Robert Hue

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Robert Hue
Robert Hue en 2012.
Robert Hue en 2012.
Fonctions
Sénateur français
Élection
Réélection
Circonscription Val-d'Oise
Groupe politique CRC (2004-2012)
RDSE (depuis 2012)
Président du Mouvement des progressistes

(7 ans, 7 mois et 27 jours)
Prédécesseur Création du parti
Successeur Poste supprimé
Président du Parti communiste français

(1 an, 5 mois et 11 jours)
Prédécesseur Maurice Thorez (indirectement)
Successeur Poste supprimé
Député européen

(1 an et 12 jours)
Élection 13 juin 1999
Législature 5e
Député français

(5 ans et 6 jours)
Élection 1er juin 1997
Circonscription 5e du Val-d'Oise
Prédécesseur Georges Mothron
Successeur Georges Mothron
Secrétaire national du Parti communiste français

(7 ans, 8 mois et 29 jours)
Prédécesseur Georges Marchais (secrétaire général)
Successeur Marie-George Buffet
Biographie
Nom de naissance Robert Georges Auguste Hue
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Cormeilles-en-Parisis ( Seine-et-Oise, France)
Nationalité Drapeau de la France française
Parti politique MJCF (1962-1963)
PCF (1963-2008)
MDP (depuis 2009)

Robert Hue, né le à Cormeilles-en-Parisis ( Seine-et-Oise), est un homme politique français. Il est secrétaire national (1994-2001) puis président (2001-2003) du Parti communiste français (PCF). Il se présente comme candidat communiste à l' élection présidentielle française de 1995 et de 2002. Sénateur du Val-d'Oise et président du Mouvement des progressistes (MdP), il est proche des gouvernements de la présidence de François Hollande. Il soutient d'abord la candidature de Sébastien Nadot, issu du Mouvement des Progressistes en mai 2016, lequel ne parvient pas à réunir les 500 parrainages, puis rallie Emmanuel Macron à l' élection présidentielle de 2017.

Biographie

Jeunesse

Fils de parents ouvriers et communistes, il va souvent vendre L'Humanité avec son père René, ouvrier maçon [1]. Sa mère, ouvrière textile, a pour nom de jeune fille Raymonde Grégorius. Il étudie au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis [1] et fonde à l'âge de 16 ans un groupe de rock, « Les Rapaces », sous le nom de Willie Balton (du nom du père d'un ami qui était soldat américain) [2]. Il est aussi judoka, champion de France académique 1963, ceinture noire deuxième dan [réf. nécessaire].

En février 1962, il participe à une manifestation pour la paix en Algérie, rue de Charonne, à Paris, marquée par la mort de onze manifestants : il indique qu'il adhère aux Jeunesses communistes de Montigny-lès-Cormeilles dès « le lendemain », puis un an plus tard au Parti communiste, « au moment de la Fête de l'Humanité » [2]. Après des études d'infirmier à Paris, il exerce ce métier en psychiatrie au centre de santé municipal d' Argenteuil.

Mandats locaux

Au PCF, fidèle de Georges Marchais, il gravit un à un les échelons et est élu en 1977 maire de Montigny-lès-Cormeilles. Populaire en son fief, il sera constamment réélu par la suite et obtiendra d'autres mandats tels que celui de conseiller régional d'Ile-de-France et conseiller général du Val-d'Oise.

En février 1981, il fera brièvement parler de lui à l'échelle nationale en menant un coup d'éclat contre une famille d'immigrés marocains qu'il dénonce à la vindicte populaire comme trafiquants de drogue, sans autre preuve que la lettre de dénonciation d'une voisine – également immigrée – de la famille en question [3], comme le rappelle Philippe Subra (BAGF, Géographies, 2011-2). Cette affaire intervient quelques jours avant un meeting de Georges Marchais à Montigny-lès-Cormeilles. Un roman policier écrit par l'écrivain trotskyste Thierry Jonquet, Du passé faisons table rase, paru d'abord en 1982 sous le pseudonyme de Ramon Mercader, le fait intervenir dans cette controverse sous le nom de Robert Dia.

Direction du PCF

En 1987, il entre au comité central du Parti communiste, puis en 1990 au bureau politique. En 1994, alors qu'il est quasiment inconnu, Georges Marchais fait de lui son successeur : il devient alors secrétaire national du parti. Quelques heures plus tard, il commet à l'occasion un lapsus fameux en annonçant : « Je ne suis pas l'homme de personne ». Poussé par la chute du mur de Berlin et l'érosion idéologique et politique du Parti communiste, Robert Hue entame une politique de mutation du parti dont il vient de prendre la tête : ouverture vers d'autres mouvements, abandon d'un certain nombre de doctrines, création d'un exécutif à deux têtes (il devient président du parti alors que Marie-George Buffet devient secrétaire nationale)… En 1995, il publie un livre afin d'expliquer les réformes internes, Communisme : la mutation.

Robert Hue en 1995.

