Roland C. Wagner

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Roland C. Wagner
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Roland C. Wagner lors des 7es rencontres de l'imaginaire de Sèvres,

Nom de naissance Roland Wagner
Alias
Richard Wolfram
Red Deff
Naissance
Bab El Oued, Algérie
Décès (à 51 ans)
Laruscade, France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Roland C. Wagner, né le à Bab El Oued et mort le (à 51 ans) à Laruscade, est un écrivain français de science-fiction. En l'espace d'une trentaine d'années ( 1981- 2012), il publie une centaine de nouvelles et une cinquantaine de romans, à tendance souvent humoristique, qui explorent tous les genres de la science-fiction. Ces écrits lui valent, entre autres, le prix Tour Eiffel, le prix Ozone et sept fois le prix Rosny aîné ; le grand prix de l'Imaginaire récompense ses deux œuvres majeures : le cycle Les Futurs Mystères de Paris en 1999 et le roman uchronique Rêves de gloire en 2012.

Biographie

Jeunesse

Roland Wagner est né le 6 septembre 1960 à Bab El Oued en Algérie française [1], d'où sa mère était originaire. Son père était un ancien soldat allemand de la Luftwaffe, enrôlé en 1945 dans la Légion, qui après plusieurs campagnes s'était fixé et marié en Algérie [2]. La famille fut rapatriée en métropole en 1962 après le siège de Bab el Oued, à la fin de la guerre d'Algérie [3], et s'établit à Clamart en région parisienne.

Il se passionna très tôt pour la science-fiction : à 10 ans, après la découverte des romans d' Alphonse Brutsche et Louis Thirion, il dévore la collection Fleuve Noir Anticipation [4]. En 1974, il est présent avec Éric Vial, guère plus âgé que lui, à la convention européenne de la science-fiction qui se déroulait cette année-là en France, à Grenoble [5]. Cette convention fut par la suite considérée comme un véritable passage de relais entre les auteurs français de SF des années 1970 et la nouvelle génération [6]. Il y réalisa des interviews d'auteurs [5] et resta en contact avec certains d'entre eux, encouragé par Michel Jeury [3] et Christine Renard [7]. L'année suivante sa première nouvelle fut publiée dans un fanzine [3].

Après un bac littéraire, il entama des études d'histoire, tout en traînant dans les bandes de la banlieue où il avait grandi [8].

Débuts de novelliste et de chroniqueur

Le Nombril du monde à Clamart, centre du roman éponyme.

Dès la fin des années 1970, il publia articles, nouvelles et chroniques dans divers fanzines, dont Vopaliec avec Patrice Verry qu'il avait connu à la convention de Rambouillet. Ses textes paraissaient sous différents pseudonymes comme Richard Wolfram, Henriette de la Sarthe, Paul Geeron ou Raoul Vernes. C'est en 1981 que fut publiée sa première nouvelle dans une revue professionnelle, Au bord du gouffre, écrite en collaboration avec Pierre Marlson [4]. En 1982, il participa également à la réalisation d'une anthologie des auteurs francophones de science-fiction, Bientôt la marée, éditée par Francis Valéry, où fut publiée une de ses propres nouvelles, Faire-part [4]; celle-ci reçut en 1983 le prix Rosny aîné, et fut ensuite republiée en 1984 dans Fiction.

Il rejoignit en 1983 le groupe de rock Brain Damage dont il devint le parolier, donnant une connotation SF aux textes interprétés par le trio [1].

À partir de 1985, sans négliger les fanzines, il devint également chroniqueur dans plusieurs revues reconnues. Il publia des critiques dans le magazine Fiction en 1985 et 1986 et tint une rubrique consacrée à la science-fiction dans la revue de rôlistes Casus Belli jusqu'en 1999.

Écrivain professionnel

En dépit de la première reconnaissance du prix Rosny aîné pour la nouvelle Faire Part, ses romans continuèrent à être refusés par les collections de science-fiction jusqu'en 1987, et paraissaient plutôt sous forme de feuilleton dans des revues comme Nemo. Son premier roman publié en livre ne fut pas de la science-fiction, mais un roman d'espionnage, œuvre de commande écrit avec Alain Paris dans la collection Espionnage du Fleuve noir. Cet éditeur, conformément à sa politique de fidélisation d'« auteurs maison » accepta alors de publier Le serpent d'angoisse, moyennant une réécriture partielle [4]. Ce roman, qui abordait pour la première fois le concept de psychosphère valut à Roland Wagner le prix Rosny aîné en 1988, cette fois dans la catégorie roman.

