René Vietto

René Vietto
Buffalo - arrivée du Prix Wolber - Vietto.JPG

René Vietto lors du Prix Wolber en 1934

Informations
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
OrangeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Équipes professionnelles
1935-1944Helyett-Hutchinson
1946-1949France Sport-Dunlop
1947Thomas-Rosset
1948Cilo
1950-1951Helyett-Hutchinson
1952Vietto-Hutchinson
1953Vietto-D'Alessandro
Équipes dirigées
1953-1954Vietto-D'Alessandro
1955Fachleitner-Vietto
Principales victoires
1 classement annexe de grand tour
Mountains.svg Classement de la montagne du Tour de France 1934
10 étapes de grands tours
Tour de France (8 étapes)
Tour d'Espagne (2 étapes)
1 course par étapes
Paris-Nice 1935
Col de Braus Rene Vietto01.jpg

Vue de la sépulture.

Stèle en hommage à René Vietto, au Col de Braus dans les Alpes-Maritimes.

René Vietto, né le dans le quartier de Rocheville au Cannet (Alpes-Maritimes) et mort le à Orange (Vaucluse), est un coureur cycliste français[1].

Le don de sa roue avant puis de son vélo à Antonin Magne sur le Tour de France 1934, après son bris de roue dans la descente de Puymorens et après son bris de chaîne dans la descente du Portet-d'Aspet, sont restés célèbres et ont contribué à la légende de celui qu'on appelait « le roi René ». Considéré comme l'un des plus grands grimpeurs de l'histoire du Tour, il était le plus populaire des cyclistes français au sortir du second conflit mondial.

Biographie

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Jeunes années

René Vietto naît le dans l'appartement de ses parents, situé dans le quartier de Rocheville au Cannet. Son père, Jean Vietto, originaire d'une famille de laitiers de Cannes, exerce la profession de camionneur, tandis que sa mère, Laurence Mélano, qui a grandi au Plan-de-Grasse, récolte des roses, des fleurs de jasmin et d'orangers pour les fermiers des environs[2]. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que son père est fait prisonnier et retenu en Allemagne, sa mère s'installe avec une amie à Bergerac pour y travailler dans une poudrerie, emmenant avec elle René. Après seulement quelques semaines, ce dernier tombe gravement malade. Un temps soigné à l'hôpital militaire de Bergerac, sans succès, il rentre finalement avec sa mère au Plan-de-Grasse, dans la maison de ses grands-parents maternels. Après l'armistice et le retour de Jean Vietto, la famille retrouve sa maison du Cannet, où naît Lucienne, la sœur de René Vietto, en février 1921[3].

Affaibli par ses années de captivité, Jean Vietto trouve un emploi de jardinier à la mairie de Cannes, tandis que sa femme acquiert une épicerie à Mougins. Renvoyé de l'école, René Vietto commence à travailler dès l'âge de 12 ans comme cueilleur de fleurs de jasmin, puis dans un garage du boulevard Carnot à Cannes avant d'être embauché en tant que groom à l'hôtel Majestic, puis au casino du Palm Beach. Dans le même temps, il développe une passion pour les épreuves cyclistes et admire particulièrement le grimpeur italien Alfredo Binda. Avec ses économies, il achète son premier vélo pour la somme de 240 francs et s'entraîne avec des amis sur les routes du massif de l'Esterel[4].

En 1931, René Vietto signe sans l'autorisation de ses parents sa première licence cycliste à l'Étoile sportive de Cannes, le club de son ami Charles Ceppi. Il se distingue très vite en prenant la quatrième place de la course départementale éliminatoire du Premier pas Dunlop, puis se classe premier des débutants au Grand Prix Sigrand, au Grand Prix Walsdorff et au Grand Prix de Saint-Raphaël. Il remporte le Prix de Vallauris et le Derby de l'ES Cannes, avant d'obtenir son premier succès de renom sur les Boucles de Sospel, devant ses coéquipiers Paul Bianchi et Charles Ceppi. Cette victoire dans une des plus importantes épreuves régionales lui vaut pour la première fois les compliments de la presse locale. Quelques semaines plus tard, il s'impose devant Fernand Fayolle sur Nice-Puget-Théniers, une épreuve qui compte à son palmarès des coureurs professionnels comme Alfredo Binda et Paul Broccardo. Ses excellents résultats, obtenus dès sa première saison cycliste, le font passer dans la catégorie des aspirants professionnels, tandis qu'il abandonne son emploi de groom au casino Palm Beach[5].

