dans la pièce de Terrence McNally, Maria Callas, la leçon de chant, qui lui vaut une nomination aux Molières [28]. La même année, il supervise la création d'une comédie musicale adaptée du Bal des vampires qui démarre à Vienne et entame une tournée triomphale de Stuttgart à Hambourg. En 1998, il est élu membre de l' Académie des Beaux-Arts dans la catégorie Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel (créée en 1985).

Il revient au cinéma avec une adaptation du roman d' Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas, qu'il intitule La Neuvième Porte, avec Johnny Depp et Emmanuelle Seigner dans les rôles principaux. Selon le réalisateur, le livre est « un superbe divertissement, un roman baroque, ludique, foisonnant, ouvrant sans cesse de nouvelles pistes, vraies ou fausses. J'y ai pris un grand plaisir, mais il m'a semblé que sa transposition exigeait des choix précis et rigoureux. Le cinéma, dans mon esprit, demande des constructions plus cohérentes, plus rigides. Il fallait aussi faire un tri pour aboutir à un film d'une durée normale. C'est pourquoi j'ai seulement retenu ce que j'aimais le plus dans ce récit. C'est un défi d'adapter un roman aussi complexe, mais j'aime ce genre de travail. J'aborde cela comme un jeu de patience, comme l'assemblage d'un vaste puzzle, et j'y trouve de grandes satisfactions » [29]. Le film comporte quelque deux cents effets spéciaux, certains plus convaincants que d'autres selon le propre aveu de Polanski [L2 20]. Ce dernier considère La Neuvième Porte comme un échec artistique, « Je voulais que le film soit une comédie, une parodie du genre. Mais il semble que personne n'ait vraiment saisi mon propos. Je crois aussi que Johnny n'a pas saisi le côté humoristique de son personnage. C'est un très bon acteur et son interprétation est excellente, mais ce n'est pas tout à fait le ton que je souhaitais » [L2 21]. Lors de sa sortie, le film rencontre un succès critique et commercial modéré.

Consécration internationale (années 2000)

«  Le Pianiste est un film que j'aurais pu tourner les yeux fermés, ayant moi-même vécu ces événements et en les gardant très présents en moi [L2 22]. »

— Roman Polanski

Roman Polanski avec Adrien Brody au Festival de Cannes 2002

Au début des années 1990, connaissant le passé de Roman Polanski et son désir de réaliser un jour un film sur l' Holocauste, Steven Spielberg lui propose de mettre en scène La Liste de Schindler. Polanski refuse, le sujet étant trop proche de son vécu, « Cela parlait de gens que je connaissais personnellement. Je ne pouvais pas tourner cette histoire » [L2 23]. Le but du réalisateur n'est pas de faire un film autobiographique mais d'utiliser son expérience dans un film de fiction sur le sujet. Lorsqu'il découvre quelques années plus tard les mémoires du pianiste polonais Wladyslaw Szpilman racontant sa survie pendant la Seconde Guerre mondiale, Polanski est convaincu que « le moment était venu. On ne trouve pas souvent des récits de ce genre » [L2 23]. Le réalisateur est particulièrement sensible à ce qu'il appelle « la précision et la distance que le survivant porte en lui » et confie le rôle de Szpilman à Adrien Brody, « Je n'ai jamais cherché la ressemblance physique. Je voulais un acteur qui puisse se glisser dans la peau du personnage tel que je l'avais imaginé en travaillant sur le scénario. Il était important que ce soit quelqu'un de peu connu. Le film étant tourné en anglais, il nous fallait un acteur qui parle la langue. Quand j'ai vu quelques-uns des films d'Adrien Brody, je n'ai plus hésité : il était Le Pianiste » [30].

