Roman Polanski

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Roman Polanski
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Roman Polanski au festival de Cannes 2013.

Nom de naissance Raymond Thierry Liebling
Naissance (84 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de Pologne  Polonais
Drapeau de France  Français
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur de cinéma
Metteur en scène
Acteur
Films notables Répulsion
Le Bal des vampires
Rosemary's Baby
Chinatown
Le Locataire
Tess
Le Pianiste

Roman Polanski, né Rajmund Roman Thierry Polański le dans le 12e arrondissement de Paris [1], est un réalisateur, producteur et scénariste franco- polonais, également comédien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d' opéra [2], [3].

Il a notamment réalisé Répulsion, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire, Tess, Le Pianiste, Oliver Twist, The Ghost Writer ou encore Carnage. Il a reçu quatre fois le César du meilleur réalisateur entre 1980 et 2014, et l' Oscar du meilleur réalisateur en 2003.

Il est également connu pour avoir été condamné en 1977 aux États-Unis pour une affaire de crime sexuel sur mineur, condamnation à laquelle il s'est soustrait en quittant le territoire américain, et pour laquelle il est toujours susceptible d'être arrêté par les États liés aux États-Unis par une convention judiciaire internationale.

Biographie

Enfance : de Paris au ghetto de Cracovie

Raymond (ou Rajmund) Thierry [4] Liebling [5], [6] est né le à Paris [4], d'un père juif polonais, peintre de son état, Ryszard Liebling, et d'une mère d'origine russe, Bula Katz Przedborska.

Son père fait changer le nom de la famille en « Polański ». Le jeune Raymond, par facilité de prononciation, est rapidement appelé « Roman (ou Romek) » Polański [7], [8]. Il vit en France jusqu'à l'âge de trois ans avant que sa famille ne reparte pour la Pologne. Il passe alors son enfance à Cracovie, un endroit jusqu'alors sûr, d'où son père était originaire. Sa sœur Annette, née d'une précédente union de sa mère, lui fait découvrir le cinéma [8].

Après l' invasion de l’ouest de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, il est contraint de vivre dans le ghetto de Cracovie. Il échappe à la déportation, contrairement à ses parents et à sa sœur. Sa mère, enceinte, meurt à Auschwitz. Échappé du ghetto, il se réfugie à la campagne chez des fermiers avant de revenir à Cracovie où, devenu vagabond, il trompe la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide clandestine d'habitants et d'autres enfants, et grâce au marché noir. Il a alors dix ans. Il ne revoit son père qu'en 1945, lors du retour de celui-ci du camp de concentration de Mauthausen [8].

Il commence à s'intéresser au cinéma dès sa jeunesse, même dans le ghetto, avec un ami qui possède un projecteur à manivelle et des films des frères Lumière. À 8 ans, enfui du ghetto et recueilli par une famille à la campagne, il fréquente beaucoup le cinéma, ne pouvant aller à l'école interdite aux juifs. Il raconte : « Aller au cinéma n'était pas considéré comme un acte patriotique : la façade du bâtiment était régulièrement recouverte de graffitis comme « Seuls les porcs vont au cinéma ». Je me retrouvais donc souvent dans des salles vides, à regarder des films allemands, les seuls à être projetés : des comédies stupides, des opérettes nullissimes ou des drames de propagande. Je savais que c'était nul, mais être dans la salle me plaisait » [9].

Débuts artistiques (1946-1961)

Après la guerre, dans les camps de scouts, il découvre, adolescent, sa vocation d'artiste et de comédien, prise peu au sérieux par son père. Polanski explique que son goût pour « les blagues et les farces [l'a] beaucoup aidé dans les moments difficiles [10] ». En 1946, il intègre la troupe de la Joyeuse Bande, destinée à enregistrer des spectacles radiophoniques à coloration communiste pour les enfants. Deux ans plus tard, après une audition, il est choisi pour le rôle principal du Fils du régiment. Il y interprète un jeune paysan, coqueluche de l' Armée rouge et prisonnier des Allemands durant la guerre. La pièce devient, au fil des représentations, un triomphe national [8].