Carrière cycliste

Les premiers succès (1932-1933)

Dès le début de la saison 1932, René Vietto s'affirme comme l'un des meilleurs coureurs de la Côte d'Azur en remportant le Grand Prix de Cannes devant l'Italien Luigi Barral, puis en se classant huitième de la Course de côte du mont Faron, en présence de nombreux professionnels et malgré une chute. Il est invité à passer deux semaines au centre d'entraînement du Vélo Club de Levallois, alors considéré comme le meilleur club amateur français, dans le but de préparer le GP Wolber, une course réservée aux espoirs français mais dans laquelle Vietto déçoit. En fin de saison, il se blesse en chutant sur une canette que lui tend un ami et qui lui sectionne le nerf cubital, entraînant une légère paralysie de la main droite[6].

En 1933, René Vietto confirme son statut en remportant pour la deuxième fois consécutive le Grand Prix de Cannes. Deuxième de la course de côte Nice-Mont Agel, il remporte celle du mont Faron en plaçant une attaque à plusieurs centaines de mètres de la ligne d'arrivée pour se débarrasser de Luigi Barral, son dernier concurrent. Ce dernier lui permet de disputer des courses en Italie pour la marque Olympia, dirigée par Gaetano Belloni. Dans Milan-San Remo, sa première grande classique, il se classe treizième. René Vietto est alors sélectionné pour disputer le Tour d'Italie. Malgré une cinquième place dans la première étape, ainsi qu'une échappée en compagnie du futur vainqueur, Alfredo Binda, dans l'avant-dernière étape, ce Giro laisse des regrets au coureur français, souvent victime de chute. Plusieurs constructeurs de cycles italiens lui proposent de signer un contrat juteux, à la condition qu'il demande la nationalité italienne, ce que Vietto refuse[7].

Le « sacrifice » de René Vietto (1934)

Au début de la saison 1934, il dispute Paris-Nice à titre individuel et subit plusieurs fois la malchance : crevaisons à répétition, ou encore chute alors qu'il est seul en tête avec trois minutes d'avance lors de l'avant-dernière étape. Il termine toutefois au sixième rang du classement général. Recruté au sein de la formation Helyett par André Trialoux, il se classe successivement cinquième du Critérium national puis neuvième du Championnat de France, remporté par Raymond Louviot. René Vietto prend ensuite le départ du GP Wolber dans le but de gagner sa sélection pour le Tour de France. Cette épreuve, réservée aux meilleurs espoirs français et qui rassemble 72 concurrents, est disputée en individuel et en cinq étapes. Troisième à Auxerre, au terme de la première étape, il conserve sa position au classement général lors de l'étape suivante à Clermont-Ferrand. Dans la troisième étape, René Vietto attaque dans l'ascension du col de la Croix-Morand, se retrouvant seul en tête avec René Debenne. Victime de deux crevaisons, il doit laisser la victoire d'étape à ce dernier, mais endosse le maillot de leader par le jeu des bonifications distribuées au sommet des cols. Il défend ensuite sa position et remporte, deux jours plus tard, le classement général de ce GP Wolber[8].

René Vietto obtient dès lors sa sélection en équipe de France pour le Tour 1934. Tandis qu'il se prépare dans les Alpes avec son ami Adrien Buttafocchi, sa sélection est contestée par de nombreux journalistes qui considèrent qu'il ne peut briller que sur des cols de faible kilométrage et que ses piètres qualités de descendeur le priveront de jouer quelque rôle. Les premières étapes ne lui sont guère favorables. Dès le premier jour, à Lille, il accuse un retard de 12 minutes, puis le lendemain, il perd près d'une heure à la suite de quatre crevaisons. René Vietto se distingue pour la première fois au quatrième jour de course, en prenant la quatrième place d'une étape qui comprend l'ascension du Ballon d'Alsace. Après cinq étapes, alors que les coureurs bénéficient d'un jour de repos à Évian-les-Bains, il occupe seulement la 39e place du classement général, bien loin du leader Antonin Magne[9].

