Réserve fédérale des États-Unis

Réserve fédérale des États-Unis
Federal Reserve System

Siège Washington, D.C.
Coordonnées
géographiques
du siège
38° 53′ 35″ nord, 77° 02′ 45″ ouest
Création
Président Janet Yellen
Zone monétaire Drapeau des États-Unis  États-Unis
Devise Dollar US
Code ISO 4217 USD
Site officiel www.federalreserve.gov

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Réserve fédérale des États-Unis

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Réserve fédérale des États-Unis

La Réserve fédérale (officiellement Federal Reserve System, souvent raccourci en Federal Reserve ou Fed) est la banque centrale des États-Unis. Elle est créée en 1913 par le Federal Reserve Act dit aussi Owen-Glass Act, à la suite de plusieurs crises bancaires, dont la panique bancaire américaine de 1907. Son rôle a évolué depuis et elle a renforcé son indépendance lors de l' instabilité monétaire des années 1975-1985.

Le Congrès des États-Unis a défini trois objectifs de politique monétaire dans le Federal Reserve Act : plein emploi, stabilité des prix, et taux d'intérêt à long terme modérés [1]. Les deux premiers sont souvent appelés le « double objectif » ou « double mandat » de la Fed [2]. Outre la politique monétaire, la Fed est maintenant chargée de superviser et réguler le système bancaire, de maintenir la stabilité du système financier, et d'offrir des prestations financières aux organismes de dépôt, au gouvernement fédéral, et aux institutions financières étrangères [3]. Elle étudie de surcroît l'économie américaine, et publie de nombreux rapports, tels que le livre beige, un résumé des conditions économiques dans chaque région.

La Réserve fédérale se compose d'un conseil des gouverneurs (dont Janet Yellen est la présidente depuis 2013), du Federal Open Market Committee (FOMC), de douze banques régionales (Federal Reserve Banks), des banques membres, et de plusieurs conseils consultatifs [4], [5]. Le FOMC est le comité responsable de la politique monétaire ; il se compose des sept membres du bureau des gouverneurs et des douze présidents des banques régionales (dont cinq seulement ont le droit de vote à un moment donné). La Réserve fédérale comporte ainsi des aspects publics et privés : cette structure est unique au monde pour une banque centrale, et correspond à une volonté de répondre à la fois à l'intérêt public et à celui des banques membres. Une autre particularité du système monétaire américain est que ce n'est pas la banque centrale mais le département du Trésor qui crée la monnaie fiduciaire [6].

La Fed est une banque centrale indépendante : ses décisions ne sont pas sujettes à l'autorisation du Président des États-Unis ou d'une autre partie du gouvernement fédéral, elle ne reçoit pas de budget du Congrès, et les mandats des gouverneurs sont beaucoup plus longs que ceux des élus fédéraux. Le gouvernement peut cependant exercer un contrôle : l'autorité de la Fed est définie par le Congrès et celui-ci peut exercer son droit de surveillance (congressional oversight). Les membres du bureau des gouverneurs, y compris le président et le vice-président, sont nommés par le Président des États-Unis et confirmés par le Sénat. Le gouvernement nomme également les hauts fonctionnaires de la banque et fixe leur salaire. Toutes les banques commerciales autorisées à exercer en dehors d'un seul État sont obligatoirement membres de la Réserve fédérale régionale où se trouve leur siège et détiennent des parts dans celle-ci, ce qui autorise ces banques à élire une partie des membres du bureau de chaque Réserve fédérale régionale. Le gouvernement fédéral reçoit tous les profits de la Fed, hormis un dividende de 6 % versé aux banques membres.

Histoire

Évolution historique du taux au jour-le-jour ( Fed Funds) du marché monétaire aux États-Unis depuis 1954.

En 1791, le gouvernement fédéral des États-Unis crée la First Bank of the United States chargée de l'émission de la nouvelle monnaie américaine et de la régulation du crédit. En 1816, après la seconde guerre contre les Britanniques, elle est remplacée par la Second Bank of the United States surtout pour mettre fin à l' inflation galopante consécutive à la guerre. Mais, en 1830, elle est dissoute par le président Andrew Jackson qui est hostile aux banquiers, non responsables devant le peuple américain. Les États-Unis ont eu à faire face à un système monétaire très complexe qui reposait sur un troc entre différentes monnaies régionales, les greenpapers, qui rendait toute régulation impossible.