Ce succès lui ouvre les portes d'une carrière de comédien. En 1949, il rate son Certificat de maturité (bac polonais), mais entre à l’École des beaux-arts grâce à ses talents de dessinateur. Il en est renvoyé un an plus tard [8]. En 1953, il rencontre Andrzej Wajda, jeune auteur encore méconnu, qui le dirige dans Génération et devient son ami [8]. Il considère alors Wajda comme « le premier metteur en scène polonais » ayant réussi à réaliser des films qui s'éloignent de la « grande hypocrisie » du cinéma d'État de l'époque [11].

En 1955, Polański est reçu au concours de l' École nationale de cinéma de Łódź où il réalise huit courts métrages remarqués à l'international. À cette époque, naît son amitié avec Jerzy Skolimowski, lui aussi étudiant à Łódź, ainsi qu'avec le jazzman Krzysztof Komeda qui compose la musique de la plupart de ses films jusqu'à sa mort en 1969 [11]. Le jazz est très important pour le groupe de jeunes dont il fait partie car il constitue une sorte de « rébellion » en Pologne. Il leur permet de se sentir plus modernes et « éloignés de la culture officielle [11] ». Il commence à faire l'acteur dans ses films d'école, parce que les budgets en sont très faibles et qu'il pense pouvoir « faire mieux que certains acteurs [11] ».

En 1958, il obtient plusieurs récompenses pour Deux hommes et une armoire. À cette période, il épouse l'actrice principale de la majorité de ses films courts : Barbara Kwiatkowska dont il divorce en 1961.

Révélation critique (1962-1967)

En 1962, il réalise son premier long métrage, le seul tourné dans sa langue maternelle : Le Couteau dans l'eau, coécrit avec Jerzy Skolimowski. Il y met en scène les rapports de forces entre un journaliste sportif brutal et un étudiant arrogant sur un voilier. Le film est mal accueilli en Pologne bien qu'il ne soit pas un réquisitoire explicite du mode de vie socialiste [12]. Mais il fait planer un climat d'insécurité et laisse en suspens l'idée de tension sociale et de lutte de classes que les régimes communistes prétendent avoir abolie [13]. On reproche au metteur en scène de ne pas faire un cinéma au service de l'État et de signer ainsi son passeport pour l'Occident [12]. Le film lui ouvre en effet les portes de l'Ouest : après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de Venise, Le Couteau dans l'eau est projeté officiellement au Festival de New York, fait la une du Time magazine et reçoit une nomination à l' Oscar du meilleur film étranger, qui lui échappe au profit de 8 1/2 de Federico Fellini [12].

Polanski s'installe à Paris où il rencontre son ami Gérard Brach. À ses côtés, il écrit plusieurs scénarios qu'il tente de vendre, sans succès. C'est une époque qu'il qualifie par la suite de « vaches maigres » [11], [14]. Il s'établit ensuite à Londres où il connait « une des périodes les plus heureuses de [sa] vie », réjoui de découvrir l'industrie du cinéma britannique qu'il intègre facilement, nonobstant sa méconnaissance d'alors de la langue anglaise [11].

Il met finalement en scène son second long métrage, un thriller produit par Gene Gutowski et coécrit avec Brach, ayant pour thème la schizophrénie : Répulsion, avec Catherine Deneuve. L'année suivante, il se rend en Irlande afin d'y tourner une comédie noire et misanthrope, proche du théâtre de l'absurde : Cul-de-sac, interprétée par Donald Pleasence et Françoise Dorléac. Ces deux œuvres lui permettent de remporter respectivement un Ours d’argent et un Ours d’or au Festival de Berlin en 1965 et 1966.

En 1967, le réalisateur retrouve Gutowski, Brach et Komeda pour écrire, produire et réaliser la comédie horrifique Le Bal des vampires, son premier film en couleur et en CinémaScope. Cette réalisation se veut une parodie burlesque des productions de la Hammer [15]. Polanski y tient le haut de l'affiche avec la comédienne américaine Sharon Tate qu'il épouse le .