Dans le septième étape, il est devancé par les Espagnols Federico Ezquerra et Vicente Trueba au sommet du col du Galibier mais les rejoint dans la descente avant de s'engager dans un long raid solitaire qui s'achève à Grenoble par sa première victoire d'étape dans le Tour de France[10]. Troisième à Gap, René Vietto remporte sa deuxième victoire d'étape à Digne au terme d'un effort qui est salué par l'ensemble des journalistes. Échappé dans le col de Vars, il accentue son avance dans la descente puis la conserve dans le col d'Allos. Cette performance lui permet de remonter à la 6e place du classement général, à près de 35 minutes du maillot jaune. Cinquième à Nice, Vietto remporte ensuite une troisième victoire à Cannes, sa ville, en battant au sprint l'Italien Giuseppe Martano[11].

La traversée des Pyrénées est le théâtre d'évènements qui font entrer René Vietto dans la légende du Tour de France. Dans la quinzième étape entre Perpignan et Ax-les-Thermes, Antonin Magne chute dans la descente du col de Puymorens et brise sa roue, tandis que son plus sérieux rival pour le classement général, Martano, profite de l'incident pour le distancer. René Vietto offre sa roue à Magne qui mène la poursuite et conserve finalement son maillot jaune en limitant son retard à l'arrivée à 45 secondes[12]. Le lendemain, alors qu'il se trouve en tête de la course, René Vietto vient une nouvelle fois au secours de son leader, arrêté dans la descente du col de Portet-d'Aspet en raison d'un bris de chaîne et de rayons. Vietto fait demi-tour et cède son vélo à Magne qui sauve encore son maillot jaune à l'arrivée à Luchon[13]. Ces deux faits de course, ainsi qu'une photographie qui le montre en larmes, assis sur un muret aux côtés de son vélo endommagé en attendant la voiture de dépannage, élèvent immédiatement Vietto au rang de héros populaire qui sacrifie ses propres chances au profit de son chef de file[14].

Dans la dernière étape pyrénéenne entre Tarbes et Pau, René Vietto franchit en tête les sommets des cols du Tourmalet et d'Aubisque et s'impose en solitaire, remportant ainsi sa quatrième victoire d'étape sur ce Tour. Cette performance lui permet également de s'installer sur le podium provisoire de l'épreuve derrière Magne et Martano, mais l'ultime contre-la-montre entre La Roche-sur-Yon et Nantes, dans lequel il utilise un braquet trop grand pour lui, le fait reculer de deux places. Il achève finalement son premier Tour de France au cinquième rang, à près d'une heure du vainqueur, Antonin Magne. Ensemble, les deux hommes accomplissent un tour d'honneur au Parc des Princes lors duquel Vietto peut constater la sympathie et l'affection du public à son égard[15].

Vietto accompagne également Magne dans sa tournée des critériums d'après-Tour. C'est à l'issue de l'un d'eux, au vélodrome du Croisé-Laroche de Marcq-en-Barœul, près de Lille, qu'il rencontre Lisette Vandekerckhove[16] avec qui il entretient dès lors une correspondance et qu'il épouse le [17].

Victoire sur Paris-Nice et Tour en demi-teinte (1935)

René Vietto rejoint la formation Helyett, dirigée par André Trialoux, au début de la saison 1935. Il obtient très vite d'excellents résultats, notamment sur Paris-Nice où il s'empare de la tête du classement général dès la deuxième étape et consolide son avance lors de l'étape contre-la-montre par équipes de quatre coureurs entre Marseille et Toulon pour finalement remporter l'épreuve malgré les attaques incessantes du Belge Antoine Dignef. En très bonne condition physique, il prend la deuxième place du Critérium national, seulement devancé au sprint par René Le Grevès, l'un des meilleurs spécialistes dans ce domaine, puis se classe quatrième de Paris-Roubaix. Cette performance aurait d'ailleurs pu être toute autre s'il n'avait pas été arrêté à un passage à niveau pendant près de quatre minutes, à Wattignies, tandis qu'il revenait sur les hommes de tête. Blessé à la tête après une chute lors d'une course sur piste, il montre des signes de fatigue mais se classe huitième lors de Paris-Tours. René Vietto aspire au repos mais son directeur sportif l'engage sur le Tour d'Italie. À court de forme, il y abandonne lors de l'avant-dernière étape[18].