En avril 1995, Robert Hue est le candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il recueille 8,64 % face à la concurrence d' Arlette Laguiller, faisant mieux que le précédent candidat communiste, André Lajoinie lors de l' élection présidentielle de 1988. En 1997, il soutient l'idée de la gauche plurielle qui voit l'arrivée de la gauche au pouvoir lors de la troisième cohabitation. Il devient député de la 5e circonscription du Val-d'Oise, et quelques élus communistes entrent au gouvernement.

Pendant ce temps le PCF continue de perdre du terrain : le nombre d’adhérents passe de 200 000 en 1998 à 138 000 en 2001. En 2001, le parti perd une grande partie de ses bastions lors des élections municipales (par exemple, perte des villes d' Argenteuil, de Colombes, Dieppe, Drancy). Sur le plan judiciaire, un jugement est rendu pour l'affaire CGE, qui concerne le financement occulte du PCF ; Robert Hue fait partie des prévenus relaxés [4]. En 2002, Robert Hue se présente de nouveau à l'élection présidentielle et obtient seulement 3,37 % des suffrages [5]. Jean-Marie Le Pen, qui à la surprise générale est présent au second tour, clame que le « Parti communiste a disparu ». Le score est si mauvais que sa campagne n'est pas remboursée totalement : le parti connaît donc une grave crise financière. Les comptes du parti sont dans le rouge. Une souscription est lancée alors qu'il quitte la présidence du parti, la laissant aux mains de la secrétaire nationale, Marie-George Buffet. Le poste de président du PCF, créé par lui, cesse d'exister avec son départ. Lors des élections législatives de 2002, il perd son mandat de député face au candidat UMP, Georges Mothron, et il ne le récupère pas lors d'une élection partielle en 2003.

Sénateur du Val-d’Oise

En 2004, Robert Hue fait son retour en politique en étant élu sénateur du Val-d'Oise.

En septembre 2011, Robert Hue est réélu au Sénat pour un second mandat. Il est aujourd'hui membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.

Robert Hue est président du groupe interparlementaire d’amitié France Afrique du Sud au Sénat. Il a auparavant rencontré Nelson Mandela à plusieurs occasions (1994, 1996) [6]. Robert Hue accompagne Jean-Marc Ayrault en Chine en décembre 2013 et il accompagne François Hollande pour se rendre à Pretoria aux obsèques de Nelson Mandela en décembre 2013.

En février 2015, il est nommé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius « représentant spécial pour les relations avec l’Afrique du Sud » [7].

Président du Mouvement des progressistes

Le , il quitte le conseil national du PCF, déclarant qu'il ne quitte pas le parti mais effectue néanmoins une « rupture » avec lui, ne le jugeant « plus réformable » [8]. Il annonce le la création d’une association politique, le Nouvel espace progressiste (NEP) [9].

Moins d'un an plus tard, il annonce la création d'une nouvelle formation politique : le Mouvement unitaire progressiste, distinct du PCF mais autorisant la double adhésion [10]. L'idée est de ramener la politique au plus près de la vie des gens et de s'écarter de l'organisation traditionnelle des partis politiques, tous sclérosés.

Des candidats du MUP figureront sur les listes du Parti socialiste lors des élections régionales de mars 2010. Robert Hue, s'estimant « à mille lieues du Parti communiste » et lui-même candidat en Île-de-France, justifie sa démarche par un souci de rassembler l'ensemble de la gauche au-delà des clivages, alors que le PCF a choisi dans 17 régions de présenter des candidats sans alliance avec le PS, mais avec d'autres organisations situées à la gauche du PS [11].

Le , Robert Hue apporte son soutien à François Hollande dès les primaires qui précèdent le premier tour de l' élection présidentielle. Après l'élection de celui-ci à la présidence de la République, Robert Hue est un temps pressenti pour entrer au gouvernement. En septembre 2012, il annonce son départ du groupe communiste au Sénat pour le RDSE [12].

Le 28 mars 2013, Robert Hue indique dans une interview [13] continuer de soutenir le président de la République et la majorité gouvernementale en affirmant n'être ni social-démocrate, ni communiste mais progressiste [14]. Fin août 2014, il publie Les partis vont mourir... et ils ne le savent pas qui, outre son analyse de la décomposition des partis traditionnels, se présente comme un « manuel de combat pour une gauche en panne » [15].

Lors des élections régionales de décembre 2015, le Mouvement des progressistes dispose de quelques candidats sur les listes du PS mais aucun n'est élu.

Robert Hue se prononce contre le projet de déchéance de nationalité pour les bi-nationaux, prenant ses distances de François Hollande à cette occasion.

En mai 2016, Robert Hue publie un livre dans lequel il demande à la classe politique en place de « laisser la place ». Le mouvement des Progressistes annonce dans le même temps le nom de son candidat à l' élection présidentielle de 2017, Sébastien Nadot.

Nadot n'étant pas parvenu à réunir les signatures de soutien nécessaires, Robert Hue se range parmi les soutiens d' Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle.

En août 2017, Robert Hue annonce son retrait de la vie politique [16], [17].

Vie privée

Robert Hue est marié à Marie-Édith, et a deux enfants (Charles et Cécilia) et a dirigé jusqu'à début 2012 la Fondation Gabriel-Péri.

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