Reconnaissance hollywoodienne (1968-1970)

Polanski est repéré par le producteur américain Robert Evans [NB 1] qui lui confie, sous l'escarcelle de la Paramount, la réalisation de son premier film hollywoodien : le thriller fantastique Rosemary's Baby adapté du best-seller éponyme d' Ira Levin. Mia Farrow y interprète, au côté de John Cassavetes une jeune femme victime d'une secte de sorciers octogénaires adorateurs de Satan qui fait d'elle la mère de l’ Antéchrist. Ce film d'épouvante se hisse au sommet du box-office de 1968, lance la mode des thrillers sataniques ( L'Exorciste, La Malédiction…) et se voit reconnu par la critique comme l'un des grands chefs-d'œuvre du cinéma fantastique dans sa manière de suggérer l'horreur et de jouer de l'angoisse surnaturelle dans la banalité quotidienne [16]. Deux fois nommé aux Oscars en 1969, Rosemary's Baby vaut à Ruth Gordon, la voisine maléfique, la statuette du meilleur second rôle féminin.

Au faîte de sa gloire, Polanski est néanmoins ébranlé par un nouveau drame dans sa vie : alors qu'il est en pleine préparation d'un film au Royaume-Uni, sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, trois de leurs amis proches, et un ami du jeune gardien de la propriété sont assassinés dans la demeure du couple, à Los Angeles sur Cielo Drive, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte appelée « la Famille » et tueur en série notoire.

Période européenne, puis retour à Hollywood (1971-1976)

Malgré la dépression qu'il traverse [17], Polanski se plonge dans le travail et part pour le Royaume-Uni tourner une adaptation grandiloquente et violente de William Shakespeare : Macbeth, produite en partie par Hugh Hefner et la filiale de production du groupe Playboy. Le film est mal compris et se solde par un échec.

En 1972, il part en Italie réaliser une comédie grinçante à l'humour absurde avec Marcello Mastroianni : Quoi ?. Malgré le plébiscite de la presse, le film est un nouvel échec.

En 1974, il s'attelle à la mise en scène de l'opéra d' Alban Berg, Lulu, pour le festival de Spolète en Italie. La même année, revenu à Hollywood, il goûte à la plus belle réussite critique et publique de sa carrière grâce à une commande qu'il s'approprie totalement : Chinatown, drame policier conçu comme un hommage au film noir américain [18]. Le film marque ses retrouvailles avec son ami producteur Bob Evans qui réalise aussi l'un de ses plus grands succès. Chinatown qui a coûté six millions de dollars en rapporte trente aux États-Unis. Le visage au nez pansé de Jack Nicholson, interprétant J.J. Gittes, un détective privé fanfaron, devient un mythe de cinéma [18]. Le rôle de la femme fatale est attribué à Faye Dunaway [NB 2]. Les deux stars principales se font voler la vedette par le rôle secondaire de Noah Cross accordé au cinéaste John Huston [18]. Grand vainqueur des Golden Globes en 1975, le film reçoit onze nominations aux Oscars. Mais seul le trophée du meilleur scénario original, écrit par Robert Towne, vient récompenser Chinatown, les votants ayant préféré se tourner vers le deuxième opus de la série des Parrain réalisée par Francis Ford Coppola.

Polanski revient ensuite à Paris où il concrétise un projet d'adaptation du roman de Roland Topor, Le Locataire chimérique. Le Locataire, qu'il fait éclairer par Sven Nykvist, chef opérateur attitré d' Ingmar Bergman, puis qu'il réalise et joue aux côtés d' Isabelle Adjani et de Shelley Winters, voit le jour en 1976. Cependant, même si l'étrangeté paranoïaque et cauchemardesque du récit séduit les critiques qui considèrent cette œuvre comme l'une de ses plus abouties [19], cette fable sur l'aliénation urbaine et l' anomie, d'une fantaisie noire proche du délire, ne rencontre pas le succès escompté. Dès lors, son cinéma s'oriente vers le grand spectacle dans divers genres [19]. Polanski assure également, en 1976, la direction scénique du Rigoletto de Giuseppe Verdi pour l'Opéra de Munich.