Le Tour de France 1935, pour lequel il est à nouveau sélectionné en équipe de France, ne commence pas sous les meilleurs auspices pour René Vietto. Pris d'une fringale dans le final de la première étape, il accuse un retard de 21 minutes sur le vainqueur Romain Maes puis dans la troisième étape, alors qu'il souffre d'une molaire arrachée la veille, il est pris dans une chute et s'ouvre l'arcade sourcilière. Les jours suivants, il concède encore plusieurs minutes sur le maillot jaune. L'arrivée dans les Alpes à la sixième étape lui permet de retrouver la lumière : il attaque dans l'ascension du col des Aravis, puis franchit la ligne d'arrivée en vainqueur à Aix-les-Bains après une échappée en solitaire de 125 kilomètres[19]. En retrait à Grenoble puis à Gap, René Vietto se distingue dans la neuvième étape vers Digne-les-Bains, qu'il remporte en s'échappant dès les premiers kilomètres en compagnie de plusieurs coureurs. Il ne parvient pas pour autant à retrouver le coup de pédale aérien qui était le sien l'année précédente et se voit constamment devancé dans les cols par le Belge Félicien Vervaecke, qui s'adjugera finalement le classement du meilleur grimpeur. Décevant dans les Pyrénées, Vietto achève le Tour à la huitième place, à plus de 51 minutes de Romain Maes[20].

En novembre, il participe aux Six Jours de Paris, exclusivement réservés aux coureurs sur route cette année-là, associé à son ami Alvaro Giorgetti. Les deux hommes se classent sixièmes[21].

Vietto en retrait (1936-1938)

Au début de la saison 1936, René Vietto échoue dans la défense de son titre sur Paris-Nice. Handicapé par une chute dans la première étape, il se met au service de son coéquipier Jean Fontenay, vainqueur d'une étape et finalement deuxième du classement général. Il ne signe aucun résultat significatif au cours de la première partie de saison et se voit logiquement recalé de la sélection française pour le Tour 1936[22]. Il s'y aligne pour autant en tant que touriste-routier, mais une chute dans la première étape, disputée dans des conditions météorologiques exécrables, l'empêche de bien y figurer. Blessé au pouce, il abandonne dans la sixième étape après deux bris de chaîne[23].

Carrière professionnelle

René Vietto en 1949.

René Vietto fut le meilleur grimpeur d'avant-guerre.

Après ses victoires sur les 7e, 9e, 11e et 18e étapes du Tour de France 1934 et les 6e et 9e étapes du Tour de France 1935, il a dû attendre 12 ans pour ses 7e et 8e victoires d'étapes sur la Grande Boucle (2e et 7e étapes du Tour de France 1947). Ce qui constitue le plus grand écart entre 2 victoires d'étapes.

Néanmoins, il porta le maillot jaune pendant 11 jours dans le Tour de France 1939 après s'être glissé dans une échappée lors de la 4e étape entre Brest - Lorient[24]. Sachant qu'il grimpait moins bien qu'au Tour de France 1934, il se dépensa sans compter avant la montagne afin de se mettre hors d'atteinte des Belges. Il sauva son maillot dans les Pyrénées mais il fut vaincu dans l'Izoard à la suite d'une brusque attaque du belge Sylvère Maes dans la 15e étape Digne-les-Bains - Briançon. Ce jour-là, il perdit 17 minutes. Il termina 2e au classement général à Paris.

Au Tour de France 1947, il s'empara du maillot jaune à Bruxelles après une échappée de 130 km, le perdit à Grenoble (8e étape), le reprit à Digne 2 jours après mais craqua dans le contre la montre de 139 kilomètres de la 19e étape entre Vannes et Saint-Brieuc. Il termina 5e au classement général à Paris. Il était écrit que René Vietto, homme du Tour, ne gagnerait jamais un Tour de France.

En 1951, alors qu'il s'était déjà retiré depuis quelque temps, il voulut participer au Milan-San Remo que, bien qu'épuisé, il réussit à terminer.

Après sa carrière de coureur, il fut directeur sportif, puis géra un élevage de porcins dans les Pyrénées.

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