Polanski estime qu'il s'agit de son film le plus personnel et les recherches préalables sont pour lui plus douloureuses que le tournage, « Cependant, pendant les six mois de tournage, il y eut des moments qui me rappelaient les événements passés avec une telle intensité que j'en avais le souffle coupé » [L2 24]. Les ruines de Varsovie sont reconstituées aux studios de Babelsberg, le réalisateur refusant de recourir aux images de synthèse. Le Pianiste est présenté en compétition lors du 55e Festival de Cannes en 2002 où le jury présidé par David Lynch lui décerne la Palme d'or. Le film est un triomphe aussi bien critique que commercial et reçoit sept Césars l'année suivante dont ceux du meilleur film [31], du meilleur réalisateur [32] et du meilleur acteur pour Brody [33]. Le Pianiste est également nommé pour sept Oscars dont celle du meilleur film et remporte trois statuettes lors de la 75e Cérémonie : meilleur réalisateur pour Polanski, meilleur acteur pour Brody et meilleure adaptation pour Ronald Harwood. Malgré les demandes, le cinéaste ne se rend pas à Los Angeles où l'annonce de sa victoire provoque une ovation debout dans l'assistance [34]. Remettant le prix, Harrison Ford, acteur de Frantic, s'engage à lui transmettre personnellement le trophée, ce qu'il fait publiquement, cinq mois plus tard, au Festival du cinéma américain de Deauville [35]. Roman Polanski considère Le Pianiste comme sa meilleure oeuvre et déclare, « En vérité, pendant le tournage, j'ai eu l'impression que tout ce que j'avais fait jusqu'alors n'était qu'une répétition en vue de ce tournage » [L2 25].

Après Le Pianiste, Roman Polanski joue dans le film Zemsta (2002) réalisé par son compatriote Andrzej Wajda. L'année suivante, il met en scène Hedda Gabler, le drame d' Henrik Ibsen, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle-titre, au Théâtre Marigny. Puis il supervise à Stuttgart en 2004 et à Berlin en 2005 une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires [36].

Roman Polanski en 2007

Alors qu'il souhaite tourner un film que ses enfants puissent voir, Roman Polanski, au cours d'une conversation avec sa femme, se remémore la comédie musicale de Carol Reed, Oliver ! (1968), tirée du roman de Dickens et choisit de proposer une nouvelle version d' Oliver Twist. « J'ai relu le livre, et ce fut un véritable bonheur — l'humour, l'ironie, le sarcasme sont irrésistibles. Les personnages sont superbement décrits. C'était un défi, et j'ai pensé qu'il y avait là une histoire remarquable, un trésor d'idées, de situations, d'atmosphères, bref un excellent prétexte pour recréer un monde disparu. Tous ces éléments étaient captivants. Reconstituer le Londres du e siècle dans un studio, voilà un exploit digne d'un réalisateur » [L2 26]. Oliver Twist est tourné principalement aux Studios Barrandov de Prague en République tchèque, avec les acteurs Barney Clark dans le rôle titre et Ben Kingsley, pour un budget de 50 millions d'euros, le plus important dont Polanski ait jamais disposé [L2 27]. Le film est présenté pour la première fois lors du 30e Festival international du film de Toronto en 2005 et reçoit des critiques positives mais n'obtient pas le succès commercial escompté.

En 2006, Roman Polanski dirige Thierry Frémont au Théâtre Hébertot dans Doute, écrit par John Patrick Shanley [37]. L'année suivante, il entreprend de réaliser une adaptation du roman Pompéi de Robert Harris [38]. Ce dernier est engagé pour l'écriture du scénario qui relate la destruction de Pompéi et ses villes environnantes par l' éruption du Vésuve en 79. Le tournage est prévu pour durer cinq mois en Italie, avec Orlando Bloom et Scarlett Johansson dans les rôles principaux, pour un budget de 130 millions de dollars [39]. Polanski abandonne cependant le projet à la suite de problèmes d'emploi du temps, de financement et de retards de production dus à la grève des scénaristes à Hollywood, entamée à l'été 2007 et terminée en 2008 [40].

En 2007, il dirige Denis Podalydès, Sara Forestier et Michel Vuillermoz dans Cinéma érotique, l'un des segments du film à sketches Chacun son cinéma, œuvre collective en l'honneur des soixante ans du Festival de Cannes. Lors de la conférence de presse réunissant les différents réalisateurs, dont les frères Coen, les frères Dardenne, David Cronenberg, David Lynch, Pedro Almodóvar, Jane Campion ou encore Alejandro González Iñárritu, Polanski évoque "une occasion unique d'avoir une assemblée de metteurs en scène importants" et déplore la pauvreté des questions qui leurs sont posées, avant de partir brutalement [41]. En 2009, il réalise Greed, une fausse publicité sur commande de l'artiste plasticien Francesco Vezzoli, avec Natalie Portman et Michelle Williams, dans laquelle il parodie la stratégie et l’esthétique publicitaires lors d'un lancement de parfum [42].