Années parisiennes (1979-1999)

Définitivement établi en France, le metteur en scène s'engage dans une entreprise de grande ampleur dont Claude Berri est le principal producteur : en mémoire de sa défunte épouse Sharon Tate, il réalise un mélodrame rural et romantique, Tess. Il s'agit de l'adaptation du roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville, qui évoque les malheurs d'une jeune paysanne sous l'ère victorienne. Le rôle-titre est confié à Nastassja Kinski [NB 3], [20], [21], [22]. Succès critique et public, le film croule sous une avalanche de prix dont trois Césars en 1980 (ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie pour Ghislain Cloquet et Geoffrey Unsworth) et trois Oscars en 1981 ( meilleure photographie, meilleurs décors et meilleurs costumes). Polanski passe également par le théâtre avec Amadeus de Peter Shaffer, qu'il met en scène et interprète au côté de François Périer. Il publie en 1984, aux éditions Robert Laffont, son autobiographie : Roman par Polanski.

Il s'attaque par la suite au projet Pirates (financé par le producteur tunisien Tarak Ben Ammar) en hommage aux films d'aventures hollywoodiens des années 1930 qui ont bercé son enfance : ceux entre autres de Michael Curtiz avec Errol Flynn. En plus d'un tournage cauchemardesque, Pirates est un gouffre financier. Il devient un film qui échappe à son réalisateur et qu'il finit par renier. Fiasco commercial, le film, pour un budget de quarante millions de dollars, en rapporte cinq. À la suite de cet échec, Polanski délaisse les plateaux pour les planches et s'impose dans une adaptation théâtrale du classique de Franz Kafka, La Métamorphose. Il accepte cependant une commande d'un studio hollywoodien, la Warner, qui lui laisse une entière liberté sur le sujet et le scénario [23].

Il écrit alors avec Gérard Brach puis réalise Frantic en 1988, un thriller parisien avec Harrison Ford qui lui vaut de renouer un temps avec le succès mais Lunes de fiel, La Jeune Fille et la Mort et La Neuvième Porte, globalement peu épargnés par la critique, sont des revers au box office. Il a également été engagé dans la mise en scène d'une grosse production intitulée The Double en 1996, avec John Travolta et Isabelle Adjani [24]. Mais, à la suite de différends avec la star américaine et les producteurs internationaux, le projet est abandonné alors que les contrats des techniciens sont signés et les décors construits aux studios de Boulogne [24].

Le , il épouse en troisièmes noces sa nouvelle actrice fétiche de trente-trois ans sa cadette, Emmanuelle Seigner. Ils ont deux enfants : Morgane (née en 1993) et Elvis (né en 1998).

En 1998, il est élu membre de l' Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France dans la catégorie Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel (créée en 1985).

Dans les années 1990, son travail au théâtre et à l'opéra est prolifique : il dirige pour la scène de l' Opéra Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d' Offenbach en 1992 avec José van Dam et Natalie Dessay. Quatre ans plus tard, il met en scène Fanny Ardant dans la pièce de Terrence McNally, Maria Callas, la leçon de chant qui lui vaut une nomination aux Molières.

En 1997, il supervise la création d'une comédie musicale adaptée du Bal des vampires qui démarre à Vienne et entame une tournée triomphale de Stuttgart à Hambourg.

Roman Polanski avec Adrien Brody au Festival de Cannes 2002

Consécration internationale et arrestation (années 2000)

Il revient sur le devant de la scène en 2002 grâce au triomphe critique et public du Pianiste, une grosse production franco-germano-britannico-polonaise d'une grande intensité dramatique, adaptée de l'autobiographie du pianiste et compositeur polonais Władysław Szpilman. Il y évoque, de manière très personnelle, l’occupation de la Pologne et du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet qu’il s’était toujours refusé à filmer au point de décliner, dix ans auparavant, l’offre de Steven Spielberg de mettre en scène La Liste de Schindler. Le Pianiste remporte la Palme d'or du Festival de Cannes 2002 et sept Césars en 2003 dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Adrien Brody. Le film reçoit ensuite sept nominations aux Oscars dont celle du meilleur film. Il gagne trois statuettes lors de la 75e Cérémonie : meilleur réalisateur pour Polanski, meilleur acteur pour Brody et meilleure adaptation pour Ronald Harwood. Malgré les demandes, le cinéaste ne se rend pas à Los Angeles où l'annonce de sa victoire provoque une ovation debout dans l'assistance [25]. Remettant le prix, Harrison Ford, acteur de Frantic, s'engage à lui transmettre personnellement le trophée, ce qu'il fait publiquement, cinq mois plus tard, au Festival du cinéma américain de Deauville [26].

