Révolution agricole

La révolution agricole désigne, dans une première acception, l'ensemble des innovations agricoles survenues aux e et e siècles (parfois aussi appelé première révolution agricole). Au sens large, par analogie avec cette dernière, une révolution agricole est toute modification importante des systèmes agraires permettant d'augmenter fortement la production agricole (liée à une augmentation de la productivité du travail et/ou des rendements). Elle associe modification des pratiques agricoles et modifications sociales, juridiques, foncières, politiques et environnementales [1]. On parle ainsi de révolution néolithique, de révolution agricole antique [2], de révolution agricole médiévale (en Europe entre le Xe et le XIIIe siècle) [3], [4] mais aussi de deuxième révolution agricole (ou de révolution agricole contemporaine) en Europe et Amérique du Nord à partir de 1945, et de révolution verte (dans les pays du Sud dans la deuxième moitié du XXe siècle) [2]. Le terme de troisième révolution agricole est parfois utilisé pour désigner les innovations actuelles liées aux biotechnologies (OGM, mutagénèse dirigée) et aux techniques culturales simplifiées [5].

Dans son livre La deuxième révolution agricole, Claude Laberge qualifie la révolution agricole néolithique de « première révolution agricole ». Et pour lui on n'a encore vu que les prémices de la « deuxième révolution agricole ». Il fait référence à Pierre Chaunu : « Pour le moment, les biotechnologies se situent dans le prolongement immédiat de cette révolution industrielle dont Chaunu nous rappelle qu’elle n’est qu’une accélération de la révolution du néolithique. »

La première révolution agricole est parfois divisée en deux révolutions : la révolution fourragère, au XVIIIe siècle, puis la révolution de la mécanisation, suite à la révolution industrielle au XIXe siècle. Michel Griffon distingue ainsi six révolutions agricoles historiques, sans compter une éventuelle septième révolution, que nous vivrions actuellement [6].

La première révolution agricole concorde le plus souvent avec l'apparition du capitalisme agricole qui entraîne une recherche nouvelle de la productivité. Le processus de la Révolution agricole entretient par ailleurs des liens de causes à effet, réciproques et étroits, avec la révolution industrielle et la transition démographique [7]. Toutefois quelques auteurs en font un processus encore inachevé [8].

À l'aube du e siècle, l' agriculture a assez peu évolué depuis le Moyen Âge. Les disettes sont fréquentes et les gouvernements ne se préoccupent que peu de la question agricole. Seules les Provinces-Unies possèdent une agriculture vraiment soucieuse des rendements du fait du manque de terre et du coût de la création des polders.

Essor du machinisme par la révolution agricole : une batteuse en 1881.

Pratiques avant la Révolution agricole

À l'exception de la Hollande et des Flandres, les paysans d' Europe pratiquent l'assolement triennal (Nord et Est) ou biennal (monde méditerranéen). En assolement triennal, les paysans semaient la première année des céréales d'hiver ( blé et seigle), la seconde année des céréales de printemps ( orge, avoine) ; en troisième année, la terre était laissée en jachère, c’est-à-dire sans culture, "au repos", afin de permettre le renouvellement de sa fertilité. En assolement biennal, une année de culture alternait avec une année de jachère. Par ailleurs, les parcelles étant de faible superficie, et celles en jachères étant consacrées au pâturage, les champs étaient nécessairement ouverts ( openfield) afin de permettre le mouvement des bêtes. La pratique de l'open field impliquait un travail collectif.