Adaptations à succès (années 2010)

Le projet Pompéii n'ayant pas abouti, Robert Harris envoie au réalisateur un exemplaire de son roman L'Homme de l'ombre avant même qu'il ne soit publié [43]. Polanski décide immédiatement de signer l'adaptation de l'ouvrage sur grand écran. L'histoire, qui rappelle au cinéaste les romans de Raymond Chandler, est celle d'un écrivain fantôme engagé pour réécrire les mémoires de l'ancien chef du gouvernement britannique, lui-même inspiré par Tony Blair. Le tournage de The Ghost Writer a lieu en Allemagne avec un casting composé d' Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall ainsi qu' Eli Wallach. La post-production du film est marquée par l'arrestation à Zurich de Polanski le , rattrapé par l' affaire de 1977. Il achève le film de sa cellule puis de son chalet de Gstaad où il est astreint à résidence durant plusieurs mois avant sa libération par les autorités suisses le [L2 28]. La première de The Ghost Writer a lieu lors du 60e festival du film de Berlin où Polanski se voit décerner l' Ours d'argent de la meilleure mise en scène [44]. Le film est acclamé aussi bien par la presse que le public et Polanski obtient l'année suivante les Césars du meilleur réalisateur [45] et de la meilleure adaptation [46].

Roman Polanski en 2011

Durant son assignation à résidence, Roman Polanski développe une adaptation de la pièce Le Dieu du carnage de Yasmina Reza en collaboration avec son auteure. L'histoire est celle de deux couples réglant leurs comptent après une bagarre entre leurs enfants respectifs. La pièce est pour Polanski une « une satire des valeurs bourgeoises conventionnelles, du politiquement correct et de l'hypocrisie des politesses mondaines avec ses sourires factices » et représente pour lui un défi artistique, à savoir celui de faire un film en temps réel et dans un lieu restreint [47]. Le tournage, précédé de deux semaines de répétitions intensives, a lieu au studios de Bry-sur-Marne et met en scène les comédiens Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly. Rebaptisé Carnage, le film est présenté en compétition lors de la 68e Mostra de Venise en 2011 où il reçoit un accueil favorable de la presse et du public et permet à Roman Polanski de remporter l'année suivante le César de la meilleure adaptation, pour la deuxième année consécutive [48], [49].

En 2012, Roman Polanski se rend au Festival de Cannes afin de présenter une version restaurée de Tess dans la section Cannes Classics, ainsi qu'un spot publicitaire intitulé A Therapy, réalisé pour Prada avec Ben Kingsley et Helena Bonham Carter, qu'il définit comme « une espèce d'antipublicité » [50]. Son agent américain, Jeff Berg, lui fait alors découvrir le texte de la pièce de théâtre La Vénus à la fourrure du dramaturge américain David Ives, inspirée du roman homonyme de Leopold von Sacher Masoch. Le réalisateur est séduit par l'humour — "Le texte était tellement drôle que je riais tout seul – ce qui est quand même rare. L’ironie de la pièce, qui frôle parfois le sarcasme, était irrésistible", et par l'idée d'offrir un beau rôle à sa femme [51]. Ce huis clos à deux personnages se déroule intégralement dans un théâtre et met en scène l'inversion du rapport de forces entre un metteur en scène hautain et une comédienne apparemment stupide. Le tournage, censé débuter au mois de novembre 2012 au théâtre Récamier avec Emmanuelle Seigner et Louis Garrel dans les rôles principaux, est finalement reporté en janvier 2013 suite au remplacement de Garrel par l'acteur Mathieu Amalric [52]. Présenté la même année en compétition au 66e Festival de Cannes, La Vénus à la fourrure est plébiscité par la presse et permet à Roman Polanski de remporter un quatrième César de la meilleure réalisation [53].