En 1908, à la suite de la panique bancaire américaine de 1907, le Congrès forme une National Monetary Commission menée par le sénateur républicain Nelson Aldrich pour étudier une réforme bancaire et monétaire. Les travaux de cette commission jetteront les bases du Federal Reserve Act adopté le par le Congrès et promulgué le par le président démocrate Woodrow Wilson, nouvellement élu. Si l'organisation (banques régionales + bureau des gouverneurs) est la même que celle d'aujourd'hui, le gouvernement place la nouvelle institution sous son autorité en y nommant comme membres le Secrétaire du Trésor et le Comptroller of the Currency (« Contrôleur de la monnaie »). Son but est alors de favoriser la gestion de la monnaie et l'économie du pays, de permettre l'escompte des effets de commerce et, de manière plus générale, de surveiller le bon fonctionnement des banques américaines.

La crise de 1929 montre les limites de ce système, même si à l'époque la solution envisagée par la réserve fédérale new-yorkaise, une relance monétaire, aurait permis de sortir de la crise. Cette solution fut d'ailleurs refusée par les autres membres, de peur de voir cette dernière devenir trop puissante. En 1935, le Federal Reserve Board devient le Gouvernors Board et, par le Banking Act, acquiert un pouvoir de contrôle sur les banques régionales. Est créé également le Federal Open Market Committee (FOMC), un comité de politique monétaire qui veille à la réglementation et au contrôle des taux d'intérêt.

Avec le retrait du secrétaire d'État au Trésor et du Contrôleur de la monnaie, la banque devient théoriquement indépendante pour la politique monétaire. Mais, dans la pratique, elle continue à subir des pressions politiques dont elle va se défaire progressivement après la Seconde Guerre mondiale, d'abord pendant la longue présidence de McChesnet Martin (1951-1970), puis en 1978 par le Humphrey–Hawkins Full Employment Act  (en) qui redéfinit le mandat de la Fed et amène la présidence de Paul Volcker (1979-1987) à porter, pour en prouver la validité, les taux d'intérêt à 15 % lors de la crise monétaire de 1980.

Sac en coton à monnaie. Coton imprimé 17x30 cm.

La banque centrale est aussi indépendante financièrement, ne recevant aucun budget ni du gouvernement, ni du Congrès américain. Elle se finance via les intérêts des emprunts publics auxquels elle souscrit sur les marchés, les commissions perçues pour les prestations aux banques de dépôts et les intérêts sur les changes de monnaies étrangères. En 2005, elle a ainsi versé près de 600 millions de USD à ses actionnaires et plus de 18 milliards USD d'excédent au Trésor américain.

La crise financière de 2007 à 2011 a obligé la banque centrale américaine à mener une politique expansionniste. En , la Réserve fédérale américaine a baissé drastiquement son taux directeur à 2,25 %. Une décision prise en urgence face aux risques accrus pour la croissance et à la panique des marchés boursiers, qui craignent une récession aux États-Unis. La Fed a réduit son taux de référence pour les prêts interbancaires de trois quarts de point, pour la première fois depuis la mise en place du système des taux actuel au début des années 1990. Fait inhabituel, la Réserve fédérale a pris sa décision en dehors de la réunion habituelle de son comité de politique monétaire, prévue les 29 et 30 janvier. Il faut remonter à 2001, après les attaques du 11 septembre, pour retrouver une baisse d'urgence du taux directeur.

Alors que la situation s'aggrave, le 16 décembre 2008 la Fed décide de baisser son taux directeur à 0 % (marge de fluctuation entre 0 et un 0,25 %), ce qui provoque une rapide chute du dollar contre toutes les autres devises et une ruée vers l'or physique [7]. De plus, la Fed a désormais officiellement "carte blanche" pour intervenir sur les marchés afin de maintenir un système agonisant.

Le 18 mars 2009, pour contrer les effets de la récession aux États-Unis, la Fed a décidé d'acquérir pour 300 milliards USD d' obligations du Département du Trésor des États-Unis, pour 750 milliards USD de mortgage-backed securities (MBS), portant ainsi son portefeuille de MBS à 1 250 milliards USD, et d'acquérir des dettes de Fannie Mae et Freddie Mac pour 100 milliards USD [8]. Selon un bureau d'études économiques, la Fed, en moins d'un an, aura ajouté à son bilan 3 500 milliards USD de dettes. Ces opérations ont, entre autres, pour but d'augmenter la liquidité sur les marchés de l'emprunt [9].

En 2010, la Fed a obtenu un profit de 82 milliards de dollars, dont 79 ont été versés au département du Trésor. En mars 2011, la Fed annonce un « profit record de 82 milliards l'an dernier essentiellement grâce aux actifs toxiques qu'elle a achetés aux banques en difficulté durant la crise », alors qu'elle dégageait en moyenne 25 milliards annuellement pendant les 10 ans précédant la crise financière de 2008-2009 [10]. En 2011, 77 milliards ont été versés. En 2014, elle reverse 98,7 milliards de dollars au Trésor public [11].

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