Cette première publication est suivie d'une dizaine d'autres romans en Fleuve Noir Anticipation, dont Poupée aux yeux morts qui obtint à nouveau le prix Rosny aîné en 1989, et trois romans s'inscrivant dans le cycle de l' Histoire du futur proche entamé avec Le serpent d'angoisse.

Peu d'auteurs de science-fiction vivent de leur plume en France [9], Roland Wagner devint cependant écrivain professionnel ; il reconnaissait que comme pour la plupart des auteurs français ce n'était possible à cette époque que grâce au soutien de sa compagne, qui jouait en quelque sorte un rôle de mécène [10].

En 1992, après le changement du directeur de collection du Fleuve noir, il passa par une période de vaches maigres, vivotant comme traducteur des Perry Rhodan, et écrivant sous pseudo des romans de la collection Blade & Baker pour Jimmy Guieu, entre autres textes alimentaires [1], [4]. C'est à cette époque que naquit sa fille.

L'époque de la maturité

H. P. Lovecraft, héros de l'uchronie HPL (1890-1991)

En 1996, il reprit l'écriture de textes plus personnels, terminant des romans restés en gestation pendant les années précédentes [4]. Sa biographie uchronique de H. P. Lovecraft, parue sous le titre HPL (1890-1991) dans la revue CyberDreams, obtint en 1997 le prix Rosny aîné. Selon Serge Lehman, on décèle déjà dans cette novella un « rapport plus serein à l'écriture », mutation qui « illumine la série des Futurs Mystères de Paris »  [1].

Ce cycle, dont le héros est un mutant, se déroule dans un futur situé après la « Grande Terreur primitive » qui fit s'effondrer le monde que nous connaissons [11]. Mais a contrario des récits post-apocalyptiques qui prévalaient à l'époque, il est résolument optimiste, et décrit un univers d'où la violence a quasiment disparu.

Roland Wagner entreprit bientôt d'inscrire ce cycle dans un ensemble plus vaste intitulé Histoire d'un futur, auquel appartiennent notamment la courte série de L' histoire du futur proche, Cette Crédille qui nous ronge et Le Chant du cosmos (1999), space opera décrivant un jeu mental fortement inspiré du go.

En 2002, il quitta la région parisienne pour rejoindre à Cognac la romancière Sylvie Denis [12]; il collabora dès lors fréquemment avec elle pour leurs travaux de traduction.

Après avoir décrit avec férocité dans La Saison de la sorcière (2003) une France ultra-sécuritaire du proche futur envahie par les États-Unis qui lui a valu les prix Bob-Morane et Rosny aîné 2004, il traita de manière réaliste et humoristique dans Pax Americana (2005) des conséquences à l'échelle mondiale de la déplétion pétrolière.

Il revint au space opera avec Le Temps du voyage (2005), un roman d'aventures influencé par l’œuvre de Jack Vance et picaresque qui mêle aventures et réflexion sur le colonialisme.

Utopie algérienne

Roland C. Wagner évoquait depuis fort longtemps son projet d'un roman sur l'Algérie [13] ; en 1999 il en traçait déjà les grandes lignes dans une interview, précisant « Maintenant, il ne me reste plus qu’à écrire le bouquin » [4]. C'est en 2011 qu'il publia Rêves de gloire, une uchronie sur la Guerre d'Algérie placée sous l'influence d' Albert Camus et du mouvement psychédélique des années 1960. Selon lui « il est temps de crever l'abcès et de remettre les choses à leur vraie place ». Ce roman, s'inscrivant dans sa quête d'un monde plus juste et plus paisible, est considéré comme son « grand œuvre » [14].

Il a obtenu dans les mois suivants sa parution le prix européen Utopiales des pays de la Loire, le grand prix de l'Imaginaire [15], le prix ActuSF de l'uchronie, le prix du Lundi et le prix Rosny aîné.

Décès

Le , il meurt dans un accident de voiture sur la nationale 10, dans lequel sa compagne Sylvie Denis est blessée [16].

Son décès brutal émut vivement le milieu de la science fiction francophone [17], et les hommages se succédèrent pendant plus d'un an tant sur Internet que dans les conventions littéraires de Semoy, Nantes [18], Bagneux, Épinal [19] ainsi qu'à Clamart où il avait grandi [20].

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