Lors de la promotion de La Vénus à la fourrure, Roman Polanski dévoile travailler sur une nouvelle adaptation d'un roman de Robert Harris, D., à propos de l' affaire Dreyfus et dans laquelle il voit un parallèle entre l'acharnement médiatique et judiciaire envers le capitaine Dreyfus et ses propres déboires avec la presse [54]. Le projet est repoussé à plusieurs reprises, suite à de nombreuses difficultés de production et de casting, et n'a à ce jour pas été réalisé [55]. En 2014, Roman Polanski réalise le clip du single You think you're a man de sa femme, Emmanuelle Seigner, reprise d'une chanson de Divine du même titre [56]. La même année, il met en scène une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires, dont les représentations ont lieu entre octobre 2014 et juin 2015 au Théâtre Mogador à Paris [36]. En 2016, son autobiographie Roman par Polanski est rééditée, enrichie d'un épilogue où le réalisateur revient sur les trois décennies qui ont passé depuis la première publication, notamment sur les récents rebondissements concernant l'affaire de 1978 [57].

Roman Polanski avec Eva Green et Emmanuelle Seigner lors de la présentation du film D'après une histoire vraie au festival de Cannes 2017

Alors que son projet sur l’affaire Dreyfus est à nouveau repoussé, Roman Polanski se voit soumettre par sa femme la lecture du roman D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan, lauréat du Prix Renaudot et du prix Goncourt des lycéens en 2015. Le réalisateur est immédiatement attiré par cette histoire d’une romancière en panne d’inspiration qui se retrouve confrontée à une admiratrice de plus en plus intrusive et toxique, « Le roman renferme des personnages et des situations parfois étranges que j’ai déjà pu aborder dans Cul de sac, Répulsion, Rosemary’s Baby. C’est aussi un livre qui raconte l’histoire d’un livre, et j’aime beaucoup ça. C’était déjà le cas de La Neuvième porte, de The Ghost Writer. Et puis c’était l’occasion de montrer enfin l’affrontement de deux femmes. J’ai souvent traité la confrontation de deux hommes, ou d’un homme et d’une femme, mais jamais de deux femmes » [58]. Polanski contacte alors le producteur Wassim Béji, détenteur des droits pour le cinéma, et décide avec lui de tourner rapidement le film afin de le présenter dès l’année suivante au Festival de Cannes [59]. Le tournage, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle de la romancière et Eva Green dans celui de l'admiratrice, est « difficile » pour Polanski, le réalisateur ayant dû renoncer aux répétitions avant de débuter les prises de vues. D'après une histoire vraie est présenté hors-compétition lors du 70e édition Festival de Cannes où il reçoit des critiques plutôt négatives [60]. Roman Polanski dévoile une nouvelle version du film quatre mois plus tard lors du Festival du film de Zurich où il explique dans un entretien qu'il n'avait pas pu « refuser l’offre de Cannes, mais c’était un travail en cours, une première version » et ajoute être « fier » du montage final [61].

Other Languages
Afrikaans: Roman Polanski
aragonés: Roman Polanski
asturianu: Roman Polanski
azərbaycanca: Roman Polanski
Boarisch: Roman Polanski
беларуская: Раман Паланскі
български: Роман Полански
bosanski: Roman Polanski
čeština: Roman Polanski
Ελληνικά: Ρόμαν Πολάνσκι
emiliàn e rumagnòl: Roman Polański
Esperanto: Roman Polański
español: Roman Polanski
føroyskt: Roman Polanski
hrvatski: Roman Polański
Bahasa Indonesia: Roman Polański
íslenska: Roman Polanski
italiano: Roman Polański
Basa Jawa: Roman Polanski
lietuvių: Roman Polański
Malagasy: Roman Polanski
Bahasa Melayu: Roman Polanski
Nāhuatl: Roman Polanski
Nederlands: Roman Polański
português: Roman Polanski
română: Roman Polanski
sicilianu: Roman Polanski
srpskohrvatski / српскохрватски: Roman Polanski
Simple English: Roman Polanski
slovenčina: Roman Polański
српски / srpski: Роман Полански
Türkçe: Roman Polanski
українська: Роман Полянський
Tiếng Việt: Roman Polanski
მარგალური: რომან პოლანსკი