Relation médecin-patient

Consultation du docte médecin médiéval
Médecin européen, vers 1774, Saignée, et instruments
Le cas particulier du médecin militaire, qui travaille au sein d'une hiérarchie plus stricte et descendante, éventuellement en situation de danger et conflit

La relation médecin-patient désigne l'ensemble des relations entre un médecin et son patient dans le cadre d'un acte ou d'un suivi thérapeutique. Le consentement éclairé et la confiance du patient, ainsi que l'écoute et l'empathie du médecin, sont des composantes de cette relation.

En France, le Conseil de l'ordre des médecins, garant du code de déontologie médicale, « revendique et soutient que la relation singulière médecin-patient est le pivot de la médecine[1] » et qu'elle garantit :

  • l’éthique médicale  ;
  • le diagnostic médical et la prise en compte du patient ;
  • le choix thérapeutique, comme solution à la situation personnelle du patient ;
  • l’équilibre économique global de la santé en préservant l’intérêt du patient ;
  • la santé collective et individuelle.

La qualité de la relation médecin-patient joue un rôle certain dans l'effet placebo[2],[3].

« Lorsque le médecin a substitué à la plainte du malade et à sa représentation subjective des causes de son mal, ce que la rationalité contraint de reconnaître comme la vérité de sa maladie, le médecin n'a pas pour autant réduit la subjectivité du malade. Il lui a permis une possession de son mal différente. Et s'il n'a cherché à l'en déposséder, en lui affirmant qu'il n'est atteint d'aucune maladie, il n'a pas toujours réussi à le déposséder de sa croyance en lui-même malade, et parfois même de sa complaisance en lui-même malade.

En bref, il est impossible d'annuler dans l'objectivité du savoir médical la subjectivité de l'expérience vécue du malade. Ce n'est donc pas dans cette impuissance qu'il faut chercher la défaillance caractéristique de l'exercice de la médecine. Elle a lieu dans l'oubli, en son sens freudien, du pouvoir de dédoublement propre au médecin qui lui permettrait de se projeter lui-même dans la situation de malade, l'objectivité de son savoir étant non pas répudiée mais mise en réserve. Car il revient au médecin de se représenter qu'il est un malade potentiel et qu'il n'est pas mieux assuré que ne le sont ses malades de réussir, le cas échéant, à substituer ses connaissances à son angoisse. »

— Georges Canguilhem