Polynésie française

Page d'aide sur l'homonymie Pour des territoires polynésiens français qui ne font pas partie de la collectivité nommée « Polynésie française », voir Wallis-et-Futuna.
Polynésie française
Blason
Blason
Drapeau
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la France  France
Statut Collectivité d'outre-mer
Chef-lieu Papeete
Communes 48
Assemblée délibérante Assemblée de la Polynésie française
Président Marcel Tuihani
2014-2018
Président de la Polynésie française Édouard Fritch
2014-2018
Haut-commissaire René Bidal [1]
Démographie
Gentilé Polynésien
Population 274 217 hab. (2012 [2])
Densité 66 hab./km2
Langues
locales
Français (langue officielle)

Reo mā’ohi ( tahitien, marquisien, paumotu, rapa, mangarévien, autres)

Géographie
Coordonnées 17° 32′ 00″ sud, 149° 34′ 00″ ouest
Superficie 4 167 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique
Fuseau horaire -10, -9:30 et -9
Domaine internet .pf
Indicatif téléphonique 689
Code ISO 3166-1 PYF, PF
Localisation
Localisation de Polynésie française

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer (COM) de la République française ( code 987) composée de cinq archipels [3] regroupant 118 îles dont 76 habitées [4] : l' archipel de la Société avec les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent, l' archipel des Tuamotu, l'archipel des Gambier, l'archipel des Australes et les îles Marquises. Elle est située dans le sud de l' océan Pacifique, à environ 6 000 kilomètres à l’est de l’ Australie. Elle inclut aussi les vastes espaces maritimes adjacents [5]. La Polynésie française est un territoire non autonome relevant de l’article 73 de la Charte des Nations unies.

Les premiers habitants de ces îles, des Austronésiens, proviennent selon toute vraisemblance de migrations en provenance d' Asie du Sud-Est vers l'an 300 ou peu avant ( er siècle pour les Marquises). La rencontre avec les navigateurs européens entraine à la fin du XVIIIe siècle des épidémies qui déciment les populations autochtones. Les campagnes d'évangélisation et l'introduction de l'alcool achèvent la destruction des savoirs de chaque île. La France impose progressivement son protectorat, à compter de 1842, contrant ainsi l'influence britannique.

Il faudra attendre 1946 pour que les autochtones accèdent au droit de vote et 1957 pour bénéficier d'un premier gouvernement local. Les langues polynésiennes ne retrouvent toute leur place dans les écoles qu'en 1977 [6]. La Polynésie française est devenue aujourd'hui une collectivité d'outre-mer, bénéficiant d'une large autonomie par rapport au gouvernement métropolitain. Son axe principal de développement demeure le tourisme, reposant sur un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.

Histoire

Peuplement des cinq archipels par les Polynésiens

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.

L'hypothèse généralement retenue à l'heure actuelle est celle d'un peuplement de la Polynésie à partir du Sud-Est asiatique.

Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud, locuteurs des langues formosanes, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers le IIe millénaire IIe millénaire av. J.‑C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l' archipel indonésien important avec eux leur langue. Vers le XVe siècle XVe siècle av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont vraisemblablement les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité. Les premières îles atteintes sont probablement les îles Marquises au e siècle, puis les îles de la Société vers 300 de notre ère. Les Polynésiens auraient alors depuis cette base essaimé vers l'île de Pâques (500), Hawaï (900) et la Nouvelle-Zélande (1100).

En 2010, une expédition sur une pirogue simple à balancier et à voile a retracé, en sens inverse, le chemin de peuplement, de Tahiti à l'Asie [7].

Histoire moderne et contemporaine

Du XVIe au XVIIIe siècle

À partir de 1521, date de la découverte fortuite de Puka Puka, sans doute une des deux îles Infortunées, par Magellan, les Européens explorent progressivement la Polynésie orientale aux e et e siècle.

Tahiti n’est découverte qu’en 1767 par le Britannique Samuel Wallis, suivi en 1768 par Bougainville et par Cook en 1769.

La fin du e siècle est marquée par la promotion d’un chef de Tahiti, qui, allié aux Anglais, fonde la lignée des Pomare, et par l’implantation à Moorea de missionnaires britanniques de la London Missionary Society qui débarquent le 5 mars 1797.

XIXe siècle

Au début du e siècle, les îles de la Société sont converties au protestantisme, sous l’égide de la dynastie des Pomaré régnant sur le royaume de Tahiti (1790-1880), tandis que des missions catholiques françaises s’implantent aux Gambier et aux Marquises dès les années 1830.

Les années 1840 sont marquées par le début de l’implantation coloniale française, d’abord aux Marquises puis à Tahiti, où la reine Pomare IV doit accepter le protectorat français ( 1843). En 1880, Pomare V accepte de céder son royaume de Tahiti à la France. Il devient l’élément principal d’une colonie, les Établissements français d’Océanie (EFO). Les îles encore indépendantes sont intégrées aux EFO de 1887 à 1901, notamment : les Tuamotou, Rapa et les îles Gambier en 1882, puis les îles Sous-le-Vent en 1898.

XXe et XXIe siècles

Des habitants des EFO participent aux combats de la Première Guerre mondiale avec le bataillon du Pacifique ; parmi eux le futur chef du mouvement anticolonialiste, Pouvanaa Oopa. Mais il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu’une évolution sensible ait lieu.

En 1940, les EFO rallient la France libre et un nouveau bataillon du Pacifique est formé. En 1942, l' armée américaine installe une base militaire sur l'île de Bora-Bora dans le cadre de l'opération Bobcat. Accueillant jusqu'à 6 000 soldats, cette base métamorphose l'archipel [8].

