Révolte des Taiping

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Révolte des Taiping
Description de l'image Taiping break out of the Qing encirclement at Fucheng.jpg.
Informations générales
Date1851-1864
LieuChine du Sud et du Centre
IssueVictoire du gouvernement qing
Belligérants
Drapeau : Chine Empire de Chine
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume céleste de la Grande Paix des rebelles Taiping
Commandants
Zeng Guofan - Sengge Rinchen - Frederick Ward - Charles George Gordon - Li Hongzhang - Guan Wen - Zuo Zongtang - Xiang Rong - Hu LinyiYang Xiuqing - Wei Changhui - Shi Dakai - Xiao Chaogui - Qin Rigang - Li Xiucheng - Chen Yucheng - Lin Qirong - Lai Hanying - Zeng Tianyang - Li Kaifang - Luo Dagang - Yang Fuqing - Wei Jun - Li Shixian - Ye Yunlai - Huang Chengzhong - Liu Chunlin
Forces en présence
2 000 000 à 5 000 000 d'hommes1 000 000 à 3 000 000 d'hommes
Pertes
InconnuesInconnues.

Notes

Le nombre total des morts est estimé entre 20 000 000 et 30 000 000 pour l'ensemble des deux camps[1].

Guerres civiles chinoises

Batailles

Yong'an (1851) - Wuchang (1852) - Nankin (1853) - région de Tianjin (1854) - lac de Dongting (1854) - Lianzhen (1855) - Wuhan (1854-1855) - Wuhu (1853 à 1855) - Tongcheng (1855) - Luzhou (1855) - Shanghai (1860 et 1862) - Anqing (1861) - Suzhou (1863) - Nankin (1864)
L'empereur Qing Xianfeng (1831-1861), qui régnait lors de la révolte des Taiping.
Sceau du « Royaume du Ciel ».

La révolte des Taiping est un soulèvement majeur qui eut lieu dans le Sud, puis le Centre de la Chine, entre 1851 et 1864 ; cette révolte, dont la dynastie des Qing mit près de quinze ans à venir à bout, tire son nom du royaume que les rebelles avaient fondé en Chine du sud et en Chine centrale, le Taiping Tian Guo, ou « Royaume céleste de la Grande Paix » (chinois traditionnel : 太平天國 ; chinois simplifié : 太平天国 ; hanyu pinyin : Tàipíng Tiān Guó), d'où provient le nom de Tàipíng (« Grande Paix ») qui désigne cette révolte.

Cette guerre civile totale est généralement considérée comme l'un des conflits les plus meurtriers[2],[1] de toute l'Histoire[N 1].

Le fondateur du mouvement, Hong Xiuquan (1814-1864), qui avait lu des brochures religieuses remises par des missionnaires, se disait frère cadet de Jésus-Christ. Il promulgua une réforme agraire après la prise de Nankin en 1853, dans laquelle il instituait de profondes réformes sociales telles que l'égalité des sexes, accompagnées toutefois d'une stricte séparation entre les hommes et les femmes. Cette réforme s'accompagnait de mesures révolutionnaires : la propriété foncière privée était abolie ; nourriture, vêtements et autres biens de consommation courante étaient mis en commun dans des entrepôts publics, et distribués à la population selon leurs besoins par leurs chefs militaires ; l'opium, le tabac et l'alcool étaient désormais interdits.

L'historiographie communiste chinoise considère que le mouvement Taiping préfigure la révolution communiste par ses aspects sociaux et ses concepts égalitaires[3].

Causes

Les grandes révoltes paysannes, précédées ou accompagnées du développement de sociétés secrètes, ponctuent l'histoire de la Chine. Elles sont généralement la conséquence d'une crise alimentaire ou de graves difficultés économiques, souvent liées à des catastrophes naturelles (débordement du Yangzi Jiang ou du fleuve Jaune. Les Chinois voient dans de telles catastrophes le signe que la dynastie perd le « mandat du Ciel » (Tianming), ce qui légitime alors son renversement.

Ainsi, la fin de la dynastie des Han a été marqué par la révolte des Turbans jaunes[N 2], la fin de la dynastie des Song par la révolte de Fang Xi, et la fin de la dynastie des Yuan par la société du Lotus blanc.

Vers le milieu du XIXe siècle, dans un contexte très difficile, ces révoltes se multiplient, ce pour plusieurs raisons. D'abord, depuis le XVIIIe siècle, la Chine connaît un essor démographique ; vers 1850, elle compte plus de 410 millions d'habitants. Parallèlement, les surfaces cultivées ne peuvent guère augmenter, ce qui conduit à une pauvreté croissante, et aggrave les famines. De plus, en 1842, le Royaume-Uni a imposé des sanctions financières très lourdes à la Chine après la Première Guerre de l'opium[4], ce qui conduit le gouvernement chinois à accroître la pression fiscale, et la ponction annuelle d'argent-métal, liée au commerce de l'opium, est énorme, et chaque année grandissante[5]. Cela entraîne le renchérissement de l'argent, avec lequel sont payés impôts et loyers, ce qui engendre de facto une forte augmentation du coût de la vie[N 3],[6].

À ce contexte économique et social difficile viennent s'ajouter des catastrophes naturelles : terrible famine dans le Sichuan de 1839 à 1841, famine dans le Hunan en 1851, inondations du Yang-tsé Kiang en 1849[7]. En 1851 et en 1855, le Fleuve jaune sort de son lit, noyant des milliers de personnes, et contribuant à provoquer la révolte des Nian. Même lorsque les catastrophes naturelles n'en sont pas la cause première, la misère absolue règne ; en 1833, un missionnaire décrit ainsi la situation dans le Jiangxi : « La misère est telle que les gens vendent femme et enfants, et se nourrissent d'écorce d'arbre[8] ».

Enfin, politiquement, la dynastie mandchoue des Qing est tombée dans un grand discrédit. Son impuissance à secourir rapidement les victimes des catastrophes naturelles, jointe à sa défaite face aux Occidentaux et à la situation économique totalement dégradée, montre à tous que les Qing ont perdu le peu de légitimité qui leur restait et que le Ciel leur a retiré son mandat. Le gouvernement est de plus désorganisé par l'accumulation des problèmes auxquels il ne peut faire face.

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