Polanski et l'écrivain espagnol Diego Moldes, Madrid, en 2005.

En 2003, le cinéaste met en scène Hedda Gabler, le drame d' Henrik Ibsen, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle-titre, au Théâtre Marigny. Puis il supervise à Stuttgart une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires. Il retrouve ensuite les coproducteurs et scénariste du film précédant : Alain Sarde, Robert Benmussa et Ronald Harwood ainsi que tous les chefs techniciens ( Paweł Edelman pour la photographie, Allan Starski pour le décor, Anna B. Sheppard pour les costumes ou encore Hervé de Luze pour le montage) afin de produire et de réaliser en 2005 une nouvelle reconstitution historique adaptée de l'œuvre de Charles Dickens : Oliver Twist. Mais le film est un échec.

En 2006, après avoir gagné un procès en diffamation contre le magazine Vanity Fair, il dirige Thierry Frémont au Théâtre Hébertot dans Doute (écrit par John Patrick Shanley). La même année, il entreprend de financer et de réaliser le péplum Pompeii, d'après le roman de Robert Harris, avec Orlando Bloom et Scarlett Johansson dans les rôles principaux. Mais il abandonne le projet à la suite de problèmes d'emploi du temps, de financement et de retards de production dus à la grève des scénaristes à Hollywood, entamée à l'été 2007 et terminée en 2008.

Il tourne finalement une autre adaptation de Robert Harris : The Ghost Writer, avec Ewan McGregor et Pierce Brosnan, un thriller politique sur fond de dénonciation de la guerre d'Irak.

En 2008, il fait l'objet d'un documentaire réalisé par Maria Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired, qui tend à démontrer la manière dont il fut privé d'une procédure judiciaire équitable lors de sa mise en accusation pour viol sur mineure 31 ans plus tôt.

Le , alors qu'il se rend au festival du film de Zurich en Suisse, il est arrêté par la police suisse à Zurich [27], rattrapé par l' affaire de 1978. Il est placé en détention provisoire pendant quelques semaines puis assigné à résidence dans son chalet de Gstaad. Les autorités suisses, qui refusent son extradition, lui rendent sa liberté de mouvement le [28].

Assignation à résidence et adaptations à succès (années 2010)

De sa cellule puis de son chalet de Gstaad où il est astreint à résidence durant plusieurs mois, il achève la postproduction de The Ghost Writer, pour lequel il se voit décerner l' Ours d'argent de la meilleure mise en scène au Festival de Berlin 2010 ainsi que les Césars du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation en 2011.

Durant son assignation à résidence, il avait également parachevé Carnage, adapté de la pièce Le Dieu du carnage de Yasmina Reza qu'il réalise en France avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly dans les rôles principaux [29], [30]. Ce film lui vaut le César de la meilleure adaptation, en 2012, pour la deuxième année consécutive.

Polanski signe ensuite une autre adaptation, tournée en français, de la pièce de David Ives, La Vénus à la fourrure, inspirée du roman homonyme de Leopold von Sacher Masoch, avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. Ce huis clos à deux personnages se déroule intégralement dans un théâtre et met en scène l'inversion du rapport de forces entre un metteur en scène hautain et une comédienne apparemment stupide [31]. Après avoir été sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2013, La Vénus à la fourrure permet à Roman Polanski de remporter un quatrième César de la meilleure réalisation. Le cinéaste prépare actuellement D, projet anglo-saxon inspiré de l' affaire Dreyfus [32]. Il met parallèlement en scène une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires, dont les premières représentations débutent en octobre 2014 au Théâtre Mogador à Paris [10].

En 2017, l' Académie française des arts et techniques du cinéma le désigne comme président de la prochaine cérémonie des César. Il décide cependant de décliner cet honneur [33], des associations féministes ayant vivement protesté contre sa désignation, en raison de sa situation judiciaire. Une pétition a circulé, en faveur de sa destitution ainsi qu'un appel au boycott de l'évènement [34].

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