En 1946, la constitution de la constitution de la IVe République établit l’ Union française : les EFO passent du statut de colonie à celui de territoire d'outre-mer et le droit de vote est accordé aux habitants. Le mouvement anticolonialiste se structure dans les années 1945-1949 : en 1949, Pouvanaa Oopa est élu député et fonde le RDPT, parti autonomiste, qui domine la vie politique dans les années 1950, malgré la formation de l’ Union tahitienne de Rudy Bambridge, parti attaché au maintien de la souveraineté française.

En 1957, les EFO prennent le nom de Polynésie française et bénéficient d’un statut plus autonome grâce à la loi-cadre Defferre. Pouvanaa Oopa devient ainsi le premier vice-président, et chef d'un gouvernement d'élus locaux. L'assemblée est dotée de compétence accrue. Le gouverneur demeure cependant le président de celle-ci. Mais l’installation de la Ve République en mai 1958 entraîne une forme de mise au pas, avec un renforcement des pouvoirs du gouverneur au détriment du gouvernement local. L’arrestation de Pouvanaa Oopa le 11 octobre 1958, bafouant son immunité de député, condamné à 8 ans de prison et à 15 ans d'exil, est le point d'orgue de cette reprise du pouvoir par l’État central.

À partir de 1962, et consécutivement au référendum d'autodétermination de janvier 1961 en Algérie, la Polynésie française entre dans une ère nouvelle : celle de l’installation du Centre d’expérimentations du Pacifique qui amène plusieurs milliers de militaires et de techniciens dans le territoire, à Moruroa, Fangataufa, Hao, mais aussi à Papeete qui connaît de surcroît un afflux de populations polynésiennes. En 1963, l' Église évangélique de Polynésie française devient autonome.

Dans les années 1970, deux questions d’ailleurs liées sont essentielles : celle du statut du territoire et celle des effets d'essais nucléaires qui commencent en 1966. La France a mené 46 essais nucléaires atmosphériques en Polynésie entre 1966 et 1974, suivis de plus de 150 essais souterrains [9]. L’Union tahitienne (Rudy Bambridge, puis Gaston Flosse), ralliée au parti gaulliste ( UNR, UDR puis RPR) défend les positions gouvernementales tandis que le RDPT est plus contestataire : il est d’ailleurs dissous en 1963, ce qui amène la création du Pupu Here Aia en 1965 (John Teariki). Une nouvelle personnalité politique apparaît en 1965 : Francis Sanford, avec le parti Te Ea Api, qui adopte une orientation autonomiste. La mesure d'exil à l'encontre de Pouvanaa Oopa est levée en 1968, il est accueilli triomphalement à Papeete et devient sénateur en 1971 pour le Pupu Here Aia.

Au cours des années 1970, apparaissent des formations plus nettement indépendantistes, notamment le parti créé par Oscar Temaru (FLP/ Tavini Huiraatira). Un premier changement de statut a lieu en 1977 (autonomie de gestion), complété en 1984 (autonomie interne). En ce qui concerne les essais nucléaires, devenus souterrains en 1975, ils sont suspendus en 1992, mais une reprise a lieu en 1995- 1996, puis le démantèlement du CEP est décidé.

Dans les années 1990 et 2000, la vie politique est structurée autour de deux partis : Tavini Huiraatira ( Oscar Temaru) et Tahoeraa Huiraatira ( Gaston Flosse).

De 1991 à 2004, Gaston Flosse règne sans partage. Il met en place un vaste réseau de propagande au service de son parti, le Tahoeraa Huiraatira. La justice lui a ainsi reproché d'avoir fait signer des « contrats cabinets » à des militants du parti, mis à la disposition de communes, de fédérations sportives, d'une radio, de syndicats ou de services sociaux. Il est condamné le 4 octobre 2011 à ce titre par le tribunal correctionnel à 4 ans de prison ferme [10]. Il développe également un service de sécurité (Groupement d'Intervention de la Polynésie) de plusieurs centaines d'hommes, et un service de renseignement [11] (Service d'études et de documentation SED). Il a été condamné en appel le 28 octobre 2010 pour avoir entrepris « une entreprise de destruction systématique » des documents du SED. Il a fait également l'objet de diverses condamnations pour détournement de fonds publics, certaines procédures étant encore en cours en 2012.

En 2004, plusieurs formations se regroupent autour du Tavini et forment l' UPLD. De 2004 à nos jours une période d'instabilité chronique s'ouvre : 13 gouvernements se succèdent entre 2004 et 2011, mais seulement 3 hommes occupent la place de président : Gaston Flosse, Oscar Temaru et Gaston Tong Sang [12].

La loi du 5 janvier 2010 dite « loi Morin » sur la reconnaissance des victimes des essais nucléaires français en Polynésie française et au Sahara algérien reconnaît de façon historique et officielle les dommages sanitaires causés par les expérimentations nucléaires. Cependant le premier décret d'application se révèle rapidement trop restrictif et le président de la république prend l'engagement début 2011 de publier un nouveau décret élargissant les zones géographiques et la liste des maladies éligibles.

Le 5 septembre 2014, Gaston Flosse, rattrapé par des affaires judiciaires qui ont émaillé sa carrière politique, définitivement condamné, et n'ayant pu obtenir une grâce présidentielle, se voit signifier son inéligibilité pour trois ans. Il perd ainsi ses mandats locaux [13].

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